Dimanche 4 novembre 2007

Sarko : c’est mal parti !

Le graphique suivant est impressionnant : 

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Il représente l’évolution de l’écart entre les rendements des bons du Trésor à 10 ans français et allemands.

Au début du mois de mai dernier, cet écart était quasiment nul, ce qui signifie que les marchés considéraient que les perspectives de la situation économique en France étaient identiques à celles de l’Allemagne, mais très rapidement tout a changé : l’écart se creuse, ce qui signifie que les marchés anticipent maintenant une détérioration de la situation économique en France par rapport à celle de l’Allemagne

Sarko n’a pas de chance : il a été élu au mauvais moment, et il n’a pas pris les mesures qui s’imposaient.

Il n’a pas conscience de ce qui l’attend. Les Français non plus.

Heureux.

C’est l’économie, stupide !

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par CHEVALLIER
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Dimanche 4 novembre 2007

Complexe mais simple, finalement

La situation économique aux Etats-Unis est actuellement complexe mais simple finalement…

En effet, la croissance du PIB a été forte au 3° trimestre (3,9 % !) avec une inflation sous-jacente de 1,8 % contenue dans les limites requises (moins de 2 %) et un taux de chômage faible à 4,7 %.

Tout va bien car les entreprises américaines continuent de faire des bénéfices élevés grâce à des gains de productivité importants. En effet, l’emploi diminue (globalement dans les entreprises) et les salaires réels ne progressent que de 0,5 % dans le secteur privé en un an.

Cependant, les revenus des Américains augmentent grâce au plein emploi (et aux dividendes) ce qui leur permet de consommer davantage. A cette demande répond une offre : des entreprises sont créées dans la restauration, les spectacles, l’informatique, etc. et elles créent des emplois.

Par ailleurs, les administrations locales et les établissements de santé continuent à créer beaucoup d’emplois, ce qui entretient la consommation selon ce bon vieux Keynes.

L’activité est soutenue également par les exportations qui progressent à un rythme (annualisé) de 20 % par rapport au trimestre précédent et de 10 % d’une année sur l’autre, ce qui est facilité par un dollar faible.

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Le maintien des taux de la Fed à 5,25 %, à des niveaux très nettement supérieurs à leur neutralité de 4,25 % n’a pas ralenti l’activité car les entreprises disposent de trésoreries abondantes qui leur permettent de s’autofinancer.

Tout va bien, oui mais certains secteurs comme l’immobilier sont très sensibles à des taux élevés, et c’est le plongeon avec la crise du sub-prime qui devient d’autant plus inquiétante qu’un certain nombre d’établissements bancaires tentent de cacher leurs pertes qui se chiffrent globalement à quelques dizaines de milliards de dollars.

Ce qui est le plus grave, c’est cette défiance des Américains face à cette situation. Elle se révèle dans l’augmentation de leur épargne de précaution : M2-M1 augmente sur un rythme de 8 % d’une année sur l’autre,

Graphique 1 : 




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Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la masse monétaire libre, cette croissance baisse effectivement, mais en tendance avec des variations à court terme. Ainsi, la croissance du PIB n’a été que de 2 % d’une année sur l’autre en moyenne sur les 3 derniers trimestres. Les chiffres des 2 derniers trimestres exprimés par rapport au précédent sont trompeurs !

Graphique 2 : 




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Pendant une cinquantaine d’années, une telle situation conduisait toujours à une récession et à un collapsus boursier. Il devrait en être de même dans un avenir proche, à moins que les Etats-Unis ne soient entrés dans un nouveau paradigme

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Les Américains gardent de moins en moins d’argent sur leurs comptes bancaires : les dépôts (TCD) ne représentent plus que $600 milliards soit 4,5 % du PIB,

Graphique 3 : 




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Les marchés financiers des deux côtés de l’Atlantique Nord ont maintenant convergé : les taux américains entourent les taux européens qui convergent vers 4,25 %,

Graphique 4 : 




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Le relèvement des taux de la Fed à 5,25 % était une erreur : les rendements des bons sont revenus dans la norme en fluctuant dans les 4 %,

Graphique 5 : 




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Le taux de base de la BCE à 4,0 % est accommodant et celui de la Fed trop restrictif à 4,5 % alors qu’ils devraient être à 4,25 % pour être neutres.

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Les incertitudes actuelles entraînent des variations très importantes des taux de référence,

Graphique 6 : 




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Les taux courts n’auraient pas dû descendre sous la barre des 4 %. Le niveau anormalement bas du 2 ans à 3,70 % montre que les capitaux se réfugient préférentiellement sur cette valeur. La crise du sub-prime n’est pas terminée !

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par CHEVALLIER
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