Lundi 27 avril 2009

Banques françaises : grave


La situation des banques françaises est grave, très grave même car elles ne respectent pas les ratios prudentiels fondamentaux. Un petit rappel s’impose (encore !)…


Les actifs d’une banque sont financés par ses capitaux propres et des dettes.


Pour que la confiance règne dans un système bancaire, le montant des capitaux propres de toute banque doit représenter au moins 8 % du total de ses dettes.

C’est le ratio Tier tel qu’il a été défini à l’origine et qui peut se formuler autrement et plus simplement par le multiplicateur µ (ou levier) d’endettement : le total des dettes ne doit pas dépasser 12,5 fois le montant des capitaux propres (c’est l’inverse du ratio Tier).


C’est simple, clair, compréhensible.


Les banques publient leurs bilans et tout le monde peut calculer ces ratios,


Tableau 1 :

2008T4

 

 

BNP

 

 

Cdt Agricole

 

 

Soc Gen

 

 

CdE-BP-N

 

 

Cdt Mutuel

 

 

Total dettes

 

 

2 017

 

 

1 606

 

 

1 089

 

 

1 383,8

 

 

557

 

 

Capitaux pr

 

 

59,0

 

 

47,3

 

 

40,9

 

 

35,2

 

 

25

 

 

µ

 

 

34,2

 

 

34,0

 

 

26,6

 

 

39,3

 

 

22,2

 

 

Tier 1 (%)

 

 

2,9

 

 

2,9

 

 

3,8

 

 

2,5

 

 

4,5

 

 


J’ai regroupé dans la colonne CdE-BP-N l’ensemble en cours de constitution de la Caisse d’Épargne, de Banque Populaire et de Natixis.

Les chiffres sont en milliards d’euros et de dollars.


Tableau 2 :

2009Q1

 

 

Bank of Am

 

 

JPMorgan

 

 

Citigroup

 

 

Wells Fargo

 

 

Goldman S

 

 

Total dettes

 

 

2 082,4

 

 

1 909,0

 

 

1 678,6

 

 

1 178,8

 

 

820,2

 

 

Capitaux pr

 

 

239,5

 

 

170,2

 

 

143,9

 

 

107,1

 

 

64,4

 

 

µ publié

 

 

8,7

 

 

11,2

 

 

11,7

 

 

11,0

 

 

12,7

 

 

Tier 1 (%)

 

 

11,5

 

 

8,9

 

 

8,6

 

 

9,1

 

 

7,9

 

 


Les banques américaines respectent ces premiers ratios, ce qui n’est pas le cas pour les banques françaises.


Conséquence : la confiance ne règne plus dans le système bancaire français, et c’est souvent pire ailleurs en Europe (en Allemagne, au Royaume-Uni et surtout en Belgique), ce qui paralyse toute l’activité économique car les banques ne peuvent plus emprunter sur les marchés et elles ne peuvent donc plus prêter à leur tour.


La BRI (la Banque des Règlements Internationaux qui regroupe les banques centrales des grands pays développés) a édicté ce premier ratio dans les années 90.


D’autres ratios de bonne gestion s’imposent, mais ils n’ont pas été retenu par la BRI.


L’un des plus important est que le total des dettes d’une banque ne doit pas dépasser 10 % du PIB du pays dans lequel elle est logée car en cas de faillite, ce sont les contribuables de son pays d’origine qui sont ses sauveteurs en dernier ressort.


Les 4 plus grandes banques françaises sont hors normes : en cas de faillite de l’une d’elles, il serait impossible de la sauver, et ce serait alors la faillite de la France et des Français.


C’est ce qu’on appelle le risque systémique (un système bancaire qui s’écroule).


Le cumul du total des dettes des 5 plus grandes banques françaises est encore plus inquiétant puisqu’il représente 340 % du PIB contre 54 % aux États-Unis !


Tableau 3 :

Milliards € ou $

 

France

 

États-Unis

 

Total des dettes des 5 banques…

 

6 652

 

7 670

 

PIB 2008

 

1 940

 

14 200

 

Dettes / PIB

 

340 %

 

54 %

 


La grande force des États-Unis est d’avoir des dirigeants compétents qui savent imposer le respect des règles qui sont nécessaires pour que la population vive durablement normalement.


La Vieille Europe est en train de creuser son tombeau.


Comment se fait-il que je sois le seul, à ma connaissance du moins, à prendre en considération ces chiffres ?


C’est inquiétant !


Rares sont ceux qui en comprennent l’importance.


C’est encore plus inquiétant !


Le monde du XXI° siècle sera Pacifique, c’est à dire dominé par la réussite des États-Unis et de la Chine, la Vieille Europe s’étant autodétruite, soit par son système bancaire, soit par l’hypertrophie de la masse monétaire provenant des engagements de retraites qui n’ont pas été provisionnés.


Dans son livre, Le temps des turbulences, Alan Greenspan en arrive à cette conclusion sans en donner les explications.

***

par CHEVALLIER
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Dimanche 26 avril 2009

Censure et propaganda française


L’AFP, l’Agence Française de la Propaganda censure parfois ses propres dépêches…ce qui est une information encore plus importante car cela révèle l’importance de problèmes que le bon peuple franchouillard ne doit pas connaître sur la situation de son système bancaire…


Samedi 25 avril en début d’après midi, l’AFP a publié une dépêche reprise par toutes les éditions en ligne de la Pravda par les journaleux et les bonimenteurs des finances :


AFP, 25 avril- Le secteur bancaire allemand a accumulé 816 milliards d'euros d'actifs à risques, révèle samedi la presse allemande en citant un rapport confidentiel du Bafin, l'autorité de tutelle du secteur financier.

Sur cette somme, correspondant à des actifs dits "toxiques" ainsi qu'à des titres invendables (dits "illiquides" en raison du climat de méfiance générale), 355 milliards sont détenus par le réseau des banques publiques régionales, les "Landesbanken", selon ce document révélé par le quotidien Süddeutsche Zeitung et l'édition en ligne du magazine Der Spiegel.

La banque Hypo Real Estate (HRE), dont les difficultés ont été à l'origine de la crise financière en Allemagne, et que le gouvernement d'Angela Merkel veut nationaliser pour la sauver, détient quant à elle 268 milliards de fonds risqués.

Les banques privées sont relativement moins concernées : elles totalisent 139 milliards d'actifs à risque, dont 101 milliards pour l'ensemble Commerzbank/Dresdner Bank, qui a bénéficié jusqu'à présent de 18,2 milliards d'euros d'aide publique.

Cette "fuite", qui a provoqué la colère du Bafin - le gendarme de la Bourse a annoncé qu'il portait plainte et a mis en garde contre toute "interprétation erronée" de ces informations - survient alors que la coalition gouvernementale a promis cette semaine de trouver une solution avant les élections de fin septembre pour soulager les banques de leurs actifs dégradés.

Un projet de loi en ce sens, qui pourrait passer par la création de "bad banks", doit être présenté à la mi-mai.

Ce dossier est d'autant plus délicat pour le gouvernement que la charge réelle qui pèsera à terme sur le contribuable est jusqu'à présent la grande inconnue.


Quelques heures plus tard, toutes les éditions en ligne de la Pravda française ont fait disparaître cette dépêche mais l’article de référence reste quand même accessible sur l’édition en ligne du Spiegel, cliquer ici pour le lire.


J’ai de plus en plus l’impression de vivre en URSS avec une différence : les Russes savaient tous que les informations de la Pravda n’étaient que de la propagande tandis que les Français sont persuadés que les journaleux et bonimenteurs des finances les informent correctement et que les gens comme moi ne sont pas crédibles.


Une dépêche de Reuters reprenant un article des Échos a même précisé :


Des responsables français ont souligné à plusieurs reprises que la capitalisation relativement solide des établissements français écartait tout besoin de création d'une "bad bank".


Christian Noyer a fait savoir qu'il n'était pas question de créer une "bad bank" pour y transférer les actifs toxiques.



Conclusion : fermez les yeux, faites nous confiance, laissez nous faire, laissez vous faire disent et répètent les banquiers français.


Yapa d’actifs toxiques dans les banques françaises qui sont bien capitalisées, qu’on se le dise !


L’auteur du blog signé Lupus est manifestement sur la même longueur d’onde que moi, à quelques variantes près, cliquer ici pour lire ses billets.

***

par CHEVALLIER
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Samedi 25 avril 2009

Le Crédit Mutuel et les autres


Pour compléter le panorama de la situation des banques françaises, il faut ajouter les chiffres du Crédit Mutuelqui n’a toujours pas publié à ce jour son bilan 2008 !


Seuls les chiffres du bilan de 2007 sont disponibles, cliquer ici pour lire le rapport, ceux de 2008 ne sont que quelques chiffres très partiels publiés le 26 mars sur une seule page, cliquer ici pour lire ce document visible à partir de la page des Communiqués de presse, cliquer ici pour y accéder.


Comme je l’ai déjà écrit, les banques françaises ne respectent rien, ni les lois ni les règlements ni les règles comptables en toute impunité.


Tableau 1 :

Crédit Mutuel

 

 

2007

 

 

2008

 

 

Total dettes

 

 

526,4

 

 

556,7

 

 

Capitaux propres

 

 

26,9

 

 

25,0

 

 

µ

 

 

19,6

 

 

22,2

 

 


Les chiffres sont en milliards d’euros, µ représentant le ratio du total des dettes sur les capitaux propres (qui doit être inférieur à 12,5).

C'est l’inverse du ratio Tier d’origine (qui doit être supérieur à 8 %).


Rappel des µ des banques françaises…


Tableau 2 :

2008T4

 

 

BNP

 

 

Crédit Agricole

 

 

Soc Gen

 

 

Crédit Mutuel

 

 

Total des dettes

 

 

2 017

 

 

1 606

 

 

1 089

 

 

557

 

 

Capitaux propres

 

 

59,0

 

 

47,3

 

 

40,9

 

 

25

 

 

µ

 

 

34,2

 

 

34,0

 

 

26,6

 

 

22,2

 

 


… dont le total des dettes atteint €6 652 milliards soit 3,4 fois le PIB de 2008 (€1 940 milliards),


Tableau 3 :

2008T4

 

 

Caisse d'épargne

 

 

Banque Populaire

 

 

Natixis

 

 

Total des dettes

 

 

633,2

 

 

204,8

 

 

545,9

 

 

Capitaux propres

 

 

16,6

 

 

8,7

 

 

9,9

 

 

µ

 

 

38,2

 

 

23,5

 

 

55,1

 

 


À titre de comparaison, aux États-Unis, les banques ont déjà publié leurs résultats du 1° trimestre 2009 alors qu’aucune banque française ne publie ses comptes trimestriels,


Tableau 4 :

2009Q1

 

 

Bank of Am

 

 

JPMorgan

 

 

Citigroup

 

 

Wells Fargo

 

 

Goldman S

 

 

Total dettes

 

 

2 082,4

 

 

1 909,0

 

 

1 678,6

 

 

1 178,8

 

 

820,2

 

 

Capitaux pr

 

 

239,5

 

 

170,2

 

 

143,9

 

 

107,1

 

 

64,4

 

 

µ publié

 

 

8,7

 

 

11,2

 

 

11,7

 

 

11,0

 

 

12,7

 

 

actions préf

 

 

73,3

 

 

32,0

 

 

74,2

 

 

31,4

 

 

16,5

 

 

total dettes r

 

 

2 155,7

 

 

1 941,0

 

 

1 752,8

 

 

1 210,2

 

 

836,7

 

 

capitaux pr r

 

 

166,2

 

 

138,2

 

 

69,7

 

 

75,7

 

 

47,9

 

 

µ réel

 

 

13,0

 

 

14,0

 

 

25,1

 

 

16,0

 

 

17,5

 

 


Il suffit de transformer les actions de préférence en actions ordinaires (si Timothy Geithner et Ben Bernanke le veulent) pour que les banques américaines respectent toutes les ratios prudentiels.


Le système bancaire sera alors parfaitement sain aux États-Unis et pourra repartir sur de bons fondamentaux ce qui n’est pas le cas dans la Vieille Europe.


Le ratio Tier a été défini à l’origine par les grandes banques centrales (la BRI) comme la règle indispensable à respecter pour que la confiance règne dans le secteur bancaire mais les dirigeants des banques françaises et européennes ont fait pression pour que ces règles simples soient détournées en adoptant d’autres règles complexes et ils ont obtenu satisfaction.


Actuellement, on en voit les conséquences : la confiance a disparu dans le secteur bancaire européen.


Les banques ne se prêtent plus d’argent entre elles.


Elles ne peuvent donc plus emprunter l’argent qui leur est nécessaire ce qui bloque la plupart des crédits.


Ainsi par exemple, les dirigeants de Peugeot ne peuvent plus emprunter pour investir, leurs clients ne peuvent plus emprunter pour acheter une voiture neuve, le marché immobilier est bloqué par les banques qui ne veulent ou ne peuvent plus prêter.


Toute l’activité économique est paralysée en France, et en grande partie en Europe.


À ma connaissance, je suis le seul en France et en français à utiliser ces concepts qui sont pourtant bien établis et utilisés partout dans le monde, et je les applique à partir des chiffres officiels.


Les écarts entre les ratios européens et américains sont clairs mais aucun banquier français, aucun journaleux des finances n’admet mes analyses.


Je suis désolé, mais j’ai raison.


Les Français ne réagissent pas.

Fermez les yeux, faites nous confiance, laissez nous faire, laissez vous faire disent tous les banquiers !

Et ça marche ! mal.

***

 

par CHEVALLIER
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Vendredi 24 avril 2009

Turbulences historiques hebdomadaires


Sur les deux premières semaines d’avril, les turbulences sont historiques : dans la semaine finissant au 6 avril, les Américains ont diminué leur épargne de $153 milliards (par rapport à la semaine précédente) pour alimenter leurs comptes bancaires qui ont augmenté de $90 milliards, et au 13 avril ils ont au contraire augmenté leur épargne de $70 milliards qu’ils ont prélevé sur leurs comptes courants (dont les dépôts ont diminué d’autant),

Graphique 1 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Des mouvements d’une telle ampleur n’ont été enregistrés historiquement qu’à deux reprises : lors de l’effondrement financier du 15 septembre 2008 (point noir) et à la veille de l’investiture d’Obama (point jaune).


Lors des attentats de 11 septembre 2001, les Américains n’ont augmenté leur épargne que de $50 milliards (par rapport à la semaine précédente),

Graphique 2 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les turbulences sur les marchés financiers augmentent considérablement depuis que le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, a pris la direction de la Fed (triangle jaune).


De telles turbulences étaient importantes mais moins nombreuses au début des années 80 (points bleus) lorsque la Fed (dirigée par Paul Volcker) et le gouvernement de Ronald Reagan ont pris les mesures énergiques qui ont mis fin à l’augmentation de l’inflation en créant une crise dont les conséquences ont été beaucoup plus graves que la récession actuelle,

Graphique 3 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


L’épargne des Américains est revenue dans sa tendance haussière longue,

Graphique 4 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


J’avais prédit une baisse de… l’augmentation de l’épargne (M2-M1) des Américains à partir du 30 mars, mais je ne pensais pas que les fluctuations allaient être d’une telle ampleur !

Graphique 5 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


L’augmentation d’une année sur l’autre de M2-M1 revient dans la zone des 7 % qui correspond à une croissance du PIB réel à son potentiel optimal au 2° trimestre,

Graphique 6 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les billets en circulation augmentent peu au cours de ces dernières semaines : ils restent inférieurs à $850 milliards. La célèbre planche à billets ne fonctionne pas !


Ce sont les dépôts sur les comptes courants qui fluctuent car beaucoup d’Américains hésitent : soit ils augmentent leurs avoirs sur leurs comptes pour payer leurs achats, soit ils augmentent leur épargne de précaution,

Graphique 7 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Le comportement des Américains conditionne la reprise de la croissance (c'est le béhaviorisme).


Après avoir atteint leur plus bas le 9 mars, les indices d’actions ont repris.


Les Américains sont optimistes, ils ont confiance en l’avenir et ils sont rassurés par leur nouveau président qui n’y est pour rien dans la reprise de la croissance mais il en est le grand bénéficiaire !


La reprise de la croissance américaine se propagera dans le reste du monde, y compris dans la Vieille Europe, mais à un rythme plus faible et dans un certain désordre…


Seule l’analyse des variations des agrégats monétaires permet d’anticiper correctement l’évolution des marchés, ce qui alimente la spéculation gagnante...

***

par CHEVALLIER
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Jeudi 23 avril 2009

Wells Fargo et les autres banques


Wells Fargo a publié ses résultats pour le 1° trimestre : ils ont bons a priori, comme ceux des autres grandes banques des États-Unis avec un µ inférieur à 12,5 (la limite maximale à ne pas dépasser) mais à condition d’intégrer les actions de préférence dans les capitaux propres, c’est à dire de les transformer en actions ordinaires,


Tableau 1 :

Wells Fargo

 

 

2008Q1

 

 

2008Q2

 

 

2008Q3

 

 

2008Q4

 

 

2009Q1

 

 

Total dettes

 

 

546,8

 

 

560,8

 

 

575,1

 

 

1 207,3

 

 

1 178,8

 

 

Capitaux propres

 

 

48,4

 

 

48,3

 

 

47,3

 

 

102,3

 

 

107,1

 

 

µ publié

 

 

11,3

 

 

11,6

 

 

12,2

 

 

11,8

 

 

11,0

 

 

actions préférence

 

 

0,8

 

 

0,7

 

 

0,6

 

 

31,3

 

 

31,4

 

 

total dettes réelles

 

 

547,6

 

 

561,5

 

 

575,7

 

 

1 238,6

 

 

1 210,2

 

 

capitaux propres réels

 

 

47,6

 

 

47,6

 

 

46,7

 

 

71,0

 

 

75,7

 

 

µ réel

 

 

11,5

 

 

11,8

 

 

12,3

 

 

17,4

 

 

16,0

 

 


Timothy Geithner devrait certainement annoncer prochainement cette solution pour que les banques soient normalement capitalisées et donc à l’abri de tout problème en cas de crise.


Pour l’instant, c’est à dire en n’intégrant pas les actions de préférence dans les capitaux propres, les résultats des stress tests de ces grandes banques ne seraient pas satisfaisants avec un µ réel supérieur à la norme de 12,5.


Tableau 2 :

2009Q1

 

 

Bank of Am.

 

 

JPMorgan

 

 

Citigroup

 

 

Wells Fargo

 

 

Goldman S

 

 

Total dettes

 

 

2 082,4

 

 

1 909,0

 

 

1 678,6

 

 

1 178,8

 

 

820,2

 

 

Capit prop

 

 

239,5

 

 

170,2

 

 

143,9

 

 

107,1

 

 

64,4

 

 

µ publié

 

 

8,7

 

 

11,2

 

 

11,7

 

 

11,0

 

 

12,7

 

 

actions préf

 

 

73,3

 

 

32,0

 

 

74,2

 

 

31,4

 

 

16,5

 

 

total dettes r

 

 

2 155,7

 

 

1 941,0

 

 

1 752,8

 

 

1 210,2

 

 

836,7

 

 

capit prop r

 

 

166,2

 

 

138,2

 

 

69,7

 

 

75,7

 

 

47,9

 

 

µ réel

 

 

13,0

 

 

14,0

 

 

25,1

 

 

16,0

 

 

17,5

 

 


Après le choc de l’entrée de l’État dans le capital de ces banques, leur situation sera saine.


Leurs ratios habituels de capitalisation (le PER après la séance du 22 avril) sont actuellement peu significatifs compte tenu des bénéfices publiés,


Tableau 3 :

2009Q1

 

 

Bank of Am

 

 

JPMorgan

 

 

Citigroup

 

 

Wells Fargo

 

 

Goldman S

 

 

P

 

 

56,1

 

 

122,2

 

 

17,9

 

 

79,8

 

 

55,6

 

 

PER

 

 

10,5

 

 

57,2

 

 

-

 

 

24,2

 

 

25,0

 

 


En se référant au PAR (le ratio de la capitalisation sur le total des actifs en pourcentage) que j’ai défini précédemment, cliquer ici pour lire ce billet, la sous-évaluation des banques est a priori très importante (le PAR devrait être aux alentours de 20),


Tableau 4 :

2009Q1

 

 

Bank of Am

 

 

JPMorgan

 

 

Citigroup

 

 

Wells Fargo

 

 

Goldman S

 

 

P

 

 

56,1

 

 

122,2

 

 

17,9

 

 

79,8

 

 

55,6

 

 

Assets

 

 

2 321,9

 

 

2 079,2

 

 

1 822,5

 

 

1 285,9

 

 

884,6

 

 

PAR

 

 

2,4

 

 

5,9

 

 

1,0

 

 

6,2

 

 

6,3

 

 


Cependant, comme l’ont rappelé les gens de la Fed et du gouvernement, ces banques doivent continuer à assainir leurs comptes en diminuant leurs actifs et en augmentant leur rentabilité, ce qu’elles font après la gigantesque destruction créatrice qui s’est produite dans le secteur bancaire.


La situation redeviendra normale dans un avenir proche, aux États-Unis du moins.

***

par CHEVALLIER
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Mardi 21 avril 2009

Hervé Mariton (et les Eurasistes)


Et le gagnant est : … Hervé Mariton !


… du grand concours de l’idiot parfaitement et totalement inutile toutes catégories.


J’attendais depuis un certain temps (comme je l’ai déjà écrit) que quelqu’un propose un emprunt public obligatoire.


Hervé Mariton l’a fait : il a déclaré aujourd’hui que le gouvernement devrait lancer un emprunt forcé.


Hervé Mariton fait partie de la bande de Dominique Galouzeau dont l’un des grands-pères a magouillé pour faire suivre son nom de l’expression "de Villepin".

Ces gens là, les Eurasistes, ne comprendront jamais quoi que ce soit aux marchés…

***


Je reprends ici un texte écrit en 2003 mis en ligne le 22 septembre 2006 sur mon ancien blog que Guy Millière a supprimé sans m’avertir fin juillet 2007…


Eurasisme

Les adversaires européens du capitalisme libéral essaient de se cacher derrière une théorie qui remonte en fait au début du XX° siècle : celle de l'Eurasisme qui est réactualisée pour justifier leur opposition catégorique aux Américains et fédérer ainsi l'axe Paris Berlin Moscou et l'étendre même jusqu'à Beijing.


Le point de départ de cette théorie est la Russie, qui est géographiquement et culturellement au centre d'un vaste ensemble empiétant à la fois sur l'Europe, l'Asie et les pays musulmans. Sa situation géographique lui ouvre l'accès à ces trois mondes qui s'opposeraient au Nouveau : celui de l'Amérique libérale.


Cette extrapolation de l'Eurasie est parée de toutes les vertus, et en particulier d'une morale qui prétend faire contre poids à l'amoralisme attribué aux libéraux. Les Eurasistes les accusent de vouloir mettre en place un monde qui serait sauvage et dans lequel est censée régner la loi de la jungle : celle du profit.


Ces Eurasistes s'autoproclament les champions de toutes les vertus alors que c'est dans leurs pays que règnent la corruption institutionnalisée et l'enrichissement le plus scandaleux de politicards arrivistes qui vivent de l'exploitation des populations les plus pauvres du monde, en particulier dans les pays musulmans et africains. En France, les hommes politiques, les militaires et les services de renseignement qui leur sont liés, sont attachés à cette théorie de l'Eurasisme contre le capitalisme libéral, la mondialisation et les Anglo-saxons.


La nouvelle Eurasie n'existe pas. Les Européens, les Russes, les Asiatiques, les Musulmans n'ont pas de raisons légitimes de s'opposer aux Américains qui sont toujours les premiers et parfois les seuls à défendre le monde libre contre ses adversaires…


L'Union Européenne est une vaste zone économique de libre échange qui regroupe 25 pays. L'Europe n'existe pas et n'existera jamais en tant que nation car les Européens n'ont pas le sentiment d'appartenir à une même nation mais à leur nation d'origine : la France, l'Allemagne, etc.

Les habitants de ces nations sont proches les uns des autres, géographiquement, économiquement, culturellement, mais ils sont très attachés à leur passé commun et ils ne veulent pas perdre leur identité dans un ensemble plus vaste pour lequel ils n'éprouvent aucune attirance.


Il en est de même en Amérique du Nord : les Canadiens n'ont pas envie de se faire phagocyter par leurs grands et puissants voisins, ce qui ne les empêche pas d'avoir de bonnes relations avec les Etats-Unis. Il n'y a pas non plus de complot américain contre l'Europe pour l'affaiblir : les dirigeants des pays européens sont assez imaginatifs pour développer eux-mêmes leur désunion autodestructrice sans l'intervention pernicieuse des Américains.


Croissance et richesse des nations...


Seul le capitalisme libéral peut assurer la croissance et la richesse des nations et des hommes.
Les pays qui veulent suivre une autre voie sont appelés à une faible croissance, donc à un déclin relatif. C'est justement ce qui se passe en France et en Allemagne où la croissance est faible.


Les pays musulmans que soutiennent la France et l'Allemagne ont connu une croissance zéro (par habitant) depuis plusieurs décennies malgré l'importance de leurs ressources pétrolières.


L'Afrique subsaharienne, qui regroupe tous les pays les plus pauvres du monde connaît même une croissance durablement négative : ce sont tous des anciennes colonies de la France et de la Belgique. Certaines ont sombré dans une extrême pauvreté accentuée parfois par des guerres comme celle du Congo qui a fait plus de 3 millions de morts.

Ce sont les principales victimes de ce socialisme nouveau prôné par la France, c'est à dire par Jacques Chirac qui essaie de se faire passer pour leur défenseur alors qu'il en est leur principal fossoyeur.


Le XX° siècle a consacré la faillite du communisme. Le XXI° siècle consacrera celle de la troisième voie européenne, socialiste en fait.
Les échecs récents comme le rejet de la constitution européenne, la fusion d’Arcelor avec Mittal au détriment du fabricant russe d’acier Severstal sont le début de la fin de cet Eurasisme.
Il en est de même avec le projet de fusion entre Euronext et le Nyse contre une méga bourse européenne incluant Deusche Börse.
L’intrusion de banques russes au capital d’EADS est inquiétante car elle touche des industries stratégiques. Il est important que ce projet échoue.

***

par CHEVALLIER
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Mardi 21 avril 2009

Bank of America et les stress tests


Bank of America a publié ses résultats du 1° trimestre qui sont excellents car le µ publié est inférieur à 10, ce qui correspond aux exigences actuelles d’Alan Greenspan,


Tableau 1 :

Bank of America

 

 

2008Q1

 

 

2008Q2

 

 

2008Q3

 

 

2008Q4

 

 

2009Q1

 

 

Total dettes

 

 

1 580,2

 

 

1 554,2

 

 

1 670,1

 

 

1 440,9

 

 

2 082,4

 

 

Capitaux propres

 

 

156,3

 

 

162,7

 

 

161,0

 

 

177,1

 

 

239,5

 

 

µ publié

 

 

10,1

 

 

9,6

 

 

10,4

 

 

8,1

 

 

8,7

 

 

actions préférence

 

 

17,3

 

 

24,2

 

 

24,2

 

 

37,7

 

 

73,3

 

 

total dettes réelles

 

 

1 597,5

 

 

1 578,4

 

 

1 694,3

 

 

1 478,6

 

 

2 155,7

 

 

capitaux propres réels

 

 

139,0

 

 

138,5

 

 

136,8

 

 

139,4

 

 

166,2

 

 

µ réel

 

 

11,5

 

 

11,4

 

 

12,4

 

 

10,6

 

 

13,0

 

 


Le problème est que le µ publié est obtenu en intégrant les actions de préférence dans les capitaux propres, ce qui n’est pas le cas présentement.


Le µ réel est de 13, ce qui est proche de la limite de 12,5 (correspondant à des capitaux propres représentant 8 % du total des dettes).


Si les actions de préférence avaient été transformées en actions ordinaires au 1° trimestre 2009, Bank of America aurait été parfaitement bien capitalisée, comme la plupart des banques des États-Unis et dans ce cas son bénéfice serait passé de $2,81 à $4,25 milliards !


Une décision s’impose donc maintenant : transformer les actions de préférence en actions ordinaires de toutes les banques qui ont reçu de l’argent de l’État.


Manifestement, les autorités attendent les résultats des stress tests (le 4 mai) pour annoncer cette mesure.


Il était difficile de prendre cette mesure plus tôt car elle a nécessairement un effet dilutif qui aurait pu avoir des conséquences fortement négatives lorsque les cours étaient très bas.


Les autorités interviennent judicieusement pour entretenir une atmosphère d’incertitude sur la situation des banques pour maintenir le plus longtemps possible les rendements des Treasuries à un niveau très bas pour faciliter la reprise.


Les tableaux de ce billet et du précédent montrent que les banques américaines (des États-Unis !) sont sur le point de respecter parfaitement bien les normes prudentielles, ce qui n’est pas le cas en Europe.


C’est essentiel pour que la confiance règne de façon à ce que les circuits financiers fonctionnent normalement.


La croissance et la richesse de la nation en dépendent.
***

Complément : lire les billets de l'auteur du blog signé Lupus : http://lupus1.wordpress.com/


***

par CHEVALLIER
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Lundi 20 avril 2009

Le ratio µ d’endettement bancaire


Lire mes (nombreux) billets antérieurs sur ces problèmes bancaires en cliquant sur les titres…


Le multiplicateur µ de banque (19 octobre 2008) 

 

Deutsche unter alles (20 octobre 2008) 

 

Destruction créatrice financière (26 octobre 2008) 24121858

 

Destruction créatrice financière, suite (26 octobre 2008) 

 

Comptes de la Générale (3 novembre 2008) 

 

Banques françaises (5 novembre 2008) 
 

Banques : États-Unis / Europe (20 novembre 2008) 

 

Banques françaises et américaines (20 novembre 2008) 

 

Banques, multiplicateur et PIB (25 janvier 2009) 

 

Banques françaises, µ et recapitalisation (26 janvier 2009) 

 

Alan Greenspan et les ratios (27 janvier 2009) 

 

Alan Greenspan et les banques françaises (28 janvier 2009) 

 

Histoire belge (29 janvier 2009) 

 

Réfléchissons un peu (30 janvier 2009) 

 

Une crise bancaire ! Où ça ? (31 janvier 2009) 

 

Le tigre celtique est mort ! (2 février 2009) 

 

Deutsche Bank (2 février 2009) 

 

Julius Baer (6 février 2009) 

 

Barclays (+ Julius Baer) (9 février 2009) 

 

UBS 2008 (11 février 2009) 

 

BNPotemkine (19 février 2009) 

 

La Générale et le tsunami (19 février 2009) 

 

Caisse d’épargne et Banque Populaire (27 février 2009) 

 

Les actionnaires contre l’intérêt général (1° mars 2009) 

 

Crédit Agricole 2008 (5 mars 2009) 

 
***

par CHEVALLIER
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Lundi 20 avril 2009

µ : 1° trimestre 2009


Les grandes banques des États-Unis ont commencé à publier leurs résultats du 1° trimestre qui sont bons a priori car leur µ est inférieur à 12,5 ou très proche de cette limite fatale,


Tableau 1 :

Citigroup

 

 

2008Q1

 

 

2008Q2

 

 

2008Q3

 

 

2008Q4

 

 

2009Q1

 

 

Total dettes

 

 

2 071,6

 

 

1 964,0

 

 

1 924,1

 

 

1 796,8

 

 

1 678,6

 

 

Capitaux propres

 

 

128,1

 

 

136,4

 

 

126,1

 

 

141,6

 

 

143,9

 

 

µ

 

 

16,2

 

 

14,4

 

 

15,3

 

 

12,7

 

 

11,7

 

 


Je désigne par µ le ratio des dettes sur les capitaux propres. C’est l’inverse du ratio Tier (qui doit être inférieur à 8 %) tel qu’Alan Greenspan l’a fait adopter à l’origine.


Tableau 2 :

JPMorgan

 

 

2008Q1

 

 

2008Q2

 

 

2008Q3

 

 

2008Q4

 

 

2009Q1

 

 

Total dettes

 

 

1 517,2

 

 

1 642,5

 

 

2 105,6

 

 

2 008,2

 

 

1 909,0

 

 

Capitaux propres

 

 

125,6

 

 

133,2

 

 

145,8

 

 

166,9

 

 

170,2

 

 

µ

 

 

12,1

 

 

12,3

 

 

14,4

 

 

12,0

 

 

11,2

 

 


La situation de Goldman Sachs a été considérablement améliorée,


Tableau 3 :

Goldman Sachs

 

 

2008Q1

 

 

2008Q2

 

 

2008Q3

 

 

2008Q4

 

 

2009Q1

 

 

Total dettes

 

 

1 077,0

 

 

1 146,4

 

 

1 043,3

 

 

1 036,2

 

 

820,2

 

 

Capitaux propres

 

 

42,8

 

 

42,6

 

 

44,8

 

 

45,6

 

 

64,4

 

 

µ

 

 

25,2

 

 

26,9

 

 

23,3

 

 

22,7

 

 

12,7

 

 


Cependant, ces chiffres intègrent dans les capitaux propres les actions de préférence qui sont en fait des dettes assorties du paiement d’intérêts.


Elles devraient donc être classées dans les dettes ou intégrées dans les capitaux propres à condition de les transformer en actions ordinaires, ce que s’apprête à faire le gouvernement.


Tableau 4 :

Citigroup

 

 

2008Q1

 

 

2008Q2

 

 

2008Q3

 

 

2008Q4

 

 

2009Q1

 

 

Total dettes

 

 

2 071,6

 

 

1 964,0

 

 

1 924,1

 

 

1 796,8

 

 

1 678,6

 

 

Capitaux propres

 

 

128,1

 

 

136,4

 

 

126,1

 

 

141,6

 

 

143,9

 

 

µ officiel

 

 

16,2

 

 

14,4

 

 

15,3

 

 

12,7

 

 

11,7

 

 

actions préférence

 

 

19,4

 

 

27,4

 

 

27,4

 

 

70,7

 

 

74,2

 

 

total dettes réelles

 

 

2 091,0

 

 

1 991,4

 

 

1 951,5

 

 

1 867,5

 

 

1 752,8

 

 

capitaux propres réels

 

 

108,7

 

 

109,0

 

 

98,7

 

 

70,9

 

 

69,7

 

 

µ réel

 

 

19,2

 

 

18,3

 

 

19,8

 

 

26,3

 

 

25,1

 

 


Dans les conditions actuelles, la situation de Citigroup est encore inquiétante, celle de JPMorgan Chase étant proche de la normale, mais si les actions de préférence avaient été transformées en actions ordinaires, le µ de Citi serait revenu dans les normes, et cerise sur le gâteau, les pertes auraient été transformées en bénéfices car Citi a payé $1,59 milliards d’intérêts sur ces titres de préférence.


Tableau 5 :

JPMorgan

 

 

2008Q1

 

 

2008Q2

 

 

2008Q3

 

 

2008Q4

 

 

2009Q1

 

 

Total dettes

 

 

1 517,2

 

 

1 642,5

 

 

2 105,6

 

 

2 008,2

 

 

1 909,0

 

 

Capitaux propres

 

 

125,6

 

 

133,2

 

 

145,8

 

 

166,9

 

 

170,2

 

 

µ publié

 

 

12,1

 

 

12,3

 

 

14,4

 

 

12,0

 

 

11,2

 

 

actions préférence

 

 

-

 

 

6,0

 

 

8,2

 

 

32,0

 

 

32,0

 

 

total dettes réelles

 

 

1 517,2

 

 

1 648,5

 

 

2 113,8

 

 

2 040,2

 

 

1 941,0

 

 

capitaux propres réels

 

 

125,6

 

 

127,2

 

 

137,6

 

 

134,9

 

 

138,2

 

 

µ réel

 

 

12,1

 

 

13,0

 

 

15,4

 

 

15,1

 

 

14,0

 

 


Il est donc compréhensible que le gouvernement envisage de devenir actionnaire de ces banques plutôt que de rester prêteur.


Tableau 6 :

Goldman Sachs

 

 

2008Q1

 

 

2008Q2

 

 

2008Q3

 

 

2008Q4

 

 

2009Q1

 

 

Total dettes

 

 

1 077,0

 

 

1 146,4

 

 

1 043,3

 

 

1 036,2

 

 

820,2

 

 

Capitaux propres

 

 

42,8

 

 

42,6

 

 

44,8

 

 

45,6

 

 

64,4

 

 

µ publié

 

 

25,2

 

 

26,9

 

 

23,3

 

 

22,7

 

 

12,7

 

 

actions préférence

 

 

3,1

 

 

3,1

 

 

3,1

 

 

3,1

 

 

16,5

 

 

total dettes réelles

 

 

1 080,1

 

 

1 149,5

 

 

1 046,4

 

 

1 039,3

 

 

836,7

 

 

capitaux propres réels

 

 

39,7

 

 

39,5

 

 

41,7

 

 

42,5

 

 

47,9

 

 

µ réel

 

 

27,2

 

 

29,1

 

 

25,1

 

 

24,5

 

 

17,5

 

 


En France, c’est le début de la grande nuit : contrairement aux règles et en toute impunité, les banques françaises ne publient pas leurs comptes trimestriels, mais uniquement semestriels !

Tableau 7 :

milliards €

 

 

BNP

 

 

Soc Gen

 

 

Caisse d'épar

 

 

Banque Popu

 

 

Natixis

 

 

Total dettes

 

 

2 017

 

 

1 089

 

 

633,2

 

 

204,8

 

 

545,9

 

 

Capit propres

 

 

59,0

 

 

40,9

 

 

16,6

 

 

8,7

 

 

9,9

 

 

µ 2008T4

 

 

34,2

 

 

26,6

 

 

38,2

 

 

23,5

 

 

55,1

 

 


Fermez les yeux, faites nous confiance, on fonce droit dans le mur ! disent les banquiers aux Français qui constatent amèrement que l’activité économique est bloquée par le manque de confiance qui règne dans le secteur bancaire.


En Europe, la situation est parfois pire,

Tableau 8 :

milliards

 

 

Deutsche Bk

 

 

UBS

 

 

Crédit Suisse

 

 

Fortis

 

 

Barclays

 

 

Total dettes

 

 

2 171

 

 

1 973,4

 

 

1 138

 

 

944

 

 

2 005,6

 

 

Capit propres

 

 

30,7

 

 

42,1

 

 

32,3

 

 

30,4

 

 

47,4

 

 

µ

 

 

70,7

 

 

46,9

 

 

35,2

 

 

31,1

 

 

42,3

 

 


Lire mes (nombreux) billets antérieurs sur ces problèmes bancaires…

... sur mon prochain billet...

par CHEVALLIER
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Dimanche 19 avril 2009

Crise : de la Ford T à Ka


Les ventes de voitures neuves baissent, les stocks d’invendus s’accumulent, les usines des constructeurs ferment, les équipementiers sont au plus mal, General Motors est au bord de la faillite, le chômage explose partout dans le secteur automobile.


C’est la plus grande crise depuis celle de 1929, en pire…


Oui, mais Ford Europe a lancé récemment de nouveaux modèles et en particulier la Ka, une petite voiture mais une véritable voiture (pas une Nano de Tata !) aux normes européennes (trop petite pour les Américains, elle ne sera pas commercialisée aux États-Unis), au design moderne, sans gadgets électroniques coûteux et fragiles, en promotion au prix de 7 300 euros avec prime à la casse, bonus et autres remises.


Début avril, tous les concessionnaires ont déjà vendu toutes les Ka qu’ils doivent recevoir au cours de ces prochains mois (la production est programmée longtemps à l’avance).


Pour commander une Ka avec les options désirées, la livraison est au plus tôt en octobre car les chaînes de montage sont saturées.


Les clients veulent acheter des voitures de taille réduite, bien conçues, innovantes, belles, aux formes plaisantes et modernes, qui marchent bien, à un prix abordable compte tenu de leurs revenus, mais les dirigeants des constructeurs veulent produire et vendre de grosses voitures sophistiquées qui coûtent cher.


L’offre ne répond pas à la demande, la demande ne trouve pas d’offre, le marché est bloqué.


Les gouvernements d’un certain nombre de pays européens ont trouvé la pire des solutions : la prime à la casse.


Tous les contribuables, qu’ils achètent ou pas une voiture neuve, paient des impôts et des taxes supplémentaires pour que ceux qui en achètent une la paient moins cher.


Ils diminuent donc leurs autres dépenses : le chiffre d’affaires des restaurants baisse de 20 à 50 %.
Les problèmes ne sont pas résolus mais déplacés d’un secteur à un autre.


La croissance repartira plus tardivement et elle sera inférieure à son potentiel optimal en Europe entre autres à cause de cette prime à la casse qui augmente encore le taux des prélèvements obligatoires.


Avec la Ford Ka, les Sarkow-boys font augmenter le chiffre d’affaires et les bénéfices d’une entreprise américaine et ils font travailler des ouvriers espagnols !


Encore un exemple d’erreurs économiques des hommes politiques et de dirigeants d’entreprises.

***

par CHEVALLIER
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