Mardi 23 octobre 2007
Ce billet de décembre 2005 complète... le suivant (!)

2 300 milliards d’euros de dettes publiques !

Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat évalue la dette publique de la France à 2 300 milliards d'euros car il faut ajouter près de 300 milliards à la précédente évaluation de 2 000 milliards !

En effet, la commission Pébereau évalue à plus de 800 milliards les charges de retraites non provisionnées des fonctionnaires des seules administrations publiques sans prendre en considération celles des entreprises publiques.

Jean Arthuis qui est par ailleurs expert comptable, sait lire et interpréter leurs comptes (certifiés et publiés) et il arrive à un chiffrage proche de 300 milliards d'euros actuellement, en concordance avec mes évaluations de 250 milliards pour la SNCF, La RATP, La Poste, EDF et GDF en 2004.,

Au total, la dette publique atteint au moins 2 300 milliards d'euros en cette fin 2005 au lieu des 1 117 milliards officiellement publiés par l'Etat et déclarés aux autorités européennes.

L'endettement de la France est donc de 137 % par rapport au PIB de 1 680 milliards d'euros. 
C'est plus du double de la limite maximale de 60 % !

La situation économique en France est donc inquiétante car des dérives d'ordre monétaire ont laissé se répandre pendant des années des centaines de milliards d'euros des créances non provisionnées, c'est à dire de fausse monnaie.

Que faudrait-il faire maintenant ?

Il faudrait d'abord et avant tout arrêter cette hémorragie.

La SNCF fournit un excellent exemple… Il existe des voies ferrées aux Etats-Unis et des compagnies de transport ferroviaire cotées en bourse qui sont bénéficiaires. La productivité y est élevée.

En transposant leurs caractéristiques, les sureffectifs apparaissent colossaux à la SNCF : il faudrait supprimer 140 000 postes sur 230 000 pour rétablir la compétitivité de la SNCF au niveau de celle des compagnies américaines !

L'assainissement des comptes de la SNCF déclencherait des réactions massives et violentes de la part de syndicalistes habitués à agir en toute impunité.

Il est peu probable que des hommes politiques prennent les mesures qui s'imposent à la SNCF ainsi que dans les autres entreprises et administrations publiques. Les gains de productivité y sont négatifs depuis plusieurs décennies et le niveau de productivité est plus proche de celui de l'ex URSS que des Etats-Unis.

L'endettement public de la France va donc encore s'aggraver ainsi que son déclin relatif. La situation s'est considérablement dégradée au cours de ce dernier quart de siècle.

Les hommes politiques français qui se sont succédé au pourvoir défendent ce qu'ils appellent le modèle social français que le monde entier nous envierait, alors qu'il est en faillite comme celui de l'URSS qui reposait sur les mêmes principes antilibéraux.

Créer 2 300 milliards d'euros de dettes n'est pas un service rendu au public mais une charge fatale pour des générations de Français : c'est 36 800 euros par habitant !

Heureusement (?), la moitié d'entre eux se serrent la ceinture et acceptent en silence de payer les pots cassés…

***

Les autorités politiques, économiques et financières françaises et européennes se discréditent totalement dans cette affaire : le ministre des finances prétend publiquement que tout le monde sait que le déficit public est supérieur à 2 000 milliards d'euros alors qu'il est déclaré à 1 117 milliards.

Inconscients, les Français ne réagissent pas !

La France n'est pas soumise à une dictature. Les Américains votent pour des hommes politiques qui mènent une politique économique et monétaire qui leur assure le plein emploi et la croissance optimale.

Ils ont réélu George Bush et non pas son adversaire qui voulait adopter une politique dite sociale proche de celle qui est menée en France. Les Français sont libres, à eux de faire les bons choix.

***

L'application des règles comptables (surtout en normes IFRS) permet de donner une image fidèle de toutes les organisations de façon à les gérer rationnellement. La comptabilité publique française est trop opaque et elle doit être abandonnée au plus tôt.

Aux Etats-Unis, de telles entreprises et administrations publiques n'existent pas car les activités de ce type sont effectuées dans le cadre d'agences qui emploient des salariés et qui publient des comptes… normaux en provisionnant toutes leurs charges, y compris de retraites.

***

D'autres charges ne sont pas prises en considération dans le décompte des 2 300 milliards d'euros de dettes, comme celles des engagements de retraite des salariés de France Télécom qui ont conservé leur statut de retraite publique.

Des entreprises de plus petite taille telles que la SNCM par exemple et les sociétés de transports publics locaux sont dans des situations semblables… et il y a certainement d'autres mauvaises surprises dans d'autres placards…

02.12.05

par CHEVALLIER
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Mardi 23 octobre 2007

Je rerends ici un article publié en novembre 2005... et rien ne s'est arrangé depuis ! 
Cette fausse monnaie est bien réelle !

Banqueroute et fausse monnaie

dans les administrations

et les entreprises publiques françaises 


  • Les entreprises et les administrations publiques françaises publient des comptes qui ne donnent pas une image fidèle de la réalité en vue de tromper le public. En effet, elles ne provisionnent pas les engagements de retraite de leurs salariés ni des fonctionnaires contrairement aux règles habituelles. 
    Ce sont pourtant des créances certaines qui atteignent des sommes considérables car des conditions de retraite très avantageuses ont été accordées à un très grand nombre de personnes. 
    Cependant, quelques rares entreprises publiques ont publié ou publient des données chiffrant ces charges de retraite : 14,8 milliards d'euros sont mentionnés dans le rapport annuel de gestion 2004 de GDF, 70 milliards d'euros dans celui de La Poste (au 31 décembre 2004).

    Les administrations et la plupart des entreprises publiques ne comptabilisent pas leurs engagements de retraite alors que les règles ordinaires de la comptabilité l'imposent. 
    Les autorités françaises qui doivent faire respecter les lois et règlements ne les respectent pas elles mêmes dans leurs propres comptes ! 
    Le traité de Maastricht impose pourtant des obligations financières contraignantes : la dette d'un Etat de la zone euro ne doit pas dépasser 60 % du PIB
    Or actuellement, la dette de la France atteint déjà officiellement 1 117 milliards d'euros soit 66 % du PIB. Par ailleurs, la commission Pébereau (créée par le Parlement) évalue les charges de retraite non provisionnées à 800 milliards d'euros (compte tenu des prélèvements finançant la retraite par répartition) ce qui porte l'endettement réel de la France à 2 000 milliards d'euros environ soit 115 % du PIB… 32 000 euros par Français !

    Le dérapage des comptes publics français est catastrophique. Les agences de notation vont abaisser la note de la dette publique française, ce qui va renchérir son coût. 
    Des réformes très impopulaires devront être prises car des avantages acquis devront être supprimés. Les impôts vont augmenter. La croissance du PIB restera durablement faible. 
    Le niveau de vie ne progressera (globalement) que très lentement…

    ***

    Aux Etats-Unis, les charges de retraite sont presque totalement provisionnées car les Américains ont placé une partie importante de leur épargne, qui est considérable (5 000 milliards de dollars dans les caisses d'épargne), dans des fonds de pension (9 000 milliards de dollars) qui sont le seul et unique moyen d'assurer rationnellement et efficacement le financement des revenus des retraités. 
    Ils disposent ainsi de 11 000 milliards de dollars de provisions (avec le fonds public de retraite) équivalant au PIB annuel.

    ***

    Le surendettement de la France est hors normes, mais d'autres pays de la zone euro sont dans une situation comparable. Ces dérives sont révélées dans l'agrégat monétaire M1 qui correspond à l'ensemble des disponibilités des ménages (l'argent que nous avons dans nos portefeuilles et sur nos comptes courants). 
    M1 est anormalement élevé : 3 350 milliards d'euros, en augmentation de plus de 10 % depuis 2001 alors que la croissance du PIB est de 1 à 2 % en moyenne. 
    Ainsi, 2 000 milliards d'euros environ circulent sans qu'ils aient pour contrepartie la vente de produits tirés d'un travail. 
    C'est de l'argent non gagné. 
    Pour l'essentiel, il s'agit d'aides dites sociales, des salaires de fonctionnaires dont le travail ne crée aucune valeur réelle supplémentaire et de subventions à des entreprises publiques.

    Les dirigeants de la Banque Centrale Européenne s'apprêtent à augmenter le taux de base pour ralentir l'augmentation de la masse monétaire M3, mais cela aura peu d'effets positifs car les causes profondes de l'inflation ne seront pas combattues. 
    En effet, ce sont les dirigeants des administrations et des entreprises publiques qui créent cette… fausse monnaie !

    La situation au Japon est pire : la croissance du PIB s'est arrêtée depuis 15 ans (dans une stagnation déflationniste) alors qu'elle était très forte après la Seconde guerre mondiale.

    ***

    En l'absence de données chiffrées, les charges de retraite peuvent être estimées par extrapolation des comptes certifiés de certaines entreprises publiques qui les ont publiées. 
    Ainsi par exemple, comme le statut des électriciens est identique à celui des gaziers, les charges de retraite d'eDF peuvent être estimées à 70 milliards d'euros par rapport à celles qui sont publiées par GDF et pour le même montant pour la SNCF par analogie avec celles de La Poste. 
    Ce sont ainsi 225 milliards d'euros qui ne sont pas provisionnés dans ces seules quatre entreprises ! La commission Pébereau les évalue à 800 milliards d'euros pour l'ensemble des administrations et des entreprises publiques. Ces données sont concordantes et vraisemblablement très proches de la réalité.

    ***

    A qui la faute ? 
    Les responsables de cette banqueroute généralisée sont nombreux.
    Ce sont d'abord les dirigeants de ces entreprises publiques et les hauts fonctionnaires des administrations. Ce sont ensuite les hommes politiques des partis qui se sont succédé au pouvoir depuis une trentaine d'années car ils ont accepté de couvrir ces irrégularités.

  • C'est aussi toute la communauté financière française : les dirigeants de la Banque de France, de l'Autorité des Marchés Financiers et des organismes comptables et financiers qui supervisent le système financier français, les banquiers, c'est à dire les dirigeants et les spécialistes des établissements financiers et des sociétés de bourse, les analystes, les experts (!) et les journalistes financiers. 
    Les sociétés de certification et les agences de notation ont perdu une grande partie de leur crédibilité dans cette aventure : Ernst & Young a certifié les comptes de la SNCF et d'eDF avec Deloitte, PricewaterhouseCoopers ceux de La Poste. 
    Standard & Poor's, Fitch et Moody's n'ont pas déclassé la dette de la France et des autres pays alors que ces dérives étaient évidentes, etc, etc. 
    Les universitaires, les chercheurs et autres enseignants sont notoirement totalement incompétents dans ce domaine et toujours hors course…

  • ***

    Code de commerce (Partie Législative) Section 1 : De la banqueroute

    Article L626-2 (…) sont coupables de banqueroute les personnes (… qui ont) tenu une comptabilité manifestement incomplète ou irrégulière au regard des dispositions légales.
    Article L626-3
    La banqueroute est punie de cinq ans d'emprisonnement (…)

    ***

    La dette d'une nation est légitime quand elle finance la construction d'infrastructures qui augmentent la productivité des entreprises, comme par exemple la construction de routes, d'autoroutes, de ponts, de tunnels, etc qui facilitent la circulation des personnes et des marchandises. 
    Dans le cas présent, pour la France et d'autres pays de la zone euro, cette dette publique réelle alimente des revenus qui sont distribués mais qui n'ont pas pour contrepartie la vente de produits tirés d'un travail. Ces revenus sont dépensés. 
    C'est de l'argent non gagné qui circule, qui ne rapportera rien et qui n'augmentera pas la productivité en France.

    ***

    Le général de Gaulle disait que les Français étaient des veaux. La situation a empiré depuis cette époque révolue car ils sont maintenant victimes d'une encéphalite spongiforme qui les touche quasiment tous. 
    Le manque de culture économique et financière élémentaire leur sera fatal. De Gaulle qui avouait ne rien connaître à l'économie, avait eu la sagesse de s'en remettre à des économistes libéraux compétents comme Jacques Rueff, qui ont assuré la prospérité de la France dans les années 60. 
    La propagande antilibérale qui sévit depuis une trentaine d'années a des conséquences qui seront de plus en plus dévastatrices…

    24.11.05

 

 

 

par CHEVALLIER
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