Mardi 24 février 2009

PAR : Price Assets Ratio


Il est difficile de déterminer actuellement des cours réalistes des banques américaines dans l’anticipation de leur redressement car leurs bénéfices réels (quand ils existent) ne sont pas fiables.


Une estimation fiable peut être faite à partir du total de leurs actifs en attendant le retour d’une situation normale.


Ainsi, à défaut du PER (Price Earning Ratio), il est possible de déterminer un Price Assets Ratio (PAR) comme étant le rapport entre la capitalisation boursière et le total de l’actif, pour 100.


Ce ratio a l’avantage d’être plus fiable et facilement calculable que tout autre car il repose sur le total des actifs qui est un point d’ancrage solide.


Le PAR de Julius Baer est alors de 18, celui de JPMorgan Chase de 3,4 et 1,5 pour Citigroup, 1,3 pour Bank of America, 1,2 pour la BNP et la Générale (lundi 23 février).


Ce ratio est un indicateur fiable de la capitalisation possible des banques dans les circonstances exceptionnelles actuelles en attendant le retour de bénéfices normaux.

***


Le PAR des banques devrait fluctuer normalement entre 20 et 25.


En effet, les capitaux propres devraient se monter au moins à 10 par rapport un total des dettes de 100 d’après les règles de la Banque des Règlements Internationaux en retenant le mode de calcul de µ (l’inverse du Tier d’origine) réactualisées par Alan Greenspan.


Comme la rentabilité des capitaux investis doit être au moins de l’ordre de 15 % mesurée par le ROE (Return On Equity), le résultat net devrait être de 15 pour des capitaux propres de 100.


Donc, pour des capitaux propres de 10, le résultat net devrait être de 1,5 et en retenant un PER normal de 15, la capitalisation P est alors de 22,5 ce qui est une évaluation médiane normale.


Le cours de Julius Baer est un peu faible et le potentiel d’augmentation des cours des actions des grandes banques américaines est effectivement extraordinaire, historique dans la mesure où elles vont dégager à nouveau des bénéfices normaux après la violente destruction créatrice que subit ce secteur depuis quelques mois.

***

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Mardi 24 février 2009

La guerre des marchés contre les autorités


Les marchés font la guerre aux autorités : ils veulent que l’État (c’est à dire les contribuables) sauve les grandes banques mais Timothy Geithner et B-2 ne veulent pas intervenir.


Chacune des deux parties utilise ses propres ratios d’évaluation des banques.


La Fed prend en considération l’endettement de chacune des banques par rapport au montant des capitaux propres.


C’est le ratio Tier (ou µ) qui est effectivement respecté (cf. mon billet précédent), donc tout va bien : l’intervention de l’État est inutile car le système bancaire est fondamentalement sain.


C’est maintenant aux dirigeants des banques de faire leur travail : dégager des bénéfices en respectant les règles de la profession.


Quand il ne l’est pas, la confiance disparaît dans le système bancaire, ce qui paralyse les marchés interbancaires et les autres (c’est ce qui se passe en Europe) et c’est alors très grave car toute l’économie plonge et le risque systémique augmente.


Les autorités (des États-Unis) défendent l’intérêt général contre les marchés, du moins les moutons qui ne voient pas plus loin que leurs propres intérêts à très court terme et qui se posent la question suivante : si j’achète une action d’une banque, qu’est ce que j’ai ?


Ce qu’ils recherchent avant tout dans les actions d’une banque, ce sont ses actifs dits tangibles, c’est à dire certains qui sont pour eux à la base de l’évaluation de ces banques.


Ainsi, dans leur logique, les moutons considèrent que les banques européennes ont de meilleurs actifs que les banques des États-Unis qui sont d’après eux en dessous de tout, à zéro, au plus profond du gouffre.


Ils ne prennent pas en considération le ratio Tier, ni le niveau d’endettement de chacune des banques (ni le total des dettes de toutes les banques de chaque pays) par rapport au PIB, et de ce fait, les moutons de Panurge se trompent lourdement.


Normalement, dans un système libéral, l’intérêt général découle de la recherche de l’intérêt de chaque individu, dit-on depuis Adam Smith, mais il s’agit là, avec ce problème d’évaluation bancaire, d’une exception particulièrement importante à ce principe.

***


Les cours des banques ont perdu plus de 80 % depuis le premier trimestre 2007.

Comment les moutons de Panurge peuvent-ils justifier ces pertes dans la mesure où les actifs dits tangibles des banques n’ont a priori pas baissé ?


Les moutons manquent manifestement de cohérence et de logique la plus élémentaire.


Après l’exubérance irrationnelle des marchés, c’est le temps de leur déprime irrationnelle qui a le gros inconvénient d’avoir des conséquences négatives importantes sur les autres marchés.

***


Les moutons de Panurge utilisent en particulier le Tangible Common Equity ou TCE (pour déterminer le cours des actions des banques) qui est un ratio qui intègre une évaluation des actifs dits tangibles des banques aussi folklorique que les méthodes de calcul des ratios Tier qui sont utilisés officiellement par les banques (à la place du µ qui est beaucoup plus pertinent).


Leurs évaluations ne donnent pas une image fidèle de la réalité.

***


J’ai laissé volontairement quelques commentaires de moutons égarés sur mon blog car les idiots sont finalement utiles (j’ai eu tort de rejeter les experts qui prétendaient au printemps dernier que le prix du baril du pétrole allait franchir sous peu les $200 pour grimper bien au-dessus de cette limite, le pic du pétrole, c’est scientifique disaient-ils) mais ils donnent un peu trop facilement l’illusion d’être intelligent…

***

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander

Présentation

Créer un Blog

Créez votre blog gratuit

Recherche

Calendrier

Février 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28  
<< < > >>
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus