Mardi 22 janvier 2008

La Fed, analyse et prévisions


La Fed vient de baisser son taux de base de 4,25 % à 3,50 % et le rendement du 10 ans est tombé au même niveau ce 22 janvier.


C’est le point bas donné depuis longtemps par Fred Rabeman à partir duquel commence une période de prospérité qui s’annonçait longue et tranquille, mais ces taux inférieurs à leur neutralité de 4,25 % vont provoquer dans 6 mois (à partir du mois d’août) une croissance du PIB supérieure à son potentiel optimal, ce qui sera inflationniste.


Pour lutter contre l’inflation, les membres du FOMC relèveront leur taux de base trop tard et trop haut, ce qui provoquera un ralentissement de la croissance…


Il est étonnant de constater que les membres du FOMC perpétuent les mêmes erreurs depuis 50 ans, ce qui produit ces cycles toujours dommageables.


Pour la première fois depuis plus de 50 ans, la Fed réagit pour soutenir à très court terme les marchés actions en prenant le risque d’accentuer l’inflation.

Alan Greenspan a toujours tenu bon face aux pressions des marchés et des gouvernements…


La baisse des taux n’empêchera pas la croissance du PIB d’être très faible au cours de ce premier semestre, dans les 0 % d’un trimestre à l’autre (donc positive ou négative), c’est à dire aux alentours de 2,2 % d’une année sur l’autre.

Les marchés actions européens ont bien réagi à la baisse des taux de la Fed. L’action, ou plutôt l’inaction de la BCE n’a eu aucun effet ! La locomotive est bien américaine, le premier wagon étant européen…


Il est très difficile de battre les indices, c’est à dire de sur-performer les grandes tendances à la hausse ou à la baisse des marchés, mais il est possible par l’analyse, de les déterminer, ce qui alimente la spéculation gagnante…

*

La Fed a relevé trop tard, en juin 2004, son taux de base comme le montre le 2 ans qui avait commencé à remonter avant le mois de juin,

Graphique 1 :

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


Ensuite, la Fed a relevé trop haut son taux à partir de décembre 2005, ce qui a créé le collapsus actuel : les capitaux se réfugient sur l’obligataire public, ce qui fait chuter les taux.


Le 10 ans vient de tomber à 3,5 % au même niveau que le taux de base de la Fed, le 2 ans et le 3 mois chutant considérablement,

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Le croisement des taux de la Fed et de la BCE vient de se produire,

Graphique 3 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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par CHEVALLIER
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Mardi 22 janvier 2008

La stratégie américaine d’un ordre mondial


Les Américains mettent en œuvre leur stratégie d’un ordre mondial qui complète leur stratégie du désordre, ce qui entre parfaitement dans le cadre de la logique paradoxale…


En effet, les Américains acceptent pour la première fois l’entrée de capitaux non américains dans le capital de grandes banques comme Citigroup et Merryll Lynch, alors qu’ordinairement des fonds américains auraient profité de leur nécessaire recapitalisation pour renforcer leur participation dans ces institutions financières stratégiques hautement rentables (en dehors des erreurs du subprime !).


Ces investisseurs sont des fonds souverains asiatiques et de pays arabes producteurs de pétrole qui partagent ainsi les intérêts (dans tous les sens du terme) des Américains pour ne former à terme qu’un seul monde : capitaliste et libéral, unifié justement par le capital.


Ce nouvel ordre mondial consacre la fin des conflits majeurs des siècles passés : idéologiques entre le capitalisme et le socialisme, religieux entre l’islam et les autres religions, nationalistes entre les Etats-Unis et d’autres nations.


La Vieille Europe (de l’Atlantique à… l’Oural ! c’est à dire incluant la Russie) est à l’écart de ces opérations car elle reste engluée dans ces vieux conflits, prête à contrer les intérêts vitaux des Américains et du monde libre.

Ainsi par exemple à la tribune de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères français Dominique Galouzeau (dont un grand père a rajouté les mots de et Villepin à son nom) s’est dressé contre les Etats-Unis lorsqu’ils ont voulu intervenir militairement en Irak en 2003.

Les Européens ont considéré cet acte de bravoure comme une victoire, mais il a confirmé que les Américains devaient se méfier de la Vieille Europe.

Par ailleurs, les dirigeants de la Russie restent partout et toujours d’irréductibles adversaires du monde libre et des Américains en particulier.


Cette stratégie d’un ordre mondial n’empêche pas les Américains d’appliquer leur stratégie du désordre partout dans le monde de façon à maintenir leurs adversaires, mais aussi leurs partenaires qui sont aussi leurs concurrents dans un état de relative faiblesse de façon à rester finalement maîtres du jeu mondial. 

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Les investissements chinois dans les pays développés, par l’intermédiaire du fonds souverain, des banques et des entreprises assainies et recapitalisées sont maintenant supérieurs aux investissements étrangers en Chine.

Ces investissements financiers croisés consacrent l’émergence de ce pays et son intégration forte et durable dans la mondialisation. 

*

Les investissements entre l’Europe et les Etats-Unis sont asymétriques : les fonds américains ont largement investi dans des entreprises européennes (en particulier françaises), alors que les capitaux européens sont insuffisants et peu investis en Amérique. 

*

Lire mon article précédent sur l’inflation et la stratégie américaine : http://www.jpchevallier.com/article-15842416.html

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par CHEVALLIER
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