Jeudi 31 janvier 2008

Questions / réponses 23 et autres…


Merci aux honorables lectrices et lecteurs de ce blog pour leurs commentaires et leurs questions, voici mes réponses…

L’euro et les monnaies européennes sont attaquées. C’est un fait observable, cf. mes graphiques sur mes billets. C’est le résultat d’une politique voulue par les Américains.

Comme dans le système de Bretton-Woods, plus on attend pour prendre les décisions, pire ce sera.

Je ne cherche pas à savoir comment réagiront les hommes politiques, ni à déterminer des échéances. J’observe, j’analyse et j’en tire des conclusions.

Je ne fais pas d’études exhaustives : j’ai vu que c’est pire en Italie, c’est meilleur en Autriche, etc.


Le système de Bretton-Woods a fonctionné plus ou moins bien pendant 27 ans et il s’est effondré. Le système de changes libres sans référence à l’or tant décrié en particulier par les Français fonctionne très bien depuis bientôt 37 ans…


Logiquement, la BCE devrait augmenter ses taux pour contrer l’inflation, mais il lui sera difficile de le faire, surtout avec des taux de la Fed à 3 % !


Dénoncer la caste des inspecteurs des finances et autres énarques ne présente aucun intérêt. C’est du Guignol.

Certes, ils sont responsables de la perte de 200 milliards de francs depuis 2 ou 3 décennies (d’après des décomptes rapides), mais les dettes de retraite étaient de €4 500 milliards fin 2004 d’après toutes les estimations concordantes dont celles des économistes de Work For All.


C’est une autre dimension ! 
Les Français ne comprennent pas ces évidences alors que tous les Américains, quel que soit leur niveau d’études, savent que les comptes de toute entreprise ne doivent pas être déficitaires, même après avoir comptabilisé les engagements de retraite.


Les Français sont incapables de comprendre le moindre problème économique et financier élémentaire, quel que soit leur niveau d’études, là est le problème !

*

Les baisses d’impôts du plan Bush ne sont pas inflationnistes a priori mais elles vont permettre de relancer la croissance qui sera alors un peu inflationniste…


Et un petit rappel : ne jamais suivre les informations et conseils diffusés par les médias. Il faut faire soi-même les analyses et les confronter à ce qu’ils publient pour apprécier la marge de la désinformation. 

Les personnes qui veulent reprendre certains points de mes billets peuvent le faire à condition de mettre les liens sur mon blog.

***

par CHEVALLIER
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Jeudi 31 janvier 2008

John McCain président ?


John McCain a toutes les chances de devenir le prochain président des Etats-Unis car, comme je l’écrivais dans un billet :
La croissance sera donc très élevée avec d’excellentes perspectives… au moment de l’élection présidentielle et Hillary Clinton sera ridiculisée avec son plan de relance en faveur des plus démunis ! Après le redressement de la situation en Irak, elle sera alors complètement décontenancée, sans propositions crédibles face à son rival Républicain.


Avec des taux de la Fed maintenant à 3 % la croissance sera vraiment très forte pendant les 3 mois précédant l’élection présidentielle, ce qui favorisera John McCain car tous les Américains savent que les Reaganomics feront baisser les impôts, les taxes et les dépenses de l’Etat.


Moins de dollars dans les caisses de l’Etat, c’est toujours plus de dollars dans leurs poches !

 
John McCain a d’ailleurs déclaré :

Je suis aussi fier d’être un libéral Reagannien aujourd’hui que je l’ai été avec Ronald Reagan.

(I am as proud to be a Reagan conservative today, as I was then)


Les médias français et européens ne consacrent aucun article aux bienfaits des Reaganomics.


Les hommes politiques français et européens ne cherchent pas à le prendre pour modèle.


Personne ne songe à aborder les conséquences politiques et économiques de son élection sur la situation des Français…


Avec John McCain la politique américaine sera un peu plus cohérente : la croissance sera forte avec de bons fondamentaux dopés par la baisse du taux des prélèvements obligatoires. 
La locomotive américaine entraînera les autres wagons mais les Français resteront englués dans leurs problèmes…


La stratégie du désordre sera poursuivie.


Il faut rappeler que ce sont les Reaganomics qui ont réussi à vaincre le communisme sans faire la guerre, du moins sans conflit de haute intensité, uniquement par la guerre économique : les Américains ont poussé l’URSS à une course aux armements dont les dépenses ont été insoutenables pour le régime communiste qui a sombré dans la faillite.


Les dirigeants communistes chinois en ont tiré la leçon : pour être puissante, une nation doit être forte sur le plan économique, et le meilleur moyen d’optimiser son potentiel est d’appliquer au mieux le capitalisme libéral, et à ce jeu, ce sont les Reaganomics qui sont les plus performants.

***

par CHEVALLIER
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Jeudi 31 janvier 2008

Stratégie du désordre et politique monétaire


Pour affaiblir la zone euro en y accentuant le désordre, les Américains ont créé un choc mondial qui renforce en apparence l’euro mais qui le condamne en fait…

Les Reaganomics se basent sur les analyses de Milton Friedman selon lesquelles "l'Europe devient de plus en plus sensible à tout choc asymétrique. Tôt ou tard, lorsque surviendra une réelle secousse dans l'économie mondiale, ses contradictions internes la feront éclater ".


Les Américains ont donc provoqué un premier choc mondial par les prix du pétrole qui sont montés à des niveaux historiquement très hauts.


Un second choc a été produit par la politique monétaire de la Fed qui, dans un premier temps, a monté ses taux à des niveaux anormalement très élevés de 5,25 % (ce qui a provoqué en particulier la crise du subprime) et qui dans un deuxième temps vient d’abaisser ses taux à des niveaux anormalement très bas de 3 %.


La BCE ne peut pas baisser ses taux de base (actuellement à 4 %) pour relancer la croissance car cela accentuerait 
- l’inflation qui augmente (à 3,2 % en janvier, au plus haut depuis que cette statistique est calculée, en 1997) 
- et l’augmentation de la masse monétaire qui était déjà beaucoup trop forte (à 12 %).


L’écart de 100 points de base avec les taux américains attire les capitaux sur l’euro qui prend de la valeur par rapport au dollar et ces capitaux accentuent les écarts entre les rendements des différents Trésors européens, ce qui est annonciateur de l’éclatement de l’euro et de la dévaluation des monnaies les plus faibles : celles du Club Med, en particulier le franc français et la lire italienne.


Le combat monétaire est de plus en plus intense et il devient insoutenable pour les Français qui refusent de prendre les mesures qui permettraient de mettre fin à la production d’argent non gagné qui est la principale cause des déséquilibres actuels dans la zone euro (les engagements de retraite ne sont pas provisionnés en France, ce qui est contraire aux règles comptables IFRS). 
La dette publique française coûtera encore plus cher avec des taux d’intérêts en hausse.


Si les Américains n’avaient pas créé ces chocs, les pays du Club Med auraient pu continuer à bénéficier de l’économie allemande dont les excédents commerciaux rattrapent leurs dérives budgétaires et monétaires.


La Fed peut baisser son taux de base à 3 % car la masse monétaire n’augmente que de 7 % ce qui correspond à une croissance du PIB à son potentiel optimal de 3,5 %.


L’écart de 150 points de base entre les rendements du 10 ans et du 2 ans est annonciateur d’une très forte croissance aux Etats-Unis à partir du mois d’août prochain,

Graphique 1 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Les Etats-Unis sont dans une situation comparable à celle qui prévalait en 2004,

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La Fed combattra l’inflation en augmentant son taux de base, ce qui créera un ralentissement de la croissance en 2009 et perpétuera les cycles…


La politique monétaire menée par la Fed depuis deux ans ne peut s’expliquer logiquement que par rapport à cette stratégie du désordre dont les aspects économiques et monétaires sont inspirés des analyses de Milton Friedman !

Le rendement du 10 ans américain augmente car les marchés anticipent une forte croissance à venir,

Graphique 3 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La baisse anormale des taux de la Fed sous sa neutralité de 4,25 % ne se justifie pas par rapport aux caractéristiques de l’économie américaine.

***

par CHEVALLIER
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