Lundi 29 décembre 2008

Enfin des commentaires positifs !


Enfin des commentaires positifs sur mon blog depuis quelque temps, et en particulier ceux signés Lupus


J’utilise certaines informations et articles qu’il reprend, mais il rapporte d’autres sources que je n’utilise pas et qui confirment mes analyses par d’autres moyens, ce qui est très intéressant.


Comme je l’ai écrit à maintes reprises dans mes billets (à chaque étape franchie dans les 50 ou 100 000 clics de mulots), je souhaite qu’il y ait d’autres business économistes qui s’expriment, sur mon blog et ailleurs.


L’évolution de la réalité économique au niveau des individus et des entreprises (la micro) passe par celle de données macro et de politiques (économiques et monétaires) qui sont menées dans le cadre de théories économiques.


Pour comprendre et agir positivement (c’est à dire pour alimenter la spéculation gagnante), il faut intégrer l’ensemble de tous ces éléments.


Ceux qui sont les plus performants sont indéniablement les Reaganomics qui sont nombreux et très influents aux États-Unis, sans être toujours très prolixes…


En effet, la maîtrise de ces problèmes tient parfois du secret bien gardé de façon à assurer le leadership de l’Amérique, et la réussite de certains investisseurs…


Par contre, les idiots parfois utiles sont très prolixes et inondent non seulement les médias mais aussi les salles de marchés, ce qui alimente de gigantesques pertes…


Au départ de toute analyse, se trouvent des séries qu’il faut décrypter attentivement.


Ensuite, leur interprétation doit se faire dans un certain cadre.


Tout est simple, disait Milton Friedman… mais c’est parfois un peu compliqué de faire simple ! car il faut bien interpréter toutes les données de base (mais on ne les a pas toujours).


Bien raisonner est tout un art


Après ces fêtes et des pannes en tous genres, je vais reprendre certains commentaires et répondre à certaines questions posées…


***

Complément...

Cliquer ici pour voir la vidéo des déclarations d'Alan Greenspan au Sénat, traduction en français.

Merci à  Josick Croyal qui a toujours de bonnes idées...



***

par CHEVALLIER
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Mardi 23 décembre 2008

Le beau cadeau de Noël de B-2 !


B-2 a fait vraiment un beau cadeau de Noël aux Américains et au reste du monde !


En effet, les rendements des Notes ont atteint leur point bas historique les 17 et 18 décembre (2,08 % pour le 10 ans et 0,66 % pour le 2 ans) après la baisse surprise des taux de la Fed au zéro absolu (il a fallu un peu de temps de réflexion au marché pour interpréter correctement cette décision historique !),

Graphique 1 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Ces rendements commencent à augmenter un peu après la décision du FOMC, ce qui est le commencement de leur hausse sur une tendance longue et forte à partir de ce point de retournement.


Ouf !


La crise est finie ! mais la reprise sera quand même assez dure car les dommages collatéraux sont importants !


Pour l’instant, seul le grand marché des Notes réagit correctement : les capitaux sont encore réfugiés en masse sur les Bills dont les rendements sont à zéro virgule zéro et pas grand chose pour 100,

Graphique 2 :

 

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La décision d’Henry Paulson de ne pas utiliser en fait la première version de son plan de sauvetage (point noir sur les graphiques) a fait plonger les rendements et le reste pour achever la destruction créatrice, ce qui a été vraiment très efficace !

Graphique 3 :

 

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Les rendements des Treasuries vont tous repartir sur une tendance haussière longue (avec d’abord le 10 ans qui remontera vers les 5 % comme en 2006-2007), ce qui signifie que les capitaux vont sortir de leur planque pour s’investir en obligations d’entreprise (corporate) et surtout en actions dont les indices vont enfin retrouver leur niveau normal,

Graphique 4 :

 

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La crise est finie, en fait ce n’était pas une crise, mais juste un petit ralentissement de la croissance du PIB pour faire éclater deux bulles et l’inflation, et elle pourra repartir sur d’excellents fondamentaux, c’est à dire avec de l’argent sain, passant par l’assainissement du secteur financier où beaucoup de gens ont pris des bonnes claques avec des investissements aventureux dans les produits dérivés.


Les journaleux et bonimenteurs pourront saluer l’événement en l’attribuant à la politique de Barack Obama qui n’y est bien entendu pour rien !


L’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans continue à se réduire après avoir atteint un point haut comme je l’avais déjà noté précédemment (ce qui signifie que la reprise de la croissance est déjà amorcée),

Graphique 5 :

 

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La reprise de la croissance va même se transmettre à l’Allemagne comme le montre l’écart entre les Bund à 10 ans et le Schatz à 2 ans qui lui aussi, après avoir atteint des points haut (correspondant à une croissance négative) va baisser (ce qui signifie que la croissance repartira en Allemagne),

Graphique 6 :

 

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La courbe des taux est assez forte en Germanie, ce qui est annonciateur d’une reprise de la croissance,

Graphique 7 :

 

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Les pays du Club Med seront quand même fortement handicapés par l’Euro-système, leur dérapages monétaire et des déficits publics : l’écart entre les rendements des bons des Trésors à 10 ans d’Italie (4,313 %) et d’Allemagne (2,936 %) a encore battu hier 22 décembre son record à 46,9 % en fin de séance américaine,

Graphique 8 :

 

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Avec un écart de 16,5 % l’OAT française à 10 ans (3,420 %) est proche de son record,

Graphique 9 :

 

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Les pays du Club Med ne vont pas sombrer, mais le désordre y sera accentué et durable.


La stratégie du désordre des Américains est très efficace partout dans le monde et en particulier au Moyen-Orient et en Russie, ce qui devrait permettre d’éviter de vraies guerres (de haute intensité disent les militaires).


Dieux, que la guerre monétariste est jolie !


***


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par CHEVALLIER
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Lundi 22 décembre 2008

Mondialisation des équilibres


Une fois de plus, ce bon vieux Alan Greenspan a raison : les équilibres doivent être considérés et réalisés maintenant au niveau des nations et des établissements financiers en tenant compte des équilibres mondiaux, ce qui est un peu plus délicat que du temps où il présidait la Fed…


Il avait bien abordé ce problème dans son livre, Le temps des turbulences, en particulier pour ce qui concerne les gains de productivité et l’équilibre des balances commerciales.


Les paysans chinois augmentent considérablement leur productivité en allant travailler dans des usines (et ils en retirent de grands avantages), ce qui profite aussi aux Américains qui peuvent acheter des biens coûtant ainsi moins chers que s’ils avaient été produits aux États-Unis.


Les balances commerciales de la Chine et des États-Unis sont chacune fortement déséquilibrées mais l’équilibre mondial est réalisé, ce qui est essentiel et globalement, les gains de productivité sont supérieurs aux gains de productivité endogènes de chacun de ces pays.


La mondialisation libérale est un jeu gagnant gagnant (ces idées sont déjà bien connues).


Les problèmes financiers et monétaires sont plus délicats à comprendre et à maîtriser car les équilibres doivent être réalisés d’une certaine façon au niveau mondial, au niveau national et au niveau de chaque établissement financier (les banques et les compagnies d’assurance).


La Banque centrale de Chine détient des réserves en US$ ($1 900 milliards), qui lui permettent de rattraper les déséquilibres bancaires et monétaires hérités des décennies précédentes (du temps du communisme de Mao).


Par ailleurs, les bons du Trésor des États-Unis (qui couvrent les déficits du budget de l’État) n’ont pas besoin d’être achetés par des capitaux issus d’activités réalisées aux États-Unis pourvu qu’ils soient achetés par des dollars régulièrement gagnés sur des marchés sans création monétaire, ce qui est le cas.


Là encore les équilibres sont réalisés au niveau mondial pour le bénéfice de toutes les parties alors qu’un déséquilibre apparaît au niveau de chaque nation, ce qui n’a aucun inconvénient.


Par contre, il importe, et c’est fondamental, vital même, qu’il y ait dans chaque nation de l’argent sain, c’est à dire sans création monétaire, sans hypertrophie de la masse monétaire.


Or, les gens de la Fed, dont Alan Greenspan et B-2, ont bien identifié l’existence de deux bulles dans le secteur financier : la première, celle dite des sub-prime a éclaté au 2° semestre de 2007 et au premier trimestre 2008, la seconde a éclaté spectaculairement à partir du 15 septembre dernier (la crise dite des CDS).


Une fois de plus, les produits dérivés, bien qu’ils représentent une masse considérable d’engagements, ne sont pas dangereux tant qu’ils sont correctement couverts (ce qui a presque toujours été le cas depuis qu’ils existent).


Si ce n’est pas le cas, les bénéfices sont indus, c’est alors de l’argent non gagné qui circule (de la création monétaire), une bulle très dangereuse qu’il faut faire éclater au plus tôt.


Dans le cas contraire, ce sont des pertes monumentales… qui font alors éclater sainement la bulle en épongeant l’argent non gagné.


Conclusion : il fallait absolument que le bombardier furtif de nouvelle génération entre en action pour détruire la deuxième bulle, ce qui a été fait avec l’aide de ses fidèles collaborateurs, dont Henry Paulson.


Ça fait mal, très mal, mais après, ça ira mieux, c’est pour notre bien à tous !


***


Compléments…


La destruction créatrice continue pour les banques aux États-Unis. Leur assainissement passe par une nécessaire recapitalisation à partir de capitaux dits publics, c’est à dire de capitaux qui transitent par l’intermédiaire d’organismes publics.


En effet, comme les gérants de capitaux n’ont plus confiance dans les banques, ils préfèrent les placer dans des Treasuries et ces capitaux vont ensuite se porter au capital des banques.


Il n’y a pas de création monétaire dans ce circuit (car les capitaux empruntés existent légitimement et ils circulent normalement), ni réellement de déficits publics, car les sommes empruntées ne sont pas dépensées mais investies dans le capital de banques viables qui seront de nouveau profitables quand les perturbations présentes seront passées (dans quelques mois).


Par ailleurs, Alan Greenspan relève que le ratio des capitaux propres sur l’actif des banques qui était à 100 % il y a 5 000 ans, était encore à 60 % en 1840 aux États-Unis pour tomber à des niveaux exceptionnellement bas (moins de 10 %) après la guerre (la Seconde, mondiale).


Dans la mesure où il n’y a pas de contrôle a priori possible des organismes financiers, ni de lois ni de règles efficaces pour empêcher le développement de bulles issues d’engagements non couverts sur des produits dérivés, la sanction des marchés est la seule envisageable, mais elle fragilise les établissements financiers (les investisseurs n’ont plus confiance en leurs comptes).


Conséquence logique : les banques doivent augmenter leurs capitaux propres (par rapport à leurs dettes totales, c’est mon multiplicateur de crédit µ) pour consolider leur crédibilité.


C’est ce qui se passe aux États-Unis.


Enfin, la Fed n’est pas vraiment un prêteur en dernier ressort, mais une usine de retraitement des capitaux qui, sous l’étiquette publique, peuvent recapitaliser les banques quand les marchés n’ont plus confiance en elles.


Après l’exubérance irrationnelle des marchés, la Fed est maintenant obligée d’intervenir pour contrer au contraire leur déprime irrationnelle.


Si les Américains manœuvrent bien dans les turbulences actuelles, il n’en est pas de même ailleurs, et en Europe en particulier : Sarko & co font tout pour qu’il n’y ait pas de destruction créatrice dans le secteur financier ni ailleurs, ce qui empêche le retour des équilibres fondamentaux, et pire, ils augmentent les déficits publics par des dépenses intempestives.


Le plan de sauvetage annoncé par Barack Obama sera financé par la croissance retrouvée dans les 6 mois à venir et compensé par des compressions de dépenses publiques non justifiées, ce n’est donc pas en réalité un plan de relance keynésien.


Par ailleurs, l’hypertrophie croissante de la masse monétaire dans la zone euro condamne ses pays à une croissance inférieure à son potentiel optimal pour les décennies à venir, comme au Japon.

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par CHEVALLIER
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Samedi 20 décembre 2008

Encore un week-end record !


L’écart entre les rendements des bons à 10 ans des Trésors français (3,523 %) et allemands (3,006 %) a égalé son record historique de 17,2 % vendredi 19 décembre en fin de séance américaine (vers 21 heures françaises),

Graphique 1 :

 

Cliquer ici pour l’agrandir.


Il encore amusant de constater que cet écart n’était que de 16,0 % à 18 heures (françaises) ! ce qui signifie que des interventions françaises ont lieu pour sauver les apparences d’une monnaie unique, mais qu’après 18 heures le vendredi soir, c’est le week-end : ya plus personne et le franc plonge…


Les Italiens à 46,2 % n’ont pas battu leur record de 46,6 %, mais ils n’en sont pas loin !

Graphique 2 :

 

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Le Club Med s’effondre.


Heureusement, aucun journaleux, aucun bonimenteur n’en parle.


Ils sont tous partis en week-end.


Bon week-end !


La vie est belle disait la cigale.


La fin de l’année risque d’être assez festive du côté des taux…

***

par CHEVALLIER
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Vendredi 19 décembre 2008

Baisse monétariste de la croissance


Les derniers chiffres publiés par la Fed hier montrent que tout se détériore rapidement : M2 augmente de 9,0 % d’une année sur l’autre contre 5 %, juste avant l’effondrement financier du 15 septembre (ce qui était parfait, et c’est certainement pour cela qu’il a été produit !),

Graphique 1 :

 

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M2 augmente à cause de M1 : les Américains ont de plus en plus d’argent sur leurs comptes courants…

Graphique 2 :

 

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… et ils augmentent leur épargne (M2-M1),

Graphique 3 :

 

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C’est l’augmentation de M2-M1 d’une année sur l’autre en pourcentage qui est significative : à 7,5 % elle est supérieure au niveau correspondant au potentiel optimal de croissance du PIB,

Graphique 4 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


En conséquence, la croissance du PIB doit… baisser ! ce qui n’est pas un mystère : tout le monde le constate,

Graphique 5 :

 

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Le taux de croissance du PIB que je retiens ici pour ce 4° trimestre est de – 0,1 % d’une année sur l’autre, soit – 3,4 % d’un trimestre à l’autre en taux annualisé selon la présentation habituelle aux États-Unis.


Avec un taux de croissance nul d’une année sur l’autre, ce n’est pas la pire crise depuis celle des année 30 : c’est un très net ralentissement nécessaire de la croissance du PIB aux États-Unis
- pour faire diminuer l’infl
ation
(qui est encore trop forte),
- pour faire éclater les bulles créées par des investissements anormaux (dans la titrisation des sub-prime et dans des produits dérivés sans couverture), et
- pour accentuer le désordre chez les adversaires et concurrents des États-Unis (c’est un élément important de la guerre monétariste).


En épargnant davantage et en gardant davantage d’argent sur leurs comptes courants, les Américains scient la branche sur laquelle ils sont assis : ils diminuent leur consommation, ce qui fait diminuer la demande, donc l’offre, c’est à dire la croissance du PIB.


Il suffit de peu de choses pour faire repartir les marchés : que la confiance revienne, comme par exemple après la prise de fonction du président qui sauvera les Américains !


Quand les Américains dépenseront à nouveau leurs revenus, la demande augmentera, et l’offre y répondra rapidement, la croissance repartira alors sur d’excellents fondamentaux sans bulles, sans création monétaire.


En effet, M1 ne représente que 10,7 % du PIB (contre 43,5 % dans la zone euro !) après être descendu à des plus bas historiques de 9,7 % au mois de mai 2008, M2-M1 à 44,9 % se situe dans la bande normale et historique des 40 à 45 % du PIB, et pour le reste, B-2 et ses collaborateurs ont déclenché leurs armes de destruction massives qui sont très efficaces.


Champagne donc ! mais sans bulles ! ! !

***

par CHEVALLIER
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Jeudi 18 décembre 2008

Baisse fatale


La baisse historique des taux de la Fed à zéro est fatale pour la plupart des autres pays…


Les capitaux se portent sur l’euro rémunéré (relativement grassement) sur la base du taux de la BCE de 2,5 % ce qui fait monter l’euro par rapport au US$, ce qui diminue la compétitivité des entreprises euro-zonardes et y accentue le désordres.


Ces capitaux sont placés en particulier sur les bons des Trésors de la zone euro, la demande augmentant, les rendements baissent surtout ceux de l’Allemagne dont les bons sont préférés aux autres,

Graphique 1 :

 

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L’écart entre les rendements des bons des Trésors à 10 ans français (3,482 %) et allemands (3,003 %) reste élevé : 15,9 % hier en fin de séance américaine malgré les interventions peu discrètes de la Banque de France et d’autres organismes financiers amis qui se voient par les variations importantes et anormales des données au jour le jour,

Graphique 2 :

 

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Il en est de même en Italie avec moins d’interventions (les écarts journaliers sont plus faibles que pour les bons français),

Graphique 3 :

 

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Le 27 novembre 2007, Benoît Coeuré (alors directeur général de l’Agence France Trésor) attribuait l’écart naissant entre les rendements des bons français et allemands à la conception de la plate-forme MTS (sur laquelle se négocient les emprunts d’État en euros entre banques), ce qui privilégierait les investissements en bons allemands.


Il montrait ainsi qu’il ne comprenait rien aux problèmes que je posais alors, ce qui lui a valu une promotion : il travaille maintenant à la direction générale du Trésor et de la Politique économique (DGTPE) qui est très influente car c’est là que se définit la politique économique de la France.


Ça fait peur, et ça explique bien des choses !


Par ailleurs, le rouble russe a été dévalué hier et aujourd’hui encore, la livre sterling baisse elle aussi de jour en jour par rapport à l’euro, d’autres monnaies sont en difficulté, comme en Ukraine, d’autres sont se réévaluent dangereusement comme au Japon (et relativement en Chine), ce qui menace leurs exportations vitales.

La stratégie du désordre des Américains est très efficace…

***

Je me permets de rappeler aux honorables lecteurs de mon blog les excellentes prédictions de Fred Rabeman, en particulier sur l’évolution de la situation au Royaume-Uni, et mes analyses sur ses causes et ses effets.

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par CHEVALLIER
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Mercredi 17 décembre 2008

Inflation, déflation, erreurs et panurgisme


Aux États-Unis, le taux d’inflation sous-jacente mesuré par le CPI:LFE a baissé de 2,2 % en octobre à 1,99 % en novembre (d’une année sur l’autre),

Graphique 1 :

 

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Depuis 2004, l’inflation sous-jacente était toujours supérieure à la limite maximale de 2 % et elle est encore loin de la zone optimale de 1 à 1,5 %.


L’inflation est donc encore trop forte.


Les risques de déflation ne sont pas à prendre en considération actuellement car il faudrait au moins 6 mois de baisse des prix pour qu’ils commencent à devenir préoccupants (avec un CPI:LFE inférieur à 1 %).


Par contre, certains bonimenteurs et journaleux ont lancé cette idée saugrenue de risques déflationnistes qui est reprise par la communauté financière toujours très panurgiste…


La meilleure façon de faire baisser l’inflation est de provoquer un ralentissement de la croissance du PIB réel, ce qu’a fait la Fed en maintenant son taux de base trop haut (à 5,25 %) trop longtemps (jusqu’en septembre 2007).


L’inflation baisse et baissera dans les mois à venir, c’était absolument indispensable.


Le ralentissement de la croissance du PIB réel est un peu fort (ce serait une crise d’après certains…) mais la baisse de l’inflation est forte, ce qui est parfait.


Ce ralentissement de la croissance s’accompagne de la suppression d’un grand nombre d’emplois depuis fin 2007,

Graphique 2 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


1,870 millions d’emplois ont été supprimés en un an,

Graphique 3 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Comme la croissance du PIB réel était encore de 0,7 % d’une année sur l’autre au 3° trimestre, et qu’elle est proche de zéro en ce moment, les Américains produisent donc autant que l’an dernier avec 2 millions de moins de personnes au travail.


Les gains de productivité sont donc considérables en ce 4° trimestre, et ils précèdent toujours une augmentation de la croissance du PIB comme en 2003-2004,

Graphique 4 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les patrons profitent de la crise pour licencier disent les Français !


Oui, c’est ainsi que la croissance du PIB peut atteindre son potentiel optimal, grâce à la destruction créatrice de ce bon vieux Schumpeter.


En Europe, la croissance zéro s’accompagne du maintien des effectifs globalement, ce qui signifie que les gains de productivité sont nuls, la reprise de la croissance sera très faible et tardive.


Sauver des emplois, c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire !


C’est l’économie, stupide !


***


Le CPI:LFE (Consumer Price Index for All Urban Consumers: All Items Less Food & Energy) est un indice simplifié des prix à la consommation qui diffère un peu du PCE qui se base sur les dépenses réelles des Américains mais il a l’avantage d’être publié avant les PCE.


Le PCE:PI (Personal Consumption Expenditures: Chain-type Price Index) mesure la variation des prix des dépenses effectives des consommateurs.


Le PCE:PILFE (Personal Consumption Expenditures: Chain-Type Price Index Less Food and Energy) les mesure sans les produits volatils.

***

par CHEVALLIER
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Mercredi 17 décembre 2008

Après les taux de la Fed à zéro


Après la décision de la Fed de baisser ses taux dans une marge de fluctuation calée à zéro, les capitaux sont toujours réfugiés sur les Treasuries : les rendements des Bills étaient encore à zéro virgule zéro pas grand chose pour cent hier soir mardi 16 décembre,

Graphique 1 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les rendements des Notes ont eux aussi plongé alors que les indices actions ont augmenté, ce qui montre qu’il y a vraiment beaucoup d’argent en attente,

Graphique 2 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les rendements, surtout ceux des Notes à 10 ans plongent depuis le 13 novembre, c’est à dire depuis qu’Henry Paulson a déclaré que les $700 milliards de son plan initial n’étaient finalement pas indispensables (point noir sur le graphique 3), et encore plus après la décision de la Fed,

Graphique 3 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les rendements des Treasuries n’ont jamais été aussi bas (leur minimum historique est représenté par le point rouge) et leur baisse n’a jamais été aussi forte,

Graphique 4 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


C’est le temps des grandes turbulences.


L’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans baisse après avoir atteint un maximum (le 13 novembre), ce qui signifie qu’après le point bas de la croissance, les marchés anticipent rationnellement une reprise de la croissance (comme en 2003) après la destruction créatrice de ces derniers mois grâce à la baisse des taux de la Fed à zéro (ce qui permet de réduire les coûts financiers des emprunts des Américains et des entreprises),

Graphique 5 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


La baisse de cet écart est plus visible sur le graphique 6 qui montre que la croissance repartira dans la zone euro (en Allemagne du moins !), mais moins fortement qu’aux Etats-Unis,

Graphique 6 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


La Fed a lancé ses dernières munitions dans une bataille historique.


Le patron de la Fed est toujours un pilote de bombardier redoutable.


Avec Alan Greenspan, c’était peinard : une bonne vieille forteresse volante bien visible de loin, mais avec le bombardier furtif B-2, on ne voit pas grand chose, mais ça fait mal, très mal même, mais après, l’avenir s’annonce radieux…

***

par CHEVALLIER
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Mardi 16 décembre 2008

Vivent les petits Suisses !


Une fois de plus, les petits Suisses sont les meilleurs du monde, sur le plan financier et monétaire…


En effet, la Banque Nationale Suisse a adopté depuis longtemps une solution parfaite : une bande de fluctuation pour les taux courts entre un maximum et un minimum avec un objectif central.


Ainsi, la BNS a baissé le 11 décembre sa marge de fluctuation entre 0 et 1 % avec un objectif central de 0,5 % et la Fed a adopté ce mardi 16 décembre une mesure analogue en fixant son taux de base, non plus sur une valeur déterminée, mais sur un intervalle de 0 à 0,5 % sans toutefois fixer un objectif.


Ainsi, la Fed laisse faire les marchés en les encadrant, ce qui est parfait dans la mesure où les marchés disposent d’un large degré de liberté mais sous surveillance étroite de la banque centrale qui est prête à relever ses marges de fluctuations quand l’inflation repartira.


La Fed adopte donc une politique monétaire à taux zéro (ZIRP : Zero Interest Rate Policy) et une politique dite d’open market qui consiste à intervenir directement sur certains marchés, en particulier en rachetant des titres adossés à des emprunts hypothécaires classés à risque (sub-prime), ce qui permettra de faire baisser les taux et facilitera de ce fait la reprise du marché immobilier en diminuant les charges d’intérêts des emprunteurs.


B-2 et ses collaborateurs ont bien joué.


La reprise s’annonce forte sur d’excellents fondamentaux, mais pas immédiatement : les capitaux sont plus que jamais réfugiés sur les Treasuries dont les rendements ont encore battu des records avec des Notes à 10 ans à 2,29 % et des Bills à zéro zéro !

***

par CHEVALLIER
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Lundi 15 décembre 2008

Zone euro : États et banques


Encore un exemple de la propagande des journaleux et bonimenteurs tous plus incompétents les uns que les autres : les États seraient au bord de la faillite, il n’y aurait plus assez d’argent pour financer leurs déficits et la crise serait donc encore plus grave que celle des années 30…


Tout est parti d’une adjudication du Trésor allemand le mercredi 10 décembre de Schatz (bons à 2 ans) de €7 milliards qui a été tout juste souscrite, alors que les soumissions sont habituellement nettement supérieures à l’offre.


Tous les spécialistes en la matière en ont conclu panurgiquement qu’il n’y avait plus assez d’argent dans le monde pour financer les gigantesques plans de relance en Europe et même aux États-Unis.


Grossière erreur d’analyse au départ : en fait, les banques autorisées à présenter une offre auprès du Trésor allemand ne veulent pas (ou ne peuvent pas) dépenser €7 milliards pour placer ce papier par la suite sur le marché (donc avec un certain délai) car elles sont en très mauvaise posture (elles manquent de trésorerie) alors que les capitaux sont très abondants sur le marché et très fortement demandeurs de bons de Trésors, surtout allemands.


En effet, sur le marché dit secondaire, les rendements du Schatz ont varié comme les Notes à 2 ans des États-Unis : ils ont légèrement monté le mercredi pour redescendre un peu le lendemain, sans aucun rapport avec l’adjudication,

 

Schatz 2 ans

 

US Notes 2 ans

 

Bund 10 ans

 

Mardi 9

 

2,264

 

0,84

 

3,224

 

Mercredi 10

 

2,281

 

0,88

 

3,223

 

Jeudi 11

 

2,213

 

0,77

 

3,220

 


Les rendements du Schatz sont aujourd’hui lundi 15 décembre à 2,11 %, ce qui montre une fois de plus que la demande continue à être très forte.


Aux États-Unis, en deux mois, du 15 septembre au 15 novembre, le Trésor a émis $560 milliards supplémentaires (par rapport aux adjudications normales) de bons à très court terme (des Bills à 1 mois et à 3 mois), ce qui ne les empêche pas d’avoir des rendements au plancher, à zéro virgule zéro pas grand chose pour cent, ce qui signifie que la demande est considérable,

Graphique 1 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les capitaux sont très abondants, aux États-Unis et en Europe, et ils sont placés préférentiellement sur les bons du Trésor en attendant que les bourses repartent, comme le montrent bien les rendements de toutes les échéances qui battent des records à la baisse (les prix des bons sont donc aux plus hauts historiques),

Graphique 2 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les mêmes journaleux et bonimenteurs prédisaient une situation catastrophique avec des capitaux fuyant les États-Unis qui seraient au plus profond du gouffre, alors que les entrées nettes de capitaux se sont montées à $286,3 milliards en octobre et $142,6 milliards en septembre, largement au dessus du déficit commercial qui est inférieur à $60 milliards.


En fait, une fois de plus, les banques européennes interviennent maladroitement en utilisant les idiots utiles que sont les professionnels de la finance pour essayer de cacher qu’elles sont dans une situation catastrophique.


Cependant, il est possible de déceler certaines de leurs supercheries et d’après certaines de leurs interventions (leurs pressions pour faire adopter en toute urgence l’abandon de l’enregistrement à la juste valeur), en déduire que leur situation réelle est au plus mal.


Avec des dettes qui sont supérieures au PIB de leur pays d’origine, ces banques font courir un risque inacceptable pour l’ensemble de la population qui n’en est pas consciente.


Comme le disent tous les officiels, le Gouverneur de la Banque de France, René Ricol (le patron des comptables), Sarko & co : fermez les yeux, ayez confiance, foncez droit dans le mur !

***

par CHEVALLIER
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