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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 16:24

 

Cliquer sur le lien pour lire normalement cet article sur mon site et pour les commentaires : Tangible assets : Citigroup 2012

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques, Banques américaines

 

Pour plus de clarté, je reprends les données des grandes banques mondiales présentant un risque systémique (les SIFIs pour Systemically Important Financial Institutions) en prenant les véritables capitaux propres tels qu’ils doivent être pris en compte, à savoir les actifs tangibles (tangible assets ou tangible common shareholders’ equity).

Il s’agit des capitaux propres dits part du groupe constitués par les apports des actionnaires ordinaires plus les bénéfices accumulés (common shareholders’ equity) excluant les minoritaires, moins les actions de préférence (preferred stocks), moins les écarts d’acquisition (goodwill).

La règle de ce bon vieux Greenspan est la suivante : le total des dettes des banques ne doit pas dépasser 10 fois le montant de leurs véritables capitaux propres, ce qui constitue le multiple d’endettement réel (leverage) dont l’inverse (en pourcentage) est le ratio Tier 1 d’origine qui doit être supérieur à 10 %.

Ces précisions sont nécessaires car les résultats obtenus diffèrent considérablement selon le mode de calcul utilisé.

A priori, Citigroup est la banque la plus vertueuse des grandes banques mondiales (SIFIs) avec un leverage réel en baisse à 10,8 fin 2012,

 


Sommes en milliards de dollars.

 

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 11 milliards de dollars pour que Citigroup respecte pleinement les règles prudentielles d’endettement avec un leverage de 10.

***

 

Les expressions utilisées ne sont pas rigoureusement normalisées. Il faut donc bien vérifier le mode d’évaluation des différents concepts.

Il est amusant de constater que les actifs tangibles sont en fait les capitaux propres (réels, moins les écarts d’acquisition), c’est-à-dire un poste… du passif !

Pour rappel : les dirigeants des grandes banques ont réussi à tout compliquer et à faire adopter des règles à leur convenance et à leur avantage, en particulier en utilisant les actifs à risques pondérés (Risk-Weighted Assets).

Les petites banques respectent généralement ces règles d’endettement ainsi que les banques helvètes en dehors de Crédit Suisse et d’UBS.

Mots-clés: actifs à risques pondérés, actions de préférence, Citigroup, Ecarts d’acquisition, goodwill, multiple d’endettement, preferred stocks, Risk-Weighted Assets, Tangible assets, tangible common shareholders’ equity

Citigroup 2011 Q4 2012 Q1 2012 Q2 2012 Q3 2012 Q4
1 Assets 1 873,88 1 944,52 1 916,45 1 931,35 1 864,66
2 Equity 177,806 181,82 183,911 186,777 186,465
3 Preferred st 0,312 0,312 0,312 0,312 2,562
4 Goodwill 25,413 25,81 25,483 25,915 25,673
5 Tangible eq 152,081 155,698 158,116 160,55 158,23
6 Liabilities 1 721,80 1 788,83 1 758,34 1 770,80 1 706,43
7 Leverage (µ) 11,3 11,5 11,1 11 10,8
8 Tier 1 (%) 8,8 8,7 9 9,1 9,3

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 16:21

 

Cliquer sur le lien pour lire cet article sur mon site et pour les commentaires : Goodwill, création monétaire, Greenspan et Etat

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

 

Ce bon vieux Greenspan avait bien identifié le problème majeur qui a été à l’origine de la bulle internet : le mauvais enregistrement comptable des écarts d’acquisition, cf. ce que j’en ai écrit alors.

Malheureusement, les groupes de pression des dirigeants des grandes entreprises ont réussi par la suite à tourner la règle qu’il avait imposée.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, une nouvelle bulle s’est reformée : les grandes entreprises pour la plupart affichent des bénéfices indus car elles auraient dû comptabiliser ces écarts d’acquisition en diminution de leurs bénéfices et donc de leurs capitaux propres réels.

De l’argent non gagné s’est ainsi développé, ce qui correspond à de la création monétaire.

Cet argent circule. En effet, les grandes entreprises ne peuvent que verser cet excédent de trésorerie auprès de la Fed qui bénéficie ainsi de 1 800 milliards de dépôts inscrits à son passif,

Document 1 :

Les gens de la Fed ne peuvent que faire circuler à leur tour cet argent en rachetant des bons du Trésor et d’autres titres pour 2 800 milliards de dollars (grâce aussi à 1 100 milliards empruntés),

Document 2 :

Ainsi, il n’y a donc pas de création monétaire par la Fed du fait de sa politique. Elle ne fait que faire circuler de l’argent, ce qui est tout à fait différent et même indispensable car sans ces mesures, ces 1 800 milliards auraient eu un effet déflationniste dangereux.

Ce bon vieux Greenspan s’est élevé à plusieurs reprises contre la politique menée par son successeur en critiquant surtout l’excès du total du bilan de la Fed et des dépenses de l’Etat, et il a parfaitement raison.
Dans la mesure où il ne préside plus la Fed, il ne peut pas aller plus loin dans ses critiques car les gens de la Fed veillent toujours à garder un certain flou dans ce domaine monétariste de façon à ce que le public ne comprenne pas trop bien leur action qui doit garder un certain aspect furtif.
Le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, excelle dans l’art de la furtivité.

L’argent non gagné n’étant pas négligeable aux Etats-Unis, l’argent n’y est donc plus tout à fait sain, ce qui est inquiétant car le premier pilier des Reaganomics est l’argent sain.

En fait, les dirigeants américains tirent avantage de cette situation car cela permet de financer à bon compte le déficit de l’Etat et de ralentir la croissance légèrement sous son potentiel optimal, sans inflation, ce qui accentue la crise dans la vieille Europe.

En réintroduisant les bonnes règles obligeant les entreprises à comptabiliser correctement les écarts d’acquisition, B-2 et le gouvernement produiront alors un nouveau choc.
L’avenir s’annonce plein de nouvelles turbulences.

Tout est simple, finalement.

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 16:36

 

Cliquer sur le lien pour lire normalement cet article sur mon site et pour les commentaires : BNP-Paribas 4° trimestre 2012

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises

 

Pas de miracle pour notre Gos banque BNP-Paribas qui vient de publier son bilan pour ce dernier trimestre : ces banksters n’ont rien fait pour présenter correctement leurs comptes comme le font ordinairement les banques normalement constituées.

En effet, pour déterminer les véritables capitaux propres dits tangibles excluant les minoritaires (Tangible shareholders equity), il faut aller pêcher le montant du Total part du groupe au passif…

Document 1 :

… puis retrancher les écarts d’acquisition inscrits à l’actif…

Document 2 :

… et surtout retrancher les titres super-subordonnés à durée indéterminée (Subordinated debt), pour 2011…

Document 3 :

… et pour 2012,

Document 4 :

Les banksters de BNP auraient dû publier le tableau suivant permettant de lire simplement sans devoir le calculer le montant des véritables capitaux propres tangibles des actionnaires donnant une image fidèle de la réalité comme le font enfin les mécanos de la Générale,

Document 5 :


Tout est simple… à condition de savoir décrypter correctement des centaines de pages de comptes à dormir debout pour en tirer la substantifique moelle.

 

Officiellement, d’après les chiffres publiés, le leverage continue à diminuer mais il reste à 21,2 très loin des règles prudentielles préconisées par ce bon vieux Greenspan (10) et reprises par la BRI dans le ratio Tier 1 qui est ainsi de 4,7 % au lieu d’un minimum de 10 %,

Document 6 :


Sommes en milliards d’euros.

 

En prenant les chiffres donnant une image fidèle de la réalité, les véritables capitaux propres tangibles des actionnaires, le leverage réel se retrouve à 27,0 ce qui correspond à un ratio Tier 1 réel de 3,7 %

Document 6 :


… ce qui est pire que ce que j’avais calculé pour les trimestres précédents.

 

Le montant des capitaux propres augmente petit à petit tandis que le total des dettes baisse, ce qui est une bonne tendance, mais les banksters de BNP sont loin de respecter les règles prudentielles d’endettement : il faudrait pour cela augmenter les capitaux propres de 105 milliards d’euros !

Finalement, je remercie les dirigeants de nos Gos banques et ici ceux de BNP qui montrent que j’avais raison et que j’ai toujours raison de calculer les véritables ratios d’endettement comme le préconisaient ce bon vieux Greenspan et la BRI.

C’est ce qu’ils font sans oser le dire tellement la réalité leur fait peur et c’est ce qui explique que me marché interbancaire est complètement bloqué dans la zone euro.

Cliquer ici pour lire le document Etats financiers (non audités) de BNP d’où sont tirées ces dernières données et cliquer ici pour lire mon article sur le bilan 2011 de BNP expliquant les acrobaties comptables de BNP.

BNP 2011 2012
Total shareholders equity 75,37 85,886
Goodwill 11,406 10,591
Subordinated debt (TSSDI) 7,261 7,241
Tangible common equity 56,703 68,054
BNP published 2010 2011 Q4 2012 Q2 2012 Q3 2012 Q4
Liabilities 1 923,53 1 889,91 1 887,91 1 908,93 1 821,40
Equity 74,632 75,37 82,13 84,667 85,886
Leverage (µ) 25,8 25,1 23 22,5 21,2
Tier 1 (%) 3,9 4 4,4 4,4 4,7
BNP fair value 2010 2011 Q4 2012 Q2 2012 Q3 2012 Q4
Liabilities 1 942,88 1 908,58 1 906,34 1 927,31 1 839,24
Equity 55,279 56,703 63,706 66,287 68,054
Leverage (µ) 35,1 33,7 29,9 29,1 27
Tier 1 (%) 2,8 3 3,3 3,4 3,7

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 16:21

 

Cliquer sur le lien pour lire normalement cet article sur mon site et pour les commentaires : Les mécanos de la Générale 4° trimestre 2012

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises

 

Incroyable mais vrai : un miracle s’est produit !
Rien à voir avec la démission du pape : les mécanos de la Générale viennent enfin de comprendre ce qu’ils font et ils publient même (enfin !) des comptes qui permettent d’avoir une image fidèle de ce qui se passe dans cette banque !

En effet, pour la première fois, du moins à ma connaissance, ils publient un tableau clair donnant le montant de leurs véritables capitaux propres, à savoir l’actif net tangible.

Il est obtenu en diminuant le chiffre des capitaux propres publié au bilan, des montants des titres exotiques (les titres super-subordonnés et autres comme je l’ai écrit… à juste titre depuis plusieurs années) et des écarts d’acquisition, comme je l’ai écrit récemment,

Document 1 :

Ainsi, le multiple d’endettement (leverage) de 24,1

Document 2 :


… tel qu’il apparait d’après le bilan ne correspond pas du tout à la réalité,

 

Document 3 :

D’après le document 1, le leverage se monte en réalité à 33,1 !

Document 4 :


Les mécanos de la Générale ne donnent les bons chiffres que pour les bilans arrêtés en fin d’année, ceux des trimestres intermédiaires ne donnent pas une image fidèle de la réalité, ce qui est contraire aux règles en vigueur, sanctionnable et condamnable mais pas condamné, évidemment car les dirigeants des Gos banques françaises peuvent faire impunément ce qu’ils veulent en toute liberté.

 

D’ailleurs, l’actif ne mentionne pas les écarts d’acquisition dans le dernier bilan publié !

Document 5 :

Euh… Un petit rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32

Les règles comptables sont redoutables car, lorsqu’on sait décrypter correctement les comptes, il est toujours possible de savoir si tout se passe bien ou si quelque chose ne va pas quelque part.

Cliquer ici pour accéder à la page des résultats de la Générale.
Cliquer ici pour voir l’actif net tangible, page 63 du Résultat du groupe, annexe.

Cliquer ici pour voir mon article sur les comptes de la Générale du 4° trimestre 2011 et cliquer ici pour lire son complément.

Société Générale 2011 Q4 2012 Q1 2012 Q2 2012 Q3 2012 Q4
Liabilities 1 134,305 1 092,1 1 198,5 1 232,4 1 200,891
Equity 47,067 47,8 48,2 49,1 49,809
Leverage (µ) 24,1 22,8 24,9 25,1 24,1
Tier 1 (%) 4,1 4,4 4,0 4,0 4,1
Société Générale 2011 Q4* 2012 Q1 2012 Q2 2012 Q3 2012 Q4*
Liabilities 1 148,55 1 098,90 1 205,00 1 238,60 1 214,10
Equity 32,82 41 41,7 42,9 36,6
Leverage (µ) 35 26,8 28,9 28,9 33,1
Tier 1 (%) 2,9 3,7 3,5 3,5 3

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 10:02

 

Cliquer sur le lien pour lire normalement cet article sur mon site et pour les commentaires : Wells Fargo : goodwill, leverage & Greenspan

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines

 

Du temps de ce bon vieux Greenspan, après une petite crise, la croissance repartait très fort et tout le monde était content.
Rien de tel avec son successeur, le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke : après la plus grande crise depuis la Grande dépression, la croissance du PIB reste légèrement inférieure à son potentiel optimal.

Certes, la vieille Europe est au bord du gouffre, ce qui justifie une certaine prudence, mais il y a quand même quelque chose qui ne va pas très bien quelque part aux Etats-Unis.

Les big banks respectent a priori pour la plupart la règle du multiple d’endettement édictée par ce bon vieux Greenspan avec un leverage inférieur à 10, cf. mes articles à ce sujet, mais il y a quand même des doutes sur leur bonne santé.

Effectivement, quand on applique l’autre grande règle de ce bon vieux Greenspan sur les écarts d’acquisition, il apparait clairement que la situation réelle de ces big banks n’est pas satisfaisante.
Ce ne sont pas des cadavres dans des placards car ils trainent bien visiblement dans des coins, en particulier en bas à gauche du bilan : dans le goodwill.

Ainsi, Wells Fargo, la banque qui a le meilleur leverage de toutes les banques systémiques mondiales de 8,8 (sans tenir compte de la dépréciation des écarts d’acquisition)…

Document 1 :


a 25,637milliards de dollars d’écarts d’acquisition qui auraient dû être dépréciés dans leur totalité,

 

Document 2 :

Pour donner une image fidèle de la réalité de cette banque, il faut donc les retrancher des actifs et des capitaux propres, ce qui donne un leverage réel de 11,0 au-dessus des exigences de ce bon vieux Greenspan,

Document 3 :


Il en est de même pour toutes les autres banques systémiques mondiales. Leur situation est donc généralement pire que ce qu’on pouvait estimer précédemment.
En tenant compte de ces corrections, Wells Fargo perd la première place du classement des banques systémiques mondiales.

 

Cliquer ici pour voir les chiffres du dernier rapport financier de Wells Fargo.

2012 Q4 Wells Fargo
Preferred stocks 12,883
Liabilities 1 278,297
Equity 144,671
Leverage (µ) 8,84
Tier 1 (%) 11,32
2012 Q4 Wells Fargo
Preferred stocks 12,883
Liabilities 1 303,93
Equity 119,034
Leverage (µ) 11
Tier 1 (%) 9,1

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 17:25

 

Cliquer sur le lien pour lire cet article sur mon site et pour les commentaires : Ecarts d’acquisition

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques, Etats-Unis, Europe

 

Les bulles qui éclatent ensuite en crises ont généralement pour cause des règles comptables qui conduisent à ce que des bilans ne donnent pas une image fidèle de la réalité, dixit ce bon vieux Greenspan qui attendait d’être en position de force (en attendant le creux de la crise) pour imposer sa solution.

Ainsi en a-t-il été de la bulle internet au début de ce siècle, ce bon vieux Greenspan en profitant pour imposer de nouvelles règles concernant l’enregistrement des écarts d’acquisitions.

Je reprends ici un document dont la première rédaction remonte à 10 ans environ. L’histoire se répète mais maintenant sans l’intervention de ce bon vieux Greenspan

***

 

A la fin des années 90′, de graves dysfonctionnements ont été observés dans les comptes des entreprises qui ont fait apparaître des bénéfices anormalement élevés par rapport à la réalité. Pour y remédier, de nouvelles règles comptables ont été adoptées, aux Etats-Unis du moins. C’est le cas en particulier pour les écarts d’acquisition ou survaleurs (goodwill en anglais).

Quand les dirigeants d’un grand groupe décident d’acquérir une entreprise, l’opération est comptabilisée en immobilisation au bilan, par exemple pour 10 000.
S’il s’avère que cette immobilisation n’a en fait presque aucune valeur, 1 000 par exemple, seule cette valeur réelle doit être inscrite en immobilisation pour que le bilan puisse donner une image fidèle de la réalité.

L’écart entre la valeur d’acquisition et la valeur réelle, 9 000 (soit 10 000 – 1 000) doit être enregistré au bilan au côté des immobilisations en tant qu’écart d’acquisition pour ce montant et sous cette dénomination.

Cet écart d’acquisition correspond à une perte de 9 000 qui doit ensuite être comptabilisée en tant que telle au résultat et venir en déduction du résultat net final.

La dépréciation des écarts d’acquisition doit porter sur la totalité de ces écarts dès qu’ils sont constatés pour que le résultat donne une image fidèle de la réalité.

Elle doit être enregistrée après la détermination de l’impôt sur les bénéfices des sociétés car cette perte (provenant d’une erreur de gestion) ne doit pas affecter le montant de l’imposition normale sur les opérations ordinaires.
L’application de ces règles s’impose aux Etats-Unis depuis le 1° janvier 2002 (donc à partir des exercices 2001). Une grande partie de la baisse des bénéfices des entreprises américaines en 2001 et 2002 s’explique par l’enregistrement de ces goodwills (et autres write-offs).

En France, l’ancienne réglementation comptable n’a été modifiée que tardivement : les écarts d’acquisitions (qui étaient jadis négligeables) ont continué à être amortis sur… 20 ans !
Ainsi, les comptes d’un grand nombre d’entreprises françaises ne donnaient pas une image fidèle de la réalité. Les capitaux propres y étaient artificiellement majorés. Les conséquences des erreurs de gestion de certains dirigeants étaient diluées sur 20 ans et elles n’ont pas été sanctionnées.

Il n’en est pas de même aux Etats-Unis où les dirigeants fautifs ont été licenciés, certains ont été condamnés pour avoir tenté de dissimuler leurs fautes, et ceux qui ont fait des opérations frauduleuses sont en prison…

Rien de tel en France ! Les dirigeants de France Télécom ont été à l’origine d’écarts d’acquisitions considérables en investissant à tort et à travers dans des opérateurs pour plusieurs dizaines de milliards d’euros. Pour éviter de faire tomber France Télécom en faillite, des règles comptables parfaitement justifiées n’ont pas été appliquées en France.

Ainsi, des dysfonctionnements graves affectaient en toute régularité un grand nombre d’entreprises françaises qui ont été handicapées pour de nombreuses années alors que la situation a été assainie aux Etats-Unis et ailleurs en 2002. Les entreprises américaines sont bien reparties et elles ont dégagé par la suite des bénéfices en forte croissance

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 16:46

 

Cliquer sur le lien pour lire cet article sur mon site et pour les commentaires : Balance des paiements : décembre 2012

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique France

 

La Banque de France a publié les chiffres de la balance des paiements du mois de décembre 2012. Tout le monde devrait en parler car c’est très important …

La balance des transactions courantes qui synthétise le résultat de l’ensemble des activités courantes d’une nation vis-à-vis du reste du monde montre une dégradation étonnamment régulière depuis que la Banque de France publie ces chiffres, c’est-à-dire depuis le début de l’euro-système, quelle que soit la couleur du gouvernement avec un déficit de 3,6 milliards d’euros pour ce dernier mois, pire que les 2,8 milliards du mois précédent,

Graphique 1 :

L’ardoise se monte maintenant à 214 milliards d’euros depuis mars 2005, nouveau record,

Graphique 2 :

Les conséquences en sont occultées par l’existence de la zone euro et par les achats massifs de mauvais bons du Trésor français par des investisseurs à l’étranger, imprudents, ignares et crédules (dont la BNS !) qui commencent à se méfier quand même de ce cochon de pays du Club Med.

Le déficit de la balance commerciale de ce mois a été de 6,3 milliards d’euros contre 4,7 milliards le mois précédent et des excédents de 16,8 milliards pour l’Allemagne !

Graphique 3 :

C’est à nouveau le grand plongeon mais aucun journaleux, aucun bonimenteur n’en parle.

Depuis juillet 2011, ce déficit fluctue aux alentours de 70 milliards d’euros sur les 12 derniers mois,

Graphique 4 :

Depuis juin 2004, le cumul des déficits des biens seuls atteint un nouveau record de 398,5 milliards d’euros,

Graphique 5 :

Comme la France n’est plus compétitive vis-à-vis de l’étranger, surtout avec un euro fort, les entreprises étrangères investissent moins en France que les entreprises françaises à l’étranger, la tendance du déficit des IDE (Investissements Directs Etrangers) se poursuit depuis l’adoption de l’euro,

Graphique 6 :

Depuis juillet 2011, le cumul des déficits des IDE fluctue autour de 620 milliards d’euros (depuis l’adoption de l’euro), somme vertigineuse dont personne ne parle !

Graphique 7 :

Comme je l’ai écrit à maintes reprises, les déficits des différentes rubriques de la balance des paiements sont obligatoirement compensés par des transferts comptabilisés dans cette rubrique absconse N.4.700. Compte financier, Autres Investissements, Transactions nettes, France vis-à-vis du reste du monde, Solde, Non CVS-CJO, Mensuel, correspondant à la dette nette de la France vis-à-vis de l’étranger quand les transferts de capitaux libres ne peuvent pas le faire.
Le montant de la dette nette apparente de la France était redevenu proche de zéro, ce qui était moins inquiétant en apparence que pendant les grandes turbulences financières, mais il remonte,

Graphique 8 :

Comme je l’ai écrit précédemment, ces transferts proviennent des excédents allemands, des investissements en portefeuille en France d’opérateurs à l’étranger et indubitablement par le rapatriement de milliards de dollars empruntés par les Gos banques françaises aux Etats-Unis pour ne pas être en défaut de paiement dans cette devise ce qui cache l’ampleur des déficits réels : plus de 1 000 milliards d’euros !

Et pour terminer joyeusement, il ne faut pas oublier que les erreurs et omissions de la Banque de France sur la balance des paiements peuvent fluctuer de plus de 50 milliards d’euros d’un mois sur l’autre mais une certaine amélioration commence à se manifester !!!

Graphique 9 :

L’€URSS est une machine infernale ingérable que plus personne ne maitrise. Les banques centrales de l’euro-système enregistrent normalement les transactions courantes mais un certain nombre d’opérations intra-communautaires échappent à leur contrôle.
C’est avancer les yeux fermés au bord du gouffre.

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 20:51

 

Cliquer sur le lien pour lire cet article sur mon site et pour les commentaires : La banque pour les nuls 

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques

 

J’ai déjà expliqué à maintes reprises les problèmes bancaires pour les nuls mais les plus nuls des nuls ont toujours des difficultés à les comprendre et les nouveaux nuls ne font pas l’effort minimal de s’informer en cherchant les articles antérieurs pour devenir moins nuls.
Je reprends donc une dernière fois… les idées exprimées par ce bon vieux Greenspan

Les banques sont des entreprises très particulières dont l’activité principale consiste depuis plus de 5 000 ans à prêter de l’argent qu’elles n’ont pas, mais qu’elles empruntent, évidemment.

Auparavant, des personnes ayant fait fortune et désirant l’augmenter, en prêtaient une partie à d’autres, des entrepreneurs, en général des commerçants.
Les premiers banquiers, des hommes fortunés et dynamiques, ont eu l’idée géniale d’emprunter de l’argent à d’autres hommes riches passifs qui ne faisaient rien de leur argent, pour le prêter (surtout à des caravaniers dans l’actuel Moyen-Orient) pour gagner ainsi davantage d’argent.
Pour des raisons de prudence élémentaire, ces banquiers ne pouvaient pas prêter beaucoup plus que leur fortune totale.

Par la suite, les banques se sont perfectionnées et elles ont pu prêter beaucoup plus que le montant de leurs capitaux propres.

Au XX° siècle, dans les années 80, comme la confiance était très grande dans le secteur bancaire mondial car il était alors très fiable, les gens de la Fed, et en particulier ce bon vieux Greenspan, ont proposé une règle de bonne gestion prudentielle des risques bancaires à savoir de limiter le total des dettes des banques à 12,5 fois le montant de leurs capitaux propres, ou autre formulation : les capitaux propres doivent représenter au moins 8 % du total des dettes pour pouvoir financer normalement les actifs avec des risques acceptables.

Il s’agissait du ratio Tier 1.

Après les turbulences financières, ce bon vieux Greenspan a durci ses exigences en proposant un multiple d’endettement de 10, le leverage en anglais.

En effet, le (bon) raisonnement est le suivant : les banques ne peuvent financer leurs actifs que par leurs capitaux propres et par des dettes qui ne doivent pas dépasser certaines limites, à savoir 10 fois le montant de ces capitaux propres pour que la confiance puisse régner dans le système bancaire.

C’est simple. Tout est simple.

Ce bon vieux Greenspan avait toujours le génie de trouver la solution la plus simple aux problèmes les plus complexes et de l’expliquer simplement… pour ceux qui réussissaient à décrypter ses messages.

Effectivement, statistiquement, les banques qui respectent cette règle sont bien gérées. Ce sont par exemple la plupart des banques helvètes (en dehors de Crédit Suisse et d’UBS), des big banks américaines et 3 petites banques françaises.

A contrario, les grandes banques européennes sont loin de respecter ces règles si bien que la confiance a disparu dans le système bancaire de la zone euro qui est complètement bloqué au point que la BCE doit s’y substituer en prêtant plus de 1 000 milliards d’euros à un grand nombre de banques pour éviter un tsunami bancaire dont les conséquences seraient catastrophiques pour le monde entier !

Comme les dirigeants de ces grandes banques européennes sont très liés aux hommes politiques dans tous les pays européens, ils ont réussi à faire adopter des lois et des règles à la convenance de ces parties, en particulier celle des actifs pondérés qui permet entre autres aux banques d’acquérir des bons de Trésors sans que ces actifs soient pris en considération dans les ratios dits de Bâle III sous prétexte que ces actifs seraient sans risques !

Cette seule disposition permet ainsi aux banques de ne pas respecter les règles de ce bon vieux Greenspan et d’acquérir des bons de Trésors sans limite, donc d’en faire baisser les taux au profit des Etats surendettés.
La quasi faillite de l’Etat grec montre que ces règles ne sont pas fiables et qu’elles se sont retournées finalement contre l’intérêt général et des banques en particulier.

Cette règle édictée par ce bon vieux Greenspan a le gros avantage de signaler que quelque chose ne va pas quelque part lorsque les banques ne la respectent pas mais l’inconvénient de ne pas préciser quels sont exactement les problèmes qui se posent dans ces banques.

Elle est universelle. Elle s’applique de la même façon que ce soit aux Etats-Unis ou ailleurs (les différences entre les différents systèmes comptables ne jouent qu’un rôle marginal).

Quelques remarques pour terminer…

Les produits dérivés sont justement inscrits hors bilan car ils n’ont pas donné lieu à des paiements effectifs lors de la clôture du bilan (ce ne sont que des engagements qui, si les contrats ont été correctement négociés, doivent se conclure par des gains ou des pertes minimes, ce qui est leur raison d’être).

Il n’y a pas de création monétaire quand les banques accordent des prêts. Elles ne font que faire circuler l’argent qui sans elles, resterait sans être utilisé par les investisseurs qui en manquent.

Enfin, une question pour les non nuls qui ont bien compris ces problèmes bancaires élémentaires : il reste un gros problème visible mais qui n’a pas été abordé en dehors du cercle très restreint des dirigeants des grandes banques, du moins à ma connaissance. Quel est-il ?

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 16:29

 

Cliquer sur le lien pour lire cet article sur mon site et pour les commentaires : Mur fiscal et méga turbulences

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis

 

Le mur fiscal a fait très peur aux Américains qui ont augmenté leur épargne (M2-M1) de 60 milliards de dollars au cours de chacune des semaines finissant les 17 et 31 décembre mais cette peur irrationnelle est retombée lors des deux semaines finissant les 14 et 21 janvier avec une baisse de cette épargne de 62 puis 70 milliards, ces variations à la hausse et à la baisse étant parmi les plus fortes jamais enregistrées,

Document 1 :

L’augmentation de M2-M1 est revenue sur une tendance lourde de 5,2 % l’an depuis le 1° août 2011

Document 2 :

… avec de fortes variations à très court terme,

Document 3 :

Ainsi, en tendance longue et lourde, l’augmentation de cet agrégat est proche de son optimum de 4,5 % correspondant à une croissance du PIB réel proche de son potentiel optimal sans inflation : 1,7 % en ce 1° trimestre (contre 1,5 % au 4° trimestre 2012) d’une année sur l’autre et 2,6 % par rapport au trimestre précédent en taux annualisé (-0,15 % au 4° trimestre 2012),

Document 4 :

Les variations des agrégats monétaires permettent de comprendre et de suivre le comportement des consommateurs, ce qui conditionne les variations du PIB. D’autres facteurs exogènes interviennent au cas par cas, d’un trimestre à l’autre, comme cela a été le cas lors du 4° trimestre 2012.

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 08:11

 

Cliquer sur le lien pour lire normalement cet article sur mon site et pour les commentaires : Crédit Suisse 4° trimestre 2012

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes

 

Crédit Suisse vient de publier ses comptes pour ce dernier trimestre…

Comme UBS, Crédit Suisse ne respecte pas les exigences de Bâle III avec un multiple d’endettement réel (mon µ ou leverage) de 24,9 en progrès par rapport au trimestre précédent (et de 5 points en un an, ce qui montre que c’est bien là le point essentiel !) alors que le maximum autorisé est de 10 soit un ratio Tier réel de 4,0 % contre un minimum de 10 %,

Document 1 :


Les sommes sont en milliards de francs suisses. Les règles de Bâle III sont intégralement prises en compte dans ce tableau, en particulier en ne retenant que les véritables capitaux propres (en excluant les minoritaires).

 

Le montant des capitaux propres augmente peu mais le total du bilan baisse beaucoup, ce qui est relativement satisfisant.

Document 2 :

Avec un leverage de 32, la banque des frères Lehman a fait faillite en septembre 2008. Il en a été de même avec MF Global en 2011. La limite létale est donc 30.

Il faudrait injecter… 48,5 milliards de francs dans de véritables capitaux propres pour respecter les règles de Bâle III !

Comme je l’ai déjà écrit, Les petits Suisses sont les meilleurs banquiers du monde, sauf ceux d’UBS et de CS qui leur font courir un risque systémique. Il est difficilement compréhensible qu’ils ne réagissent pas à ce sujet, surtout dans l’atmosphère de guerre financière qui règne.
Seul Jean-Pierre Danthine vice-président de la Banque Nationale Suisse (BNS) a déclaré que ces deux banques n’ont toujours pas réglé leurs problèmes fondamentaux, ce qui obligerait les contribuables à les sauver en cas de défaillance, ce qui est toujours possible.
CS est encore miraculeusement en sursis, pour l’instant. Tout le reste n’est que mauvaise littérature par et pour idiots inutiles voire nuisibles.

Cliquer ici pour lire des informations financières sans le dernier rapport financier de Crédit Suisse.

Crédit Suisse 2011 Q4 2012 Q1 2012 Q2 2012 Q3 2012 Q4
Liabilities 1 015,49 966,435 1 008,68 987,61 888,555
Equity 33,674 33,585 34,774 35,682 35,632
Leverage (µ) 30,2 28,8 29 27,7 24,9
Tier 1 (%) 3,3 3,5 3,4 3,6 4

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