Mercredi 3 octobre 2007

Je reprends ici un billet écrit le 23 janvier 2007…

*

EADS-Boeing 2005

La rentabilité (opérationnelle et finale) d’EADS était supérieure à celle de Boeing en 2005.

Le taux de l’impôt sur les bénéfices publié par Boeing est inférieur à 9 % ! alors qu’il est de 33 % pour EADS et de 35 % légalement dans les deux cas.

Les Américains ont des fiscalistes très efficaces et des économistes qui ont bien compris que le taux de cet impôt doit être le plus faible possible pour que la croissance, c’est à dire la richesse de la nation et donc de tout le monde, soit la plus élevée possible.

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2005 Données en %

EADS

Boeing

Résultat opérationnel / CA

7,9

5,1

Résultat net / CA

5,0

4,7

Taux d’impôts / bénéfices

33

9

Gearing réel

116

86

*

L’endettement donnait l’impression d’être admissible avec un gearing de 78 % contre 86 % pour Boeing.

Le gearing est le ratio des dettes à long terme sur les capitaux propres.

Il ne devrait pas dépasser la moitié des capitaux propres (soit… 50 %).

Cependant, des " avances remboursables de gouvernements européens " pour un montant de 5,293 milliards d’euros apparaissent dans les… dettes courantes !

Il s’agit manifestement là d’une fraude délibérée pour tromper le public.

En effet, les " avances remboursables " n’existent pas !

Ce sont des emprunts sans échéance ni taux d’intérêt qui se perpétuent d’années en années : ils devraient donc être comptabilisés dans les dettes à long terme, ce qui fait monter le gearing réel à 116 % bien au delà de ce qui est admissible.

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2005 Données en milliards

EADS €

Boeing $

Chiffre d’affaires

34,206

54,845

Recherche & développement

2,075

2,205

Résultat opérationnel

2,712

2,812

Résultat avant impôts

2,535

2,819

Résultat net

1,710

2,572

Capitaux propres

13,902

11,059

Dettes à long terme

10,837

9,538

*

Les comptes d’EADS pour 2006 se présentent mal avec un résultat opérationnel annoncé à zéro à cause des retards de l’A380.

Le résultat net sera négatif, les capitaux propres baisseront, les dettes augmenteront, le gearing sera hors normes et ce sera pire à l’avenir car l’A350 a été lancé beaucoup trop tardivement.

En effet, à partir du moment où les longs courriers biréacteurs sont autorisés, les compagnies aériennes ont intérêt à s’en équiper car ils sont plus rentables (la consommation en carburant est réduite).

Les dirigeants d’EADS auraient dû lancer l’A350 au lieu du gros porteur A380.

Ils ont fait une erreur monumentale.

En lançant le Dreamliner dès 2008, Boeing prend un avantage considérable sur son concurrent.

Au delà d’EADS, c’est toute l’industrie aéronautique française et européenne qui est profondément touchée pour longtemps.

Si les dirigeants de Boeing avaient commis des délits d’initiés et des fraudes sur les comptes comme ceux d’EADS, ils auraient été condamnés à plusieurs dizaines d’années de prison et les erreurs liées à l’intelligence économique auraient fait les gros titres des médias… aux Etats-Unis.

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par CHEVALLIER
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Mercredi 3 octobre 2007

Je reprends ici un billet que j’avais écrit le 23 janvier 2007 mis en ligne sur mon blog de " l’Institut Turgot " que Guy Millière a supprimé…

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Fonds de pension d’EADS : Allemagne / France, création et dérapages monétaires

Les fonds de pension sont indispensables pour assurer le financement des retraites et les équilibres micro et macroéconomiques.

Malheureusement, les Français les interdisent. C’est une grave erreur.

L’exemple d’EADS (et de Boeing) est pourtant très instructif…

*

EADS alimente depuis 2004 un fonds qui sert à payer les pensions de retraite des salariés de l’entité allemande

La provision capitalisée (une épargne) était de 4 milliards d’euros au 31 décembre 2005.

Elle est investie dans diverses valeurs mobilières génératrices de revenus qui paieront ces pensions à l’avenir, ce qui correspond à la logique économique.

*

Les salariés de l’entité française d’EADS doivent recevoir une pension lorsqu’ils seront en retraite (ils ont donc des créances), mais il n’y a aucune provision constituée, aucune épargne investie !

Légalement, ce sont les prélèvements sur les revenus des personnes qui travailleront en France à l’avenir qui assureront leur retraite dite par répartition qui ne répond à aucune logique économique car il y a distribution de revenus différés sans épargne préalable investie.

En deux ans, l’entité allemande a donc épargné, investi et capitalisé 4 milliards d’euros.

*

Les créances sont comptabilisées, les comptes font apparaître un bénéfice normal.

Tout est en ordre.

Il n’y a pas de création monétaire en Allemagne donc la croissance du PIB est normale, aux alentours de 2,5%..

Il n’en est pas de même pour l’entité française car les créances de retraite ne sont pas comptabilisées (elles auraient dû l’être en charges, en particulier de personnel).

*

Avec EADS, il y a donc 4 milliards d’euros en trop qui circulent en France : c’est de la monnaie non gagnée, de la création monétaire que l’on retrouve dans la masse monétaire de la zone euro.

Autre façon de raisonner : si les comptes d’EADS avaient été tenus correctement pour l’entité française, les bénéfices de 2004 et 2005, soit un total de 3 milliards d’euros environ, auraient dû être… une perte d’un milliard !

EADS publie un résultat bénéficiaire normal (5 % du chiffre d’affaires) mais en réalité, il est déficitaire.

Comme rien n’est fait pour y remédier, la faillite est en bout de piste !

*

Elle ne se produira pas au niveau microéconomique d’EADS ni de chacune des autres entreprises, mais au niveau macroéconomique, national, de l’ensemble des entreprises, c’est à dire de la France.

Ce déséquilibre ne se voit pas dans les comptes publiés par les entreprises, mais dans la masse monétaire française qui est hypertrophiée et diluée dans celle de la zone euro.

Le gros problème est qu’EADS n’est pas un cas isolé : quasiment toutes les entreprises françaises présentent les mêmes caractéristiques : une crise systémique couve.

Elle se manifeste depuis quelques années par une faible croissance (car la création monétaire est forte), qui se transformera en une récession déflationniste difficilement maîtrisable.

*

Les équilibres monétaires fondamentaux sont la condition nécessaire de la croissance.

Les Reaganomics le savent bien : c’est leur première préoccupation.

C’est à la banque centrale d’y veiller.

Le manque de culture économique de la communauté française est dramatique.

*

L’adoption d’un système de fonds de pension remplaçant celui de la retraite par répartition devrait être le point principal de la campagne électorale en France car il permettrait de baisser d’une dizaine de points le taux des prélèvements obligatoires, ce qui ferait repartir la croissance.

Les entreprises trouveraient là le moyen de financer leurs investissements et les retraités leurs pensions.

Le débat devrait opposer Nicolas Sarkozy proposant d’adopter le modèle irlandais très libéral et très performant à Ségolène Royal partisane d'usines à gaz dans le style des entreprises allemandes ou américaines.

*

Voir le rapport annuel 2005 d’EADS, note 21 pages 87 et 88 :

http://www.eads.com/1024/fr/investor/reports/Current%20Publications.html#10538

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par CHEVALLIER
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