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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 21:57

Argent sain : Etats-Unis / zone euro


Tous les business économistes américains sont d’accord : l’argent sain (sound money) est la première condition nécessaire de la croissance du PIB et de l’augmentation du niveau de vie, ce qui signifie que l’argent qu’ont les Américains ne doit pas augmenter plus vite que le PIB nominal, et même moins vite, et c’est ce qui est réalisé depuis ces 50 dernières années…


En effet, cette masse monétaire M2 qui fluctuait autour de 60 % du PIB dans les années 60 et 70 tend maintenant vers les 50 %, en fluctuant sous la barre de 55 %,

Graphique 1 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Les Euro-zonards, qui n’ont rien compris en matière de politique monétaire, laissent faire les marchés et la masse monétaire augmente de plus en plus : partie de 65 % du PIB jusqu’en 2001 (!), elle atteint maintenant 82 % du PIB !

Graphique 2 :
2008.01.03.---Z.M2.PIB.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Les plus grandes catastrophes économiques et humaines sont nées de dérapages monétaires, comme par exemple le socialisme nationaliste allemand à la suite de l’hyper-inflation du Reichsmark.


L’augmentation de la masse monétaire de la zone euro est provoquée actuellement par le non enregistrement des engagements de retraite, en particulier en France.


Elle aura des conséquences dramatiques dans les années à venir…

***

Par CHEVALLIER
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 11:53

Zone euro : la situation continue à se dégrader


La masse monétaire M3 de la zone euro augmentait de 12,5 % d’une année sur l’autre en novembre 2007, comme le mois précédent.

L’augmentation de M3 n’a jamais été aussi importante !

Graphique 1 :

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


La tendance antérieure se poursuit : la dégradation est continue depuis mai 2004.

Graphique 2 :

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


La masse monétaire M3 représente maintenant 97 % du PIB alors qu’elle n’en représentait que 75 % jusqu’en 2001, ce qui était dans les normes.

Graphique 3 :
2008.01.03.EZ.3.M3GDP.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Comme la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à l’augmentation de la masse monétaire libre M3, la croissance du PIB est proche de zéro dans la zone euro, avec des situations variables d’un pays à l’autre : la croissance sera faible en France.

Graphique 4 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Pour le 4° trimestre 2007, le taux de croissance retenu ici est de 1,5 %.


M1 est hypertrophiée avec 3 856 milliards d’euros (contre 1 350 milliards de dollars aux Etats-Unis !) à cause de l’argent non gagné lié aux engagements de retraite qui ne sont pas comptabilisés.


M2-M1 augmente de 17 %
d’une année sur l’autre, ce qui signifie que les euro-zonards augmentent leur épargne car ils anticipent une dégradation de leur situation dans un avenir proche (l’augmentation de M2-M1 est de 8 % seulement aux Etats-Unis, ce qui est considéré comme élevé et inquiétant !).


M3-M2 (qui représente les trésoreries des entreprises de la zone euro) augmente sur un rythme élevé de 19 %, ce qui signifie que les entreprises continuent à gagner normalement de l’argent.


La BCE devrait augmenter ses taux pour ralentir la croissance, donc l’inflation et l’augmentation de la masse monétaire, mais cette décision sera difficile à prendre !

***

Par CHEVALLIER
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 23:03

Analyse, prévisions, collapsus et spéculation gagnante


L’analyse des agrégats monétaires et de la politique menée par la Fed est fondamentale, car elle permet d’anticiper correctement l’évolution des marchés, ce qui alimente la spéculation gagnante…


Lorsque les taux de la Fed sont supérieurs à leur neutralité qui se situe entre 4,0 et 4,25 %
, ce qui est réalisé depuis le 13 décembre 2005, la croissance du PIB réel ralentit toujours, avec un délai qui était de 6 mois.

Graphique 1 :

2008.01.02.US.1.TX.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique) 


Cependant, comme les fondamentaux de l’économie américaine sont excellents, la croissance est restée anormalement forte pendant presque 2 ans, mais le ralentissement de la croissance se produit finalement.


A partir de ces analyses, depuis l’automne 2005, je prédits (en concordance avec les analyses techniques de Fred Rabeman) un collapsus…


Ces analyses permettent de battre les prévisions des meilleurs spécialistes reconnus comme Abby Joseph Cohen, stratégiste de Goldman Sachs, qui, interrogée le vendredi 10 août 2007 par la chaîne CNBC, estimait encore que l'indice Standard & Poor's était sous-évalué d'environ 10 %. "Ce niveau de décote est généralement un bon point d'entrée pour investir dans les actions", a-t-elle assuré.


Le 10 août 2007, le SP500 fluctuait entre 1 450 et 1 460.

Le 2 janvier 2008, le SP500 a terminé en dessous de 1 450.


L’indice PMI de l’ISM publié ce 2 janvier 2008 est tombé sous 50, ce qui signifie que la croissance de l’industrie manufacturière est négative, confirmant ainsi le ralentissement de la croissance du PIB réel,

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique) 


… ce qui est dans la tendance de ces derniers mois,


Graphique 3 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Par CHEVALLIER
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 10:40

1908-2008


Je présente aux lectrices et lecteurs de mon blog tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2008.


Mais… 2008 et les années à venir ne devraient pas être particulièrement bonnes pour ce qui concerne la France.

En effet, la masse monétaire de la zone euro augmente trop et de plus en plus, ce qui signifie que la croissance du PIB réel va baisser dans les mois à venir.

Pour l’instant, aucune inversion de tendance n’est perceptible.


La croissance actuelle est anormalement élevée en France car elle repose sur la création monétaire provenant du non enregistrement des engagements de retraite, ce qui est très dangereux à terme.


Comme le taux des prélèvements obligatoires ne va certainement pas baisser dans les mois et les années à venir (car il n’y a pas de culture économique ni de volonté politique pour engager les réformes qui s’imposent), la croissance du PIB réel ne sera pas supérieure à son potentiel (déterminé par les variations des agrégats monétaires).

La France ne sera pas une copie du tigre celtique.


En 1908, les Européens étaient à l’origine de presque toutes les inventions, découvertes et innovations dans le monde.

L’Europe était le centre du monde intellectuel.

Cette époque est révolue, la France était une grande puissance.


Les Européens et les Français en particulier se sont laissés emporter par les errements antilibéraux de la gauche plurielle.

C’est du suicide collectif a dit un jour Silvio Berlusconi.


Les années à venir seront Pacifique
 : l’Amérique du Nord au Sud et l’Asie seront en pleine croissance.


Ce sera le centre du monde intellectuel du XXI° siècle.

***

Par CHEVALLIER
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Lundi 31 décembre 2007 1 31 /12 /Déc /2007 11:34

Questions / réponses 17


Merci aux honorables lectrices et lecteurs de ce blog pour leurs questions et leurs commentaires, voici mes réponses…


A propos des 2 500 milliards d'euros qui circulent en trop dans la zone euro, un lecteur a eu une bonne idée : imaginons que toute la dette publique des retraites ait été comptabilisée en respectant les normalement les règles dans les entreprises et les administrations françaises (et chez nos voisins) comme c’est (presque) le cas aux Etats-Unis, que se passerait-il ?

Dans ce cas, il n'y aurait pas eu de création monétaire et l’euro serait une monnaie saine, mais les voyageurs de la SNCF auraient dû payer €100 milliards de plus ! (ils auraient donc €100 milliards de moins dans leurs comptes !), ou autre solution : les deux tiers des emplois de la SNCF auraient été supprimés depuis longtemps et les salaires y seraient normaux.

Idem ailleurs : à La Poste, dans les administrations, etc. Un certain nombre de Français seraient peut-être moins riches, mais dans l’ensemble, ils auraient pour la plupart un niveau de vie supérieur à ce qu’il est et surtout à ce qu’il sera dans les années à venir.


La vitesse de circulation de la monnaie (le rapport PIB/M) a peu de signification pour moi et je ne suis pas le seul ! Il est préférable de raisonner à partir du ratio M/PIB car dans ce cas l’interprétation est simple et instructive : quand la quantité d’argent introduite (en M1) est supérieure à l’augmentation de la production, l’inflation augmente ! et quand M2-M1 augmente, cela signifie que les consommateurs anticipent une détérioration de leur situation.

Les économistes se sont intéressés jadis au rapport PIB/M parce qu’ils étaient alors intrigués par la circulation de l’argent…


La façon de poser les problèmes (le point de départ de toute analyse) est très importante. Comme le disait Milton Friedman : tout est simple… quand on part sur de bonnes bases, sinon, c’est compliqué et il est alors impossible de trouver une solution.


Pour ce qui concerne la dette publique : si l’Etat augmente les impôts pour la rembourser, le taux des prélèvements obligatoires augmente et la croissance du PIB diminue. C’est une mauvaise solution ! C’est celle qui est adoptée en France.

Arthur Laffer et les Reaganomics préconisent de faire l’inverse : baisser les impôts, ce qui relance la croissance du PIB. Les revenus des contribuables et des entreprises augmentant, le produit des impôts augmente, ce qui permet ensuite de diminuer la dette publique.

Là encore, c’est avec des raisonnements simples mais justes que l’on reconnaît les bons économistes…


Ce qui manque aux Français, c’est un minimum d’intelligence économique pour pouvoir élaborer un jour un raisonnement économique juste…


Il ne faut pas oublier que la dette publique des Etats-Unis est proportionnellement inférieure à celle de la France, avec un déficit public qui est maintenant très inférieur au notre.

Par ailleurs, la pyramide démographique annonce très clairement depuis une cinquantaine d’années la dette kolossale des retraites dont l’échéance se rapproche de plus en plus…

La dette publique des retraites en France n’a pas d’antériorité.


Sur l’Iran : la stratégie américaine doit être analysée sur le long terme. Le problème essentiel qui se posait pour les Américains à la fin des années 70 était d’éliminer le risque que constituait l’émergence à terme d’une grande puissance indépendante qui voulait se développer de préférence avec les pays asiatiques.

Plus de 25 ans plus tard, cette stratégie est largement gagnante.


Pour comprendre ces problèmes, il faut assimiler préalablement certains concepts comme la logique paradoxale, qu’avait fort bien présentée le lieutenant-colonel Ludovic Monnerat sur son blog
Les Américains sont maîtres dans l’art de la manipulation de l’opinion par les médias comme l’a constaté avec surprise Steve Hanke en Indonésie où Suharto a été évincé du pourvoir selon le même plan.

L’opposition islamiste et communiste était forte en Iran depuis longtemps, mais les Iraniens étaient majoritairement très attachés au régime du Shah car il leur a permis d’augmenter considérablement leur niveau de vie.

Ma stratégie du désordre permet d’expliquer une partie de la stratégie des Américains. Elle n’a pas pour vocation à résoudre tous les problèmes !


Autre problème important : l'inflation repart-elle durablement ? D’après les chiffres publiés depuis ces derniers mois, il semble que la hausse des prix de l’énergie se diffuse dans tous les pays, ce qui est finalement inflationniste… tant que ces prix ne retombent pas !

Par ailleurs, l’inflation se développe normalement et durablement dans les pays émergents et ce sera inflationniste à terme dans les pays développés comme l’a déjà fort bien noté Alan Greenspan.


Ce qui se passe en Chine ne doit pas s’analyser avec les concepts classiques en partant du fait que le Parti Communiste y exerce une dictature, mais en considérant qu’il s’agit d’un pays dont l’économie décolle en appliquant les principes du capitalisme libéral, avec une stabilité politique garantie par le parti au pouvoir, ce qui est finalement rassurant.

Bien entendu, les Américains exercent une influence de façon à affaiblir cette puissance émergente, en particulier en favorisant les opposants de ce régime d’apparence communiste.

Par ailleurs, l’absence de certaines richesses naturelles en Chine ne pose pas de problèmes insurmontables car il n’est de richesse que d’hommes…


Enfin, un lecteur me conseille de lire les livres de certains économistes français comme Dominique Plihon, professeur d'économie à Paris-Nord, ancien économiste à la Banque de France et au Commissariat général au Plan (!) qui préside le conseil scientifique de… Attac !

D’abord, je ne savais pas que des organismes gauchistes comme Attac avaient un conseil scientifique ! Evidemment, l’économie n’est pas une science, surtout quand elle est pratiquée par de telles personnes ! ensuite, je ne pensais pas qu’il pouvait y avoir des gens comme ça à la banque centrale. 
Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que de telles erreurs de politique monétaire soit faites en France !


A titre de comparaison, aux Etats-Unis, Henry Paulson, l’ancien patron de Goldman Sachs (la seule grande banque américaine qui ait gagné de l’argent en n’investissant pas dans le sub-prime), est ministre des finances et lorsque Bill Clinton était président, Robert Rubin, actuellement l’un des principaux dirigeants de la plus grande banque américaine, Citigroup, occupait le même poste.

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Par CHEVALLIER
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Dimanche 30 décembre 2007 7 30 /12 /Déc /2007 21:24

Iran : tigre de papier-monnaie sans valeur


Chiffres de la guerre économique


Il est difficile de trouver des chiffres donnant une image fidèle de la situation réelle en Iran car le régime des mollahs tente de la cacher. Les organismes officiels comme la banque centrale publient des données qui correspondent effectivement à la réalité, et d’autres qui sont le produit de la propagande officielle. Cependant, certains chiffres sont cohérents et fiables, ce qui permet de connaître la réalité…


Ainsi par exemple la masse monétaire augmente de plus en plus : 24 % en 2003, 30 % en 2004, 34 % en 2005 et la tendance continue en 2006 et 2007 d’après d’autres sources concordantes.

Comme la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à l’augmentation de la masse monétaire libre, la situation économique se détériore pour la majorité des Iraniens (ce qui signifie que le PIB réel par habitant baisse en moyenne).


Le régime des mollahs annonçait triomphalement que les réserves de l’Iran étaient de $9,4 milliards le 20 septembre 2006 (dernier chiffre publié correspondant à la fin du premier semestre de l’année iranienne), mais la banque centrale iranienne a précisé par la suite que la dette extérieure de l’Iran se montait alors à $40,7 milliards.

Fin 2006, la situation nette était donc négative de plus de $30 milliards contre des réserves de $16 milliards en 1979 (sans dette publique), lors de l’éviction du Shah.

Cet endettement net de $30 milliards était important pour un PIB inférieur à $200 milliards !

*
Fin 2006, les chiffres publiés officiellement faisaient apparaître à cette date une situation nette positive d’une douzaine de milliards de dollars avec des réserves se montant à $36 milliards et une dette extérieure de $24 milliards.

Ces chiffres étaient donc faux.

Les dirigeants de la banque centrale donnent maintenant une image plus conforme à la réalité.


Les Islamistes qui sont tombés dans le piège que les Américains leur ont tendu, ont transformé l’Iran en un tigre de papier-monnaie sans aucune valeur.


Ces quelques chiffres sont plus significatifs que tous les discours et articles, et les Américains les connaissent très bien !


Sources : bulletins de la banque centrale d’Iran : http://www.cbi.ir/default_en.aspx

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Par CHEVALLIER
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 11:06

Agrégats monétaires et béhaviorisme


Les derniers chiffres publiés par la Fed le 27 décembre confirment la tendance précédente : l’augmentation de l’épargne des Américains (M2-M1)… diminue, ce qui signifie qu’ils ont confiance en l’avenir : ils continuent à consommer, ce qui entretient la croissance du PIB.


L’augmentation de M2-M1 était inférieure à 8 % le 17 décembre dernier et celle de M2 de 6 % seulement (d’une année sur l’autre).

Graphique 1 : 

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La pente de la variation de M2-M1 va dans le bon sens : elle est descendante alors qu’elle était montante jusqu’en février 2007 (ce qui signifiait que les Américains épargnaient davantage en prévision de la détérioration de leur situation).

La baisse des taux de la Fed le 18 septembre 2007 a rassuré les consommateurs.

Les membres du FOMC auraient dû prendre cette décision quelques mois plus tôt...

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, elle a été faible en ce 4° trimestre (mais de 2,3 % d’une année sur l’autre, soit une croissance nulle par rapport au trimestre précédent, hypothèse retenue ici).

Graphique 3 :

(cliquer ici pour voir le graphique)


La crise du subprime a peu d’effets négatifs aux Etats-Unis car l’argent est sain (sound money) : c’est le premier pilier de la réussite économique pour les Reaganomics.

Il n’en est pas de même dans la zone euro ni ailleurs…

***

M1 représente moins de 10 % du PIB. La vitesse de circulation de la monnaie en M1 est donc supérieure à 10… ce qui n’a aucune signification intéressante a priori. 
Il en est de même pour la théorie quantitative de la monnaie, aux Etats-Unis du moins.

***

Par CHEVALLIER
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Jeudi 27 décembre 2007 4 27 /12 /Déc /2007 09:50

Iran : erreurs de politique monétaire


L’Iran est un bon exemple d’erreurs de politique monétaire qu’il ne faut pas faire…

En 1973, les revenus de l’Etat ont augmenté considérablement avec les prix du pétrole. Le Shah a voulu en faire profiter les Iraniens, ce qui partait d’un bon sentiment, mais ce fut une erreur monumentale sur le plan économique (il décida en particulier d’augmenter les salaires des fonctionnaires sans augmenter les impôts ni les taxes).

Résultat : de l’argent provenant de l’extérieur, donc exogène, non gagné en Iran, était distribué et circulait en Iran alors que les biens et services produits en Iran n’avaient pas augmenté dans les mêmes proportions.

La masse monétaire a augmenté, ainsi que l’inflation (qui est passée de 6 % à 16 %), et la croissance du PIB a baissé (de 13 % à 7 %) car elle est inversement proportionnelle à la création monétaire.

Au cours de cette période, le revenu des Iraniens a quand même considérablement progressé : il est passé de $532 par personne en 1972 à $1 456 en 1977.


Le Shah aurait dû profiter de l’augmentation des revenus pétroliers pour augmenter les réserves en devises ($16 milliards en 1979), comme le font les Chinois actuellement, sans distribuer cette manne, la croissance du PIB aurait alors pu continuer à rester élevée après 1973, de l’ordre de 10 % par an, avec peu d’inflation, ce qui aurait permis aux Iraniens de bénéficier d’un niveau de vie très élevé à la fin du XX° siècle, celui d’un pays développé.


L’argent sain est le premier pilier de la réussite (pour les Reaganomics), en Iran et partout ailleurs.


Les Chiites font le même type d’erreur que le Shah, en pire : non seulement, ils accaparent les revenus du pétrole, mais encore ceux des entreprises qu’ils ont confisquées, sans investir.

La masse monétaire augmente sans que la production de biens et de services augmente en Iran dans les mêmes proportions.


Logiquement, l’inflation augmente et la croissance du PIB diminue. Le niveau de vie des Iraniens a considérablement baissé, mais leur mécontentement est contenu par les milices du régime islamique et par la soumission inhérente à l’Islam.


Dans ces conditions, il est compréhensible que la monnaie iranienne, le rial ne représente plus que le millième de sa valeur des années 70 par rapport au dollar des Etats-Unis.


L’Iran, qui aurait pu devenir un tigre comme certains pays Asiatiques et une grande puissance, est finalement un tigre de papier manipulé par d’autres puissances.

***

En 1979, le Shah était très affaibli par la maladie (la même qui emporta Georges Pompidou).

Les Américains (le gouvernement Carter) en ont profité pour mener une campagne de presse hostile à son régime et le convaincre de quitter l’Iran pour installer au pouvoir les Chiites de façon à affaiblir durablement cette puissance montante très indépendante pouvant menacer à terme les intérêts américains dans cette région du monde.


Cette stratégie du désordre aura été très efficace pour les Américains et malheureusement pour les Iraniens qui en sont les grandes victimes.

***

Par CHEVALLIER
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 15:37

Iran : le grand bazar !


L’Iran aurait pu devenir une grande puissance au XX° siècle et jouer un rôle dominant dans le monde en ce XXI° siècle si le Shah avait pu continuer de mener la politique économique qui lui a permis de décoller dans les années 60-70.


En effet, la croissance du PIB réel a été de 13 % en moyenne de 1968 à 1973 avec une faible inflation de l’ordre de 5 à 6 %, mieux que la Chine au cours de ces dernières années !


De telles performances sont relativement faciles à réaliser à partir du moment où une politique libérale est intelligemment mise en œuvre dans un pays dont l’économie était en grande partie restée à un stade traditionnel rural.

En effet, les paysans, vivant chichement en produisant peu, 1 dollar par jour, quittant leur campagne pour aller travailler dans des usines utilisant des techniques modernes, augmentent considérablement leur productivité, donc la richesse, la leur, personnelle (ils peuvent enfin vivre confortablement), et celle de la nation car tout le monde en profite finalement.

Les bénéfices des entreprises étaient réinvestis, ce qui produisait un effet boule de neige qui faisait bondir les investissements, donc les capacités de production, ce qui entretenait une très forte croissance.


Par la suite, de 1973 à 1979, la croissance du PIB a été moins forte car les prix du pétrole ont augmenté considérablement en 1973.


En effet, les revenus supplémentaires tirés de la vente des hydrocarbures ont fait augmenter la masse monétaire, ce qui a entraîné une augmentation de l’inflation (qui est devenue supérieure à 15 % par an) et une baisse de la croissance du PIB réel (qui est quand même restée élevée, entre 7 et 8 %)… conformément à ma loi de la masse monétaire libre (quand la masse monétaire augmente trop rapidement, la croissance du PIB diminue).


Les richesses naturelles ne sont pas de véritables richesses, mais de fausses richesses, un leurre qui peut précipiter un pays vers le déclin car il n’est de richesse que d’hommes a dit jadis fort justement Jean Bodin.


Effectivement, les Iraniens sont depuis des millénaires fondamentalement libéraux : 11 000 ans avant Adam Smith, c’est dans l’actuel Iran (à Kermanshah ?) qu’a été inventé le concept du bazar qui est le lieu de rencontre entre l’offre et la demande, c’est à dire le marché qui est la main invisible qui guide l’action des hommes au mieux de leurs intérêts.


En 1974, le revenu par tête des Iraniens était le double de celui des Turcs et des Sud-Coréens, et sur la même tendance, il aurait rejoint celui des Français en 1992.

Pour atteindre ces performances, le Shah a dû combattre vigoureusement ses adversaires qui étaient très puissants : les communistes (appuyés par le grand voisin qu’était l’URSS) et les Musulmans chiites.


Malheureusement, les Américains sont intervenus pour favoriser l’éviction du Shah au profit des Chiites qui ont ruiné le pays (le rial vaut maintenant moins du millième de ce qu’il valait du temps du Shah, par rapport au dollar des Etats-Unis) et qui augmentent le désordre au Moyen Orient.


Comme le prédisait Mustapha Kemal Atatürk, l’Islam est le plus grand danger pour la paix et la prospérité et il doit être combattu énergiquement. 
Cependant, les Américains s’en servent pour créer le désordre afin d’affaiblir des puissances qui pourraient devenir menaçantes…

Pour s’informer sur l’Iran, lire les articles d’Iran-Resist qui tire ses sources d’articles fiables qui se basent sur des données rarement communiquées et difficiles à trouver.

… et lire mon billet sur la stratégie du désordre.

 

***

Par CHEVALLIER
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Samedi 22 décembre 2007 6 22 /12 /Déc /2007 19:21

Brèves


La crise du subprime est bien une mini crise
, la partie émergée de l’iceberg d’autres crises, comme le montrent les pentes des taux du Libor en US$ et de l’Euribor.


Les taux courts sont actuellement élevés sur le Libor en US$ à 4,86 % à cause du manque de confiance né de cette crise du subprime, mais les taux longs sont bas : le 1 an est à 4,30 %, proche du taux actuel de la Fed, ce qui montre que les marchés considèrent que cette crise sera passée dans quelques mois.


Il n’en est pas de même dans la zone euro où les taux de l’Euribor sont désespérément hauts et plats, à 4,77 % du 3 mois à 1 an, ce qui signifie que les marchés considèrent que la confiance ne sera pas revenue à cette dernière échéance.

Ces deux graphiques sont consultables sur une source ouverte : Boursorama.

 


Mondialisation de l’inflation


L’inflation repart depuis le mois de septembre aux Etats-Unis
 : le PCE:PILFE (Personal Consumption Expenditures: Chain-Type Price Index Less Food and Energy, l’inflation sous jacente) dépasse la barre fatidique des 2 % en novembre…

Graphique 1 : 

(cliquer ici pour l'agrandir)


… et l’inflation totale bondit à 3,6 % !

Graphique 2 : 

(cliquer ici pour l'agrandir)

 


Il en est de même dans la zone euro et en Chine à un niveau plus élevé encore : 6,9 % en novembre !


Pour lutter contre l’inflation, les banques centrales relevaient leur taux de base, ce qui ralentissait la croissance du PIB et l’inflation.

Il n’est pas certain que ce remède soit efficace dans le nouveau paradigme qui se met en place actuellement avec la mondialisation et le décollage des pays émergents.

***

Par CHEVALLIER
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