Mercredi 17 décembre 2008

Inflation, déflation, erreurs et panurgisme


Aux États-Unis, le taux d’inflation sous-jacente mesuré par le CPI:LFE a baissé de 2,2 % en octobre à 1,99 % en novembre (d’une année sur l’autre),

Graphique 1 :

 

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Depuis 2004, l’inflation sous-jacente était toujours supérieure à la limite maximale de 2 % et elle est encore loin de la zone optimale de 1 à 1,5 %.


L’inflation est donc encore trop forte.


Les risques de déflation ne sont pas à prendre en considération actuellement car il faudrait au moins 6 mois de baisse des prix pour qu’ils commencent à devenir préoccupants (avec un CPI:LFE inférieur à 1 %).


Par contre, certains bonimenteurs et journaleux ont lancé cette idée saugrenue de risques déflationnistes qui est reprise par la communauté financière toujours très panurgiste…


La meilleure façon de faire baisser l’inflation est de provoquer un ralentissement de la croissance du PIB réel, ce qu’a fait la Fed en maintenant son taux de base trop haut (à 5,25 %) trop longtemps (jusqu’en septembre 2007).


L’inflation baisse et baissera dans les mois à venir, c’était absolument indispensable.


Le ralentissement de la croissance du PIB réel est un peu fort (ce serait une crise d’après certains…) mais la baisse de l’inflation est forte, ce qui est parfait.


Ce ralentissement de la croissance s’accompagne de la suppression d’un grand nombre d’emplois depuis fin 2007,

Graphique 2 :

 

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1,870 millions d’emplois ont été supprimés en un an,

Graphique 3 :

 

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Comme la croissance du PIB réel était encore de 0,7 % d’une année sur l’autre au 3° trimestre, et qu’elle est proche de zéro en ce moment, les Américains produisent donc autant que l’an dernier avec 2 millions de moins de personnes au travail.


Les gains de productivité sont donc considérables en ce 4° trimestre, et ils précèdent toujours une augmentation de la croissance du PIB comme en 2003-2004,

Graphique 4 :

 

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Les patrons profitent de la crise pour licencier disent les Français !


Oui, c’est ainsi que la croissance du PIB peut atteindre son potentiel optimal, grâce à la destruction créatrice de ce bon vieux Schumpeter.


En Europe, la croissance zéro s’accompagne du maintien des effectifs globalement, ce qui signifie que les gains de productivité sont nuls, la reprise de la croissance sera très faible et tardive.


Sauver des emplois, c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire !


C’est l’économie, stupide !


***


Le CPI:LFE (Consumer Price Index for All Urban Consumers: All Items Less Food & Energy) est un indice simplifié des prix à la consommation qui diffère un peu du PCE qui se base sur les dépenses réelles des Américains mais il a l’avantage d’être publié avant les PCE.


Le PCE:PI (Personal Consumption Expenditures: Chain-type Price Index) mesure la variation des prix des dépenses effectives des consommateurs.


Le PCE:PILFE (Personal Consumption Expenditures: Chain-Type Price Index Less Food and Energy) les mesure sans les produits volatils.

***

par CHEVALLIER
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Mercredi 17 décembre 2008

Après les taux de la Fed à zéro


Après la décision de la Fed de baisser ses taux dans une marge de fluctuation calée à zéro, les capitaux sont toujours réfugiés sur les Treasuries : les rendements des Bills étaient encore à zéro virgule zéro pas grand chose pour cent hier soir mardi 16 décembre,

Graphique 1 :

 

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Les rendements des Notes ont eux aussi plongé alors que les indices actions ont augmenté, ce qui montre qu’il y a vraiment beaucoup d’argent en attente,

Graphique 2 :

 

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Les rendements, surtout ceux des Notes à 10 ans plongent depuis le 13 novembre, c’est à dire depuis qu’Henry Paulson a déclaré que les $700 milliards de son plan initial n’étaient finalement pas indispensables (point noir sur le graphique 3), et encore plus après la décision de la Fed,

Graphique 3 :

 

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Les rendements des Treasuries n’ont jamais été aussi bas (leur minimum historique est représenté par le point rouge) et leur baisse n’a jamais été aussi forte,

Graphique 4 :

 

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C’est le temps des grandes turbulences.


L’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans baisse après avoir atteint un maximum (le 13 novembre), ce qui signifie qu’après le point bas de la croissance, les marchés anticipent rationnellement une reprise de la croissance (comme en 2003) après la destruction créatrice de ces derniers mois grâce à la baisse des taux de la Fed à zéro (ce qui permet de réduire les coûts financiers des emprunts des Américains et des entreprises),

Graphique 5 :

 

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La baisse de cet écart est plus visible sur le graphique 6 qui montre que la croissance repartira dans la zone euro (en Allemagne du moins !), mais moins fortement qu’aux Etats-Unis,

Graphique 6 :

 

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La Fed a lancé ses dernières munitions dans une bataille historique.


Le patron de la Fed est toujours un pilote de bombardier redoutable.


Avec Alan Greenspan, c’était peinard : une bonne vieille forteresse volante bien visible de loin, mais avec le bombardier furtif B-2, on ne voit pas grand chose, mais ça fait mal, très mal même, mais après, l’avenir s’annonce radieux…

***

par CHEVALLIER
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