Quantcast
Vendredi 21 décembre 2007 5 21 /12 /Déc /2007 19:21

Questions / réponses 16


Merci aux honorables lectrices et lecteurs de ce blog pour leurs questions et leurs commentaires, voici mes réponses… 

D’abord, pour ce qui concerne le Royaume-Uni, la logique économique qui y prévaut m’échappe totalement… Là, je sèche !


Ensuite, pour l’institution de fonds de pension en France, seule solution qui permettrait de restaurer une croissance du PIB élevée, cela prendrait… un certain temps. 
Les Irlandais les ont mis en place très rapidement (en 2 ou 3 ans) car il n’y avait pas d’oppositions majeures, ce qui n’est pas le cas en France. 
Si Sarko avait décidé de se lancer fortement dans ce projet, il aurait fallu quelques années pour que les fonds commencent à jouer un rôle positif : 3 à 4 ans me semble un délai court raisonnable. Comme rien n’a été fait, les fonds peuvent pas avoir d’effet positif dans un avenir envisageable. 
Rien de bon ne se fera dans les 5 ans à venir.


Des questions sur la politique monétaire

Lorsqu’une banque centrale "injecte de l'argent", ce n’est pas de l'argent sortant de la presse à billets ! 
Les banques centrales ont des ressources propres qu’elles peuvent prêter aux banques ordinaires, commerciales, qui doivent impérativement avoir toujours une position créditrice. Pour éviter d’être débitrices, elles sont parfois obligées d’emprunter à d’autres banques, mais à des taux plus ou moins élevés, et en ce moment, ils sont élevés. 
Pour diminuer les coûts de financement des banques commerciales à court terme, les banques centrales prêtent des liquidités à très court terme, à des taux inférieurs à ceux du marché qui devraient être au niveau de leur taux de base, soit 4 % pour la zone euro. 
Ces prêts sont gagés : les banques commerciales qui empruntent sont obligées de mettre en pension des titres qu’elles possèdent pour la durée de leur emprunt.


Les banques centrales ne créent pas de monnaie ! ni les gouvernements, depuis longtemps ! sauf ceux du Zimbabwe et d’Iran… Beaucoup de gens ne l’ont pas encore compris…


Quand un Etat a besoin d’argent pour financer ses investissements, il emprunte et des épargnants achètent des bons du Trésor. 
A une offre correspond une demande. 
Tout est en ordre, sans déséquilibres… tant que l’endettement ne dépasse pas les limites de 60 % du PIB. 

L’argent non gagné
dans la zone euro ne provient pas d’une bulle immobilière mais du non provisionnement des engagements de retraite qui se montait à €4 500 milliards, 3 fois le PIB en France fin 2004 en partant des chiffres fiables du rapport Pébereau qui applique les règles comptables ordinaires.


Qu’en est-il du degré de connaissances (sur ces problèmes) des dirigeants de la BCE et des hommes politiques ? 
Difficile de répondre à cette question ! Commentant le rapport Pébereau, les députés ont écrit que tout le monde connaît le niveau réel des dettes publiques ! … mais personne n’en parle ! 
C’est la patate chaude, ai-je écrit, mais les échéances approchent…


Les banques commerciales tiennent leurs comptes en maintenant leurs liquidités au minimum. 
Elles sont donc amenées à prêter ou à emprunter sur le marché ou à la banque centrale à tout moment en fonction de leurs besoins. Les banques centrales peuvent ainsi récupérer des liquidités excédentaires. 
C’est de la cuisine comptable interbancaire très technique.


Quand une banque centrale baisse son taux de base, le coût des emprunts diminue, ce qui relance la croissance du PIB, mais elle risque d’être trop forte et inflationniste. 
La BCE ne peut pas baisser ses taux en ce moment car ce serait inflationniste, et l’inflation repart déjà !


Pour lutter contre l’inflation, la meilleure solution est que la banque centrale augmente son taux de base, car dans ce cas, le coût des emprunts augmente, ce qui ralentit la croissance du PIB, donc l’inflation. 
Le grand danger est l’inflation, car une fois partie, il est difficile de l’arrêter : la Fed a mis 25 ans pour la faire revenir dans la zone acceptable !


Les taux des banques centrales fluctuent autour de leur neutralité qui devrait se situer aux alentours de 4 à 4,25 %.


Lorsque les marchés actions baissent, les gérants investissent dans les valeurs refuges que sont les obligations publiques, peu rémunératrices mais sans risques. 
La demande augmente, les prix aussi, et les rendements baissent. Depuis quelques semaines, la demande est très forte, les taux ont beaucoup baissé. 
Ils remonteront quand la situation sera assainie et les taux Euribor baisseront.


La Fed, ou plus précisément, Ben Bernanke a décidé de ne plus publier les chiffres de M3, ce qui est une décision très contestable et contestée (sous prétexte que la collecte des données coûtait cher pour une faible utilité). 
Comme M3-M2 n’est pas de l’argent en circulation dans le public, l’incidence de cette mesure est faible. 


Et un dessin spécialement créé par Work For All : cliquer ici pour le faire apparaitre

***

 

Par CHEVALLIER
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 21 décembre 2007 5 21 /12 /Déc /2007 10:58

Agrégats monétaires : Fed / BCE


Les derniers chiffres publiés par la Fed le 20 décembre sont rassurants : l’augmentation de l’épargne des Américains (M2-M1)… diminue, ce qui signifie qu’ils ont confiance en l’avenir. Ils vont donc continuer à consommer, ce qui va entretenir la croissance du PIB.


En plein dans les turbulences de la crise du subprime, M2-M1 continuait à augmenter pour atteindre un pic de 9,3 % le 27 août 2007, ce qui était inquiétant.

Graphique 1 :


(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Depuis cette date, l’augmentation de M2-M1 est revenue à 7,8 % ce 10 décembre dernier, proche de son point d’équilibre de 7 % (selon le paradigme de ces dernières décennies).

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, elle est et elle sera faible, surtout en ce 4° trimestre par rapport au précédent car elle a été exceptionnellement élevée au 3° trimestre 2007(4,9 %).

Graphique 3 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La crise du subprime terrifie les milieux financiers mais elle ne remet pas en cause les équilibres fondamentaux qui sont très sains aux Etats-Unis.


Il n’en est pas de même dans la zone euro où l’augmentation de M2-M1… augmente de plus en plus pour atteindre 17 % en octobre 2007 ! C’est une autre dimension ! … ce qui signifie que les Euro-zonards anticipent une détérioration de leur situation à l’avenir. En épargnant moins, la demande baisse ainsi que la croissance du PIB.

Graphique 4 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


M1 continue à augmenter à un rythme annuel de 7 % dans la zone euro alors qu’aux Etats-Unis son augmentation est nulle, voire négative.

Graphique 5 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


L’augmentation de M1 et de M2-M1 dans la zone euro est le résultat de la création monétaire provenant pour l’essentiel du non enregistrement des engagements de retraite. 
De l’argent non gagné se répand, ce qui est bien visible dans M3 qui augmente de plus en plus, de 12,6 %.

Graphique 6 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Cette distribution d’argent non gagné est bien entendu inflationniste.


La crise du subprime est la partie émergée de l’iceberg des crises, la partie immergée, celle de la zone euro est considérablement plus importante. Les dirigeants de la Fed sont calmes et sereins, alors que la fébrilité règne à la BCE…

***

Par CHEVALLIER
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 11:28

L’iceberg des crises


La crise du subprime est la partie émergée de l’iceberg des crises, celle qui se voit.

La plus importante est celle qui ne se voit pas : la crise monétaire dans la zone euro.


La crise du subprime porte sur $250 milliards
(ou davantage ?) mais celle de la zone euro porte sur plus de €2 500 milliards ! 
C’est de l’argent non gagné visible surtout dans l’agrégat monétaire M1, l’argent que les Euro-zonards ont dans leurs portefeuilles et sur leurs comptes bancaires.


Si la crise principale avait été celle du subprime, la Fed serait intervenue massivement, or elle n’injecte que quelques milliards à très court terme au fil des semaines et deux fois $20 milliards dans un plan programmé alors que la BCE a injecté sans préavis €350 milliards le 18 décembre… pour en retirer €133 milliards le lendemain et €150 milliards le jour suivant !


La crise monétaire dans la zone euro est difficilement gérable !


Elle est bien visible dans la structure des agrégats monétaires par rapport au PIB : M1 représente 43 % du PIB contre moins de 10 % aux Etats-Unis, ce qui signifie que la plus grande partie de ces €3 800 milliards ne sont pas le résultat de la vente de produits régulièrement comptabilisés, mais de la distribution d’argent non gagné.

Structure des agrégats aux Etats-Unis :

Graphique 1 :  

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Structure des agrégats dans la zone euro :

Graphique 2 :


(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Sur ce graphique n° 2, les courbes sont aplaties mais l’augmentation de M1 est en fait très importante

Graphique 3 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


M1 dans la zone euro augmente de 6 à 8 % par an alors que le total de cet agrégat fluctue aux Etats-Unis aux alentours de $1 350 milliards depuis plusieurs années.

L’augmentation de M1 et de M2-M1, l’épargne des Euro-zonards, en euros est importante

Graphique 4 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


En 1998, la structure des agrégats de la zone euro était proche de celle des Etats-Unis en 1960 : M1 représentait 28 % du PIB. Ce ratio aurait dû baisser de 15 points en 10 ans pour tendre vers 12 % du PIB, mais il a au contraire augmenté de 15 points pour atteindre 43 % !


Les entreprises américaines disposent de trésoreries considérables qui représentaient plus de 25 % du PIB en 2006 (agrégat M3-M2), alors qu’elles stagnent aux alentours de 10 % du PIB dans la zone euro (la Fed ne publie plus les chiffres de M3-M2 depuis mars 2006).


La cause principale de cette crise monétaire de la zone euro vient des engagements de retraite qui ne sont pas comptabilisés, ce qui a pour conséquence de distribuer des revenus indus. Ainsi par exemple, le gouvernement français a effacé récemment une centaine de milliards d’euros de dettes des comptes de la SNCF sans les faire apparaître ailleurs !

C’est de la création monétaire, de l’argent non gagné qui circule en masse dans la zone euro.


Les économistes européens ne sont pas conscients de ces problèmes. Ils considèrent que la croissance de pays comme la France est satisfaisante grâce au maintien d’une consommation élevée… qui est réalisée avec de l’argent non gagné, de la création monétaire.

***

Par CHEVALLIER
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 12:07

Questions / réponses 15


Merci aux honorables lecteurs de ce blog pour leurs questions et leurs commentaires, voici mes réponses… avec toutes mes excuses car elles sont un peu tardives !


Attention aux mauvaises interprétations ! Quand un lecteur écrit : Les Etats trop endettés émettent des obligations qui font grimper la masse monétaire beaucoup trop vite etc. Non ! les obligations sont des valeurs mobilières, non monétaires, donc leur émission ne peut que diminuer M3 !


J’ai déjà répondu à un autre lecteur lorsqu’il écrit qu’instituer des fonds de pension à hauteur de €2 000 milliards ferait baisser les marchés actions : de toutes façons, les fonds augmentent de $2 000 à $2 000 milliards par an en Europe. Les marchés des valeurs mobilières peuvent absorber sans problèmes ces masses de capitaux dont ils ont besoin.


Par ailleurs, je donne à maintes reprises l’interprétation des niveaux des rendements de l’obligataire public et de leur structuration logique qui est la clé de l’évolution des autres marchés, et c’est ce qui permet d’anticiper leur évolution 6 mois à l’avance comme le font très bien les gens qui opèrent chez Goldman Sachs…


Pour ce qui concerne la structure des agrégats monétaires, j’ai là aussi donné les précisions nécessaires à leur interprétation : c’est catastrophique pour la zone euro et tout bon pour les Etats-Unis ! Toute autre approche, en particulier par la vitesse de la circulation de la monnaie est erronée.

La part de M1 dans la zone euro augmente et elle est de 43 % du PIB contre moins de 10 % aux Etats-Unis où elle décroît ! Cette simple phrase devrait réveiller toute personne dotée d’un minimum d’intelligence économique ! mais l’encéphalogramme des Euro-zonards est désespérément plat…


Par ailleurs, les flux de capitaux entrant et sortant de la zone euro n’ont pas une grande signification : certaines entreprises sont très performantes et justifient des investissements, mais les capitaux peuvent dégager une meilleure rentabilité ailleurs…


Le nouveau paradigme américain repose sur des bases différentes de l’ancien, ce qui est une évidence (!) : comme la population en activité augmentera relativement moins, les créations d’emplois sont et seront plus faibles, mais les gains de productivité seront a priori identiques à ce qu’ils ont été dans le passé… Là aussi, c’est un problème de logique économique.

*
Enfin, certains lecteurs aimeraient avoir de meilleures connaissances et de bonnes sources d’informations sur le plan économique et financier car les avis publiés divergent énormément.


Comme je l’ai écrit (et je ne suis pas le seul ni le premier !), l’économie n’est pas une science… Toute information doit être interprétée correctement.


La meilleure solution est l’expérience : qui a fait les meilleures analyses ? c’est à dire, quelles sont les personnes qui ont fait des prédictions qui se sont réalisées quelques mois plus tard en fonction de leurs analyses ? et non pas en fonction d’impressions formulées littérairement.

A ce jeu, ce sont des gens comme Alan Greenspan qui sont les grands gagnants au fil des années, bien qu’il se soit souvent trompé dans le réglage fin de ses décisions. Il suffit alors de comprendre ses méthodes et de les reprendre. Comme je l’ai déjà écrit, et tous les cancres le confirmeront : c’est simple, yaka pomper !


Il se base pour l’essentiel sur l’analyse d’un certain nombre d’indicateurs, en particulier de l’évolution des agrégats monétaires.


Dès septembre 2005, alors que la Fed s’apprêtait à relever son taux de base au dessus de la neutralité de 4,25 %, il était évident pour moi et pour d’autres personnes qu’il y aurait une chute des marchés et de la croissance qui aurait dû se produire au 2° semestre 2006. 
Cependant, l’économie américaine est beaucoup plus forte que je ne le pensais, ce qui a permis d’absorber le choc des taux de la Fed à 5,25 %. Comme ce déséquilibre a quand même duré trop longtemps, la crise qui se produit est importante. 
Elle a éclaté dans le subprime, ce que je n’avais pas pu deviner ! mais les analystes de Goldman Sachs connaissant bien les problèmes posés, ont bien anticipé l’évolution des marchés. Résultat : $11 milliards de bénéfices avec des bonus de $18 milliards au total, $600 000 par salarié...


La connaissance économique alimente la spéculation gagnante !


Conclusion : n’écoutez jamais, ne lisez jamais les avis formulés par les économistes et autres experts de ce genre ! ni les livres de ces charlatans.


Les sources d’informations primaires sont nombreuses. Les agences de presse comme Reuters donnent de bonnes informations de base qu’il suffit ensuite d’analyser correctement.


L’économie, c’est simple ! a dit Milton Friedman
.


Avec Fred Rabeman, maître en analyse technique, je précise que le problème majeur qui se pose n’est pas la crise du subprime, mais la fantastique période de prospérité que s’apprête à connaître la zone Pacifique, de l’Amérique du Nord au Sud, avec l’Asie, la Vieille Europe sombrant dans ses errements monétaires…

***

Par CHEVALLIER
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 17 décembre 2007 1 17 /12 /Déc /2007 11:16

Masse monétaire libre



1° partie : Masse monétaire libre M3


La variation de la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à celle de la masse monétaire libre qui est la différence entre l’augmentation de la masse monétaire M3 en données courantes et (moins) le taux de croissance du PIB réel.

C’est la variation de cette masse monétaire libre qui est importante : quand elle augmente, la croissance du PIB diminue, et inversement. 
*

La masse monétaire libre est un concept dérivé du cash flow libre qui est le cash flow total diminué de la partie qui servira à financer le renouvellement des immobilisations (pour maintenir en état les capacités de production), le paiement des impôts et la distribution des dividendes. C’est ce cash flow libre qui est important pour une entreprise car son développement en dépend. Il varie beaucoup en fonction de la conjoncture et des décisions plus ou moins pertinentes de ses dirigeants.

M1 représente l’argent qui se trouve dans les portefeuilles et sur les comptes courants des consommateurs, M2-M1 leur épargne et M3-M2 l’ensemble des trésoreries des entreprises. Les variations de ces agrégats produisent celles de la masse monétaire libre. 
*

Ainsi, dans une situation normale, la croissance du PIB réel est de 3,5 % aux Etats-Unis et celle de la masse monétaire libre est aussi de 3,5 %. 
L’augmentation de M3, de 7 % en données courantes, intègre l’inflation totale et un effet de richesse.
 

Quand la variation de la masse monétaire libre accélère (en dépassant de plus en plus 3,5 %), la croissance du PIB réel ralentit de plus en plus sous son potentiel optimal de 3,5 % et inversement : quand la variation de la masse monétaire libre diminue (en passant de plus en plus sous 3,5 %), la croissance du PIB réel augmente de plus en plus, au dessus de son potentiel optimal de 3,5 %. 


Graphique 1 : 

cliquer ici pour agrandir le graphique)


Pour relancer la croissance du PIB
(quand elle est inférieure à son potentiel optimal comme ce fut le cas en 2002-2003), la banque centrale doit baisser son taux de base pour faire diminuer la masse monétaire libre. En effet, dans ce cas, les consommateurs épargnent relativement moins (en dépensant et en investissant davantage, ce qui relance la demande), et les cash flows libres diminuent (les entreprises augmentent leurs investissements, ce qui relance la demande et l’offre).

Inversement, pour diminuer une croissance du PIB réel trop forte, supérieure à son potentiel optimal comme en 2006 et au 1° semestre 2007 (donc inflationniste et insoutenable à terme), la banque centrale doit relever son taux de base pour faire augmenter la masse monétaire libre grâce à l’augmentation de l'épargne (sur livrets, en M2-M1, les consommateurs anticipant le ralentissement économique augmentent alors leur épargne de précaution en consommant relativement moins et en investissant moins, ce qui diminue la demande), et grâce à l’augmentation de la trésorerie des entreprises (en M3-M2, en investissant moins, ce qui diminue l’offre et la demande, et en augmentant les bénéfices comme en 2006 et au 1° semestre 2007).


Les banques centrales font évoluer les marchés dans le sens voulu en augmentant ou en diminuant leur taux de base, ce qui fait varier la masse monétaire libre et la croissance du PIB réel pour qu’elle soit la plus proche possible de son potentiel optimal sans inflation.

L’idéal serait que la croissance du PIB réel soit stable à 3,5 %, sans fluctuations, mais une telle situation d’équilibre ne se produit jamais longtemps. Cependant, la Fed réussit au fil des années à diminuer l’amplitude des variations du PIB réel et de la masse monétaire libre qui ont été parfois importantes (elle a augmenté de plus de 10 % en 2001 et elle a diminué fin 2003 début 2004, ce qui correspondait à une relance très (trop) forte du PIB réel par la suite car l’inflation est repartie).

*
Contrairement aux idées communément répandues, ce n’est donc pas en augmentant la masse monétaire libre qu’une banque centrale peut relancer l’activité économique, mais au contraire en la restreignant (en diminuant son taux de base) à condition qu’il n’y ait pas eu de dérapages monétaires auparavant (comme au Japon dans les années 80 et dans la zone euro maintenant).

Inversement une banque centrale ralentit la croissance du PIB en relevant ses taux de base, ce qui fait augmenter la masse monétaire libre.

C’est donc la variation de la masse monétaire libre (en hausse ou en baisse) qui est importante car la croissance du PIB réel y est inversement proportionnelle.
*

Sur le long terme, l’augmentation de la masse monétaire libre est supérieure à la croissance du PIB réel d’un demi point au moins, ce qui est dû à un effet de richesse des consommateurs et des entreprises. En effet, quand la croissance du PIB réel augmente, leur richesse augmente, les consommateurs épargnent davantage et les bénéfices augmentent.
*

La Fed ne publie plus depuis le 13 mars 2006 les chiffres de M3, ce qui empêche de bien analyser ces problèmes. Cependant, cette décision ne présente pas d’inconvénients majeurs car les variations de la masse monétaire libre M2-M1 sont significatives et l’évolution de la trésorerie des entreprises peut être connue par d’autres moyens fiables.    
*

2° partie : Masse monétaire libre M2-M1


La variation de la masse monétaire libre dépend en fait (surtout aux Etats-Unis) de celle d’un seul agrégat : M2-M1, c’est à dire de l’épargne des consommateurs qui doit baisser pour que la croissance du PIB réel augmente. En effet, en épargnant moins, les consommateurs dépensent davantage : la demande augmente et l’offre y répond (le PIB réel augmente).

Graphique 2 : 

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Inversement, la Fed a ralenti la croissance du PIB réel en maintenant au 2° semestre 2006 et au 1° semestre 2007 son taux de base à 5,25 %, au dessus de sa neutralité de 4 %, ce qui a provoqué une augmentation de l’épargne des consommateurs (c’est à dire une augmentation de la masse monétaire libre M2-M1) par une augmentation relativement faible de la consommation. La Fed a cherché à ralentir la croissance du PIB réel car elle était supérieure à son potentiel optimal, ce qui n’est pas tenable à terme car cette situation était inflationniste

La situation financière et monétaire des Etats-Unis est globalement saine : les Américains ont provisionné en grande partie les charges de retraite prévisibles (dans des fonds de pension), le déficit de l’Etat est contenu dans les normes, les cash flows n’ont jamais été aussi élevés, l’endettement des entreprises est généralement faible.

La Fed a attendu que l’inflation sous jacente revienne dans la zone acceptable (l’augmentation du PCE:PILFE doit être inférieure à 2 %, fluctuant de préférence entre 1 et 1,5 %) grâce à la baisse de la croissance du PIB.


3° partie : Masse monétaire libre et béhaviorisme


Pour comprendre les relations entre la croissance du PIB et la masse monétaire libre, il faut bien comprendre à quoi correspondent en réalité, concrètement, les variations des agrégats monétaires.

Quand les consommateurs craignent que leur situation se dégrade dans un avenir proche, ils dépensent relativement moins et ils augmentent donc leur épargne (de précaution), ce qui signifie que M2-M1 augmente et que la croissance du PIB réel ralentit : épargne et croissance sont inversement proportionnelles.

Inversement, quand les consommateurs anticipent une amélioration de leur situation, ils dépensent davantage en diminuant leur épargne : M2-M1 diminue et la croissance du PIB réel augmente. Finalement, cette loi de la masse monétaire libre est simple !


Le plus important est la réaction des consommateurs, c’est à dire des individus. Elle est visible dans la variation des agrégats monétaires.


Le comportement des consommateurs est donc déterminant : il explique cette corrélation quasiment parfaite entre la masse monétaire libre M2-M1 en valeurs courantes (non déflatées) et la croissance du PIB réel sur les 50 dernières années aux Etats-Unis et partout ailleurs, dans la zone euro et en Thaïlande par exemple.


Les réactions des Américains sont très rapides et très élastiques. La Fed publie le jeudi soir les données de M1 et de M2 qui permettent de connaître avec 10 jours de retard seulement leur comportement. Ainsi, il est possible de connaître presque en direct l’orientation du PIB et d’anticiper correctement les variations des marchés avant les opérateurs qui ne connaissent pas cette loi de la masse monétaire libre… d’où son intérêt car la spéculation est alors gagnante !

La Fed a relevé trop tard et trop lentement son taux de base en 2004, ce qui a entraîné une croissance du PIB trop forte en 2005 et 2006, supérieure à son potentiel optimal, donc inflationniste. Pour faire tomber l’inflation sous jacente dans la zone idéale de 1 à 1,5 %, la Fed est obligée de créer une baisse de la croissance, et à la limite une récession. Cependant, comme l’économie américaine est très forte, la baisse est lente et faible, mais certaine. Comme les marchés actions ont mal anticipé ce ralentissement de la croissance, il y a un collapsus.  
*

Cette loi de la masse monétaire libre est vérifiée depuis plus de 50 ans aux Etats-Unis, mais un nouveau paradigme est en train de se mettre en place.

En effet, d’une part, le comportement des Américains évolue : leur niveau élevé de richesse leur permet maintenant de consommer et d’épargner.

D’autre part, le taux optimal de croissance du PIB sera à l’avenir inférieur à ce qu’il a été dans le passé car le taux de participation tend à baisser : les inactifs (les retraités) seront plus nombreux que dans le passé.

Ce nouveau paradigme commence à se manifester,

Graphique 3 : 

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


4° partie : Masse monétaire libre M3 dans la zone euro


Dans la zone euro, l’augmentation de la masse monétaire libre est trop forte. La croissance du PIB est donc inférieure à son potentiel optimal : l’augmentation de M3 qui était de 4,5 % en rythme annuel en mai 2004 est maintenant de 12 % !

Graphique 4 : 

(cliquer ici pour agrandir le graphique) 

A l’augmentation de la masse monétaire libre qui correspond à de l’argent sain (sound money), s’ajoute une création monétaire provenant d’argent non gagné (unearned money).

La condition nécessaire pour relancer la croissance du PIB réel était de mettre fin à la création monétaire en M1 qui a été beaucoup trop forte, surtout en France (et dans le Club Med). Pour cela, il aurait fallu restreindre la distribution massive d’aides dites sociales et des subventions, et obliger les entreprises et l’Etat à respecter les règles comptables qui donnent une image fidèle de la réalité en provisionnant les engagements de retraite dans des fonds de pension.


Masse monétaire libre
M3 en Thaïlande
,

Graphique 5 : 

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Publié initialement le 11/01/2007, sur ce blog le 12/08/2007 et revu le 15/12/2007.

***

 

Par CHEVALLIER
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 11:53

Le nouveau paradigme américain

Tout va très bien aux Etats-Unis : les Américains travaillent, gagnent de l’argent, le dépensent et épargnent. Tous les fondamentaux sont bons.

Auparavant, au XX° siècle, quand les Américains augmentaient leur épargne, ils diminuaient leurs dépenses, ce qui ralentissait la demande et la croissance du PIB diminuait.

Actuellement, ils augmentent leur épargne de 8 % d’une année sur l’autre, ce qui est beaucoup, mais la croissance du PIB ne plonge pas ! car les Américains sont plus de plus en plus riches : ils peuvent à la fois consommer et épargner.

Un effet de richesse joue maintenant un rôle important et perturbe les conclusions des analyses antérieures qui se basent sur les anciens comportements.

Par ailleurs, les gains de productivité sont et resteront élevés, mais avec une faible croissance de la population en activité car la participation des Américains tend à baisser, ce qui crée là aussi des problèmes nouveaux : la croissance du PIB est et sera à son potentiel optimal dans les 2 %, inférieure à ce qu’elle a été depuis plus de 50 ans (3,5 %). 
*

L’augmentation de M2-M1 (l’épargne des Américains) est stabilisée à 8 % d’une année sur l’autre,

Graphique 1 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*
Normalement, cette augmentation de M2-M1 provoque une baisse de la croissance du PIB qui est atténuée par l’effet de richesse,

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*
L’épargne des Américains augmente : elle représente maintenant 43 % du PIB,

Graphique 3 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*
L’épargne des Américains reste dans sa tendance historique : entre 40 et 45 % du PIB,

Graphique 4 :

2007.12.14.US.4.M1.M2M1.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*
M1 (l’argent que les Américains ont dans leurs portefeuilles et sur leurs comptes courants) représente maintenant moins de 10 % du PIB car leurs revenus sont élevés : ils dépensent et placent leurs revenus rapidement. Ils ont confiance en l’avenir.

Graphique 5 :


(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*
Les créations d’emplois sont et resteront à des niveaux inférieures à ce qu’elles ont été dans le passé : moins de 100 000 emplois créés par mois, ce qui est cohérent avec la diminution de la participation et permet quand même d’augmenter le niveau de vie de la population.

Graphique 6 :


(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*
Les Américains sont donc déjà entrés dans un nouveau paradigme.

*
La crise du subprime passionne et terrifie certains milieux financiers, mais il s’agit là d’un problème relativement mineur par rapport à l’ensemble de l’économie américaine qui est fondamentalement saine.

Il n’en est pas de même dans la zone euro où M1 représente 43 % du PIB ! C’est tellement gros que personne ne voit cette hypertrophie de M1 qui a et qui aura de très graves conséquences !

 ***

Par CHEVALLIER
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Jeudi 13 décembre 2007 4 13 /12 /Déc /2007 09:50

Fed, BCE et flations

*
La Fed ne veut pas baisser son taux de base en dessous du niveau actuel de 4,25 % car cela risquerait de relancer l’inflation sous jacente qui est actuellement contenue sous la barre des 2 %
Elle va donc intervenir davantage pour faire remonter les taux courts aux alentours de 4 %.
*

Graphique 1 

 

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*

La BCE est déjà intervenue massivement pour que les taux courts reviennent aux alentours de son taux de base de 4,0 %, objectif qui a été réalisé hier 12 décembre pour le 2 ans, mais l’inflation est repartie dans la zone euro au dessus de la barre des 2 %.

Pour lutter contre l’inflation, les banques centrales relèvent habituellement leur taux de base car dans ce cas, les frais financiers et les taux de crédits augmentent, ce qui ralentit l’activité économique.

La BCE devra donc augmenter son taux à 4,25 % elle aussi, ce qui ralentira la croissance dans la zone euro, mais… pas l’inflation qui est provoquée en réalité par l’hypertrophie de l’agrégat monétaire M1 contrairement à ce qu’estiment les gouverneurs de la BCE qui attribuent l’inflation aux prix trop élevés du pétrole et des produits alimentaires, mais cette explication n’est pas satisfaisante car l’inflation devrait être encore plus élevée aux Etats-Unis, ce qui n’est pas le cas.

Les taux longs, le 10 ans allemand, est remonté à 4,30 % anticipant cette inflation. 
*

Graphique 2 

 

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*
Le retour des taux courts dans les normes a provoqué le départ de capitaux non européens investis en valeurs des Trésors de la zone euro, ce qui a diminué la pression sur les taux français qui sont revenus dans la norme.

Il n’y a donc plus de dévaluation du franc français par rapport au DM ! 
*

Graphique 3

 

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*
L’avenir est sombre pour la zone euro…

***

Par CHEVALLIER
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /Déc /2007 22:22

Questions / réponses 14

Merci aux honorables lecteurs de ce blog pour leurs appréciations élogieuses, leurs questions et commentaires, voici mes réponses un peu tardivement…

*

Réponse à… privat  : la "science économique" n’existe pas. Milton Friedman et la plupart des Américains utilisent d’ailleurs le mot economics. Les "libertariens (entre autres) sont assez stupides" pour considérer qu’il s’agit d’une science… 

Franck Boizard (et d’autres) avait bien compris que si "tout est simple", c’est un peu compliqué de faire simple…

Par ailleurs, il relate sur son blog, quelques pages de Jean Lacouture qui montre bien que de Gaulle a imposé Jacques Rueff contre l’avis dominant des partisans de la planification indicative, spécialité franchouillarde d’après guerre un peu oubliée…
http://fboizard.blogspot.com/2007/12/pour-un-nouveau-plan-pinay-rueff.html

*

Alfred Walnut écrit joliment : On peut en effet admettre qu'un système peut être décrit à partir de règles fondamentales simples. Cela ne signifie pas pour autant que le comportement du système sera simple à observer. Si l'on admet que le modèle d'un système économique est à la fois multivariable et non-linéaire, l'étude de son comportement et la prédiction de ses états futurs me parait être une tâche pour le moins ardue.

* 
dugas
et dardevil99 demandent : quand tout ceci va éclater ? Je pensais que les problèmes de dérapages monétaires et de retraites non provisionnées se poseraient après 2020 mais le jeu des bulles peut faire éclater une crise majeure beaucoup plus tôt qu’on ne le pense ! Actuellement, la situation est déjà ingérable.

Il est difficile d’arrêter des échéances. Par ailleurs, la crise peut aussi être larvée et durer longtemps, comme au Japon.

*

amaury : le rapport sur les retraites rendu par le COR (conseil d'orientation des retraites) ne semble pas s'alarmer mais il mentionne quand même un trou de €25 milliards en 2020 ! Personne ne réagit ! :

*

zorro : le rapport Pébereau évalue les engagements de retraite des seuls fonctionnaires à €900 milliards en utilisant les formules habituelles utilisées par tous les comptables dans le monde pour faire le bilan à un moment donné : fin 2004. C’est une base fiable. 

*

AJH :  la vitesse de rotation monétaire est un concept qui ne présente aucun intérêt à notre époque. J’ai vérifié : sur plus de 50 ans aux Etats-Unis, le rapport PIB/M2 fluctue sans signification autour de 2.

*

Nono Ladette sur son blog : www.nonaladette.fr s’intéresse au " paquet fiscal " qui ne présente à mon avis aucun intérêt : c’est du bidouillage fiscal qui passionne les Français…,

*

Vallée : Lou Dobbs de CNN parle de " $59 trillions in unfunded liabilities " pour les USA.
Beaucoup d’Américains considèrent que les Etats-Unis sont au bord du gouffre ! alors que plus de la moitié de l’argent épargné et investi dans le monde l’est par les Américains !

*

Dagny  : Pour les retraites par capitalisation, chacun fait fructifier son propre capital, mais seuls les grosses fortunes ou les très gros revenus peuvent générer des revenus suffisants pour assurer une retraite acceptable tandis que les fonds de pension sont la seule solution théorique et pratique pouvant assurer des pensions de retraite au niveau d’une nation.

Ne lisez surtout pas d’auteurs libertariens comme Henry Hazlitt : c’est le meilleur moyen de ne rien comprendre à ces problèmes économiques !

*

quechtieunne : le rapport Pébereau devait évaluer les engagements de retraite pour les seuls fonctionnaires, ce qui a été fait dans les règles. Personne n’a cherché à évaluer ces engagements au niveau national ! 
Seuls les économistes de la banque ABN Amro et de Work For All l’ont fait, et leurs chiffres sont concordants, avec une extrapolation que j’ai faite à partir du rapport Pébereau. Ce sont là des bases fiables… Tout le monde aurait pu faire ce que j’ai fait…

*

Skate2 : le blog de valeurs actuelles "dit libéral" est censuré... Par ailleurs, ne me demandez pas des tuyaux sur des niches fiscales ! C’est la spécialité des experts comptables et autres zozos de ce genre…

*

Il est quand même surprenant que les Français s’acharnent à ne rien comprendre aux problèmes économiques et financiers, en particulier pour ce qui concerne les dérapages monétaires et les fonds de pension !

En Europe, fin 2006, les encours de fonds se montaient à $20 000 milliards et ils augmentent de 10 à 15 % par an, soit de $2 000 à $3 000 milliards. 
Dans ces conditions, la solution que j’ai présentée (éponger l’argent non gagné par les fonds de pension), inspirée de celle qui est mise en œuvre en Chine, est très réaliste. Vivent les communistes chinois !

***


Attention ! Over blog est vraiment une arnaque ! 
Il est impossible de mettre en ligne normalement un texte d'une page !
 
N'ouvrez pas de blog payant chez over-blog !!!

Les blogs français en français sont incapables de transcrire des textes en français car ce sont de mauvaises adaptations de blogs américains !

Je suis désolé pour les lecteurs !
Par CHEVALLIER
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /Déc /2007 12:44

La Fed, les agrégats et la croissance

Les membres du FOMC connaissent la signification de l’évolution des agrégats monétaires…

M1 ne représente que 10 % du PIB, ce qui signifie que l’argent est sain, qu’il n’y a pas d’argent non gagné, pas de création monétaire, pas de dérapages monétaires.

Les Américains ont augmenté leur épargne jusqu’en mars 2007 car ils craignaient que leur situation se détériore, mais depuis cette date, l’augmentation de M2-M1 s’est stabilisée à 8 % ce qui signifie qu’ils n’anticipent pas une récession, mais la continuation du ralentissement de la croissance du PIB.

L’économie américaine est très forte, elle repose sur de bons fondamentaux, les coûts du travail diminuent et les gains de productivité sont élevés.

Le grand risque est l’inflation qui peut dépasser les limites acceptables en cas de croissance trop forte si la Fed baisse trop ses taux.,

Le taux de la Fed à 4,25 % est neutre ou peu inflationniste.

Les membres du FOMC voudront le maintenir à ce niveau le plus longtemps possible, et pour cela, ils mettent en place de nouveaux dispositifs pour que les marchés interbancaires fonctionnent normalement.

*

La Fed a été obligée de maintenir ses taux à un niveau élevé pour faire descendre l’inflation dans les limites acceptables, ce qui est maintenant réalisé.

Cependant, les membres du FOMC ont fait une erreur en ne baissant pas le 7 août leur taux de 25 points de base. Ils ont mal apprécié la situation, et par la suite ils ont été obligés d’agir trop fortement.

Les marchés ne comprennent pas ces problèmes. Leurs anticipations sont erronées. De ce fait, les cours sont très volatils (le rendement du 2 ans zigzague). 
Une fois de plus, les banques centrales jouent un rôle indispensable… 
*

Graphique 1

 

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

Le jeu consiste maintenant à faire revenir les taux courts dans la norme : le 2 ans devrait remonter aux alentours de 4 % comme au 2° semestre 2005 quand le taux de la Fed était à ce niveau. 
*

Graphique 2 :

 

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

***

La situation dans la zone euro est maintenant ingérable à cause de  l’hypertrophie de M1.

La seule issue serait d’instituer au plus tôt des fonds de pension, surtout en France, de façon à transformer ces valeurs monétaires en valeurs mobilières (actions et obligations).

L’explication est la suivante : M1 baisserait (ainsi que M2-M1), ce qui ferait diminuer M3 et donc augmenter la croissance du PIB.

Plus de €2 000 milliards seraient alors investis dans des entreprises créant des richesses au lieu de se perdre en consommation ou en dépenses publiques improductives.

Les dirigeants communistes chinois sont confrontés au même problème qu’ils sont en train de résoudre en développant des fonds de pension, ce qui n’est pas facile dans ce pays qui a subi le communisme pendant une cinquantaine d’années.

Par manque de culture économique élémentaire, les Français sont incapables de comprendre ces problèmes, et de les résoudre…

C’est du suicide collectif a dit Silvio Berlusconi…

***

Par CHEVALLIER
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 21:40

Masse monétaire libre et croissance 
*

Récapitulatif des billets publiés à ce jour sur mon blog jpchevallier.com sur l’analyse des problèmes posés par les variations des agrégats monétaires

*

Explications rapides pour acquérir les bases nécessaires à la compréhension des problèmes monétaires. Définitions des agrégats et leur jeu avec la politique menée par les banques centrales :

De la théorie quantitative de la monnaie à la Fed

 

*

La masse monétaire évolue à l’inverse du PIB selon une loi qui est observée aux Etats-Unis et depuis une cinquantaine d’années. Il en est de même ailleurs.

Le principe de base à partir de la variation de M3

La loi de la masse monétaire libre, 1° partie, M3

 

*

Les chiffres de M3 n’étant plus publiés aux Etats-Unis, la loi est valable pour M2-M1 :

La loi de la masse monétaire libre, 2° partie, M2-M1

 

*

Le comportement des consommateurs joue le rôle déterminant dans cette loi :

La loi de la masse monétaire libre, 3° partie, le béhaviorisme

 

*

La loi de la masse monétaire libre s’applique aussi dans la zone euro :

La loi de la masse monétaire libre, 4° partie, la zone euro

 

***

*

Les marchés européens et Nord-Américains ont convergé pour former un marché unique dominé par les Américains :

Zone euro et Fed

 

*

Les Américains maîtrisent très bien le jeu des variations des agrégats monétaires, ce qui explique en grande partie leur réussite qui se voit dans…

M3 et la réussite américaine

 

*

L’observation des variations des agrégats monétaires permet de mettre en évidence et de comprendre les tendances lourdes et profondes de l’évolution de l’économie indépendamment des fluctuations à court terme :

Agrégats monétaires, tendances lourdes et fluctuations

 

*

La politique des banques centrales est parfois étrange. Elles ne donnent pas toujours les réponses indispensables aux problèmes posés, ce qui a des conséquences graves :

Etrange politique monétaire des banques centrales

 

*

La croissance a été faible en France au 2° trimestre 2007, ce qui est la conséquence de la politique économique qui y est menée :

France : croissance en baisse

 

*

La faiblesse de la croissance en France au 2° trimestre s’explique par la loi de la masse monétaire libre :

Croissance et masse monétaire libre

 

*

Fin septembre 2007, les agrégats monétaires de la zone euro évoluent comme précédemment, mais les cash-flows augmentent, ce qui est positif :

Agrégats monétaires de la zone euro et taux de la Fed

 

*

Fin août 2007, rien ne va plus, tout se détériore dans la zone euro :

BCE : rien ne va plus !

 

*

Fin juin 2007, la croissance de la zone euro s’annonçait très faible :

Zone euro : faible croissance en vue

 

*

Les marchés sont plus ou moins autorégulés en ce XXI° siècle, ce qui n’était pas le cas précédemment :

Autorégulation des marchés et des taux

 

*

Un collapsus s’annonce, mais grâce à la mondialisation, la croissance du PIB ne plongera pas, les marchés fonctionnant bien, avec des taux revenant dans les normes :

Collapsus, mondialisation, croissance, marchés, taux

 

*

Pour assurer la croissance du PIB à son optimum sans inflation, la structure des taux doit être optimale elle aussi :

Structure des taux et croissance optimale

 

***

Par CHEVALLIER
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Créez votre blog gratuit

Recherche

Calendrier

Avril 2013
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés