Jeudi 22 novembre 2007

Je viens de retrouver un billet que j’avais écrit l’an dernier et qui était en ligne sur mon blog de " l’Institut Turgot " que Guy Millière     et sa bande ont supprimé…

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Métro : New York / Paris

Les salariés du métro de New York gagnent en moyenne 47 000 $ par an soit 4 000 $ par mois (pour simplifier).

Pour faire des comparaisons avec les concepts français, il faut déduire 12,4 % de taxe sur les salaires (la payroll tax qui alimente le système de retraite publique) et 1,5 % à la suite du nouvel accord sur le régime de retraite, soit environ 600 $ pour arriver à ce que les Français appellent le salaire net moyen de 3 400 $ alors qu’à la RATP le salaire brut moyen est de 3 300 € et 2 500 € net d’après le rapport de gestion 2004.

Ces chiffres correspondent à des conditions équivalentes car les Américains sont comme nous : ils tombent malades et ils vieillissent ! Ils disposent donc eux aussi d’assurances santé équivalant à notre Sécurité Sociale et de pensions de retraite dont ils supportent les coûts.

La grande différence entre les Etats-Unis et la France est que les entreprises de services collectifs et les administrations américaines sont gérées comme les entreprises : elles tiennent une comptabilité qui respecte les règles habituelles, ce qui les oblige à équilibrer leurs comptes.

De ce fait, elles sont obligées d’augmenter leur productivité comme les autres entreprises sinon, déficitaires, elles seraient condamnées à disparaître.

Il n’en est pas de même en France !

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Les comptes de la RATP ne respectent pas les règles comptables normales en ne comptabilisant pas les charges de retraite.

Ces créances certaines (21,6 milliards d’euros au 31 décembre 2004 inscrits dans le rapport de gestion) devraient figurer en dettes venant en déduction des capitaux propres (900 millions) alors qu’il y a déjà 10,6 milliards de dettes à long terme.

La RATP accumule donc plus de 32 milliards d’euros de dettes (pour un chiffre d’affaires de 3 milliards !) que les contribuables devront payer un jour...

Les 21,6 milliards de charges de retraite ne sont pas provisionnés. Ils ne sont même pas intégrés dans les comptes de la RATP ni ailleurs.

Si les Français tenaient correctement leurs comptes, ils auraient dû faire comme les Américains : équilibrer les comptes de la RATP en retenant les charges de retraite sur la paie des salariés, ou en diminuant leurs avantages sociaux, ou en augmentant les prix des billets et des abonnements.

Rien de cela n’a été fait. Les voyageurs ne paient pas le prix normal couvrant les coûts des services qu’ils utilisent, les salariés bénéficient de revenus et de créances qui ne sont pas tirés de la vente du produit de leur travail.

C’est donc de l’argent non gagné qui circule, de la monnaie de singe qui se retrouve dans les 2 000 milliards d’euros qui sont en excédent dans l’agrégat monétaire M1 de la zone euro. Leur résorption demandera une vingtaine d’années de déflation douce.

Ce qui est le plus grave dans les comptes de la RATP, ce n’est pas le fait que les salariés soient surpayés par rapport aux normes françaises, mais que l’argent qui permet de les payer ne provient pas de la vente de services payés par les clients qui les utilisent.

C’est de la création monétaire pure.

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Le niveau élevé des salaires et du pouvoir d’achat des Américains est normal car ils bénéficient du haut niveau de productivité des entreprises en général.

Les 32 milliards de dettes de la RATP doivent s’ajouter aux dettes de l’Etat qui se montent à 2 000 milliards d’après le rapport Pébereau.

Il en est même pour les autres entreprises publiques qui totalisent environ 300 milliards de charges de retraite non provisionnées d’après le relevé des sommes inscrites dans leurs rapports de gestion, en concordance avec les estimations de Jean Arthuis.

Pour être complet, il faut encore ajouter les dettes et les charges de retraite non provisionnées des 1 500 entreprises dans lesquelles l’Etat est majoritaire. Elles ont été estimées à plus de 100 milliards par l’iFRAP en 2001 sur l’observation de quelques unes d’entre elles.

Ce sont donc entre 2 500 et 3 000 milliards d’euros de dettes réelles que les Français devront payer à l’avenir de toutes façons.

Les Américains provisionnent toujours les charges de retraite.

Ils disposent par ailleurs de plus de 5 000 milliards de dollars sur leurs comptes d’épargne et de 10 000 milliards dans des fonds de pension qui leur permettent de bénéficier de revenus élevés pour leur retraite. Les dettes de l’Etat ne dépassent pas durablement la norme de 60 % et elles financent pour l’essentiel des investissements de défense dans de nouvelles techniques, ce qui est normal.

18/04/2006

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par CHEVALLIER
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Jeudi 22 novembre 2007

Confiance et banques centrales

Depuis des millénaires, l’activité économique est basée sur la confiance que l’on a ou que l’on n’a pas dans la monnaie et dans les banques, or les dirigeants des banques n’ont plus confiance entre eux maintenant car ils savent qu’ils ont tous plus ou moins perdu de l’argent dans le sub-prime.

D’après les chiffres les plus crédibles qui circulent, les pertes se monteraient globalement aux alentours de $200 milliards mais $50 milliards seulement ont été comptabilisés pour l’instant.

Il reste donc une ardoise de $150 milliards à se partager !

Les bénéfices de certaines banques vont chuter, les ratios de garantie de certaines banques sont proches du minimum, certaines banques sont près de la faillite, oui mais ce n’est pas la crise systémique car globalement les établissements financiers dans leur ensemble peuvent supporter cette crise.

Le problème essentiel vient de la confiance qui a disparu : qui est vulnérable ? à quel niveau ?

Au cours des crises précédentes, Alan Greenspan est toujours intervenu pour maintenir la confiance des marchés et pour mettre en œuvre les mesures qui s’imposaient pour sortir de ces crises.

Ben Bernanke n’a rien fait dans ce sens : les dirigeants des banques n’ont pas confiance et aucune mesure n’a été prise pour résoudre rapidement cette crise.

Les marchés n’ont plus confiance, et c’est ce qui est grave.

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Cette crise du sub-prime montre une fois de plus que les banques centrales jouent un rôle essentiel et que les marchés, livrés à eux mêmes, dégénèrent si une autorité n’a pas établi ni fait respecter les bonnes règles.

La titrisation des dettes classées en sub-prime est possible, mais les titres échangés n’ont de la valeur que s’il existe une contrepartie, et en son absence, les titres ne valent plus rien !

Ces titres doivent donc être comptabilisés à leur valeur la plus défavorable par leur acquéreur et non pas au prix du marché car les marchés peuvent s’écrouler brusquement, et c’est ce qui s’est passé cet été.

Comme ces marchés ont été fortement rémunérateurs pour tous les intervenants au cours des années et des mois précédents, une bulle s’est produite, et elle a éclaté en une crise.

Pour rétablir la confiance et sortir de cette crise, il faut donc appliquer au plus tôt les bonnes règles, or la Fed n’a pris aucune décision en ce sens.

Cette crise sera donc durable mais limitée, et elle va se transmettre aux autres marchés.

Ben Bernanke sera avec William McChesney Martin (qui a laissé partir l’inflation dans les années 60) le pire des présidents de la Fed.

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Cette crise du sub-prime montre une fois de plus que les théories des libertariens sont dangereuses car sans les banques centrales ni les réglementations qu’elles imposent, les banques livrées à elles mêmes risquent de faire faillite et toute crise peut alors devenir systémique.

Tous les intermédiaires financiers gagnaient de l’argent avec le sub-prime, rien ne pouvait arrêter le gonflement de la bulle, si ce n’est la Fed… qui a été déficiente.

Aux XIX° siècle, les petites banques locales américaines pouvaient faire faillite : leurs clients imprudents étaient ruinés, mais les problèmes ne dépassaient jamais un cadre local limité.

La faillite de banques comme Northern Rock ou Merrill Lynch aurait des conséquences très graves et inadmissibles. Un tel risque ne peut être pris au XXI° siècle.

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Il ne faut pas oublier que le marché total du sub-prime aux Etats-Unis se monte à $1 000 milliards environ et il ne représente que 10 % du marché des crédits hypothécaires estimé à $10 000 milliards. 
Seule une partie de ce marché sub-prime correspond à des pertes sèches pour $200 milliards environ.

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Pour qu’une banque soit capitalisée normalement, son capital doit être supérieur à 10 % du montant des investissements. C’est le ratio "risk-based capital" de la FDIC (Federal Deposit Insurance Corp.) aux Etats-Unis.

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par CHEVALLIER
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