Vendredi 5 septembre 2008

Croissance et productivité


La croissance du PIB réel résulte de l’augmentation de la population et des gains de productivité.
C’est simple, logique, élémentaire.


Pour que la croissance soit forte, il faut qu’il y ait des gains de productivité importants.


Logiquement, dans un premier temps, les gains de productivité se traduisent par une augmentation des suppressions de postes de travail.

Toutes choses égales par ailleurs, le taux de chômage augmente alors.


C’est une phase de destruction.


Ensuite, la croissance étant amorcée et lancée, des emplois (induits) sont créés.


C’est une phase de construction.


Le résultat est la destruction créatrice de Schumpeter.


Les gains de productivité aux États-Unis au 2° trimestre 2008 sont plus importants que ce que j’ai mentionné sur mon billet précédent car les chiffres ont été révisés à la hausse : 3,4 % contre 2,7 % en première estimation après 3,3 % au 1° trimestre (d’une année sur l’autre),

Graphique :

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Les 84 000 emplois nets supprimés et le taux de chômage à 6,1 % en août sont donc en fait une bonne nouvelle annonçant (et confirmant) la forte croissance que l’on peut prédire pour ce 3° trimestre à partir de l’évolution des agrégats monétaires, cf. mon billet précédent.


Ces problèmes de productivité sont tellement mal connus en France qu’il n’existe même pas à ma connaissance de statistiques de ce type !


Schumpeter a été l’un des plus grands économistes. Il a énoncé des principes très importants et très simples.


C’est l’économie, simple et stupide !

***

par CHEVALLIER
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Vendredi 5 septembre 2008

Croissance de 8 % aux États-Unis ?


Les chiffres des agrégats monétaires que vient de publier la Fed hier soir pour la semaine finissant le 25 août sont fantastiques : M2-M1 augmente de 5,6 % d’une année sur l’autre (contre plus de 20 % dans la zone euro !),

Graphique 1 :

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C’est fantastique car une augmentation aussi faible correspond à une croissance du PIB réel proche de son potentiel optimal (3,5 %) sur le 3° trimestre, en fait à 3,0 % chiffre que je retiens ici car la baisse de… l’augmentation de M2-M1 intervient tard dans le trimestre, fin août seulement (à cause de W. qui n’a toujours pas donné le feu vert final à une intervention militaire en Iran),

Graphique 2 :

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En effet, comme la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, les deux courbes se croisent à l’optimum de 3,5 %.


Une augmentation du PIB réel de 3,0 % d’une année sur l’autre en ce 3° trimestre correspond à une augmentation du PIB nominal de 5,0 % d’une année sur l’autre (ce qui s’est produit presque à tous les trimestres depuis le 2° semestre 2003) et de… 8,1 % d’un trimestre à l’autre en taux annualisé selon la présentation couramment utilisée aux États-Unis ! qui sont bien au plus profond du gouffre, dans la pire crise depuis celle de 1929, en pire, comme le répètent tous les journaleux et bonimenteurs…


La baisse de… l’augmentation de M2-M1 est la plus importante depuis le point haut atteint en août 2007 au plus fort de la crise du sub-prime,

Graphique 3 :

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L’augmentation de M2 chute vertigineusement à 4,8 %  ce qui correspond là aussi à l’optimum (inférieur à 5 %),

Graphique 4 :

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L’épargne des Américains reste au même niveau de $6 300 milliards,

Graphique 5 :

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M1 reste lui aussi au même niveau,

Graphique 6 :

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Les variations des agrégats monétaires ont été faibles contrairement à ce qui se passait précédemment, ce qui signifie que tout se passe normalement,

Graphique 7 :

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La baisse des taux de la Fed, très importante surtout fin janvier, produit, comme je l’ai alors écrit, ses effets positifs 6 mois plus tard : la croissance repart très fortement, trop fortement car elle est et sera inflationniste, ce qui obligera la Fed à remonter très vite et considérablement son taux de base (dans les 5 %).


Une croissance de 8 % d’un trimestre à l’autre en taux annualisé n’a rien de vraiment exceptionnel en période de reprise aux États-Unis : elle a été de 7,3 % au 3° trimestre 2003, ce qui correspond à une période comparable à ce qui se passe en ce moment.


Cependant, comme les Américains gèleront temporairement leurs dépenses en cas d’intervention militaire en Iran, la croissance sera certainement inférieure à 8 %.


Tout se passe donc parfaitement bien aux États-Unis : les marchés fonctionnent très bien globalement, la Fed régule bien l’activité économique en créant des cycles pour stimuler une croissance avec une inflation minimale, les Américains réagissent très bien…


Tout ceci grâce à une culture économique monétariste parfaitement bien comprise et appliquée par les Reaganomics…


Seuls les lecteurs de mon blog peuvent en suivre en France et en français les péripéties depuis un an.

***

 

par CHEVALLIER
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