Mardi 16 octobre 2007

EDF : au moins 25 ans de prison !

Le rapport de gestion de l’exercice 2004 ne mentionnait pas le montant des engagements de retraite que j’estimais, en extrapolant les comptes de GDF, à 60 milliards d’euro, ce que confirment très exactement les comptes officiels de 2005 !

En effet, la note 2,10 page 22 du rapport de gestion 2005 précise que les engagements de retraite au 31 décembre 2004 se montaient à 60,677 milliards d’euros (mes évaluations étaient donc légèrement inférieures à la réalité !), mais la loi du… 9 août ! 2004 a fort opportunément transféré une très grosse partie de cette charge sur le budget de l’Etat (c’est à dire sur les contribuables) : eDF, devenue société anonyme cotée, ne comptabilise officiellement en engagements de retraite que 13,620 milliards d’euros au 31 décembre 2004.

Ces 60 milliards d’euro de retraite auraient dû être comptabilisés en charges au fur et à mesure des exercices qui ont donné naissance à ces créances. 
Pour que les comptes d’eDF donnent une image fidèle de la réalité selon les règles comptables maintenant en vigueur (les IFRS), il aurait fallu faire venir ces 60 milliards en diminution des capitaux propres qui se montent à 20 milliards d’euro au 31 décembre 2005. 
Dans ce cas, eDF aurait dû être déclarée en faillite avec des capitaux propres négatifs à hauteur de 40 milliards !

Les commissaires aux comptes d’eDF, respectant les lois, certifient à juste titre les comptes 2005. Il ne leur appartient pas de donner leur avis sur l’opportunité d’une loi, mais les citoyens sont censés comprendre les conséquences des lois et la signification des comptes des entreprises. 
Ils se sont laissés berner par les dirigeants de tous les partis politiques, des syndicats et des organisations censées défendre leurs intérêts !

***

Les dettes des clients d'eDF représentent 40 % du chiffre d'affaires !

En fait, eDF comptabilise dans ce chiffre d'affaires, non pas les produits facturés, mais la production d'électricité qui sera ensuite facturée comme le confirme encore le rapport de gestion 2005 (note 4,8 page 31) : Les quantités d’énergie livrée non relevée non facturée sont déterminées à partir de statistiques de consommations et d’estimations de prix de vente ! ce qui est contraire aux règles comptables IFRS. 
Ce sont des fraudes comptables de ce type qui ont conduit Enron à la faillite et ses dirigeants en prison : 24 ans pour le PDG survivant ! Voir ci-dessous les explications de ces acrobaties comptables.

Dans ces conditions, la rentabilité nette (résultat net sur chiffre d'affaires) d'eDF donne l’illusion d’être dans la norme avec 6,56 %.

eDF est sur-endettée avec un gearing (dettes à long terme de 111 milliards d’euros sur capitaux propres) de 550 % qui devrait être inférieur à… 50 % alors que les immobilisations ont une faible valeur réelle compte tenu des provisions diverses.

Les électriciens d'eDF sont surpayés avec un salaire brut moyen de 3 920 euros par mois auquel s'ajoutent des avantages en nature de 10 %. Avec un revenu moyen inférieur à 2 000 euros par mois, les contribuables vont donc se serrer la ceinture pour financer les retraites des salariés d'eDF surpayés…

Les comptes d'eDF sont certifiés pour 2005 par Deloitte mais Ernst & Young a laissé prudemment sa place à KPMG ! Andersen n'a pas survécu au scandale d'Enron…

***

Ces 60 milliards d'euros de charges de retraite correspondent à des créances non provisionnées qui augmentent la masse monétaire en circulation (les salaires d'eDF auraient dû être moins élevés pour pouvoir financer ces 60 milliards d'euros qui correspondent à de l'argent non gagné). 
Il en est de même pour les autres entreprises dites publiques (pour plus de 200 milliards d'euros) et pour toutes les entreprises françaises. Le problème devient alors vraiment très grave. 
Il s'agit là d'une bombe à retardement qui éclatera à l'avenir. 

Les économistes de Work for all évaluent les engagements de retraite non provisionnés à 330 % du PIB en France ! chiffre corroboré par ceux de la banque ABN Amro. Voir le site : workforall.net et plus particulièrement un article : Le modèle social européen : le conte de fées et les faits. http://workforall.net/ModeleSocialFr.html

***

Explications concernant l’une des acrobaties comptables d’eDF…

En milliards d’euros

2005

2004

(1) : Chiffre d’affaires

51,051

46,150

(2) : Résultat net

3,350

1,594

Total des charges : (1) – (2)

47,701

44,556

Rentabilité nette : (2) / (1)

6,56 %

3,45 %

Si eDF respectait les règles comptables, seules les factures émises avant le 31 décembre 2005 devraient être comptabilisées dans le chiffre d’affaires de cet exercice. 
Admettons qu’il faille 2 mois en moyenne pour relever tous les compteurs, faire les vérifications et les factures, il faudrait donc ne plus enregistrer dans les comptes 2005 l’électricité livrée et non facturée à partir du 1° novembre 2005, donc retirer un sixième du chiffre d’affaires publié de 2004 qui serait alors de 42,543 milliards. Pareillement, il faudrait ajouter un sixième du chiffre d’affaires de 2004 soit 7,692 milliards.

Le véritable chiffre d’affaires de 2005 serait alors de 50,235 milliards. 
Avec des charges sans changement, le résultat net serait alors de 2,534 milliards et la rentabilité nette de 5,04 %, c’est à dire inférieure de 1,5 point par rapport au ratio officiel
Les fraudes des dirigeants d’Enron portaient sur des sommes comparables qui n’ont provoqué que la disparition de 60 milliards de dollars de capitalisation boursière d’investisseurs imprudents. 
Les fraudes d’eDF sont plus graves car elles touchent durablement tous les Français.

Alan Greenspan, l’ancien président de la Fed (la banque centrale des Etats-Unis), est intervenu énergiquement à partir de 2001 avec tous les organismes concernés pour que les entreprises américaines respectent des règles comptables donnant une image fidèle de la réalité, ce qui permet maintenant à l’économie américaine de reposer sur des bases saines et solides, sans débordements des agrégats monétaires. 
Il n’en est pas de même en France ! Les dirigeants de la Banque de France abusent eux aussi des mêmes artifices en toute impunité ! alors qu’ils devraient intervenir énergiquement pour que de telles fraudes n’aient pas lieu et que les dirigeants condamnables soient condamnés à de lourdes peines de prison...

***

Les IFRS, International Financial Reporting Standards ou Normes Internationales d'Information financière sont plutôt des principes (ou des règles de portée générale) qui doivent être interprétés et appliqués par toutes les entreprises dans le monde de façon à faciliter la communication sur leur situation financière. Les sociétés cotées dans l'Union Européenne doivent obligatoirement les adopter depuis le 1° janvier 2005.

Les IFRS succèdent aux IAS, International Accounting Standards qui faisaient explicitement référence à la comptabilité (Accounting). Cette distinction est importante car elle signifie que l'information financière doit donner une image fidèle de la réalité de toute entreprise sans suivre dorénavant des règles comptables ou fiscales rigides et impératives qui ne rendent pas correctement compte de la réalité.

***

Sources : rapports annuels de gestion d’eDF :

http://investisseurs.edf.com/75017i/Accueil-com/Investisseurs/Publications-Investisseurs.html

L’article eDF : pas au courant ! était en ligne sur mon blog depuis le 29 avril 2006 ainsi que d’autres études, en particulier sur les entreprises publiques.

*

Reprise d'un texte écrit le 24/10/2006
*

 

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mardi 16 octobre 2007

 

Le nouveau socialisme du XXI° siècle

En 1970 les anciens socialistes préparaient l'avenir : le monde du XXI° siècle. Nous y sommes maintenant, et leurs objectifs sont en partie réalisés : la croissance zéro est atteinte dans la vieille Europe, et c'est une nouvelle catastrophe qui s'annonce…

*

En 1970, en pleine période de croissance très forte (c'était l'époque des 30 glorieuses), les premiers écologistes s'interrogeaient sur les conséquences dramatiques que pourrait avoir cette croissance effrénée au taux annuel moyen de 5 %.

Si ça continue comme ça, où va-t-on ?

- A la catastrophe ! ont répondu unanimement les experts consultés par un groupe de personnalités réunies au sein du Club de Rome qui a alors commandé une étude à l'équipe dirigée par Dennis L Meadows de l'une des universités les plus renommées dans le monde, le MIT, le Massachussetts Institute of Technology.

L'idée était la suivante : si le développement économique continue à l'avenir comme il s'est produit dans le passé au XX° siècle, que se passera-t-il au XXI° siècle ?

Pour répondre à cette question, Jay Forrester du MIT a constitué un modèle tiré de la dynamique des systèmes et l'a fait tourner sur les plus grands ordinateurs de l'époque.

La démarche est donc parfaitement scientifique et objective, donc fiable (!).

*

Halte à la croissance

Dans tous les cas de figures, les conclusions sont identiques : si le développement économique continue à l'avenir comme dans le passé, le système global mondial s'écroule avant 2100, à la suite

  • Soit de l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables dont les réserves auront disparu avant l'an 2000 pour l'or, le mercure, l'argent, l'étain, le zinc, le pétrole (!), le plomb, le cuivre et le gaz naturel, dixit le rapport,
  • Soit de la surpopulation car les taux de natalité resteront durablement trop élevés, surtout dans les pays dont les populations sont les plus pauvres,
  • Soit des pénuries alimentaires du fait qu'il n'y a pas assez de terres cultivables sur notre planète pour satisfaire les besoins de la population mondiale,
  • Ou de la pollution générée par l'industrialisation envahissante qui rendra la vie impossible à cause l'accumulation des déchets, de l'air devenu irrespirable, des eaux polluées, etc.

Donc, le système global mondial s'écroule au XXI° siècle, telle est la seule certitude !

Seule la date n'est pas certaine, ni le mode opératoire et en 2100, le niveau de vie de la population sera même globalement inférieur à celui de 1900 !

Un avenir sombre nous attend ! Seule issue possible : arrêter la croissance !

Le titre du rapport du Club de Rome est d'ailleurs explicite : Halte à la croissance.

Pour cela il faut, d'après les experts unanimes :

  • Contrôler et donc limiter la croissance de la population par des mesures volontaristes : ce sont par exemple les campagnes officielles de contrôle des naissances en Chine et en Inde,
  • Contrôler et limiter la production des biens industriels en réduisant les investissements qui doivent impérativement économiser le capital et les ressources naturelles, rares et en quantités limitées,
  • Contrôler l'environnement en diminuant et en recyclant les déchets, en luttant contre la pollution pour maintenir durablement la nature dans son état initial,
  • Contrôler la production agricole de denrées alimentaires de façon à la répartir équitablement entre de petits propriétaires produisant des produits biologiques pour conserver la fertilité des sols de façon à ne pas compromettre la pérennité des récoltes pour les siècles à venir.  

*

Croissance zéro

C'est la croissance zéro d'un système global mondial stable car contrôlé, limité et régulé par les hommes eux-mêmes.

En effet, il s'agit d'imposer l'omniprésence d'instances chargées de réguler ce système global mondial dont la fonction principale est alors, non pas de produire, mais de répartir des ressources rares mais suffisantes en fonction des besoins des populations du monde.

Ainsi, dès 1970, soit vingt ans avant la chute du communisme, se définit le concept d'un système socialiste d'un nouveau genre : celui du troisième millénaire, dans un univers libéral limité, mais soumis à une surveillance et à un contrôle social et politique d'inspiration socialisante.

Il s'agit là très précisément de la préfiguration du modèle français actuellement en vigueur tel qu'il a été parachevé par l'ancien trotskiste Lionel Jospin alors qu'il était Premier ministre, complété et pérennisé par Jacques Chirac, technocrate étatiste antilibéral miraculeusement réélu Président de la République en 2002.

*

L'Etat de droit démocratique impose ainsi durablement.

  • Le ralentissement de la croissance par la diminution de la quantité globale de travail, en interdisant aux salariés de travailler plus de 35 heures par semaine, en généralisant et en glorifiant le non-travail par le développement du temps libre, des loisirs, des congés payés, des (pré)retraites précoces, en pénalisant les revenus élevés du travail par des impôts à taux progressifs, etc.
  • Des mécanismes régulateurs avec la multiplication d'instances de contrôle social par les syndicats et les partis politiques, et par une bureaucratie pléthorique qui est une clientèle électorale privilégiée de tous les partis en même temps qu'une source d'emplois réservés.

    Le résultat d'une telle volonté politique est probant : la croissance est effectivement faible en France, ainsi que dans les autres pays qui suivent une politique analogue, comme l'Allemagne, jadis vertueuse, et d'une façon générale, la plupart des pays européens.

La croissance zéro est parfaite pour des fonctionnaires et les hommes politiques socialistes européens vivant du produit du travail des salariés des entreprises.

Cette croissance zéro est donc un nouvel avatar du socialisme.

Cependant elle signifie pauvreté et chômage persistants pour la plus grande partie de la population qui la subit, comme le montrent clairement les pays européens, et aussi et surtout les pays arabes : des millions de personnes, parmi les plus démunies, cherchent à fuir ces pays pour rejoindre les pays les plus libéraux.

En France, la défaite électorale de la gauche en 2002 s'explique en grande partie par l'hostilité des salariés aux revenus les plus modestes à la croissance zéro car pour eux, cela se traduit par davantage de chômage et un niveau de vie peu élevé.

La faible croissance conduit à un revenu annuel moyen faible lui aussi, de $ 25 200 en France (et en Europe) alors qu'il est de $ 36 500 aux Etats-Unis, soit 45 % de plus.

*

Reconversion socialo-communiste

Les hommes politiques de gauche se sont rendu compte, surtout après l'effondrement du communisme en URSS qu'il est devenu impossible et irréaliste de mettre en place une société marxiste entièrement collectivisée dans les pays européens.

L'objectif de tous les hommes politiques de gauche, socialistes, communistes, écologistes, c'est à dire de tous antilibéraux les plus radicaux, est alors de réduire le degré de liberté des entreprises sur les marchés de façon à contrôler et à diminuer leur développement.

Ainsi se comprennent mieux toutes les lois et les règlements qui entravent la croissance des entreprises et qui diminuent la liberté des individus.

Presque partout, les partis de gauche et de droite ont adopté des positions identiques car les hommes politiques qui les dirigent ont finalement tous les mêmes objectifs : contrôler l'économie pour assurer et renforcer leurs pouvoirs en se constituant une clientèle électorale.

*

Cette tendance a été heureusement inversée par la seule réaction libérale positive de ces dernières décennies, celle qui a été impulsée par Ronald Reagan alors qu'il était Président des Etats-Unis : il a commencé à déréglementer et libéraliser la société américaine.

Cette politique a re-dynamisé salutairement les Etats-Unis et le reste du monde libre.

Malheureusement, les pays européens s'opposent à cette libéralisation et les conséquences en sont que l'écart se creuse à nouveau entre les Etats-Unis et l'Union Européenne où 380 millions d'habitants produisent globalement un peu moins que les 280 millions d'Américains : $ 10 000 milliards de PIB annuel environ.

Si le gouvernement de George W. Bush réussit à remettre son pays dans les bons rails libéraux, la croissance pourra y revenir durablement à des taux de 3 à 5 % et assurer le plein emploi grâce aux gains de productivité très importants qui peuvent être tirés des progrès des techniques, et surtout des reformes de structures qui peuvent diminuer les effets négatifs et les dysfonctionnements des administrations publiques.

*

Ainsi, l'Europe glisse lentement mais inéluctablement sur la pente savonneuse qui mène à un socialisme peu efficient.

Certaines personnes réagissent spontanément à ces tendances socialisantes en votant avec leurs pieds. Elles émigrent vers des pays plus libéraux : des Africains vont en Europe, des Européens et des Asiatiques en Amérique du Nord.

La population des Etats-Unis est ainsi passée de 200 millions d'habitants en 1970 (à l'époque de ce rapport du Club de Rome) à 280 millions en 2001, en grande partie par l'immigration d'une population souvent hautement qualifiée et productive partageant toujours les mêmes valeurs : la recherche de revenus élevés par le travail.

Elle est attirée par le dynamisme de ce pays, obtenu grâce à l'application systématique et réaliste du libéralisme.

C'est aux populations des pays européens de réagir positivement.

Malheureusement, les tendances libérales qui s'y manifestent sont récupérées par une construction européenne qui paradoxalement accentue encore le contrôle socialisant des marchés en imposant un nouveau degré institutionnel : celui de l'Union Européenne.

Le rapport du Club de Rome est la préfiguration de la doctrine des socialistes et des communistes dérivée de la planification indicative inspirée de celle qui était en vigueur dans l'ex URSS.

A aucun moment ses auteurs ne font confiance au libéralisme pour pérenniser la croissance.

*

Croissance et libéralisme

Dans tout le rapport du MIT le mot entreprise n'est jamais mentionné !

La production des biens industriels et agricoles sort, toute seule, du système global mondial de production, sans qu'il soit fait mention une seule fois du travail de salariés dans des entreprises qui vendent dans le monde entier des produits soumis à la concurrence sur des marchés libres. Le capitalisme libéral est pourtant le seul système qui permet de développer spontanément, de lui-même, des solutions les plus efficientes pour résoudre tous les problèmes qui se posent et pour indiquer les grandes tendances à long terme par les anticipations rationnelles des marchés.

Si les mesures préconisées par le Club de Rome et les experts du MIT avaient été prises dès 1970, le monde aurait connu la félicité par la croissance zéro, durable dès les premières années du XXI° siècle, c'est à dire en ce moment même et avec un recul de trente ans, nous pouvons constater que les prédictions catastrophiques du rapport des experts éclairés du Club de Rome ne se sont heureusement pas réalisées :

  • Il n'y a pas de pénuries de certaines ressources naturelles non renouvelables : de nouveaux gisements de pétrole ont été découverts, la demande de certains produits de base a relativement diminué du fait de la mise au point de techniques et de produits nouveaux,
  • Il n'y a plus de famines généralisées car les situations critiques majeures ont été vaincues pour l'essentiel par l'augmentation de la production de denrées alimentaires qui est même en excédent dans certaines régions du monde (certaines appliquent des mesures de limitation de production, comme les quotas européens),
  • La surpopulation mondiale n'est plus un problème dans la mesure où les populations des pays en développement diminuent spontanément leur natalité, au point de ne plus assurer le renouvellement des générations, comme c'est le cas dans certains pays européens,
  • L'agriculture devient de plus en plus biologique, durable et raisonnée, à la suite de la demande spontanée des consommateurs et des intérêts bien compris des producteurs, c'est à dire des marchés et non pas d'un contrôle social,
  • La pollution ne croît plus car le système libéral gère naturellement correctement ces problèmes par le jeu de l'offre des entreprises qui fournissent des prestations de protection de l'environnement qui répondent à une demande.

 

Schumpeter avait clairement annoncé que le capitalisme libéral pouvait assurer sa pérennité, car il existe toujours des innovations pour répondre aux problèmes nouveaux qui se posent. 
*

De la multitude des intervenants sur des marchés matures, émergent toujours des solutions nouvelles et imaginatives créées par le génie des hommes, à condition qu'ils soient libres de développer leurs idées dans des projets innovants et efficients.

Aucun expert, aucun collège de personnalités autoproclamées n'est plus performant que des individus libres dans un monde libre.

Le principal danger provient des obstacles que les hommes politiques mettent au développement des marchés libres qui sont normalement et naturellement autorégulés, donc parfaitement capables de répondre à toutes les opportunités.

*

Pays musulmans

Les pays arabes ont réalisé la croissance zéro pendant le dernier quart du XX° siècle.

Les facteurs limitants de la croissance y sont d'origine religieuse, ce sont :

  • la prohibition des intérêts et des emprunts inscrite dans le Coran,
  • la mise à l'écart des femmes, privées de toute activité économique dans le système de production,
  • l'interdiction de toute représentation visuelle de l'homme, donc de toutes les activités liées au cinéma, à la télévision, à la mode, et par extension aux divertissements (en particulier la musique). 

Il n'est donc pas étonnant de constater, surtout après les attentats du 11 septembre 2001, que les Musulmans des sectes extrémistes, wahhabites et chiites en particulier, rejoignent les militants de la gauche plurielle qui les accueillent à bras ouverts dans leur combat commun contre le capitalisme libéral qui lui, cherche à augmenter la croissance à son potentiel optimal à la satisfaction de tout le monde.

La croissance zéro durable des pays musulmans est clairement et unanimement ressentie comme un échec.
*

Reprise d’un texte écrit en 2002, 
Al Gore et ses militantsde la gauche plurielle  n'ont fait que rajouter quelques idées sur le réchauffement climatique. Dans 35 ans, ils recommenceront...

***

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 15 octobre 2007

SNCF : faillite et patate chaude

Les engagements de retraites de la SNCF étaient inscrits hors bilan jusqu’à présent, mais ils auraient dû être intégrés en tant que dettes à long terme depuis le 30 juin 2007 en application des normes IFRS, ce qui aurait créé une situation nette massivement négative c’est à dire la faillite de la SNCF…

Mais le décret du… lundi 7 mai 2007 (le lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy !) permet à la SNCF d’éliminer la plus grande partie de ces engagements de retraites qui se montaient à 116,5 milliards d’euros au 30 juin 2007 d’après les comptes consolidés (non certifiés) du 1° semestre 2007, note 17 page 51 (p. 90 dans la version en ligne).

Avec moins de 6 milliards d’euros de capitaux propres et plus de 20 milliards d’euros de dettes à long terme (disons, normales) au 31 décembre 2006, la SNCF aurait donc dû être déclarée en faillite depuis un certain temps.

Or, la SNCF publie des comptes qui font apparaître au 30 juin 2007 une situation nette positive en prétendant que ces dettes n’étant pas immédiatement exigibles, n’ont pas à être comptabilisées en tant que dettes à long terme.

Cette interprétation est une aberration monumentale !

En effet, une dette à long terme n’est pas immédiatement exigible par définition, sinon ce serait une dette… à court terme !

Etant à long terme, toute dette est une créance dont l’échéance est (plus ou moins) éloignée, et c’est exactement le cas de ces engagements de retraite : les salariés de la SNCF ont des créances certaines sur la SNCF dont les échéances et les montants sont globalement connus et évalués officiellement dans les comptes publiés par la SNCF depuis ces dernières années.

Cette dette de 116,5 milliards d’euros au 30 juin 2007 n’est pas provisionnée. Elle est repoussée d’année en année (en augmentant !) et camouflée dans une usine à gaz énarchique, c’est à dire dans des artifices comptables. C’est l’exception française
La dette réelle engendrée par la SNCF doit être majorée de celle du Réseau Ferré de France, soit 27,7 milliards d’euros (au 31 décembre 2006)… ainsi que de 10,7 milliards d’euros du SAAD (Service Annexe de l’Amortissement de la Dette), entité de la SNCF sans personnalité juridique dotée d’une comptabilité distincte dixit le rapport financier de 2006 page 40, qui précise que cette dette transférée au SAAD n’apparaît plus au bilan de la SNCF !

*

 

Les dettes réelles de la SNCF se montent donc au 30 juin 2007 à un total de 182,6 milliards d’euros (soit 2 880 euros par Français !) décomposées de la façon suivante :

  • 116,5 milliards d’engagements de retraite au 30 juin 2007,
  • 27,7 milliards de dettes à long terme, au 30 juin 2007,
  • 27,7 milliards du RFF au 31 décembre 2006,
  • 10,7 milliards du SAAD au 31 décembre 2006.

Les 27,785 milliards d’euros de dettes à long terme comprennent 18,876 milliards de dettes à long terme normales, en IFRS, auxquelles il faut ajouter des lignes qui sont comptabilisées en dettes à court terme mais qui devraient être comptabilisés en dettes à long terme :

  • 5,277 milliards de subventions d’investissement,
  • 1,065 milliard de dettes sociales,
  • 1,136 milliards de dettes sur l’Etat et les collectivités,
  • 1,431 milliard de comptes de régularisation qui auraient dû être comptabilisés en diminution du chiffre d’affaires, diminuant d’autant les bénéfices et augmentant d’autant les dettes.

*

Sources : comptes du 1° semestre 2007 : http://lesfinances.sncf.com/fichiers/comptes_semestr_S1_2007.pdf

Tiré des publications de la SNCF contenant les rapports annuels, semestriels et ceux des agences de notation : http://lesfinances.sncf.com/documentation.htm#comptsem

Le 29 août 2007, la SNCF a publié un communiqué relatif aux comptes semestriels sans aborder le problème des 116,5 milliards d’euros de dettes au 30 juin 2007 (!) :

http://lesfinances.sncf.com/fichiers/communique_comptes_semestr_S1_2007.pdf

Bilan du Réseau Ferré de France :

http://demo.publicorp.net/RFF/WEB.RFF.FR/rapportfinancier/appli.htm

*

Les agences de notation Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch attribuent la meilleure note AAA à la dette de la SNCF car elle est garantie par l’Etat, mais ces agences ne comptabilisent pas cette dette de la SNCF dans les dettes de l’Etat français ni celle des autres entreprises publiques, ce qui n’est pas cohérent et très dangereux à terme (ce défaut d’information financière peut conduire à une crise systémique).

Elles mettent en jeu leur crédibilité avec la dette publique française.

*

L’Expansion du 10 novembre 2006 avait déjà noté que la SNCF aurait dû être déclarée en faillite :

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/idrac-conteste-la-faillite-virtuelle-de-la-sncf_117521.html

La SNCF y avait répondu immédiatement par un communiqué du même jour :

http://www.entreprise-sncf.com/communiq/communiq698.html

développant déjà cette argumentation surréaliste.

La presse française n’a publié aucun article à ce sujet depuis un an… La dette de la SNCF ne doit intéresser personne !

*

Les IFRS, International Financial Reporting Standards ou Normes Internationales d'Information financière sont plutôt des principes (ou des règles de portée générale) qui doivent être interprétés et appliqués par toutes les entreprises dans le monde de façon à faciliter la communication sur leur situation financière.

Les sociétés cotées dans l'Union Européenne doivent obligatoirement les adopter depuis le 1° janvier 2005. Cette obligation s’applique aussi (depuis le 31 août 2007 au plus tard !) aux entreprises publiques non cotées qui font appel public à l’épargne comme la SNCF.

Les IFRS permettent de donner une image plus fidèle de la réalité des entreprises que les règles qui étaient appliquées précédemment.

En URSS, les comptes de toutes les entreprises étaient aussi surréalistes…

*

 

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Jeudi 11 octobre 2007

SNCF :

130 milliards d’euros de dettes, 2 000 euros par Français !

La SNCF, ce sont 111 milliards d’euros d’engagements de retraite qui ne sont pas provisionnés et 28,3 milliards d’euros de dettes dont 20 milliards à long terme pour 5,8 milliards d’euros de capitaux propres au 31 décembre 2006…

... D’après le rapport financier de 2006 qui précise dans la note 16 pages 50 et 51 :

Afin d’éviter de présenter des capitaux propres massivement négatifs du Groupe SNCF au 30 juin 2007, sans rapport avec une quelconque évolution de sa situation économique et financière, une solution a été présentée au Conseil d’administration du 11 avril 2007, qui a examiné des projets de décret organisant la création d’une entité juridique indépendante de la SNCF et le versement à cette entité juridique de cotisations libératoires.

La SNCF, ce sont donc 130 milliards d’euros de dettes à long terme pour moins de 6 milliards de capitaux propres !

2 000 euros de dettes par Français !

C’est effectivement massivement négatif !

Les Enarques, les hommes politiques de tous bords et leurs camarades syndicalistes ont inventé une gigantesque usine à gaz pour camoufler cette catastrophe financière. Tous les journaleux de tous les médias font des articles dithyrambiques sur les succès de la SNCF.

Ubuesque, Mitterrandien, Jospinien, Chirakien, Gorbatchévien et ça continue Koko !

Koko, Nikolas Sarkozy, laisse faire. Rien ne change.

C’est la France. C’est l’exception française.

Pourquoi les Français ne réagissent-ils pas face à la dérive des comptes de la SNCF, et à celle des autres entreprises publiques ?

L’importance des dettes accumulées s’explique comme à la RATP par des salaires élevés et une faible productivité : le salaire mensuel brut moyen est de 2 900 euros (9,3 milliards d’euros de charges de personnel pour 201 700 salariés) et le chiffre d’affaire par salarié est de 108 500 euros seulement pour une norme de 150 000 euros.

*

Sources : le rapport financier de 2006 :

http://www.entreprise-sncf.com/mieux_nous/presentation.html

La France va devenir comme le Japon (ou comme l’URSS ?) : durablement paralysée par les erreurs de ses dirigeants, de ses hommes politiques et finalement des Français qui en sont les seuls responsables finalement.

C’est du suicide collectif  dit Silvio Berlusconi car l’Italie est victime des même problèmes.

Comment se fait-il que je sois le seul à relever ces chiffres et leur signification ?

*

Pour le reste de l’analyse, voir mon article sur la RATP…

***

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 10 octobre 2007
Complément du billet précédent :

Les comptes consolidés et certifiés de la RATP de 2005 ne sont plus consultables en ligne, et c’est bien dommage, car la note 26 page 109 précise que c’est le décret du… 27 décembre 2005 qui a créé à compter du 1° janvier 2006 une caisse de retraite des agents de la RATP dont les créances (non provisionnées) se montaient à 21,615 milliards d’euros au 31 décembre 2004 et à 23,06 milliards d’euros au 30 juin 2005 !

Après cette date, plus rien ! Ces 23 milliards d’euros ont disparu définitivement et légalement des comptes de la RATP, mais ces créances (pour lesquelles il n’y a aucune provision constituée) sont certaines et elles seront payées par les contribuables… victimes des grévistes de la RATP.

Compte tenu d’une augmentation de ces créances de retraite pour un montant de 1,4 milliard d’euros en 6 mois, le supplément devrait avoisiner 6 milliards d’euros actuellement soit un total de 29 milliards d’euros ! compte tenu des 13 milliards d’euros de dettes à long terme inscrits au bilan au 31 décembre 2006.

Les dettes réelles de la RATP devraient se monter actuellement à un total de 42 milliards d’euros !

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 10 octobre 2007

RATP 2006

Kokorico !

Fin 2006, les 45 000 salariés de la RATP ont accumulé 35 milliards d’euros de dettes !

777 000 euros par salarié ! c’est peut-être un record mondial : Kokorico !

Koko, Nikolas Sarkozy, laisse faire. Rien ne change.
Pourquoi les Français ne réagissent-ils pas face à la dérive des comptes de la RATP, et à celle des autres entreprises publiques ?

La RATP publie des comptes (certifiés par KPMG et PricewaterhouseCoopers Audit) qui respectent les règles comptables.

*

Ces comptes sont clairs : l’actif de la RATP est financé par des capitaux propres de 1,7 milliards d’euros et pour le reste, 13 milliards d’euros, par des dettes à long terme hors normes qui s’ajoutent aux 21,6 milliards d’euros d’engagements de retraite comptabilisés au 31 décembre 2004, actuellement miraculeusement sortis des comptes de la RATP par une loi opportune.

L’importance des dettes s’explique par le salaire moyen brut à la RATP qui était de 3 080 euros par mois en 2006 : 2,2 milliards d’euros pour 44 900 salariés… qui ont une faible productivité avec 82 600 euros de chiffre d’affaires par salarié alors que la norme est de 150 000 euros.

Les salariés de la RATP devraient au moins avoir la pudeur de ne pas faire grève dans de telles conditions !

*

Les charges de retraite des salariés de la RATP de 21,6 milliards d'euros au 31 décembre 2004 ne sont pas provisionnées, mais elles sont prises en charge par l'Etat, ce qui signifie que les contribuables vont les payer !

Avec la SNCF, La Poste, eDF et GDF, ce sont plus de 250 milliards d'euros qui ne sont pas comptabilisés dans la dette publique et qui sont autant d'impôts supplémentaires pour l'avenir. La commission Pébereau évaluait les charges de retraite non provisionnées pour l'ensemble des administrations et des entreprises publiques à 800 milliards d'euros fin 2004.

La dette publique réelle de la France dépasse maintenant 2 000 milliards d'euros.

Pourquoi les Français ne réagissent-ils pas face à la dérive des comptes de la RATP, et à celle des autres entreprises publiques ?

*

Si la RATP avait été une entreprise comme les autres, elle aurait dû comptabiliser toutes ses charges et elle aurait dû les couvrir par son chiffre d'affaires, tout en dégageant des bénéfices avec une marge normale de 5 %. Malheureusement, son statut d'entreprise publique la met à l'abri de la faillite car l'Etat est garant de ses dettes qui sont sans limites… tant que le système de dettes publiques ne s'écroule pas.

Les salariés de la RATP ont ainsi acquis dans leur propre patrimoine de l'argent qui ne correspond pas à ce que les clients ont payé pour le service utilisé, et inversement, les clients n'ont pas payé le prix couvrant les coûts de ces services.

De l'argent non gagné circule sur les comptes et dans les portefeuilles des salariés de la RATP et dans ceux de ses clients, contribuant ainsi à gonfler les agrégats monétaires de la zone euro.

Les dettes s’accumulent. Il arrivera un jour où la situation ne sera plus tenable. Le gouffre se révèlera alors mais ce sera trop tard pour trouver des solutions douces. L'URSS a sombré. L'Argentine a chuté. La France trébuchera. Les dérives monétaires se terminent toujours dans un désordre social et politique inquiétant…

*

Les équilibres de la politique monétaire sont nécessaires et fondamentaux. L'existence de la zone euro laisse le champ libre au laxisme de certains gouvernements dont les conséquences sont d'autant plus graves que les remèdes sont tardifs.

La masse monétaire M3 de la zone euro augmente de plus de 10 % par an alors que le PIB n'augmente que de 1 à 2 %. 2 000 milliards d'euros d'argent non gagné se retrouvent indûment sur des comptes. La Banque Centrale Européenne ne peut pas résoudre ces problèmes qui relèvent de la politique intérieure des Etats membres.

Les gouvernements de l’Allemagne, de l’Autriche et des Pays-Bas essaient d’obtenir un changement positif de la part des mauvais élèves de la zone euro comme la France, en vain pour l’instant.

*

Aux Etats-Unis, la banque centrale (la Fed) et le gouvernement laissent faire les marchés qui éliminent naturellement les entreprises non rentables et sur-endettées.

Les entreprises qui fournissent des services publics comme le métro à New York équilibrent leurs comptes et comptabilisent les engagements de retraite de leurs salariés.

Les syndicalistes qui lancent des grèves illégales sont condamnés à des peines de prison qu’ils effectuent et à des amendes qu’ils paient.

Dans ces conditions, la croissance peut atteindre durablement son potentiel optimal car les équilibres monétaires fondamentaux sont respectés, ainsi que les règles comptables.

*

La RATP a fait 43 millions d’euros de bénéfices en 2006 grâce à… 223 millions d’euros de subventions de la Région inscrits dans le compte de résultat et… 2,3 milliards d’euros de subventions d’investissement inscrits au passif !

Le patron de la RATP a osé annoncer le 2 octobre que tout allait bien et que la RATP allait engranger cette année des bénéfices historiques grâce à une progression de 5 % du chiffre d’affaires (3,7 milliards d’euros en 2006), et les salariés osent faire grève…

Pourquoi les Français ne réagissent-ils pas face à la dérive des comptes de la RATP, et à celle des autres entreprises publiques ?

*

Sources : les comptes consolidés de la RATP de 2006 : http://www.ratp.fr/corpo/entreprise/rapport_activ2006/francais/rapport_financ/Comptes_consolides.pdf

Les provisions de 2,9 milliards d’euros sont à ajouter aux dettes de 10,3 milliards d’euros dont 200 millions d’euros seulement sont à court terme.

***

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 9 octobre 2007

Je reprends ici un papier que j’ai écrit il y a 2 ans et qui est toujours d’actualité !

Je vais préparer une mise à jour à partir des comptes 2006…

RATP : 
R
égime Amaigrissant pour

 
Tous les Parisiens et les contribuables français

Les charges de retraite des salariés de la RATP étaient de 21,6 milliards d'euros au 31 décembre 2004 d'après les comptes publiés. Elles ne sont pas provisionnées, mais elles vont être prises en charge par l'Etat, ce qui signifie que les contribuables vont les payer !

Avec la SNCF, La Poste, eDF et GDF, ce sont plus de 250 milliards d'euros qui ne sont pas comptabilisés dans la dette publique et qui sont autant d'impôts supplémentaires pour l'avenir. 
La commission Pébereau évalue les charges de retraite non provisionnées pour l'ensemble des administrations et des entreprises publiques à 800 milliards d'euros, ce qui est très réaliste en considération de ces comptes publiés et certifiés. 
La dette de la France atteint maintenant 2 000 milliards d'euros. A 115 % du PIB elle est hors normes.

L'endettement à long terme apparent de 10,6 milliards d'euros de la RATP est colossal (pour des capitaux propres inférieurs à 900 millions d'euros). 
L'endettement réel total à long terme est finalement de 32,2 milliards d'euros (compte tenu des charges de retraite). 
Avec un chiffre d'affaires de 3,3 milliards d'euros, la RATP aurait dû (ou devrait) doubler (ou tripler) le prix de vente de ses prestations pour rééquilibrer un jour ses comptes. 
Cette situation financière catastrophique s'explique en particulier par un système de rémunérations anormal : le salaire brut moyen est de 3 300 euros Ce n'est pas une victoire des luttes syndicales, mais une défaite française majeure face à… l'ennemi intérieur. par mois !

***

Si la RATP avait été une entreprise… autonome comme les autres, elle aurait dû comptabiliser toutes ses charges et elle aurait dû les couvrir par son chiffre d'affaires, tout en dégageant des bénéfices avec une marge normale de 5 %. 
Malheureusement, son statut d'entreprise publique la met à l'abri de la faillite car l'Etat est garant de ses dettes qui sont sans limites… tant que le système de dettes publiques ne s'écroule pas. 
Les salariés de la RATP ont ainsi acquis dans leur propre patrimoine de l'argent qui ne correspond pas à ce que les clients ont payé pour le service utilisé, et inversement, les clients n'ont pas payé le prix couvrant les coûts de ces services. 
De l'argent non gagné circule sur les comptes et dans les portefeuilles des salariés de la RATP et dans ceux de ses clients (32,2 milliards d'euros), contribuant ainsi à gonfler l'agrégat monétaire M1 (2 000 milliards dans la zone euro).

Les dettes se sont accumulées. Les comptables de la RATP les ont enregistrées sous divers postes, en cherchant des solutions pour les camoufler à partir du moment où elles n'ont pas pu être comptabilisées normalement. Cependant, il arrivera un jour où la situation ne sera plus tenable. 
Le scandale se révèlera alors mais ce sera trop tard pour trouver des solutions douces. L'URSS a sombré. L'Argentine a chuté. La France trébuchera. Les dérives monétaires se terminent toujours dans un désordre social et politique inquiétant…

***

Les équilibres de la politique monétaire sont nécessaires et fondamentaux. L'existence de la zone euro laisse le champ libre à un certain laxisme dont les conséquences sont d'autant plus graves que les remèdes sont tardifs. 
Depuis 2001, la masse monétaire M1 de la zone euro augmente de plus de 10 % par an alors que le PIB n'augmente que de 1 à 2 %. 
2 000 milliards d'euros d'argent non gagné se retrouvent indûment sur des comptes. Ces excédents seront difficiles à résorber. La Banque Centrale Européenne ne peut pas résoudre ces problèmes qui relèvent de la politique intérieure des Etats membres.

Aux Etats-Unis, la Fed et le gouvernement laissent faire les marchés qui éliminent naturellement les entreprises sur-endettées. La croissance peut atteindre durablement son potentiel optimal car les équilibres monétaires fondamentaux y sont respectés.

27.11.05

***

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 8 octobre 2007

  EADS : délits d’initiés, communication financière 
et fraudes comptables


Il n’y a pas eu de délits d’initiés à EADS

En effet, un délit d’initiés a lieu quand des dirigeants d’une entreprise font des transactions avantageuses grâce aux informations privilégies dont ils disposent, avant qu’elles ne soient communiquées aux marchés.

Pour EADS, ce n’est pas le cas car tout le monde savait depuis un certain temps que les délais ne seraient pas tenus pour le lancement de l’A380 : les dirigeants et les administrateurs bien sur (dont le gouvernement !), mais aussi les cadres et même les salariés dans leur ensemble (dont les syndicalistes).

*

Tout le monde savait…

Ces informations étaient également connues à l’extérieur : les analystes financiers, les journalistes financiers et donc des investisseurs savaient...

D’après le rapport de l’AMF, plus de 1 000 personnes ont vendu leurs actions EADS dans cette perspective.

Ce ne sont donc pas des initiés

Ils n’ont donc pas commis de délit d’initiés.

*

Normalement, les marchés auraient dû réagir beaucoup plus tôt et le cours d’EADS aurait dû plonger depuis un certain nombre de mois, voire d’années car les fondamentaux d’EADS sont catastrophiques, surtout à cause du surendettement.

Le problème est donc là : pourquoi les marchés n’ont-ils pas réagi plus tôt ?

Les problèmes sont en fait beaucoup plus graves : les marchés en Europe, en France et en Allemagne en particulier, fonctionnent mal.

En effet, les comptes publiés années après années par EADS font apparaître les données suivantes :

*

Tableau 1 :

EADS

Real LT debts, € million

2 003

2 004

2 005

2 006

Operating income

 

561

2 215

2 712

9 063

Total real long term debt

4 767

5 126

29 483

31 688

ROCE

 

 

2,7

10,0

6,4

0,6

Gearing

 

 

30

30

223

241

*

Les dettes à long terme publiées passent de €5 milliards à €25 milliards de 2004 à 2005 ! et le gearing (le ratio des dettes à long terme sur les capitaux propres en %) de 30 % à plus de 200 % alors qu’il ne devrait pas dépasser 50 %...

La cause de ces anomalies est simple : EADS a dû appliquer les normes comptables en IFRS à partir de l’exercice 2005, ce qui a révélé les fraudes comptables commises au cours des années précédentes pour camoufler le surendettement.

Publier des informations en vue de tromper les marchés est un délit condamnable.

Le tarif est en général de 25 ans de prison pour les dirigeants qui en sont responsables… aux Etats-Unis !

*

Cette affaire EADS montre que c’est toute la communauté économique et financière européenne qui fonctionne mal.

Les comptes publiés par EADS jusqu’en 2004 ne donnaient pas une image fidèle de la réalité.

Ils n’auraient pas dû être certifiés.

Les analystes et journalistes financiers auraient dû les décrypter correctement et les communiquer au public, qui aurait dû les comprendre.

Le fait déclencheur de la chute du cours d’EADS a été la communication officielle des retards du lancement de l’A380, mais ce n’est pas la cause réelle.

EADS est sur-endetté et sous-capitalisé. Les marchés auraient dû réagir à ces informations comptables révélant la situation réelle d’EADS.

Le manque de culture économique et financière de la communauté économique et financière européenne est effarant !

*

Les dettes à long terme réelles d’EADS sont aux alentours de €30 milliards.
En effet, les provisions doivent être intégrées aux dettes à long terme, ainsi que les autres dettes non courantes, les impôts différés et les avances des gouvernements.

Par ailleurs, des dettes à court terme peuvent être analysées comme étant en fait des dettes à long terme, et les produits constatés d’avance ne devraient pas apparaître, ce qui aggraverait encore la situation...

*

Tableau 2 :

EADS

Real LT debt, € million

2 005

2 006

Provisions

7 997

9 063

Long term financial liabilities

4 189

3 561

Non-current other liabilities

9 971

11 570

Deferred tax liabilities

2 376

2 465

Governments

4 950

5 029

Total real long term debt

29 483

31 688

Sources : comptes d’EADS

***

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 5 octobre 2007

  Chiffres de l’emploi aux Etats-Unis et récession


Les chiffres de l’emploi qui viennent d’être publiés aux Etats-Unis sont trompeurs : ils montrent une augmentation globale de l’emploi en septembre qui occulte la récession.

*

En effet, 126 700 emplois ont été créés en septembre (et aussi en août) dans certains secteurs saisonniers comme :

  • l’hôtellerie et la restauration (+ 35 900 à 11,652 millions),
  • l’enseignement (+ 27 000 dans le supérieur à 2,352 millions et + 18 800 dans le secondaire et le primaire à 8,062 millions)
  • ainsi que dans certains secteurs marginaux non soumis à la concurrence comme la santé et… l’assistance sociale (+ 45 000 à 15,490 millions)…

*

Dans le business, 97 600 emplois ont été supprimés dans :

  • les services de l’emploi (- 34 900 à 3,471 millions),
  • l’industrie (- 18 000 à 13,983 millions),
  • le commerce pour la maison (- 16 700 à 1,290 million),
  • la construction (- 14 000 à 7,613 millions),

http://research.stlouisfed.org/fred2/series/USCONS/chart?cid=11&fgid=&fgcid=&ct=&pt=&cs=Medium&crb=on&cf=pc1&range=5yrs&cosd=2003-01-01&coed=2007-09-01&asids=+%3CEnter+Series+ID%3E

  • la finance (- 14 000 à 8,448 millions).

http://research.stlouisfed.org/fred2/series/USFIRE/chart?cid=11&fgid=&fgcid=&ct=&pt=&cs=Medium&crb=on&cf=pc1&range=5yrs&cosd=2003-01-01&coed=2007-09-01&asids=+%3CEnter+Series+ID%3E

*

Seuls quelques secteurs marginaux ont embauché :

  • 10 000 emplois ont été créés dans la comptabilité (à 966 000) et
  • 9 700 dans le management (à 1,011 million) !

C’est peu.

*

Les marchés se trompent en pensant que tout va bien !

Je maintiens mes analyses : la récession est peut-être déjà là. 
De toutes façons, la croissance du PIB est très faible.

Le collapsus annoncé se produira.

*

Evolution des créations d’emplois :

http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20071005US6EMPM.gif

*

Les créations d’emplois ont été faibles pendant les années des Bush et fortes pendant les années Clinton, en attendant les prochaines…

http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20071005US7EMPBC.gif

*

Le rapport sur l’emploi du mois de septembre : http://www.bls.gov/news.release/empsit.nr0.htm

*

Informations sur les services de l’emploi : http://www.bls.gov/oco/cg/cgs039.htm

*

Mon billet sur les chiffres de l’emploi en août : http://www.jpchevallier.com/article-12230704.html

***

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Vendredi 5 octobre 2007

  Récessions en vue !


Les Américains continuent d’augmenter leur épargne :
M2-M1 a augmenté au 27 septembre de 8,74 % par rapport à l’année précédente.

Graphique 1 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)
 

*

Ils augmentent leur épargne car ils anticipent une dégradation de leur situation dans un avenir proche, et ils sont de plus en plus pessimistes de semaine en semaine !

L’augmentation de M2-M1 est de l’ordre de 8 % depuis ces 3 dernières semaines, plus importante qu’au cours des semaines précédentes,

Graphique 2 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)
 

*

Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à l’augmentation de la masse monétaire libre (qui dépend de la variation de M2-M1), la croissance du PIB était très faible au 3° trimestre, aux alentours de zéro, positive voire négative,

Graphique 3 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*
Le taux de croissance du PIB retenu ici est de 1,7 % d’une année sur l’autre, soit 0,3 % par rapport au trimestre précédent en taux annualisé, selon la présentation habituelle des chiffres aux Etats-Unis.

*

Les Américains diminuent leurs dépenses et le montant de leurs dépôts sur leurs comptes bancaires,

Graphique 4 : 

2007.10.05.US.4.TCD.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)
*

Ils augmentent donc leur épargne qui est maintenant supérieure à $6 000 milliards,

Graphique 5 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

Depuis ces dernières années, les Américains ont considérablement augmenté leur épargne qui se montait à $5 000 milliards 3 ans plus tôt en octobre 2004.

*

Le comportement des Américains est logique : l’augmentation de l’épargne entraîne une baisse de leurs dépenses, donc de la demande, donc de l’offre.
La croissance du PIB diminue alors au point d’être négative ainsi que les créations d’emplois.

4 000 emplois ont été supprimés au mois d’août pendant lequel l’augmentation de M2-M1 supérieure à 8 % n’avait duré que 2 semaines.

Les suppressions d’emplois devraient donc être plus élevées en septembre.

*

La cause du ralentissement de la croissance du PIB est le maintien de taux trop élevés de la Fed pendant trop longtemps.

Il faut un délai de 6 mois pour que la croissance reparte après une baisse des taux significative de la Fed.

C’est la raison pour laquelle Alan Greenspan anticipe lui aussi une récession dont il évalue la probabilité à 50 %.

La crise du sub-prime n’est qu’une conséquence du maintien des taux élevés de la Fed, et non pas la cause du ralentissement de la croissance du PIB.

*

Les entreprises américaines peuvent continuer à faire des bénéfices car elles ont beaucoup investi à l'étranger au cours de ces dernières années, en particulier dans les pays émergents où la croissance est très forte.

La croissance zéro aux Etats-Unis peut donc s’accompagner d’une augmentation des bénéfices des entreprises américaines, mais elle est inquiétante pour les Américains.

*

La croissance zéro des Etats-Unis se transmet en France.

La situation économique, sociale et politique va se dégrader considérablement dans les mois à venir.

C’est inquiétant pour les Français !

***

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander

Présentation

Recherche

Calendrier

Février 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29    
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus