Dimanche 11 novembre 2007

Chine : ping-pong, stratégie du désordre et guerre économique

Les Chinois qui sont depuis des millénaires des experts dans l’art de la stratégie, viennent de réussir un joli coup : ils ont accentué le désordre dans les pays occidentaux en faisant monter l’euro à un record de 1,473 dollar à la suite des propos de Cheng Siwei, un parlementaire influent, qui a déclaré le 7 novembre que la Chine devait diversifier ses réserves de devises étrangères en vendant des dollars pour acheter des euros, ce qui a accentué la chute du dollar.
Ce n’est qu’une première attaque dans la guerre économique qui a commencé en Asie.

Les autorités chinoises mettent en place un fonds d'investissement souverain de 200 milliards de dollars, China Investment Corporation qui n’aura pas vocation à déstabiliser les marchés mondiaux a déclaré son président, mais qui pourrait très bien être utilisé à cet effet un jour…

La force de frappe chinoise est importante avec 1 330 milliards de dollars de réserves de change fin juin dont 407 milliards étaient placés en bons du Trésor des Etats-Unis en mai 2007.

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La situation économique en Chine s’est brusquement détériorée cette année. En effet, l’inflation qui a toujours été faible (1,5 % en 2006) augmente de mois en mois : 5,6 % en juillet et 6,5 % en août.

Les dirigeants de la banque centrale, la People’s Bank of China, PBC, sont conscients des dangers.

Le 15 septembre dernier, ils ont relevé leur taux de base pour la 7° fois depuis le 27 avril 2006 : le taux des intérêts créditeurs à un an est à 3,87 % et à 7,29 % pour les intérêts débiteurs.

Avec une inflation à 6,5 %, les Chinois perdent de l’argent en le plaçant dans les établissements financiers et le coût réel des emprunts est quasiment nul.

Cette situation est explosive : les Chinois investissent trop et massivement dans des actions surévaluées (parce que trop rares) qui sont les seuls placements à leur rapporter de l’argent et les entreprises surinvestissent sans frais.

Les agrégats monétaires sont hypertrophiés. Il aurait fallu mettre en place un système d’assurances santé et de fonds de pension et surtout augmenter l’offre en valeurs mobilières et en immobilier pour faire baisser M2-M1.

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La PBC aurait dû relever davantage et plus tôt ses taux (comme la Fed !).

Là encore, en Chine, les erreurs des dirigeants de la banque centrale auront des conséquences catastrophiques… dans un pays d’1,4 milliard d’habitants.

Si la PBC augmente ses taux de quelques points, les marchés réagiront comme partout ailleurs : la croissance du PIB ralentira ainsi que les exportations, le chômage augmentera, ce qui exacerbera les tensions sociales.

Pour couronner le tout, un krach mettra la Chine au tapis olympique.

Les marchés corrigeront d’eux-mêmes  a dit un jour ce bon vieux Greenspan

La partie de ping-pong ne fait que commencer.

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Cette guerre économique ne présente pas de dangers majeurs car les Chinois (même les dirigeants communistes !) ne combattent pas le capitalisme libéral pour lui substituer un autre système comme les socialistes (nationalistes allemands et les communistes d’URSS) et les Musulmans.

Cette guerre n’est qu’économique et elle entre dans le cadre normal des luttes d’influence.

La partie de ping-pong s’annonce passionnante.

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par CHEVALLIER
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Dimanche 11 novembre 2007

Zone euro et Fed

Les marchés financiers des Etats-Unis et de la zone euro ont commencé à converger en juin 2006 et la fusion complète est réalisée depuis septembre 2007 comme l’indiquent clairement… les gribouillis à droite sur le graphique 1 : 

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Et plus simplement celui qui représente l’écart entre les taux des bons américains et allemands à 10 ans,

Graphique 2 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Il est surprenant que ce marché commun ne soit pas l’objet de commentaires passionnés, c’est pourtant important.

Les taux de référence (les bons à 10 ans, 2 ans et 3 mois) de la zone euro sont pris en sandwich par ceux des Etats-Unis : le 10 ans américain ne peut pas descendre plus bas pour l’instant car il est maintenu en apesanteur par les taux de la Fed qui sont encore à 4,50 %.

Les 2 ans plongent sous la barre des 4 % car les capitaux libres se réfugient toujours sur l’obligataire public court en cas de grosses turbulences sur les marchés, actions en particulier.

Les prix montant, les rendements baissent.

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Il est amusant de constater que les variations des taux de la zone euro dépendent surtout de la situation aux Etats-Unis et de la politique menée par la Fed (le relèvement des taux en octobre et décembre 2006 n’est pas dû à l’augmentation des taux de la BCE, mais aux déclarations de Ben Bernanke cherchant à les faire remonter).

Le meneur du jeu est américain !

Les dirigeants de la BCE ne maîtrisent rien : ils suivent les marchés et la Fed.,

Si les membres du FOMC n’avaient pas fait l’erreur de laisser leur taux de base si haut à 5,25 % pendant si longtemps, les taux auraient pu converger normalement vers leur neutralité à 4,25 % sans provoquer de soubresauts sur les marchés.

Les erreurs de la Fed ont des conséquences très graves qui coûtent très cher.

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En cette fin de semaine dernière, le rendement du Bund allemand à 2 ans est tombé à 3,81 %, nettement sous le taux de la BCE à 4 % à la suite du plongeon du 2 ans américain, ce qui est anormal (en dehors des normes). La courbe des taux est atypique,

Graphique 3 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Cette situation est maintenant difficilement gérable pour la BCE qui ne peut pas baisser son taux de base ni le relever.

La Fed est maître du jeu.

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La situation s’est encore dégradée en cette fin de semaine pour le rendement du 10 ans français : l’écart avec le Bund est remonté dans sa tendance en étant proche de 13 points de base,

Graphique 4 


(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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En effet, les dernières informations sont mauvaises pour la France : le déficit du commerce extérieur a augmenté en septembre (3 milliards d'euros), les déficits publics et le taux des prélèvements obligatoires ne diminuent pas.

Ces mauvaises perspectives ont fait augmenter le 10 ans français (et ce n’est qu’un début).

Les dettes coûtent de plus en plus cher en France ; ça va mal se passer Koko !

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Les données sont celles de Reuters pour le 4° graphique (à 3 décimales) et de Bloomberg pour les précédents.

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par CHEVALLIER
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