Jeudi 15 novembre 2007

Questions / réponses 5

Merci aux honorables lecteurs de ce blog pour leurs questions, voici mes réponses…

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Une question oubliée de : homer in Erreurs et désordres financiers : Vous raisonnez comme si l'inflation n'existait pas. Pour quelle raison? Pourtant avec une inflation officielle dans les pays producteurs comme Chine et Inde qui court à 7%, petrole, or et autres matières premieres qui s'envolent, l'inflation est bien le problème qui conditionne les politiques monétaires partout dans le monde.

Non : l’inflation n’est plus un problème majeur. J’avais traité de ce problème sur mon ancien blog que Guy Millière   a fait disparaître… et j’y reviendrai un de ces jours.

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Tonton Jack sur l'article Retraites et rupture : je reconnais avoir du mal à suivre votre raisonnement à la lecture du décret que vous mentionnez. Sauf si votre raisonnement consiste à dire que l'on crée une nouvelle caisse de prévoyance et de retraite hors du régime général, abondée par le budget de l'Etat - voir le PLF 2008, il y en pour 3.476 milliards d'euros - et donc hors de toute visibilité. Dans ce cas, je comprends votre réflexion. Dire que c'est le gouvernement de Pétain qui, en 1941, nous a légué ce formidable système de la retraite par répartition... (ok, cette réflexion est biaisée et prête à confusion, mais ça fait plaisir!).

Les €116 milliards de dettes de la SNCF ont disparu des comptes de la SNCF et de l’Etat ! et au total, les dettes de retraite se montaient à €4 500 milliards au minimum fin 2004, le reste est littérature…

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Jean-christophe Mounicq sur l'article Retraites et rupture : Article exceptionnel par les chiffres que vous fournissez. Je l'ai mis en ligne sur mon blog. Pourriez-vous préciser dans quels documents ABN Amro et Work For All ont fait ces estimations sur une dette de 4500 milliards d'euros pour la France (chiffre qui me semble plausible)? Merci. Et encore bravo!

Merci ! Cf. les liens sur les documents de WFA, les €4 500 milliards : c’est le résultat de mon extrapolation de l’estimation du rapport Pébereau qui confirme les chiffres de WFA.
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amaury sur l'article Croissance, retraites, dettes : Vous avez hélas raison Monsieur Chevallier mais les Français sont élévés depuis 30 ans au biberon marxiste et sont très attachés (malheureusement) à leur système de retraite par repartition et aucun politique aujourd'hui n'est prêt à changer la donne.
Pourtant il existerait un angle d'attaque très efficace pour mettre les syndicalistes et les politiciens de gauche au pied du mur :il suffirait de leur poser la question suivante:
-comme les Français doivent être traités pareillement il vous faut choisir :ou l'on supprime la PREFON ou l'on applique ce système par capitalisation à l'ensemble des Français ? Hélas je crois qu'il ne faut rien attendre de l'actuel président de la république ni des suivants d'ailleurs !
!

La propagande de la gauche plurielle est très forte, mais on est quand même au XXI°siècle ! il y a Internet et les gens voyagent assez facilement, les Français pourraient quand même réfléchir un instant ! PREFON n’est vraiment pas un bon exemple !
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Sylvain sur l'article Croissance, retraites, dettes : Que ce passe t-il pour les pensions "cotées en bourse", lorsque le marche est en bear market pendant 15 ou 20 ans (Dow Jones 1960-1980 ou Nikkei 1990-2007)? Les marches sont haussiers a long terme, certes, mais c'est au moment de la prise de profit qu'il doit etre au dessus des cours d'achat, ce qui n'est pas du tout evident.

Le problème n’est pas de savoir si la bourse va monter ou pas, c’est d’investir une épargne dans des entreprises qui créent de la valeur à long terme pour procurer des revenus supplémentaires, là aussi à long terme. Le jour où les Français commenceront à élaborer un raisonnement économique cohérent est encore assez lointain…

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Tonton Jack sur l'article Croissance, retraites, dettes : Je voudrais être sûr de bien comprendre votre raisonnement. Vous dîtes, si j'ai bien compris, on a promis aux salariés de la SNCF une retraite. Cette retraite représente un engagement financier lié au versement d'une pension. L'ensemble de ces retraites, calculées sans doute selon les possibles durées de vie, représentent un montant de 116 milliards d'euros. Pour financer cette somme, on prélève des cotisations sur les salariés de la SNCF - + une subvention de l'ETat dans le cas d'espèce - et il n'y a pas eu de provisions de la part de la SNCF pour financer ces futurs engagements.
En conséquence, les salariés actuels de la SNCF à qui on fait une promesse de retraite doivent "faire confiance" aux futurs cotisants. Et en l'absence de provisions face aux montants de retraite, il s'agit d'une dette et non d'une créance, car celle-ci n'est pas provisionnée. Là où j'ai un peu de mal à saisir c'est pourquoi vous en arrivez à parler de création monétaire ? Pourriez-vous m'expliquer
?

Le problème ici est que "faire confiance" aux futurs cotisants est un non sens sur le plan économique : il y a des créances… donc des dettes, c’est incontournable ! toute autre façon de raisonner est une erreur.

Sur la création monétaire, j’ai essayé d’être clair ! difficile de faire mieux ! il faut comprendre ces problèmes, mais il paraît que ce n’est pas facile !

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par CHEVALLIER
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Jeudi 15 novembre 2007

Croissance, retraites, dettes

Le système français de retraites par répartition fonctionne comme les chaînes : gagnez 4 500 milliards d’euros (qui vous seront payés plus tard) en versant 12 % de vos revenus ! avec une différence importante : cette chaîne est obligatoire.

Tant que ces cotisations permettent de payer les pensions, tout marche… jusqu’au jour où la chaîne fait apparaître l’insolvabilité du système.

Pour qu’un système de retraite soit solvable, les engagements de retraite, qui sont des créances, doivent être provisionnés, sinon ce sont des dettes.

Exemple avec la SNCF : ses salariés avaient 116 milliards d’euros de créances de retraite au 30 juin 2007 qui n’étaient pas provisionnés, donc 116 milliards de dettes.

Pour équilibrer les comptes de la SNCF, il aurait fallu payer auparavant pendant des années des salaires moins élevés à moins de salariés, ou (et) ne pas leur promettre de retraite ou (et) augmenter considérablement les prix des billets.

Ce sont donc 116 milliards qui circulent indûment sur les comptes des salariés de la SNCF et de ses clients.

C’est de l’argent non gagné pour reprendre l’expression de Charles Gave traduite de l’américain unearned money.

C’est de la création monétaire par les autorités françaises (par le décret du 7 mai 2007 qui a permis de supprimer ces 116 milliards de dettes pour la SNCF) alors que leur rôle est de respecter et de faire respecter les lois, les règlements et les règles comptables.

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Le problème actuellement n’est pas d’aligner ou pas le régime de retraite de la SNCF sur le régime général (et encore moins d’en négocier des compensations), mais de réintégrer ces 116 milliards dans les comptes de la SNCF et d’en tirer les conséquences.

La faillite de la SNCF serait actuellement une petite crise absorbable, la faillite du système de retraite français sera une crise majeure

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Cet argent non gagné, à la SNCF et ailleurs, est dépensé, ce qui entretient la croissance du PIB qui est soutenue par une consommation qui augmente de 3 %.

La croissance en France est donc artificiellement dopée par de la création monétaire, ce qui est fondamentalement dangereux.

Une croissance forte et durable pour le plus grand bien de tout le monde repose sur de l’argent sain (sound money).

C’est un des piliers de la réussite économique comme l’ont bien compris les économistes américains, les Reaganomics qui en sont les auteurs, et même Robert Rubin, l’ancien ministre des finances de Bill Clinton.

Les comptes ne dérapent pas qu’à la SNCF. Les administrations publiques et beaucoup d’entreprises sont dans le même cas, et cela se voit dans l’hypertrophie des agrégats monétaires, en particulier dans M1, l’argent que les Euro-zonards ont sur leurs comptes courants et dans leurs portefeuilles qui se monte à 3 800 milliards d’euros contre 1 350 milliards de dollars pour les Américains (pour 300 millions d’habitants dans les deux cas).

Ces problèmes ont été résolus depuis longtemps aux Etats-Unis où tout le monde est convaincu que les fonds de pension sont la seule solution concevable au problème des retraites.

Les économistes de Work For All ont fort bien analysé ces problèmes, lire :

Le modèle social européen, le conte de fées et les faits

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Comment se fait-il que je sois le seul à défendre ces idées en France ?

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par CHEVALLIER
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