Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 12:49

Les actionnaires contre l’intérêt général


La comptabilité doit donner une image fidèle de la situation réelle des entreprises, mais des problèmes nouveaux apparaissent et les comptables ne les interprètent pas correctement si bien que les comptes ne donnent plus cette image fidèle de la réalité, ce qui a parfois des conséquences importantes au point de provoquer un effondrement financier, ce qui s’est produit en 2001 et depuis quelques mois…


D’abord, des dysfonctionnement se sont produits sur les marchés des produits dérivés, ce qui a provoqué la crise dite des sub-prime puis celle dite des CDS.


Ensuite, les injections de l’État dans les grandes banques ont été enregistrées à tort dans les capitaux propres alors qu’elles auraient dû l’être dans les dettes car il s’agit d’argent qui appartient indubitablement à l’État, apporté temporairement (par les contribuables) pour éviter la faillite de ces banques et le risque systémique.


Les capitaux propres sont par définition des capitaux qui appartiennent… en propre à l’entreprise.


Ils sont constitués des parts du capital (divisé en actions ordinaires) apporté par les actionnaires qui partagent les bénéfices et les risques, et des bénéfices antérieurs accumulés.


En dehors de ces actions ordinaires, tous les autres titres sont d’une façon ou d’une autre des dettes, les actifs ne pouvant être financés que par des capitaux propres ou des dettes (le mot passif n’existe pas en anglais).


En comptabilisant les injections de l’État dans les capitaux propres, le ratio d’endettement µ des grandes banques américaines apparaissait (à tort) normal, c’est à dire inférieur à 12,5…


Tableau 1 :

$ billion

JPMorgan

Citigroup

Bank of America

Wells Fargo

Liabilities

2 008

1 794

1 641

1 211

Equity

166,9

150,8

177,1

99,1

µ

12,03

11,9

9,27

12,22


… alors qu’en réalité, en comptabilisant les actions de préférence dans les dettes et en les retranchant des capitaux propres, il était plus élevé,


Tableau 2 :

$ billion

JPMorgan

Citigroup

Bank of America

Wells Fargo

Liabilities

2 040

1 865

1 679

1 242

Equity

134,9

80,1

139,4

67,7

Preferred stock

31,9

70,7

37,7

31,3

µ

15,12

23,3

12,05

18,33


L’annonce de la conversion des actions de préférence en actions ordinaires de Citigroup le vendredi 27 février au matin a provoqué la baisse de 40 % du cours à l’ouverture de la séance.


Les actionnaires ont perdu de l’argent mais les Américains ont gagné : les comptes de Citigroup sont maintenant dans les normes (tableau 1), ce qui permettra à l’économie américaine de repartir sur de bons fondamentaux quand le Trésor aura fait de même dans les autres banques qui ont reçu des injections de l’État.


Avec un µ de 23, Citigroup dépassait largement la limite maximale de la norme de 12,5 (l’inverse du ratio Tier d’origine de 8 %).


Après conversion des actions de préférence en actions ordinaires, les cours de PNC, US Bancorp et Bank of America respectant les normes ne devraient pas baisser, ceux de JPMorgan Chase et de Goldman Sachs devraient baisser un peu et davantage pour ceux de Wells Fargo et Morgan Stanley,


Tableau 3 :

$ billion

Goldman

Morgan Stanley

US Bancorp

PNC

Liabilities

837

589

232

266

Equity

47,9

31,7

18,4

25,4

Preferred stock

16,5

19,2

7,9

0

µ

17,47

18,59

12,61

10,45


Après la conversion des actions de préférence en actions ordinaires, toutes les grandes banques américaines auront des ratios d’endettement dans les normes…


Tableau 4 :

$ billion

Goldman

Morgan Stanley

US Bancorp

PNC

Liabilities

820

608

237

266

Equity

64,4

50,8

26,3

25,4

µ

12,74

11,96

9,00

10,45


… ce qui permettra à la croissance du PIB de repartir sur des bases saines aux États-Unis du moins, après avoir résolu les problèmes comptables qui ont été à l’origine de ce gigantesque effondrement financier.


Pour cela, les autorités américaines ont dû livrer une guerre sans merci contre les groupes de pression du secteur financier qui sont très puissants, en provoquant la chute des grandes banques (en 2001, Alan Greenspan a dû attendre l’éclatement de la bulle Internet pour être en position de force pour pouvoir imposer à ces groupes de pression les mesures nécessaires).


Les dirigeants de ces grandes banques sont les premiers responsables de tous ces désordres.


Le nouveau gouvernement d’Obama a donc logiquement décidé de virer tous les membres du conseil d’administration de Citigroup (sauf le grand patron pour assurer la continuité des opérations et des négociations).


En France, notre Bécassine ne veut pas convertir les injections de l’État en actions ordinaires pour éviter un effondrement des cours des banques qui dépassent toutes largement les normes d’un µ qui devrait être inférieur à 12,5 (pour la Banque Populaire, le µ est celui du 30 juin 2008),


Tableau 5 :

milliards €

BNP

Soc Gen

Caisse d'épar

Banq Pop

Natixis

Total dettes

2 017

1 089

633,2

204,8

545,9

Capitaux pr

59,0

40,9

16,6

8,7

9,9

µ

34,2

26,6

38,2

23,5

55,1


Même après la conversion des injections de l’État en actions ordinaires, les banques françaises manqueraient de capitaux propres pour respecter les exigences minimales du ratio Tier d’origine qui seules permettent de rétablir la confiance dans le secteur bancaire, donc le fonctionnement normal des marchés de capitaux.


Ainsi, pour ne pas faire perdre davantage d’argent aux actionnaires, 64 millions de Français subissent la récession, les prêts étant bloqués, tout est bloqué partout.


C’est inadmissible.


Les Français sont totalement incapables de faire de telles analyses et de comprendre ces problèmes économiques et financiers simples car ceux de gauche sombrent dans leurs délires anticapitalistes antilibéraux primaires dans le style Besancenot, Ségolène (qui voudrait que les banques soient remboursées en chevreaux !) ou des vieux éléphants socialistes en route pour leur cimetière qui ne voient que la relance keynésienne des années 30, les autres n’ayant visiblement aucune intelligence économique, y compris les comptables qui ne sont même pas experts en leur matière.


Une autre mesure s’impose (à l’instar des Américains) : virer les membres des conseils d’administrations des banques qui sont les premiers responsables de cette crise.


Cliquer ici pour voir la mine réjouie des pieds nickelés de la BNP, les branquignols de la Générale n’osant pas montrer la leur, les péquenots du Crédit Agricole n’ayant pas fini d’arroser le salon de l’agriculture.


Ailleurs en Europe, la situation n’est pas meilleure : en Allemagne, en Suisse, au Royaume-Uni, en Belgique (où le cours de Fortis est tombé de €35 à €0,50),


Tableau 6 :

milliards

Deutsche Bk

UBS

Crédit Suisse

Fortis

Barclays

Total dettes

2 171

1 973,4

1 138

944

2 005,6

Capitaux pr

30,7

42,1

32,3

30,4

47,4

µ

70,7

46,9

35,2

31,1

42,3


Vive Obama ! qui n’y est pour rien car tout le travail a été fait par les gens de la Fed, avec le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke qui est intervenu lundi et Timothy Geithner vendredi.

***

Partager cet article

Published by CHEVALLIER
commenter cet article

commentaires

Dagny 01/03/2009

SVP,qu'est-ce que ça veut dire: "Conversion des actions de préférence en actions ordinaires"?

zorri 01/03/2009

Sans rapport direct avec le sujet
Irlande : que devient le un tigre celtique...
http://www.tickerforum.org/cgi-ticker/akcs-www?post=85270

jadoube 02/03/2009

mais qui soutient le cours des banques francaises tel que bnp et soc generale ?
aib ou boi en irlande sont a la rue depuis longtemps la valeur d'une action est de 50c et 35c d'euros.mais le cours de bnp et soc generale semblent bien surevalues a vos dires .

Josick d'esprit agricole 02/03/2009

"Vive Obama ! qui n’y est pour rien car tout le travail a été fait par les gens de la Fed, "

Il faut considérer qu'Obama le pasteur est arrivé dans un pays labouré fraichement ensemencé, ce qu'il a considéré comme une destruction inacceptable de la prairie, ne comprenant absolument rien à rien comme tout pasteur digne de ce nom !!!

Et quand ce qui n'est pour lui qu'une prairie dévasté va recommencer à reverdir (le blé qui germe), il va crier victoire !!!

candide 07/03/2009

Je vous soumets cette vidéo où les sourires accompagnant les déclarations de certains me paraissent affligeants quand on constate les conséquences de leurs actes, j'allais dire agissements : http://www.dailymotion.com/search/conference%252Buniversitaire/video/x7och5_les-crises-financieres-partie-1_news
Le pire, c'est qu'ils savaient... et qu'ils sont toujours en place. Pauvre France.