Mardi 21 août 2007

 

La chute des rendements courts est vertigineuse depuis hier lundi 20 : le 3 mois est passé sous la barre des 3 % et le 2 ans sous celle de 4 % !

Figure 1 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070821US1FF2Y10Y06.gif

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Les rendements baissent car les prix des contrats augmentent, ce qui signifie que les capitaux refluent en masse des actions vers les obligations courtes. La demande, surtout sur les échéances courtes, est très forte, les prix des contrats augmentent donc, ce qui fait baisser logiquement les rendements.

La correction des marchés est considérable !

Les marchés  ont fait des erreurs d’analyse monumentales en plaçant trop de capitaux en actions et pas assez en obligations publiques dont les rendements sont de ce fait anormalement élevés depuis fin 2005.

Tout le monde " disait et écrivait qu’il était normal que les taux soient élevés et qu’ils le resteraient durablement… sauf moi !

Toutes mes analyses antérieures se vérifient…

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Je suis furieux contre Guy Millière et sa bande qui ont décidé de supprimer mon blog fin juillet du site de " l’Institut Turgot " sans respecter mes droits les plus élémentaires sur mes publications !

En effet, il n’est plus possible de vérifier ce que j’ai mis en ligne depuis le printemps 2006 où j’ai commencé à faire fonctionner ce blog sur l’invitation d’Henri Lepage qui a créé Turgot.

Le mépris dont font preuve Guy Millière et sa bande est inadmissible.

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Je soutiens depuis l’été 2006 que la Fed allait créer une récession en relevant son taux de base au dessus de sa neutralité qui est aux alentours de 4 %. Mais, comme l’économie américaine est très vigoureuse, elle a tenu longtemps le choc de taux élevés car les entreprises ont dégagé des cash-flows considérables qui leur ont permis de ne pas souffrir de taux d’intérêt élevés.

Ce sont les ménages, les emprunteurs de biens immobiliers, qui ont été les premières victimes de cette situation qui se révèle avec la chute des prêteurs sur ces marchés marginaux à risques que sont le subprime.

Comme je l’ai rappelé récemment sur ce blog, les taux doivent fluctuer entre 4,0 et 4,5 % avec une pentification normale, comme de 2002 à 2005,

Figure 2 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070821US2FF2Y10Y02.gif

Ces graphiques sont personnels, et réalisés à partir des données de Bloomberg.

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La Fed va rétablir la situation en baissant son taux de base, si tout se passe bien lors de sa prochaine réunion le 18 septembre, ou plus tôt si les marchés plongent trop.

Une baisse des taux de 50 points de base est attendue et annoncée officieusement.

A 4,75 % ils seront encore trop élevés. Une baisse plus importante à 4,25 ou 4,5 % serait nécessaire pour qu’ils soient effectivement neutres.

Le ralentissement de l’économie américaine se poursuivra encore pendant quelques mois du fait de l’inertie générale du système (la consommation des Américains faiblit, donc la demande aussi, l’offre suivant). Une fois de plus la Fed aura réagi trop tard et trop peu.

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La baisse de l’activité américaine se produit au moment où la Banque centrale de Chine vient de décider une nouvelle fois d’augmenter son taux de base : le 1 an est à… 7,02 % très précisément ! ce qui ralentira la croissance.

La situation est actuellement en apesanteur en attendant la suite des évènements.

***

par CHEVALLIER
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Samedi 18 août 2007

 

Les Américains appliquent la stratégie du désordre depuis un certain nombre d’années. C’est une idée défendue à l’origine par les dirigeants du parti Démocrate qui n’acceptent plus que des régimes forts amis dirigent un certain nombre de pays comme c’était le cas jadis. Ils préfèrent favoriser l’arrivée au pouvoir d’opposants anti-américains (dans le cadre de la logique paradoxale), mais ils les affaiblissent en créant un certain désordre dans ces pays.

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Cette stratégie du désordre est appliquée en Amérique du Sud : la plupart de ces pays ont maintenant des gouvernements de gauche plus ou moins hostiles aux Etats-Unis, mais en menant de telles politiques économiques antilibérales à base de nationalisations entre autres, ils se condamnent à une croissance faible qui accentue les difficultés économiques, sociales et politiques. Ils affaiblissent ainsi leur pouvoir de nuisance, ce qui est le but final recherché par les Américains.

Il n’y a plus de dictateurs amis comme c’était le cas pendant des décennies après la Seconde guerre mondiale dans un certain nombre de pays Sud-américains (les Républiques bananières). Cette politique de complaisance des Américains envers des dictatures pouvait être admise à cette époque là car la lutte contre l’influence communiste était difficile à mener. Elle a donné des résultats positifs pour les Américains (en particulier les producteurs de bananes !) pendant un certain temps mais elle est contre-productive à terme et elle est jugée politiquement incorrecte.

Par ailleurs, la structure du PIB a beaucoup changé depuis une vingtaine d’années dans les pays développés : les firmes Nord-américaines dominantes ne sont plus celles qui commercialisent des fruits mais des sociétés de services (informatiques, financiers, etc.). Le contrôle de ressources naturelles par les Américains (du moins par certaines de leurs entreprises) ne présente plus d’intérêt. Les gouvernements de ces pays peuvent donc rester hostiles aux Américains sans leur porter préjudice.

Bien mieux : la faible croissance de ces pays Sud-américains accentue les difficultés économiques de la population dont le niveau de vie s’améliore peu ou pas en adoptant des politiques économiques antilibérales, ce qui décrédibilise finalement ces gouvernements de gauche.

A terme, la stratégie du désordre est donc gagnante pour les Américains et le libéralisme qui gagneront ainsi la guerre des idées !

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La stratégie du désordre est appliquée en Iran depuis la fin des années 70 : les Américains, sous la présidence du Démocrate Carter, ont favorisé l’éviction du Shah et la prise du pouvoir par Khomeyni avec l’appui des Français qui ont joué le rôle indispensable d’idiots utiles avec Valéry Giscard (d’Estaing). En effet, les Américains préfèrent agir indirectement (c’est plus discret) en exerçant une influence sur des parties tierces.

Les Chiites au pouvoir ont effectivement considérablement affaibli l’Iran et ils exercent une menace importante sur les Sunnites, ce qui répond aux objectifs finals des Etats-Unis : affaiblir le monde arabo-musulman en y augmentant le désordre.

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Papa Bush a appliqué la stratégie du désordre en Irak en laissant Saddam Hussein au pouvoir en 1991 (après la guerre menée à la suite de l’invasion du Koweït) de façon à maintenir son pouvoir de nuisance dans la région. Son fils, W., a rompu cette stratégie mais les Démocrates tout-puissants et omniprésents dans l’administration fédérale ont réussi à rétablir un certain désordre en Irak répondant à leur stratégie !

La stratégie du désordre est un art délicat à utiliser au Moyen-Orient mais d’une très grande efficacité car le désordre y est particulièrement bien ancré depuis des millénaires. Toute la difficulté est de le maîtriser et de l’orienter dans le sens voulu.

Dans cette optique, Israël a particulièrement bien réussi lors de la guerre menée contre le Hezbollah pendant l’été 2006 : le pouvoir de nuisance militaire de la milice Chiite contre Israël a été détruit, ce qui était l’objectif principal, mais les Chiites peuvent continuer à exercer un certain pouvoir de nuisance dans le monde musulman dominé par les Sunnites.

En outre, les Israéliens ne passent plus pour une hyper puissance dominatrice mais comme une nation ordinaire (comme les Américains en Amérique du Sud), ce qui est positif à terme.

Les membres du gouvernement israélien ont été parfaits dans leur rôle d’idiots utiles.

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La stratégie du désordre a été appliquée aussi en Asie : Suharto, présenté habituellement comme un dictateur par les médias, a été évincé du pouvoir en Indonésie par les Américains en utilisant la désinformation et en encourageant des manifestations qui lui étaient hostiles.

La stratégie du désordre est appliquée au Japon dont le dynamisme dans les décennies d’après guerre a été stoppé par les désordres monétaires qui ont créé une déflation durable (la masse monétaire est hypertrophiée et l’endettement public hors normes).

Les dirigeants politiques japonais, corrompus et incompétents, sont eux aussi parfaits dans leur rôle d’idiots utiles.

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La stratégie du désordre  est appliquée en Europe : les Américains ont réussi à convaincre des Européens de mettre en place l’Union Européenne qui est une usine à gaz totalement inefficace qui affaiblit considérablement les pays européens dont les entreprises sont pourtant très performantes, et à adopter une monnaie commune contre nature dont les effets sont catastrophiques.

Ce ne sont pas les Américains qui créent positivement ce désordre, mais ce sont certaines entreprises spécialisées dans cette activité qui exercent une influence sur les leaders et les décideurs européens de façon à ce qu’ils prennent eux-mêmes des décisions contre leurs intérêts, ce qui favorise finalement les Américains.

La stratégie du désordre est même appliquée dans des entreprises d’importance stratégique comme EADS qui a l’avantage de donner l’apparence de ne pas laisser le monopole de la production d’avions de ligne à Boeing. Airbus n’étant pas rentable, pénalise l’industrie aéronautique européenne et les contribuables européens.

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La stratégie du désordre est facilement appliquée en Russie avec les anciens communistes mal reconvertis dans une apparence d’économie de marché.

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Seuls les Chinois qui sont depuis des millénaires des experts dans l’art de la stratégie, réussissent à tirer leur épingle du jeu, pour l’instant du moins.

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La stratégie du désordre est une réussite presque parfaite… pour les Américains.

***

 
par CHEVALLIER
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Vendredi 17 août 2007

 

Ce 17 août, la Fed vient de décider en catastrophe de baisser le taux d’escompte de 50 points de base. C’est une décision symbolique car ce taux n’est pas important. En fait, les membres du FOMC veulent montrer par là qu’ils envisagent maintenant de baisser leur taux de base (qui est à 5,25 %) qui lui est important.

Ils viennent de changer brusquement de politique monétaire à la suite de la chute des bourses alors qu’ils indiquaient clairement lors de leur dernière réunion, le 7 août, qu’ils n’envisageaient pas de le faire !

Les membres du FOMC ne maîtrisent vraiment pas la situation, ce qui est inquiétant.

Ils seront obligés de baisser leur taux de base en catastrophe si le collapsus boursier se poursuit, ou un peu plus tard si la situation redevient calme.

De toutes façons, ce sera trop tard, car en maintenant leur taux de base très largement au dessus de sa neutralité (entre 4,0 et 4,5 %) pendant trop longtemps, ils auront créé un ralentissement très important de la croissance qui provoquera une récession à la fin de cette année.

Cependant, il n’y a rien de grave car les fondamentaux de l’économie américaine sont excellents. La croissance repartira quand la Fed aura baissé ses taux.

Alan Greenspan et Henry Paulson, l’ancien patron de Goldman Sachs et actuel ministre de l’économie, répètent que les marchés corrigent leurs erreurs et leurs excès antérieurs. Ce sont là les aléas normaux de l’évolution des économies libérales.

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Le ralentissement de la croissance américaine se transmettra dans le monde entier, avec des conséquences importantes en particulier en Asie, car la croissance de pays comme le Japon dépend de celle des Etats-Unis.

La croissance ralentira encore en Europe et en France en particulier. Elle sera proche de zéro, ce qui aura des conséquences sociales et politiques importantes...

Nicolas Sarkozy et son gouvernement viennent de montrer qu’ils ne maîtrisent pas, eux non plus, ces problèmes économiques;

… Toutes mes analyses antérieures se confirment…

par CHEVALLIER
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Jeudi 16 août 2007

 

Le 15 août, tout le monde est en vacances, ou presque.

Le 15 août, il ne se passe rien, ou presque.

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Le 15 août 1971 le Président des Etats-Unis, Richard Nixon décidait de supprimer la libre convertibilité du dollar américain en or.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les monnaies n’ont plus été définies par rapport à une marchandise, mais les unes par rapport aux autres. Leur valeur et leurs parités dépendent de la confiance que l’on a ou que l’on a pas envers elles.

Le 15 août 1971 fut un progrès considérable dans l’histoire de l’humanité. Les économistes qui ont conseillé Richard Nixon ont eu raison. Cette mesure a été critiquée par d’autres comme par exemple par Friedrich Hayek qui prédisait dans les années 70 que les systèmes financier et monétaire américain et mondial s’écrouleraient dans un délai inférieur à 20 ans. 
Ils ont eu tort. Il y a de bons et de mauvais économistes, et de bons économistes peuvent se tromper. Les marchés et les dirigeants de banques centrales ont très bien su résoudre finalement tous les problèmes qui se sont posés par la suite.

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Le 15 août 2007, en fin de journée, le rendement du 3 mois a plongé de 4,48 % à 4,08 %, ce qui signifie que les marchés ont très bien compris que les taux courts devaient tomber à 4,0 %, les taux longs (le 10 ans) fluctuant aux alentours de 4,5 %.

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Figure 1 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070816US1FF2Y10Y06.gif

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Cette pentification des taux est normale. 

Elle correspond à une croissance normale elle aussi, c’est à dire à son potentiel optimal.

Les taux devraient fluctuer dans une bande de 4,0 à 4,5 % comme de 2002 à 2005,

Figure 2 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070816US2FF2Y10Y02.gif

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Les marchés ont raison, la Fed a tort, de maintenir ses taux à 5,25 %… mais avec quelques réserves….

Si les banques centrales n’existaient pas, les marchés établiraient des taux courts à 4,0 % ce qui serait catastrophique car cette situation serait inflationniste à terme. En effet, les bénéfices des entreprises augmentent de 5 à 7 % (historiquement, autour de 10 % depuis ces derniers 20 trimestres !), ce qui crée a priori une inflation cachée qui devient par la suite difficilement contrôlable comme cela s’est passé dans les années 60 (l’augmentation des bénéfices entraîne une augmentation anormale de la masse monétaire en M3-M2).

Les banques centrales ont raison de maintenir contre les marchés des taux supérieurs à leur neutralité pour éradiquer tout risque de résurgence de l’inflation. Les membres du FOMC ont donc raison de maintenir des taux élevés, mais ils ont tort de les maintenir si élevés !

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En baissant leur taux de base à 4,5 %, la Fed rétablirait (rétablira ?) une structure des taux normale assurant la croissance à son potentiel optimal.

En maintenant son taux de base à 5,25 %, elle entretient un risque de récession qui alimente la volatilité des marchés et le collapsus que j’annonçais.

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Les spécialistes des marchés (analystes, stratégistes, économistes, etc.) prédisaient (presque) tous le maintien de taux élevés à terme. Ils avaient tort. J’avais raison (je n’étais pas le seul !). Un minimum de culture économique permet de maîtriser ces problèmes…

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par CHEVALLIER
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Mercredi 15 août 2007

 

Quelques banques centrales (Etats-Unis, BCE, Japon, Suisse) ont distribué récemment des liquidités sur les marchés par des appels d’offres. Cette politique monétaire est étrange car elle est contraire aux pratiques habituelles.

En effet, la politique monétaire des banques centrales a toujours consisté à intervenir sur les marchés par des achats et des vente de bons du Trésor qu’elles détiennent pour assurer la liquidité du système bancaire nécessaire à son fonctionnement normal.

Quand les banques commerciales vendent des bons du trésor à la banque centrale, elles reçoivent les liquidités qui leur sont nécessaires.

Quand les banques commerciales achètent des bons du trésor vendus par la banque centrale, les liquidités de ces banques commerciales diminuent.

La politique monétaire (open market policy) est la base de l’action d’une banque centrale pour réguler les liquidités… comme le rappelait Milton Friedman dans un de ses derniers articles publié dans le Wall Street Journal.

Or, les appels d’offres qui ont été lancés ne correspondent pas à ce type de politique monétaire. En effet, ces banques centrales ont prêté (et prêtent encore) des liquidités aux banques commerciales qui ont donné en garantie des bons du Trésor et d’autres titres pour une durée très réduite, de 1 à 3 jours seulement.

Ces mesures ne résolvent pas correctement les problèmes posés car les remboursements de ces prêts assèchent automatiquement et très rapidement les liquidités des banques commerciales, ce qui accentue finalement les désordres.

Ces banques centrales agissent très maladroitement. En effet, à certains moments, elles inondent les marchés d’un excès de liquidités qui a fait tomber les taux au jour le jour à 1 % aux Etats-Unis le vendredi 10 et à 0,05 % le mardi 14 au Japon ! Dans ces deux cas, ces taux sont loin des niveaux normaux.

Il aurait été plus sain et plus judicieux pour les banques centrales… de mener une politique monétaire classique en intervenant normalement et pertinemment sur les marchés par une politique monétaire orthodoxe de façon à assurer les besoins en liquidité des banques commerciales.

En voulant montrer qu’elles agissent, mais à contre sens, leurs dirigeants montrent finalement qu’ils ne maîtrisent pas la situation, ce qui est plutôt inquiétant.

En effet, au cours de ces dernières années, les banques centrales auraient dû mieux surveiller les banques commerciales qui ont distribué des crédits d’une façon aventureuse.

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Grâce à ce collapsus que j’annonçais, les taux commencent à revenir dans leur bande normale de 4 à 4,5 % dans laquelle ils fluctuaient de 2002 à 2005 : le 2 ans est déjà à 4,3 % et le 10 ans est à 4,7 %. Le taux neutre de la Fed est bien aux alentours de 4,25 %.

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Figure 1 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070815US1FF2Y10Y06.gif

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Figure 2 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070815US2FF2Y10Y02.gif

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Alan Greenspan avait raison de dire que les marchés corrigeraient… et qu’une récession s’annonce à cause des erreurs des politiques monétaires menées par les banques centrales !

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par CHEVALLIER
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Mardi 14 août 2007

 

L’INSEE vient de publier les chiffres de la croissance du PIB au 2° trimestre. Ils ne sont pas bons.

Un problème d’interprétation se pose : quels chiffres retenir pour donner une image fidèle de la réalité ?

L’INSEE donne une réponse maladroite : le taux de croissance en pourcentage par rapport au trimestre précédent, soit 0,3 %, ce qui est peu significatif.

En effet, il est préférable de donner ce taux annualisé : 1,3 %, ce qui signifie que la croissance atteindra ce taux si ce rythme continue non pas d’un trimestre à l’autre, mais pendant 12 mois. Les Américains publient de préférence ce chiffre qui est de 3,4 %.

Figure 1 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070814FR1PIBQ2QOQ.gif

Contrairement à ce que pensent les experts de l’INSEE, de la Banque de France, du gouvernement et autres économistes patentés, la croissance n’est jamais régulière : elle n’est jamais de l’ordre de 0,5 à 0,6 %. Les écarts d’un trimestre à l’autre sont très importants ! 

Une autre solution est de présenter le taux de croissance par rapport au même trimestre de l’année précédente, soit 1,3 % ce qui montre que la richesse de la France a augmenté d’autant en 12 mois (1,8 % aux Etats-Unis).

Figure 2 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070814FR2PIBQ2YOY.gif 

Enfin, un autre chiffre n’est presque jamais donné bien qu’il soit très instructif : le taux de croissance des 4 derniers trimestres par rapport aux 4 trimestres les précédant, soit 1,8 %. C’est pourtant ce chiffre qui est publié traditionnellement… tous les ans. En effet, tout le monde veut savoir quel a été le taux de croissance d’une année par rapport à la précédente. Il est inutile d’attendre le début d’une année pour le connaître : il suffit de le calculer après chaque trimestre.

Figure 3 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070814FR3PIBQ24QO4Q.gif 

Quelle que soit la méthode retenue, les résultats sont les mêmes : les chiffres ne sont pas bons, et ce sera pire à l’avenir.

En effet, l’augmentation de la masse monétaire M3 de la zone euro est de 10,9 %, ce qui correspond à une baisse de la croissance du PIB qui devrait être proche de zéro, voire négative au second semestre 2007.

Par ailleurs, la croissance de la France est totalement corrélée à celle des Etats-Unis, avec 1 à 2 points de moins selon la méthode de calcul retenue. Comme la croissance américaine baisse, elle baissera en France.

La baisse de la croissance est déjà observable : l’inflation est devenue négative en juillet : - 0,3 % pour l’IPCH (qui permet de faire une comparaison au niveau européen). En effet, quand la croissance baisse, les vendeurs sont obligés de baisser leurs prix, ce qui alimente la déflation, donc la baisse de la croissance.

Nicolas Sarkozy  n’a pris aucune mesure pour contrer ces tendances. La seule façon d’y remédier aurait été de baisser le taux des prélèvements obligatoires en adoptant un système de fonds de pension selon la formule que je préconise. Malheureusement, ni lui ni son entourage n’ont un minimum de culture économique libérale. Son erreur aura des conséquences très graves car il détient tous les pouvoirs.

Il est libre et responsable… de ses erreurs, et nous en sommes les victimes.

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Le déficit de la balance commerciale s’accentue depuis que la France mène une politique économique socialiste. C’est le déclin français,

Figure 3 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070815FRXM.gif

Correction au 15 août : attention ! la version initiale de ce document comportait une erreur sur ce graphique qui est maintenant corrigée...
... ce qui montre que la situation de la France s'est fortement dégradée avec le 2° mandat de Jacques Chirac !

Le graphique suivant :
Figure 4 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070814FR4PIBXM.gif 

correspond aux seules importations par trimestre

14 août, heureusement, les Français, heureux comme des autruches, sont en vacances.

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par CHEVALLIER
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Lundi 13 août 2007

 

La croissance du PIB aux Etats-Unis au 2° trimestre a été beaucoup plus forte que je ne le prédisais : + 3,4 % (d’un trimestre à l’autre en taux annualisé) au lieu d’une croissance zéro, mais seulement 1,8 % d’une année sur l’autre, ce qui est inférieur au potentiel optimal (3,5 %). Je me basais sur les variations des agrégats monétaires et d’autres indicateurs qui sont tous concordants. Effectivement, les dépenses de consommation ont peu augmenté : + 1,3 %.

Compte tenu de l’importance des importations, la demande intérieure a été faible, ce qui correspond à mes prédictions et à la faible croissance d’un grand nombre d’entreprises sur leurs seules activités aux Etats-Unis.

La croissance a été forte d’abord grâce aux exportations américaines qui ont été très élevées : + 6,4 % (des avions de Boeing, des engins de Caterpillar, etc.) que les entreprises des pays émergents achètent.

Par ailleurs, les dépenses gouvernementales ont fait un bond, en particulier les investissements militaires : + 9,5 % ! Les guerres en Irak et en Afghanistan et les risques de guerre ailleurs dopent la croissance américaine…

Comme cette croissance est exogène, elle n’était donc pas prédictible par les variations des agrégats monétaires.

Cependant, la réalité est là : les taux élevés de la Fed créent un ralentissement de la croissance qui se constate dans la variation des agrégats monétaires.

La situation est paradoxale : les entreprises font des bénéfices record, mais la croissance endogène est quasiment à zéro, ce qui perturbe les marchés et crée une très grande volatilité.

Le ralentissement de la croissance américaine coïncide avec une augmentation de l’inflation en Chine à 5,6 % surtout pour les produits alimentaires (+ 15,4 %). La banque centrale de Chine va encore relever ses taux. La conjonction de ces deux éléments va provoquer un ralentissement de l’activité dans le monde dont la crise du subprime n’est qu’un des aspects, la partie émergée de l’iceberg.

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D’après les derniers chiffres publiés par la Fed, M2-M1 (l’épargne des ménages) augmente plus rapidement que sa tendance longue, ce qui signifie que les ménages épargnent davantage car ils craignent que leur situation ne se détériore, ce qui fait stagner l’activité aux Etats-Unis,

Figure 1 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070813US1M2M1.gif

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L’augmentation de M2-M1 par rapport à l’année précédente est élevée : autour de 8 %,

Figure 2 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070813US2M2M1.gif

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La masse monétaire libre augmente et  la croissance du PIB ralentit : elle était de 1,8 % d’une année sur l’autre au 2° trimestre, et elle pourrait être de 1,7 % en ce 3° trimestre, soit 0,7 % par rapport au trimestre précédent en taux annualisé, hypothèse retenue ici,

Figure 3 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070813US3FRM.gif

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Pour consulter les statistiques du PIB :

http://www.bea.gov/newsreleases/national/gdp/gdpnewsrelease.htm

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par CHEVALLIER
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Dimanche 12 août 2007

 

I. Masse monétaire libre

La variation de la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à celle de la masse monétaire libre qui est la différence entre l’augmentation de la masse monétaire M3 en données courantes et (moins) le taux de croissance du PIB réel. C’est la variation de cette masse monétaire libre qui est importante : quand elleaugmente, la croissance du PIB diminue, et inversement.   

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La masse monétaire libre est un concept dérivé du cash flow libre qui est le cash flow total diminué de la partie qui servira à financer de toutes façons le renouvellement des immobilisations (pour maintenir en état les capacités de production), le paiement des impôts et la distribution des dividendes. 
C’est ce cash flow libre qui est important pour une entreprise : il varie beaucoup en fonction de la conjoncture et des décisions plus ou moins pertinentes de ses dirigeants.  

M3-M2 représente l’ensemble des trésoreries des entreprises et M2-M1 l’épargne des ménages. Les variations de ces agrégats se retrouvent donc dans celles de la masse monétaire libre. 


Ainsi, dans une situation normale, la croissance du PIB réel est de 3,5 % et celle de la masse monétaire libre est aussi de 3,5 % (l’augmentation de M3 est alors supérieure à 7 % en données courantes). 
Quand la variation de la masse monétaire libre accélère (en dépassant de plus en plus 3,5 %), la croissance du PIB réel ralentit de plus en plus sous son potentiel optimal de 3,5 % et inversement : quand la variation de la masse monétaire libre diminue (en passant de plus en plus sous 3,5 %), la croissance du PIB réel augmente de plus en plus, au dessus de son potentiel optimal de 3,5 %.

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Figure 1 : 


 

(Cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Pour relancer la croissance du PIB (quand elle est inférieure à son potentiel optimal), la masse monétaire libre doit diminuer. Pour cela les ménages doivent épargner relativement moins (en dépensant et en investissant davantage, ce qui relance la demande), et les cash flows libres doivent diminuer (en distribuant davantage de dividendes et surtout en augmentant l’investissement, ce qui relance l’offre).

Inversement, pour diminuer une croissance du PIB réel trop forte, supérieure à son potentiel optimal (donc inflationniste et insoutenable à terme), la masse monétaire libre doit augmenter grâce à l’augmentation de l'épargne des ménages (sur livrets, en M2-M1, les ménages anticipant le ralentissement économique augmentent alors leur épargne de précaution en consommant relativement moins et en investissant moins, ce qui diminue la demande), et grâce à l’augmentation de la trésorerie des entreprises (en M3-M2, en distribuant moins de dividendes et en investissant moins, ce qui diminue l’offre).

Les banques centrales font évoluer les marchés dans le sens voulu en augmentant ou en diminuant leur taux de base, ce qui fait varier la masse monétaire libre et la croissance du PIB réel pour qu’elle soit la plus proche possible de son potentiel optimal sans inflation. 
L’idéal serait que la croissance du PIB réel soit stable à 3,5 %, sans fluctuations, mais une telle situation d’équilibre ne se produit jamais. Cependant, la Fed réussit au fil des années à diminuer l’amplitude des variations du PIB réel et de la masse monétaire libre qui ont été parfois importantes : elle a augmenté de plus de 10 % en 2001 et elle a diminué fin 2003 début 2004, ce qui correspondait à une relance très (trop) forte du PIB réel par la suite car l’inflation est repartie.

***

Contrairement aux idées communément répandues, ce n’est donc pas en augmentant la masse monétaire libre qu’une banque centrale peut relancer l’activité économique, mais au contraire en la restreignant (en diminuant son taux de base) à condition qu’il n’y ait pas eu de dérapages monétaires auparavant (comme au Japon par exemple). Inversement elle ralentit la croissance du PIB en augmentant la masse monétaire libre (en relevant ses taux de base).

Ce qui importe est donc la variation de la masse monétaire libre (en hausse ou en baisse), la croissance du PIB réel y étant inversement proportionnelle.

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Sur le long terme, l’augmentation de la masse monétaire libre est supérieure à la croissance du PIB réel d’un demi point au moins, ce qui est dû à un effet de richesse des ménages et des entreprises. En effet, quand la croissance du PIB réel augmente, les ménages et les entreprises sont plus riches et épargnent donc davantage.

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La Fed ne publie plus depuis le 13 mars 2006 les chiffres de M3, ce qui empêche de bien analyser ces problèmes. Cependant, cette mesure ne présente pas d’inconvénients majeurs car la variation de la masse monétaire libre M2-M1 est significative et l’évolution de la trésorerie des entreprises peut être connue par d’autres moyens fiables.

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Publié initialement le 11/01/07, revu le 04/02/07, 1° de 4 billets sur ce thème (que je dois découper en 4 du fait d’un bug du blog…)

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par CHEVALLIER
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Dimanche 12 août 2007

 

II. Masse monétaire libre M2-M1

La variation de la masse monétaire libre dépend en fait (surtout aux Etats-Unis) de celle d’un seul agrégat : M2-M1, c’est à dire de l’épargne des ménages qui doit baisser pour que la croissance du PIB réel augmente. En effet, en épargnant moins, les ménages consomment davantage : la demande augmente et l’offre y répond (le PIB réel augmente). Une relance par la consommation doit se faire selon ce mécanisme et non pas par la distribution d’aides sociales ou d’augmentations de salaires indépendantes des gains de productivité (la relance keynésienne de gauche).

Inversement, les autorités américaines cherchent actuellement à ralentir la croissance du PIB réel car elle est supérieure à son potentiel optimal, ce qui n’est pas tenable à terme car cette situation est inflationniste. En relevant leur taux de base (à 5,25 %) au dessus de sa neutralité (4 %) les gens de la Fed ont provoqué un ralentissement de la croissance du PIB et une augmentation de l’épargne des ménages (c’est à dire une augmentation de la masse monétaire libre M2-M1) grâce à une augmentation relativement faible de la consommation.

La situation financière et monétaire des Etats-Unis est globalement saine : les Américains ont provisionné en grande partie les charges de retraite prévisibles (grâce aux fonds de pension), le déficit de l’Etat est contenu dans les normes, les cash flows n’ont jamais été aussi élevés, l’endettement des entreprises est généralement faible. La Fed attend que la croissance du PIB baisse pour que l’inflation revienne dans la zone acceptable (le PCE:PILFE devrait se situer entre 1 et 1,5 %).

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La variation de la masse monétaire libre dépend en fait (surtout aux Etats-Unis) de celle d’un seul agrégat : M2-M1

Figure 2 : 

2007.02.05.2.M2M160.gif

 

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Un zoom permet de voir que l’augmentation simultanée du PIB réel et de la masse monétaire libre au 4° trimestre 2006 ne s’est jamais produite depuis 1990 !

Figure 3 : 

2007.02.05.4.M2M190ZOOM.gif



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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L’augmentation de la masse monétaire libre est bien visible sur ce graphique. Les deux courbes sont en train de se croiser au 4° trimestre 2006 ou en ce 1° trimestre 2007 :

Figure 4 : 




(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Publié initialement le 11/01/07 revu le 04/02/07, 2° de 4 billets sur ce thème.

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par CHEVALLIER
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Dimanche 12 août 2007

 

III. Masse monétaire libre et behaviorisme

Pour comprendre les relations entre la croissance du PIB et la masse monétaire libre, il faut comprendre à quoi correspondent en réalité, concrètement, les variations des agrégats monétaires.

Quand les Américains craignent que leur situation se dégrade dans un avenir proche, ils dépensent relativement moins et ils augmentent donc leur épargne, ce qui signifie que M2-M1 augmente et que la croissance du PIB réel ralentit : épargne et croissance sont inversement proportionnelles. 
Inversement, quand ils anticipent une amélioration de leur situation, ils dépensent davantage en diminuant leur épargne : M2-M1 diminue et la croissance du PIB réel augmente. Finalement, cette loi de la masse monétaire libre est simple !

Ce qui est important est donc la réaction des Américains, c’est à dire des individus, qui est visible dans la variation des agrégats monétaires, et non pas la variation relative des agrégats monétaires et du PIB en masse, in abstracto. Il n’y a d’ailleurs pas de corrélation observable entre les variations des agrégats monétaires et le PIB tous deux étant déflatés, c’est à dire en valeurs réelles contrairement à ce que pensent les économistes autrichiens.

Le comportement des ménages est donc déterminant : il explique cette corrélation quasiment parfaite entre la masse monétaire libre M2-M1 en valeurs courantes (non déflatées) et la croissance du PIB réel sur les 50 dernières années aux Etats-Unis et les mêmes résultats que l’on retrouve par exemple dans la zone euro, en Thaïlande et partout ailleurs. 

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Les réactions des ménages sont très rapides et très élastiques. La Fed publie le jeudi soir les données de M1 et de M2 qui permettent de connaître avec 10 jours de retard seulement le comportement des ménages, et donc les tendances les plus récentes du comportement des Américains. 
Ainsi, il est possible de connaître presque en direct l’orientation du PIB et donc d’anticiper correctement les marchés, avant les opérateurs qui ne connaissent pas cette loi de la masse monétaire libre… d’où son intérêt car la spéculation est alors gagnante !

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La Fed a relevé son taux de base au dessus de sa neutralité (4 %) en décembre 2005. Les marchés de l’obligataire public ont réagi les premiers : la courbe des taux est devenue plate, et même inversée, ce qui annonce toujours une baisse de la croissance du PIB réel dans un délai de 6 mois. 
Effectivement, la croissance a commencé à baisser 6 mois plus tard : à partir du mois de juin, ce qui est observable sur les données de M2-M1 qui augmente à partir de cette date car les Américains ont bien senti que leur situation ne s’améliorerait pas dans un avenir proche. Ils ont donc augmenté leur épargne (M2-M1) et relativement diminué leurs achats ce qui fait diminuer la croissance du PIB réel. 
La tendance se poursuit : la croissance du PIB diminue : elle a été de 2 % au 3° trimestre par rapport au précédent mais elle est restée à un niveau élevé au 4° trimestre grâce à un effet richesse important et à la mondialisation.

Les membres du FOMC ont relevé trop tard et trop lentement leur taux de base, ce qui a entraîné une croissance du PIB trop forte, supérieure à son potentiel optimal. Elle est donc inflationniste. 
Pour faire tomber l’inflation dans la zone idéale de 1 à 1,5 %, ils sont obligés de créer une baisse de la croissance, et à la limite une récession. Cependant, comme l’économie américaine est très forte, la baisse est lente, mais certaine. 
Comme les marchés actions anticipent mal ce ralentissement de la croissance, il y aura prochainement un collapsus.

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Publié initialement le 11/01/07 revu le 04/02/07, 3° de 4 billets sur ce thème.

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par CHEVALLIER
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