Jeudi 5 février 2009

Deutsche Bank


D’après les normes (ou règles) de bonne gestion propres aux banques, le total des dettes ne doit pas dépasser 12,5 fois le montant des capitaux propres (c’est en fait l’inverse du ratio Tier d’origine de 8 %).


Ce multiplicateur d’endettement de banque que je désigne par la lettre µ (leverage en anglais) est largement au-dessus de ces normes pour Deutsche Bank dont la situation se dégrade d’année en année…


Tableau 1 (chiffres en milliards d’euros sauf pour µ) :

Deutsche Bank

 

 

2003

 

 

2004

 

 

2005

 

 

2006

 

 

2007

 

 

Total dettes

 

 

775

 

 

814

 

 

962

 

 

1 552

 

 

1 983

 

 

Capitaux propres

 

 

28,2

 

 

25,9

 

 

29,9

 

 

32,8

 

 

37,0

 

 

µ

 

 

27,5

 

 

31,4

 

 

32,1

 

 

47,4

 

 

53,5

 

 


… et même au fil des trimestres,


Tableau 2 (chiffres en milliards d’euros sauf pour µ) :

Deutsche Bank

 

 

2007Q3

 

 

2007Q4

 

 

2008Q1

 

 

2008Q2

 

 

2008Q3

 

 

Total dettes

 

 

1 842

 

 

1 887

 

 

2 271

 

 

1 959

 

 

2 026

 

 

Capitaux propres

 

 

36,8

 

 

37,0

 

 

34,0

 

 

31,9

 

 

34,8

 

 

µ

 

 

50,1

 

 

50,9

 

 

66,8

 

 

61,4

 

 

58,2

 

 


Il aurait fallu injecter €200 milliards environ en capitaux propres, et non pas en prêts ! pour que le µ de Deutsche Bank commence à entrer dans les nouvelles normes d’après Alan Greenspan et la Fed (µ < 10) !


Deutsche Bank publie à ce jour des informations partielles sur ses comptes de 2008, mais d’après ces chiffres, la situation s’est encore dégradée au 31 décembre 2008 puisque le total des dettes est de €2 171 milliards pour des capitaux propres qui se montent à €30,7 milliards, soit un µ de 70,7 !


Le total des dettes de Deutsche Bank représente donc 70 fois le montant de ses capitaux propres !


La situation des banques de l’Allemagne, dont le PIB est de l’ordre de €2 400 milliards, est hors normes, mais celle des pays du Club Med est pire encore !


Cliquer ici pour voir les chiffres du communiqué financier du 4° trimestre 2008.

 

***

par CHEVALLIER
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Commentaires

Le comble, c'est qu'Alan Greenspan est conseiller spécial et exclusif auprès de la Deutsche Bank...
Commentaire n° 1 posté par Amaury le 05/02/2009 à 14h19
Un nouveau blog sur la crise économique , celui du professeur Jc Werrebrouck
http://www.lacrisedesannees2010.com/
Commentaire n° 2 posté par gilles le 05/02/2009 à 17h48

Non !


Réponse de CHEVALLIER le 06/02/2009 à 09h02
Dans "la vie financière" les grandes banques n'ont pas l'air d'être d'accord avec vos calcul concernant le ration tiers1
http://tinyurl.com/c2dgnz
Commentaire n° 3 posté par Utopia le 06/02/2009 à 08h46
oui tout a fait pathétique et affligeant d'autant plus que si mes souvenirs sont bons Deutsche Bank fut l'une des toutes premieres banques a réviser les normes comptables a son avantage....on peut se demander ce que serait l'étendue du désastre si tel n'était pas le cas....
sur le problème des normes comptables dailleurs la SUISSE se décide enfin a monter au créneau...
-------------------------
agefi 6/2/09

Les banques ont jusqu’à présent
amorti 778 milliards de dollars
d’actifs toxiques à travers le
monde, pour des fonds propres se
montant à 2600 milliards de dollars
(mars 2008). L’économiste
américain Nouriel Roubini évalue
ce besoin à 3600 milliards, la
Banque d’Angleterre à 2800 milliards
et le FMI à 2200 milliards,
des montant qui sans les plans de
recapitalisation par les Etats les
feraient entrer en banqueroute,
selon les données de PricewaterhouseCoopers
(PwC) Suisse présentées
hier aux médias lors
d’une récapitulation sur les origines
de la crise financière. Comme
les banques ont été confrontées à
la fois à un problème de liquidités
et à la disparition d’un marché
pour leurs actifs liés aux hypothèques
américaines titrisées
et structurées, la question se pose
de la pertinence des normes
comptables «mark-to-market», qui
fixe la valeur d’un actif selon sa
valeur en bourse en temps réel. «Je
ne pense pas qu’il serait actuellement
justifié de revoir cette
norme comptable actuellement,
alors que les banques en ont largement
profité lorsque les marchés
étaient très liquides», a indiqué
Markus Neuhaus, CEO du
réviseur pour la Suisse, pour lequel
il n’existe pas vraiment d’alternative
au jugement de la
bourse pour valoriser des actifs.
Elle n’est pas parfaite, mais personne
ne sait combien de temps
durera la crise, et si donc la valeur
des actifs toxiques va forcément
être plus élevée dans le futur. Le
directeur a aussi critiqué les aménagements
trouvés actuellement
permettant à certaines banques
de déclassifier leurs positions toxiques
et de les valoriser à leur
échéance («hold to maturity»,
HTM). «Cette modification est
peut-être valable si les établissements
ne changent pas de stratégie,
mais rien ne l’assure», a précisé
Markus Neuhaus. La crise, qui
doit être résolue par une action
coordonnée des différents stakeholders,
nécessite plus une amélioration
qualitative que quantitative
de la régulation, où les chefs
d’entreprises joueront un rôle de
leaders par leurs comportements
irréprochables, en étant transparent
et en communiquant.
Problème systémique
Les Etats semblent être tous tombés
d’accord pour empêcher
coûte que coûte la faillite d’une
autre banque que Lehman Brother,
dont la disparition avait presque
entièrement asphyxié les
prêts interbancaires et pratiquement
signé l’arrêt de mort du système
financier. N’est-ce pas un
blanc-seing pour l’arrivée d’une
nouvelle crise financière, vu que
la réduction du nombre de banques
suite à la crise augmente
l’importance de celles qui existent
encore et qu’elles sont ainsi assurées
que leurs risques seront
couverts? «La finance est depuis
très longtemps globalisée, comme
l’économie «réelle» du reste, puisque
la théorie du découplage de
l’Asie ne s’est pas produite, de
sorte que les grandes banques qui
n’arrivent pas à s’étendre internationalement
sont peu attractives»,
a répondu le CEO de PwC. Le réviseur
a du reste remarqué que
le marché se départagera toujours
plus entre les acteurs globaux et
très locaux, les instituts entre les
deux allant particulièrement
souffrir à l’avenir. Une tendance
qui est à l’oeuvre dans les toutes
les branches de l’économie.
Il s’est opposé avec véhémence à
la proposition de Jean-Claude Trichet
d’agir de manière anticyclique
en incitant les banques à augmenter
leurs fonds propres, «une
idée intellectuellement intéressante,
mais insoutenable quand
il s’agira de justifier encore d’autres
pertes dans quelques années».
A part UBS, le système bancaire
helvétique a pour l’instant bien
résisté à la crise, particulièrement
ses banques cantonales, même si
«la récession devrait se faire le plus
sentir d’ici 6 à 12 mois», selon
PwC.

«Aménager maintenant les normes
n’est pas éthiquement justifiable»
Revoir la méthode d’appréciation des actifs «mark-to-market», souhaitée par les banques durant le marché haussier, n’est pas la solution, selon PwC Suisse....
Commentaire n° 4 posté par lupus le 06/02/2009 à 08h51
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