Mes réponses (un peu en désordre) aux questions posées récemment…
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zorro sur l'article Dette publique réelle,
Ce qu'il manque pour apprécier la situation et sa gravité ce sont:
- les mêmes chiffres pour l'ensemble des pays européens
… Je n’ai pas fait de tels calculs ! mais ce qu’a fait Work For All est une bonne réponse
Comme il y a de plus en plus de retraités potentiels, les dettes de retraite augmentent manifestement plus vite que la dette officielle et que le PIB !
Zorro sur l'article 2 300 milliards d?euros de dettes publiques !,
Disposez-vous de comparaisons avec d'autres pays de la communauté européenne ?
Cf. ci-dessus
Zorro Est-il vrai que la Fed ne publie plus de statistiques sur l'évolution de M3 ? Qu'en pensez-vous ? existe t-il des études qui cherchent à estimer cette évolution ?
La Fed ne publie plus les chiffres de M3 depuis mars 2006 et c’est bien dommage ! mais finalement ce n’est pas très grave : si on ne dispose plus de données sur l’évolution globale de la trésorerie des entreprises américaines, on a toujours celles des cash flows ! et ce qui est important maintenant, c’est surtout M2-M1
Franck Boizard sur l'article Croissance de plus en plus faible,
Que pensez vous des libéraux qui écrivent qu'il ne devrait pas y avoir de banques centrales, que l'émission de monnaie devrait être soumise à marché libre sans monopole étatique ?
C'est très théorique puisqu'il est peu probable que les banques centrales disparaissent
Je n’en pense que du mal ! D’abord, ce ne sont pas des libéraux, mais des libertariens ! ce qui n’est pas la même chose ! Et ces libertariens sont des libéraux primitifs qui n’ont pas évolué depuis 1 siècle ! comme les marxistes… Toutes leurs idées sont totalement en dehors de toute réalité. Il est effarant et regrettable de voir que ces gens là soient aussi influents en France, et la très grande faiblesse de la diffusion des idées libérales vient justement du fait qu’ils accaparent tous les débats.
Et pour répondre à une de vos questions que je n’ai pas retrouvée, j’ai donné la définition des agrégats dans le billet : http://www.jpchevallier.com/article-12763042.html
Je ne reprends pas toutes les explications à chaque fois car ce serait trop long !
amaury sur l'article Croissance de plus en plus faible,
Vous avez bien raison et d'ailleurs Milton Friedman a défendu cette idée !!
Référence impressionnante ! merci !
Franck Boizard Merci pour cet article, mais vous savez bien qu'on vous rétorquera qu'il s'agit là d'une "logique purement comptable", ce qui, en Français moderne, signifie que vous êtes à mi-chemin de l'idiot du village et du bourreau sans coeur.
L'idiot du village, c’est le type qui saute dans le vide du 200° étage d’un gratte ciel et qui dit : " c’est merveilleux ! vous ne devriez pas vous inquiéter et faire comme moi ! " et en arrivant au niveau du 100° étage, dit : " vous voyez bien que j’ai raison : tout se passe bien ! vous êtes dans une logique purement physique, dans le style la chute des corps… "
Quand on parle dettes et créances, on ne peut qu’être dans une logique purement comptable !
… et en ne faisant rien actuellement, les conséquences seront plus graves à l’avenir !
amaury Pourriez vous nous expliquer les relations entre les variations de la masse monétaire et l'inflation ?
Oui, mais… pas dans une réponse, ici maintenant, car les problèmes et les cas à envisager sont assez nombreux ! Cf. par exemple ce que j’en ai écrit :
aux US, pour lutter contre l’inflation, la Fed a monté ses taux au dessus de la neutralité, ce qui ralentit la croissance, donc l’inflation, et comme les Américains sentent venir les mauvais jours ils augmentent leur épargne, ce qui fait augmenter M2-M1 donc M2, ie la masse monétaire.
C’est une partie de la réponse ! difficile de faire exhaustif ici !
Corentin Potié : si on doit provisionner les charges futures de retraites, de par leur caractère certain, ne doit-on pas les contrebalancer par une actualisation des cotisations qui seront perçues ?
Oui, mais l’actualisation de ces " cotisations " futures montre que, même aux USA, il y aura un trou dans les comptes ! cf. les travaux de Feldstein et ce sera pire en France.
Vincent : effectivement ce n'est pas la question de l'existence des régimes spéciaux qui est importante mais bien celle de leur financement. C'est bien ce que vous faites apparaitre en souhaitant l'intégration de la dette au sein de la SNCF (idem pour les autres RATP, EDF ....).
Oui : le débat est faussé en France, car il est mal abordé, alors qu’il l’est assez bien aux Etats-Unis.
Suite logique des billets précédents sur les problèmes de dettes en France…
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De l’anormal au risque systémique, Etat et marchés
Le système de retraite par répartition a créé 4 500 milliards d’euros de dettes en France (fin 2004), soit 3 fois le PIB selon les estimations concordantes.
Elles sont doublement hors normes. En effet, d’une part l’ensemble de la dette publique ne devrait pas dépasser la limite de 60 % du PIB, et d’autre part, elle ne devrait pas porter sur des engagements de retraite, c’est à dire sur des revenus différés car des dettes à long terme ne devraient financer que des investissements.
Ce surendettement considérable est mal anticipé actuellement par les marchés. En effet, il ne se traduit que par une faible augmentation des taux des emprunts souverains français car les agences de notation ne les ont pas dégradés.
Cependant, Standard and Poor’s envisage de le faire à partir de 2011, mais ce sera alors trop tard pour éviter le risque systémique qui devient certain à l’horizon des années 2020.
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Les économistes de Work For All envisageaient dans une hypothèse optimiste que la croissance puisse repartir en France sur un rythme salvateur de 5 % comme en Irlande, mais cet espoir est vain car la politique économique menée par Nicolas Sarkozy 6 mois après son élection est en réalité dans la stricte continuité de celle qui a été menée depuis des décennies en France.
Il n’y a pas de rupture alors qu’il aurait fallu prendre les mesures qui s’imposent : mettre fin aux dérives monétaires en remettant de l’ordre dans les comptes publics et baisser le taux des prélèvements obligatoires en créant un système de fonds de pension comme l’ont fait les Irlandais.
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Un petit rappel s’impose…
Dans le système français de retraite par répartition, les salariés reçoivent, en plus de leur salaire, une créance : celle de bénéficier à l’avenir d’une pension de retraite mais elle n’est pas provisionnée. Il y a donc des créances non couvertes par une contrepartie.
Pour rétablir les équilibres, il aurait fallu (il faudrait…) que les salaires aient été inférieurs à ce qu’ils ont été, une partie des revenus des entreprises ayant été affectée en compensation à des provisions en vue de verser ces pensions.
Il y a donc trop d’argent en circulation.
Cet excès se voit dans l’hypertrophie de la masse monétaire, en particulier dans l’agrégat M1 qui se monte à 3 800 milliards d’euros dans la zone euro contre 1 350 milliards de dollars aux Etats-Unis pour une population équivalente et un PIB inférieur.
Le système français de retraite par répartition crée des créances non provisionnées, de fausses créances aurait dit Jacques Rueff.
C’est de la création monétaire.
Comme les créances de retraite n’ont pas été provisionnées dans des fonds de pension, elles devront être couvertes par l’augmentation des prélèvements obligatoires dont les taux seront insoutenables pour assurer les équilibres dans les années 2020.
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Les écarts entre les taux souverains allemands et français augmentent : 11 points de base pour le 10 ans actuellement alors que les écarts étaient négligeables 12 mois auparavant (ils étaient alors de l’ordre du point de base), ce qui signifie que les marchés commencent à anticiper un écart dans les performances allemandes et françaises qui sont pénalisées par les dérives monétaires.
Il en est de même pour les échéances courtes des 2 ans et 5 ans dont les écarts augmentent de 5 points de base en un an.
Pour l’instant les écarts sont faibles car les risques sont mal perçus, mais ils augmenteront rapidement et brusquement à l’avenir car les marchés sont panurgistes.
Ce sont donc les marchés de l’obligataire public qui réagissent les premiers car ce sont toujours eux qui sont les plus performants. Ils jouent bien leur rôle directeur de l’ensemble des autres marchés : ceux des obligations des entreprises (corporate) et à leur suite tous les autres marchés.
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Certes, la monnaie est unique dans la zone euro (ce qui est une absurdité !) mais les Etats subsistent.
Si l’euro n’avait pas été créé, les premiers signes de dégradation de la situation économique se seraient manifestés par une baisse de la valeur du franc par rapport aux monnaies fortes, ce qui aurait obligé les autorités françaises à rétablir rapidement les équilibres fondamentaux.
Ce n’est plus le cas maintenant : les erreurs de politique économique commencent à se manifester dans le déséquilibre de la balance commerciale, mais sans autres conséquences, puis elles se transmettent lentement et tardivement aux marchés obligataires publics.
Les taux français sont et seront de plus en plus élevés. La situation sera intenable à terme.
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Remettre de l’ordre dans les comptes publics en mettant fin aux dérives monétaires signifie qu’il faudrait rétablir des comptes donnant une image fidèle de la réalité dans toutes les entreprises privées et publiques.
A la SNCF, c’est réintégrer les 116 milliards d’euros de dettes qui ont été effacées par le décret du 7 mai 2007 et supprimer toutes les subventions : le chiffre d’affaires ne doit provenir que de l’argent versé par les seuls voyageurs et du produit des activités annexes (locations, publicités, etc.). Dans ces conditions, c’est la faillite de la SNCF avec toutes les conséquences que cela comporte.
Les mêmes mesures s’imposent dans les autres entreprises publiques comme la RATP, La Poste, ainsi qu’à eDF, France Télécom et toutes les entreprises françaises.
Les salaires devraient ainsi être révisés partout à la baisse.
Comme ils ne le sont pas, il y a effectivement trop d’argent en circulation.
La création monétaire se fait ainsi, mais peu de gens comprennent ces problèmes fondamentaux…
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Bien entendu, aucun gouvernement ne prendra dans un avenir proche les mesures qui s’imposent. Elles sont pourtant indispensables.
Ne rien changer actuellement aura des conséquences qui seront beaucoup plus graves dans un avenir qui était lointain mais qui est de plus en plus proche.
L’URSS était une grande puissance. Elle s’est effondrée, les Russes sont pauvres.
Il en sera de même pour les mêmes raisons à l’avenir pour la France car les comptes ne respectent pas les normes comptables ce qui crée des déséquilibres monétaires.
Les équilibres monétaires sont l’un des piliers de la croissance et de la prospérité ont dit et répété les Reaganomics. Ils ont raison.
Nicolas Sarkozy n’a pas de chance : c’est lui qui hérite de la patate chaude.
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Lire les articles des économistes de Work For All :
Causes de la croissance différentielle en Europe
France : une croissance de 5 % n’est pas une utopie
Et sur les dettes publiques : http://www.workforall.net/ModeleSocialFr.html
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Réponse des questions posées précédemment dans un prochain billet…