Vendredi 9 mai 2008

Merveilleux Américains


Le comportement des Américains répond merveilleusement bien à la politique monétaire de la Fed : ils ont diminué leur épargne (M2-M1) de $47 milliards dans la semaine finissant le 28 avril, ce qui correspond à une augmentation de 7,6 % d’une année sur l’autre, car leur situation est bonne et ils anticipent même une amélioration,

Graphique 1 :

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Les variations de M2-M1 d’une semaine à l’autre sont considérables : elles ont été supérieures à $30 milliards à 7 reprises sur les 4 premiers mois de 2008 alors qu’elles étaient inférieures à $20 milliards jadis,

Graphique 2 :

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À titre de comparaison, M2-M1 a bondi de $49 milliards dans la semaine suivant les attentats du 11 septembre 2001,

Graphique 3 :

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L’épargne des Américains est passée légèrement sous les $6 300 milliards,

Graphique 4 :

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Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, la reprise est forte et la croissance sera certainement supérieure à 2,5 % d’une année sur l’autre en ce 2° trimestre, hypothèse retenue ici,

Graphique 5 :

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L’augmentation de M2 diminue très rapidement : elle est de 6 % et tend vers 5 %,

Graphique 6 :

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À titre de comparaison, dans la zone euro, M2-M1 augmente de 20 % d’une année sur l’autre (et M3 de 11 %) car la situation des malheureux Euro-zonards est mauvaise et ils anticipent une détérioration.


Les Américains n’écoutent pas les journaleux ni les bonimenteurs : ils travaillent, gagnent de l’argent et le dépensent, ce qui entretient la demande, donc la croissance du PIB et qui repart de plus belle.

Tous les journaleux et bonimenteurs qui parlaient de crise du siècle se seront ridiculisés une fois de plus.


Les taux du Libor en US$ ont monté, anticipant le maintien du taux de base de la Fed et son relèvement ultérieur, ce qui ne s’est pas produit. Ils ont donc normalement baissé, ce qui signifie que le marché interbancaire fonctionne bien aux États-Unis comme l’atteste la faible demande de TSLF (Term Securities Lending Facility).


Les taux de l’Euribor sont toujours trop élevés, ce qui signifie que certaines banques de la zone euro ont encore quelques cadavres dans leurs placards.


La réaction des Américains est meilleure que celle que j’attendais.
La connaissance de ces problèmes économiques et monétaires alimente la spéculation gagnante…

***

par CHEVALLIER
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Jeudi 8 mai 2008

Déficit du commerce extérieur français


Les Douanes viennent de publier les chiffres du commerce extérieur. Ils font peur !


En mars, le déficit du commerce extérieur de la France s’est élevé à €4,750 milliards.

Le précédent record était de €3,6 milliards en novembre 2007, pulvérisé.

Graphique 1 :

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En 1999, le commerce extérieur de la France était excédentaire de 4 à €5 milliards par mois, il est maintenant déficitaire du même montant !


L’aggravation du déficit est constante depuis l’adoption de l’euro
car les excédents allemands compensent les déficits des pays du Club Med qui ne prennent aucune mesure pour redresser la situation dans leur pays.


Le déficit était de l’ordre d’un milliard d’euros au 1° semestre 2007, mais il plonge au fil des mois.
Jusqu’à quelle limite ?

Graphique 2 :

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Les dirigeants des entreprises françaises désinvestissent de France pour investir à l’étranger, ainsi que les investisseurs étrangers.


Les États-Unis et le Royaume-Uni ont des déficits importants mais ils sont compensés par des entrées de capitaux attirés par la rentabilité des investissements dans ces pays, ce qui n’est pas le cas de la France.


Aucune des multiples éditions de la Pravda n’a repris cette information.

Les Français, tels des autruches sont heureux. Ils ne veulent pas savoir ni rien voir…

Ils sont en congé, de mai.


Sarko a dit que la France devait affronter une situation exceptionnelle à cause d’un euro fort et du prix élevé du pétrole.

L’Allemagne a-t-elle dégagé un excédent de €16,7 milliards en mars grâce à son DeutscheMark faible et à ses champs de pétrole ?


Sarko prétend qu’il mène une politique libérale mais il ne libéralise rien en réalité.


La seule solution pour redresser la situation en France est de baisser le taux des prélèvements obligatoires qui est de 53,3 % du PIB alors que ce ratio devrait être de l’ordre de 33 % et qu’il est de 45,4 % en Allemagne, et pour cela, il n’y a qu’une solution : adopter un système de fonds de pension libres comme en Irlande.


Les graphiques sont établis à partir des chiffres de la Banque de France, sauf ceux des Douanes pour les deux derniers mois (février mars).

En réalité, la situation est peut-être plus grave que ce qu’ils indiquent car les chiffres publiés par les Douanes font apparaître des déficits encore plus élevés que ceux de la BdF.

Cliquer ici pour lire le document des Douanes

 

***

par CHEVALLIER
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Mercredi 7 mai 2008

Plus que parfait


Tout se passe bien aux États-Unis : les Américains, n’écoutant pas les journaleux ni les bonimenteurs qui parlent à tort et à travers de la prétendue crise du siècle, continuent à prendre leur voiture ou l’avion pour aller se distraire dans les parcs de Walt Disney.


Tout se passe selon les prévisions (non formulées) de la Fed : le rendement du 3 mois a atteint son point bas le 18 mars et il remonte normalement depuis cette date, ce qui signifie que les capitaux sortent de l'obligataire public pour se porter sur les actions, anticipant ainsi la reprise,

Graphique 1 :

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Le rendement du 3 mois passera au-dessus du taux de base de la Fed qui devra le remonter.

Tous les taux monteront alors vers les 4 %, comme après 2004.


La situation actuelle est optimale avec le rendement du 10 ans en dessous de 4 %, ce qui traduit une anticipation d’inflation maîtrisée,

Graphique 2 :

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La situation est plus confuse dans la zone euro : après un redressement, elle a tendance à se détériorer en France…

Graphique 3 :

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alors qu’elle s’améliore en Italie après l’élection de Silvio Berlusconi,

Graphique 4 :

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Les Français se seront ridiculisés dans cette prétendue crise du siècle venue de capitalisme américain, avec François Fillon qui est intervenu auprès de Henry Paulson et de Ben Bernanke et DSK qui achève de discréditer le FMI.


Tout se passe selon mes prédictions, contre les avis de tous les journaleux et bonimenteurs.

La connaissance de ces problèmes économiques et monétaires alimente la spéculation gagnante, ai-je déjà écrit, les lecteurs de mon blog pourront en attester…

***

par CHEVALLIER
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Mardi 6 mai 2008

2 Bush / 1 ou 2 Clinton


3 millions d’emplois étaient créés chaque année sous la présidence de Bill Clinton contre des pertes d’emplois importantes avec papa Bush et W.

Graphique 1 :

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En fait, les créations d’emplois dépendent, non pas de la politique économique du gouvernement américain, mais de la politique monétaire de la Fed.


À la fin des années 40, les États-Unis enregistraient 60 millions d’emplois, en augmentation presque constante sauf pendant quelques creux correspondant à des périodes de récession,

Graphique 2 :

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Sous la présidence de Bill Clinton, les emplois ont surtout été créés dans les entreprises non agricoles,

Graphique 3 :

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Les Américains établis à leur propre compte représentaient 20 à 25 % de l’emploi total dans les années 50 contre 5 à 6 % seulement depuis ces dernières années,

 

Graphique 4 :

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Les Américains créent leur propre job... surtout quand ils viennent de perdre leur emploi salarié,

Graphique 5 :

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John McCain doit ramer ferme à contre courant !

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par CHEVALLIER
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Mardi 6 mai 2008

Nicolas Sarkozy est dangereux


Nicolas Sarkozy refuse toujours de prendre la seule mesure qui serait efficace pour relancer la croissance : baisser le taux des prélèvements obligatoires en faisant adopter un système de fonds de pension libres comme en Irlande.


La croissance en France est faible (le chômage élevé, le pouvoir d’achat stagne) à cause de l’importance de ce taux des prélèvements obligatoires qui est à 53 % du PIB d’après les derniers chiffres de l’OCDE (loin de l’optimum du tiers du PIB) et de la création monétaire provenant justement du régime de retraite par répartition.


Les Français attribuent cet échec à la politique libérale que Nicolas Sarkozy est censé mener.


Nicolas Sarkozy est donc dangereux car il ouvre ainsi une voie… royale à la gauche qui pourra dire : vous voyez bien que le libéralisme, ça ne marche pas, revenons aux bonnes vieilles méthodes de l’exception française avec encore plus d’aides sociales et d’interventions de l’État qui doit réguler l’activité économique !


Être libéral, ce n’est pas sauter comme un cabri en criant : liberté ! liberté !


Être libéral, c’est mettre en œuvre des mécanismes simples bien analysés par les Reaganomics.


L’Irlande qui était un pays pauvre, un vilain petit canard boiteux au début des années 80, est devenue un tigre celtique en appliquant ces mécanismes simples et bien connus.


En 2008, les moyens de communication permettent à tout le monde d’être bien informé.


Pourquoi les Français persistent-ils dans leurs erreurs ?


Il faudrait donc adopter un système de fonds de pension libres au plus tôt avec les mesures transitoires que je préconise.


Ensuite, lorsque les Français auront constaté une augmentation de leur pouvoir d’achat et une diminution du chômage grâce au retour d’une croissance forte, il suffirait de poursuivre les réformes qui s’imposent, plus difficiles à mettre en place : mettre fin au monopole de la Sécurité Sociale (en laissant se développer des assurances santé privées) et de l’Éducation nationale (surtout dans l’enseignement supérieur) et déréglementer massivement…

***

par CHEVALLIER
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Lundi 5 mai 2008

Turbulences et haute voltige


C’est le temps des turbulences ou plutôt de la haute voltige pour très grands champions comme le montre ce graphique qui représente l’écart des rendements des T-Notes à 10 ans et (moins) à 2 ans aux États-Unis,

Graphique 1 :

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C’est le super looping sur le half-pipe ou le grand saut au tremplin olympique du bombardier furtif B-2 ! Interprétation…


Après la levée des incertitudes liées à la fin de la guerre en Irak, les capitaux s’étaient réfugiés sur l’obligataire court : les rendements du 2 ans étaient donc au plus bas à 1 % mais comme les fondamentaux de l’économie américaine étaient bons et que les entreprises s’étaient bien restructurées et avaient beaucoup augmenté leur productivité, les perspectives étaient bonnes.


Le rendement du 10 ans était donc relativement élevé à 4 % mais sans traduire de craintes inflationnistes : l’écart était au plus haut à 270 points de base en juillet 2003, traduisant une anticipation de croissance à un niveau élevé, ce qui s’est produit par la suite.


En 2004 et 2005, les marchés anticipant un ralentissement de la croissance inflationniste, l’écart s’est amenuisé pour atteindre zéro fin 2005 quand la Fed a augmenté son taux de base à 4,25 % c’est à dire juste au-dessus de sa neutralité (le rendement du 10 ans était alors élevé allant vers 5 % traduisant l’anticipation d’inflation).


L’écart est resté négatif jusqu’en juin 2007, anticipant le collapsus qui allait se produire.


Enfin, l’écart a augmenté à nouveau, anticipant la reprise à venir pour culminer à 200 points de base lorsque la Fed a baissé son taux le 18 mars.


Depuis cette date, l’écart baisse assez rapidement pour atteindre zéro en février 2009 si l’écart baisse comme il vient de monter, les rendements des T-Notes seront alors dans la partie haute des 4 % en franchissant la barre des 5 % si B-2 accentue un peu le mouvement, ce qui est fort probable,

Graphique 2 :

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


Dans la zone euro, l’écart entre les rendements des bons allemands suit les variations des marchés américains mais avec beaucoup moins d’amplitude, ce qui signifie que la croissance ne sera jamais très forte,

Graphique 3 :

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Les variations sont même assez cafouilleuses…

Graphique 4 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Les instruments d’analyse que j’utilise permettent de prévoir le temps, non pas celui qu’il fait en ce moment ni celui qu’il fera demain, mais à plus de 6 mois et jusqu’à 1 an ou davantage à l’avance avec une probabilité très élevée.


Avec Alan Greenspan, les écarts étaient plus réduits, les variations moins rapides, c’était plus peinard.

La remontée de l’indice ISM des services est un premier signe de la reprise, surprise, contre toute attente disent les journaleux et bonimenteurs…

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par CHEVALLIER
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Lundi 5 mai 2008

Création monétaire, suite…


Je pensais qu’il n’était pas nécessaire de rajouter une argumentation à propos de la création monétaire, mais la présentation que j’en ai faite dans mon dernier billet  apporte un éclairage un peu différent sur ce problème, et finalement c’est peut-être plus clair en prenant ainsi cet exemple de la BNP.


Ce sont là des points développés par Alan Greenspan qui sont très importants : tout dollar gagné épargné doit être investi ou prêté, et le secteur financier a fait des progrès considérables au cours de ces dernières années, en particulier en se mondialisant.



Les épargnants ne sont plus nécessairement du même pays que les investisseurs emprunteurs : l’épargne (plus ou moins forcée) des Chinois finance les besoins des Américains (des États-Unis).

Dans cette configuration l’équilibre global est réalisé, il n’y a aucun dérapage monétaire mais pour cela, les règles appliquées doivent être bien conçues pour qu’il n’y ait pas de création monétaire intempestive, et elles doivent être appliquées correctement, ce qui est le cas.


Comme les capitaux épargnés augmentent
aux États-Unis et ailleurs du fait de la croissance mondiale qui est forte, surtout dans les pays émergents, les dettes augmentent d’autant en toute logique.

Il n’y a là rien d’inquiétant, c’est au contraire une manifestation du bon fonctionnement des marchés.


La culture économique des Français dans ce domaine est catastrophique car la Banque de France a toujours veillé à œuvrer en maintenant un certain secret dans ses opérations en ne laissant filtrer que quelques informations qu’elle continue à contrôler étroitement, les banques ont organisé elles-mêmes leurs formations pour mieux contrôler leur personnel et leurs opérations (plus ou moins régulières, cf. ce qui s’est passé à la Générale !), les dirigeants des entreprises ont toujours le nez dans leurs affaires et ils ne voient pas plus loin, les commentateurs divers (professeurs, journalistes) sont généralement des militants de la gauche plurielle plus ou moins extrémistes (de DSK à Attac !), les rares libéraux sont libertariens, c’est à dire qu’ils n’ont jamais rien compris et ne comprendront jamais rien à ces problèmes.


Je viens de m’apercevoir que dans son livre, Alan Greenspan ne cite jamais Hayek ni Von Mises alors qu’il relate longuement sa collaboration avec Ayn Rand qui est pourtant la principale théoricienne des libertariens.


Alan Greenspan a très bien compris l’importance des idées et du rôle de la liberté dans la réussite économique, mais bien entendu, il n’a jamais accepté les divagations des libertariens dans le domaine monétaire car il a toujours été attaché à l’examen minutieux de la réalité par les chiffres et les relations de causes à effets.


Ce manque de culture économique et financière est grave, car les Français qui travaillent sont parmi les plus productifs du monde : médaille de bronze après les Belges et les Irlandais, d’après les statistiques fiables de l’OCDE.

Ce sont des lions pour reprendre l’expression utilisée par Charles Gave dans son livre Des lions menés par des ânes (qui date un peu malheureusement) mais ils se conduisent comme des ânes en dilapidant leurs revenus dans un anti-libéralisme primaire et suicidaire.

Charles Gave a eu raison d’émigrer jadis. Il n’y avait aucun espoir.

***

par CHEVALLIER
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Dimanche 4 mai 2008

La destruction créatrice de la Fed


Le principe de destruction créatrice de Schumpeter repose sur l’innovation c’est à dire sur la création de produits nouveaux qui remplacent ceux qui sont obsolètes (ou sur de nouveaux processus de production qui permettent d’augmenter la productivité).

Pour pouvoir créer, il faut d’abord détruire ce qui est dépassé.

Les innovateurs sont motivés par la recherche de profits.


Le niveau de vie et la richesse des Américains augmentent d’année en année grâce aux gains de productivité ainsi obtenus (2,5 % en moyenne aux États-Unis depuis une cinquantaine d’années).


Fred Rabeman
, expert en analyse technique par ailleurs, a eu une bonne idée : la Fed accentue cette destruction créatrice en faisant varier son taux de base au-delà de ses limites normales.


En effet, quand elle fixe son taux de base à 5 %, c’est à dire nettement au-dessus de son niveau de neutralité de 4,0 %, elle facilite la destruction des entreprises les moins performantes (car ces entreprises ne peuvent plus supporter le coût trop élevé de leurs dettes du fait qu’elles fournissent des produits obsolètes non rentables).


Inversement, quand la Fed fixe son taux de base à 2 %, c’est à dire largement en dessous de sa neutralité, le faible coût des emprunts permet aux projets innovants de voir le jour.


La politique monétaire de la Fed est donc fortement proactive, du moins depuis qu’elle a été présidée par Paul Volcker (elle n’est pas toujours en retard d’un temps comme le prétendent ses détracteurs).


Les prix (de vente) sont le moteur des renversements de tendances : quand ils augmentent, ils attirent les investisseurs sur ces produits car les coûts étant une contrainte non modifiable, des prix élevés font espérer des bénéfices élevés.


Quand la Fed laisse repartir la croissance (et l’inflation) par des taux trop bas, elle favorise le développement des activités qui bénéficient d’une forte demande (avec des prix élevés) donc l’innovation, ainsi en est-il actuellement pour l’énergie et les produits de base (agricoles en particulier).


La politique monétaire de la BCE plus neutre laisse subsister trop longtemps les secteurs qui périclitent et ne facilitent pas le développement des nouvelles activités les plus rentables.


(cliquer ici pour agrandir le graphique)

Une certaine dose d’inflation est donc positive et dynamique, et non pas un fléau à combattre en toutes circonstances.

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par CHEVALLIER
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Dimanche 4 mai 2008

Création monétaire et crédits


Je reviens encore sur ces problèmes de création monétaire, car un certain nombre de mes lecteurs (comme presque tous les Français) semblent avoir des difficultés à comprendre quelques notions élémentaires en la matière …


La BNP prêtait €435 milliards à ses clients au 31 décembre 2007, inscrits à l’actif de son bilan (à gauche).


En application des règles de la comptabilité en partie double en vigueur depuis plus de 5 000 ans partout dans le monde (ce qui n’est pas nouveau ni original !), cette somme a pour contrepartie au passif (à droite) €53 milliards de capitaux propres, le reste étant constitué de dettes car l’actif est égal au passif par définition et obligation (le total à gauche doit être égal au total à droite).


La BNP ne fait pas de création monétaire en accordant des crédits à ses clients : elle leur prête de l’argent qu’elle a ou qu’elle a nécessairement emprunté (sur les marchés des capitaux).


À la demande de crédits émanant de certaines personnes, répond une offre de capitaux : les banques, en faisant correspondre l’offre et la demande de capitaux, font fonctionner librement et normalement les marchés, à l’optimum, en respectant les règles qui leur sont imposées.


Contrairement à ce que pensent les Français, la création monétaire ne provient pas de la distribution inconsidérée de crédits par les banques.

Je crois que les Français sont persuadés que la BNP prête €435 milliards avec €53 milliards seulement dans ses comptes, le reste étant de la création monétaire pure ! Erreur monumentale.


Jadis (c’est à dire, il y a quelques années), les marchés des capitaux étaient fermés, c’est à dire nationaux.

Maintenant, ils sont mondialisés, mais rien ne change dans ces principes : des capitaux libellés en US$ appartenant ou pas à des Américains, peuvent être intéressés par des placements en titres de la BNP.

Ils sont alors changés en euros en passant par l’intermédiaire de la BCE qui comptabilise leur entrée dans la zone euro : M3 augmente alors d’autant mais ces capitaux sont immédiatement investis en titres BNP, c’est à dire en valeurs mobilières qui sortent alors de M3.


Là non plus, il n’y a donc pas de création monétaire par la distribution inconsidérée de crédits par les banques.


Tout le système bancaire et monétaire français et international est équilibré tant que les règles sont respectées, ce qui n’est pas le cas quand les gouvernements français suppriment des centaines de milliards de dettes comme par exemple dans les comptes de la SNCF : il y a là une création monétaire massive qui se voit dans l’hypertrophie de la masse monétaire M3 qui atteint 95 % du PIB alors qu’elle ne devrait pas dépasser les 70 %.


En outre, tout régime de retraite par répartition fait de la création monétaire en distribuant massivement des revenus sans que les bénéficiaires aient fourni au préalable un travail capitalisé en contrepartie, cf. mon billet : Retraite par répartition et monétarisme.


Ces problèmes sont bien analysés et résolus aux États-Unis car les business économistes qui les maîtrisent bien sont nombreux et ils occupent les postes les plus importants dans les différentes administrations chargées de réguler (c’est à dire de contrôler) l’activité économique et financière pour que les équilibres fondamentaux soient respectés.

Comme il n’y a pas de tels business économistes en France, personne ne comprend ces problèmes qui s’aggravent au fil des années.


Lire mes précédents billets :
Création monétaire et de richesse

Avoir tort d’avoir raison

 

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par CHEVALLIER
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Vendredi 2 mai 2008

Euro-pack


Les écarts entre les rendements des bons des Trésors européens se réduisent : le 10 ans français revient à moins de 5 % du Bund,

Graphique 1 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


L’écart entre l’anticipation du retour de la lire italienne et du DeutscheMark revient à moins de 10 %,

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Le pack de l’euro se ressoude.

La spéculation sur l’éclatement de l’Euro-système est perdante.


C’est le résultat, non pas d’une amélioration de la situation dans les pays du Club Med, mais d’une certaine détérioration en Allemagne avec une hypertrophie de la masse monétaire due à des augmentations de salaires supérieures aux gains de productivité et à la distribution de revenus sans travail en contrepartie (les pensions de retraite).

***

par CHEVALLIER
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