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Jeudi 8 novembre 2007 4 08 /11 /Nov /2007 12:49

Pétrole, dollar et euro


Lorsque le prix du baril de pétrole monte au dessus de 93 dollars, il dépasse alors son sommet historique de 80 $ atteint en 1980, à dollar constant (aux prix de 2000),

Graphique 1 : 

2007.11.08.WTI.1.CST-.gif


(cliquer ici pour agrandir le graphique)
 

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Le même graphique avec le dollar courant,

Graphique 2 : 




(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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En France, nous payons ce pétrole en euros dont la parité avec le dollar varie beaucoup,

Graphique 3 : 




(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Actuellement, l’euro atteint des sommets à 1,47 US$, donc, le pétrole payé en dollar ne devrait pas coûter très cher ! 
oui mais le prix du brut en dollars augmente plus vite (56 % en un an !) que l’euro par rapport au dollar (14 % en un an), donc le prix du brut augmente logiquement en euros, que ce soit par rapport à des prix exprimés en dollars constants ou en dollars courants (de 35 % en un an),

Graphique 4 : 




(cliquer ici pour agrandir le graphique)
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C’est de 1981 à 1985 que le prix du brut a été le plus élevé en euro : il a alors dépassé 60 € le baril contre 55 € actuellement car l’euro a plongé sous 0,70 dollar en 1985. 
En effet, le dollar s’est renforcé dans les années 80 grâce à la politique menée par Ronald Reagan. 
De 1980 à 1985, le pétrole coûtait donc relativement plus cher que maintenant en Europe.

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Les données sont fournies comme d’habitude par l’ami Fred de Saint Louis.

Merci à l’honorable lecteur de ce blog qui m’a donné l’idée de mettre au clair tout ceci…

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Par CHEVALLIER
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Mercredi 7 novembre 2007 3 07 /11 /Nov /2007 12:27

La stratégie du désordre

Les Américains (des Etats-Unis) appliquent la stratégie du désordre depuis un certain nombre d’années. C’est une idée défendue à l’origine par les dirigeants du parti Démocrate qui n’acceptent plus que des régimes forts amis dirigent un certain nombre de pays comme c’était le cas jadis. 
Ils préfèrent favoriser l’arrivée au pouvoir d’opposants anti-américains (dans le cadre de la logique dite paradoxale), mais ils les affaiblissent en créant un certain désordre dans ces pays.  
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La stratégie du désordre  est appliquée en Iran depuis la fin des années 70, et c’est peut-être là qu’elle a commencé à être mise en œuvre pour la première fois.
Les Américains, sous la présidence du Démocrate Carter, ont favorisé l’éviction du Shah et la prise du pouvoir par Khomeyni avec l’appui des Français qui ont joué le rôle indispensable d’idiots utiles (selon l’expression consacrée) avec Valéry Giscard (d’Estaing). 
En effet, les Américains préfèrent agir indirectement (c’est plus discret) en exerçant une influence sur des parties tierces pour les inciter à prendre des décisions qui servent leurs intérêts.
Les Chiites au pouvoir ont effectivement considérablement affaibli l’Iran et ils exercent une menace importante sur les Sunnites, ce qui répond aux objectifs finals que les Américains recherchent : affaiblir le monde arabo-musulman en y augmentant le désordre.

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George Bush senior a appliqué la stratégie du désordre en Irak en laissant Saddam Hussein au pouvoir en 1991 (après la guerre menée à la suite de l’invasion du Koweït) de façon à maintenir son pouvoir de nuisance dans la région, et donc un certain désordre.

Son fils, George W. Bush, a rompu cette stratégie mais les Démocrates tout-puissants et omniprésents dans l’administration fédérale ont réussi à rétablir un certain désordre en Irak répondant à leur stratégie !

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La stratégie du désordre est un art délicat à utiliser au Moyen-Orient mais d’une très grande efficacité car le désordre y est particulièrement bien ancré depuis des millénaires. 
Toute la difficulté est de le maîtriser et de l’orienter dans le sens voulu pas ses initiateurs.

Dans cette optique, Israël a particulièrement bien réussi lors de la guerre menée au Liban contre le Hezbollah pendant l’été 2006 : le pouvoir de nuisance militaire de la milice Chiite contre Israël a été détruit, ce qui était l’objectif principal, mais les Chiites peuvent continuer à exercer un certain pouvoir de nuisance dans le monde musulman dominé par les Sunnites, et donc perpétuer un certain désordre.

En outre, Israël ne passe plus pour une hyper puissance dominatrice mais comme une nation vulnérable, donc ordinaire (comme les Américains en Amérique du Sud), ce qui est positif à terme. 
Les membres du gouvernement israélien ont été parfaits dans leur rôle d’idiots utiles !

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La stratégie du désordre est appliquée en Turquie : les Américains ont abandonné avec surprise leurs alliés de longue date de la droite traditionnelle laïque liée aux militaires (qui ont joué un rôle très important pendant la guerre froide) en facilitant l’arrivée au pouvoir des Islamistes mais en les affaiblissant, en particulier en exigeant d’eux le respect des Droits de l’Homme.

Par ailleurs, les Américains interviennent (curieusement directement et très énergiquement) pour que l’Union Européenne accepte en son sein la Turquie, ce qui affaiblira l’Europe en y facilitant l’intégration de 70 millions de Musulmans turcs qui y créeront un grand désordre ingérable à terme.

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La stratégie du désordre est appliquée en Europe : les Américains ont réussi à convaincre les Européens de mettre en place l’Union Européenne qui a la prétention d’être une nation née de l’élargissement de la Communauté Européenne mais qui est un monstre institutionnel totalement inefficace qui affaiblit considérablement les pays européens dont les entreprises sont pourtant très performantes.

Les Américains ont même réussi à persuader les dirigeants et les peuples de pays européens à adopter une monnaie commune contre nature dont les effets leur sont pourtant catastrophiques.

Ce ne sont pas les Américains qui créent positivement ce désordre, mais ce sont certaines entreprises spécialisées dans cette activité qui exercent une influence sur les leaders et les décideurs européens de façon à ce qu’ils prennent eux-mêmes des décisions contre leurs intérêts, ce qui favorise finalement les Américains.

La stratégie du désordre est même appliquée dans des entreprises d’importance stratégique comme EADS qui a l’avantage de donner l’apparence de ne pas laisser le monopole de la production d’avions de ligne à Boeing. 
En convainquant l’entourage de Jacques Chirac de lancer l’A380 à la place d’un biréacteur long courrier, Airbus s’est condamné à ne pas être rentable, ce qui pénalise lourdement l’industrie aéronautique européenne et les contribuables, tout en laissant le champ libre à Boeing sur ce marché majeur du XXI° siècle.

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La stratégie du désordre est appliquée en Suisse car les Américains veulent affaiblir la puissance financière totalement incontrôlable de ce petit pays libéral très indépendant.

Là encore, la gauche européenne fournit l’armée d’idiots qui leur sont utiles : ainsi par exemple, des dirigeants du Parti Socialiste français sont intervenus pour essayer de mettre fin aux avantages fiscaux dont bénéficient les capitaux qui y sont placés, les militants rouges-verts européens appuient les revendications contestatrices de citoyens helvétiques en sapant les fondements mêmes de leur nation.

La Suisse était un pays propre en ordre selon l’expression typiquement romande. 
La stratégie du désordre y crée un désordre grandissant et durable.

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La stratégie du désordre est facilement appliquée en Russie avec les anciens communistes restés au pouvoir, mal reconvertis dans une apparence d’économie de marché. 
Le désordre y règnera longtemps. Grâce à eux, le maintien d’un potentiel de dangerosité russe permet de justifier la poursuite de programmes militaires américains de grande envergure, ce qui permet aux Etats-Unis de maintenir leur avance dans ces technologies de pointe, pour la plus grande satisfaction de leurs militaires et de leurs entreprises du secteur de la défense.

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La stratégie du désordre a été appliquée aussi en Asie : Suharto, présenté habituellement comme un dictateur par les médias, a été évincé du pouvoir en Indonésie par les Américains en utilisant la désinformation et en encourageant des manifestations qui lui étaient hostiles.

Steve Hanke, un économiste américain qui conseillait Suharto, a rapporté dans un article publié dans Globe Asia du 24 janvier 2007 qu’il a été surpris de constater que ce sont ses propres concitoyens qui avaient créé de toutes pièces son éviction ! 
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La stratégie du désordre est appliquée au Japon dont le dynamisme dans les décennies d’après guerre a été stoppé par les désordres monétaires qui ont créé une déflation durable. En effet, les dirigeants de la banque centrale ont laissé filer la masse monétaire qui est hypertrophiée (à 220 % du PIB au lieu de 80 % au maximum) et l’endettement public atteint 180 % du PIB (60 % est la norme à ne pas dépasser).

Les Américains ont tout fait pour… laisser les dirigeants politiques et économiques japonais faire des erreurs majeures. Corrompus et incompétents, ils sont eux aussi parfaits dans leur rôle d’idiots utiles
Dans ces conditions, le Japon ne pourra plus jamais menacer de concurrencer les Etats-Unis.

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Seuls les Chinois qui sont depuis des millénaires des experts dans l’art de la stratégie, réussissent à tirer leur épingle du jeu, pour l’instant du moins.

Les Américains les ont encouragés à développer une économie de marché qui a permis à la Chine de décoller. Cependant, les marchés financiers sont les plus complexes à maîtriser, et les autorités chinoises en gèrent mal certains aspects.

Ainsi, l’inflation (6,5 %) peut être difficile à contenir à court terme avec une croissance très forte (11,9 %). La masse monétaire est hypertrophiée : elle augmente trop vite (17 %) et elle représente 170 % du PIB, ce qui produira un jour des désordres insurmontables et durables car ils sont profondément déflationnistes à terme (comme au Japon).

L’épargne (alimentée en partie par de l’argent non gagné) est surabondante (60 % du PIB), ce qui fait monter les bourses chinoises à des sommets très dangereux. 
Les cours des actions sont actuellement considérablement surévalués avec un PER moyen de 35 à 40 contre 15 à 20 normalement (le PER est le rapport –Ratio- entre la capitalisation boursière –Price- et les bénéfices –Earnings-).

Un krach se produira obligatoirement un jour, ce qui créera alors un désordre économique considérable et mettra fin à la croissance et à la menace chinoise. Les Américains laissent les dirigeants politiques et économiques chinois faire des erreurs majeures comme ils l’ont fait avec les Japonais.

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Cette stratégie du désordre est appliquée en Amérique centrale et du Sud : la plupart de ces pays ont maintenant des gouvernements de gauche plus ou moins hostiles aux Etats-Unis, mais en menant de telles politiques économiques antilibérales à base de nationalisations entre autres, ils se condamnent à une croissance faible qui accentue les difficultés économiques, sociales et politiques. 
Ils affaiblissent ainsi à terme leur pouvoir de nuisance, ce qui est le but final recherché par les Américains (des Etats-Unis).

Il n’y a plus de dictateurs amis comme c’était le cas pendant des décennies après la Seconde guerre mondiale dans un certain nombre de pays d’Amérique centrale et du Sud (les Républiques bananières)
Cette politique de complaisance des Américains envers des dictatures pouvait être admise à cette époque là car la lutte contre l’influence communiste était difficile à mener. 
Elle a donné des résultats positifs pour les Américains (en particulier… les producteurs de bananes !) pendant un certain temps mais elle est contre-productive à terme et elle est jugée politiquement incorrecte par les Démocrates.

Par ailleurs, la structure du PIB a beaucoup changé depuis une vingtaine d’années dans les pays développés : les firmes Nord-américaines dominantes ne sont plus celles qui commercialisent des fruits mais des sociétés de services (informatiques, financiers, etc.).

Le contrôle de ressources naturelles par les Américains (du moins par certaines de leurs entreprises) ne présente plus d’intérêt. Les gouvernements de ces pays peuvent donc rester hostiles aux Américains (des Etats-Unis) sans leur porter préjudice.

Bien mieux : la faible croissance de ces pays d’Amérique centrale et du Sud accentue les difficultés économiques de la population dont le niveau de vie s’améliore peu ou pas en adoptant des politiques économiques antilibérales, ce qui décrédibilisera finalement ces gouvernements de gauche.

A terme, la stratégie du désordre est donc gagnante pour les Américains et le capitalisme libéral qui gagneront ainsi la guerre des idées !

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La stratégie du désordre est une réussite presque parfaite… pour les Américains.
Elle a des conséquences catastrophiques pour les autres, et en particulier pour les défenseurs de la liberté dans le monde et qui sont ainsi abandonnés et trahis par leurs propres alliés.

Les Iraniens partisans du Shah en ont été les premières victimes. Ils n’admettent pas que les Américains aient pu aider les Chiites à renverser la monarchie et à plonger leur pays durablement dans la pauvreté et le désordre.

Les peuples sont finalement les grandes victimes consentantes de cette stratégie du désordre. 
En effet, les Américains n’imposent plus leurs propres amis : ils incitent leurs ennemis (la gauche plurielle, les Islamistes) à prendre le pouvoir et à commettre les erreurs qu’ils ne devraient pas commettre.

Le cynisme des Démocrates n’a aucune limite. Ils imposent leur conception du politiquement correct. Les Républicains ne font rien pour s’y opposer.

Cette stratégie du désordre doit être dénoncée et combattue par les défenseurs de la liberté dans le monde.

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Cette stratégie du désordre est le fruit de mes réflexions personnelles initiées par la lecture des billets du Lieutenant-Colonel Ludovic Monnerat sur son blog, en particulier par le concept de la logique paradoxale qui explique très bien la cohérence et l’importance de la politique menée par les Etats-Unis. 
Blog de Ludovic Monnerat : http://www.ludovicmonnerat.com/
Il n’y a pas d’autres références a priori.

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Une première version réduite de ce texte a été publiée sur le site Iran-Resist des Iraniens qui, en tant que premières victimes, sont bien placés pour comprendre les effets dévastateurs de cette stratégie du désordre.

Je reprends ici un texte écrit le 06/09/2007

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Copyright © 2007 Jean-Pierre CHEVALLIER

Par CHEVALLIER
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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /Nov /2007 22:43

Chine : krach olympique en vue !

Complément du billet sur la stratégie du désordrehttp://www.jpchevallier.com/article-11858929.html

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Seuls les Chinois qui sont depuis des millénaires des experts dans l’art de la stratégie, réussissent à tirer leur épingle du jeu, pour l’instant du moins.

Les Américains les ont encouragés à développer une économie de marché qui a permis à la Chine de décoller. Cependant, les marchés financiers sont les plus complexes à maîtriser, et les autorités chinoises en gèrent mal certains aspects.

Ainsi, l’inflation (6,5 %) peut être difficile à contenir à court terme avec une croissance très forte (11,9 %).

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La masse monétaire est hypertrophiée : elle augmente trop vite (17 %) et elle représente 170 % du PIB, ce qui produira un jour des désordres insurmontables et durables car ils sont profondément déflationnistes à terme (comme au Japon).

L’épargne (alimentée en partie par de l’argent non gagné) est surabondante (60 % du PIB), ce qui fait monter les bourses chinoises à des sommets très dangereux.

Les cours des actions sont actuellement considérablement surévalués avec un PER moyen de 35 à 40 contre 15 à 20 normalement (le PER est le rapport Ratio- entre la capitalisation boursière –Price- et les bénéfices Earnings-).

Un krach se produira obligatoirement un jour ce qui créera alors un désordre économique considérable et mettra fin à la croissance et à la menace chinoise. 

Les Américains laissent les dirigeants politiques et économiques chinois faire des erreurs majeures comme ils l’ont fait avec les Japonais.

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Deux exemples récents de ces désordres boursiers…

PetroChina est devenu lors de son introduction à la bourse de Shanghai le premier groupe du monde avec 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, plus du double de celle d’Exxon à 500 milliards de dollars ! Son PER pour 2007 est de 54 !

Alibaba  (!), qui est la principale société Internet chinoise, vient elle aussi d’être introduite en bourse avec un PER de 106 pour 2007 !

Warren Buffett a vendu les actions PetroChina (HK$19,60 avant son introduction à Shanghai) que Berkshire Hathaway Inc. possédait en faisant une confortable plus value (il les avait achetées HK$1,28 en mars 2000).

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Les dirigeants communistes n’ont pas su mettre en place des systèmes efficaces et sûrs de fonds de pension et d’assurances santé, ce qui incite les Chinois à sur-épargner.

Ils ont de l’argent (visible en M1 et M2-M1) mais il ne rapporte rien (2,88 %) en le plaçant dans le système bancaire alors que les placements en bourse sont très rémunérateurs… pour l’instant !

Compte tenu de la taille de la Chine, le krach sera olympique !

Les déséquilibres commerciaux mondiaux se résorberont alors.

Les marchés corrigeront d’eux mêmes, a dit un jour Alan Greenspan…

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Par CHEVALLIER
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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /Nov /2007 11:39

Laffer, Rubin et Keynes

Le budget de l’Etat doit-il être en équilibre, en excédent ou en déficit ?

La politique fiscale peut-elle stimuler la croissance en période de crise ?

Si oui, comment ?

Arthur Laffer, Robert Rubin et Keynes ont donné des réponses différentes…

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Pour Keynes, c’est simple : il suffit de distribuer de l’argent à ceux qui n’en ont pas et d’augmenter les dépenses publiques pour faire repartir la croissance période de crise.

C’est la solution préférée de la gauche, surtout en France, mais cette politique fiscale et économique a toujours donné des résultats catastrophiques comme tout le monde peut le constater, en France en particulier.

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Robert Rubin, l’ancien ministre des finances de Bill Clinton, donne une meilleure réponse : l’Etat ne doit pas augmenter ses dépenses ni baisser ses impôts de façon à dégager des excédents budgétaires pour que l’économie se développe sur des bases saines. Tout le monde peut alors en profiter : les plus pauvres et les plus riches !

Cette politique fiscale et économique a donné de bons résultats à la fin des années 90, et les excédents fiscaux se sont montés à 2,4 % du PIB à la fin du mandat de Clinton en 2000.

Cependant, les Américains ont eu de la chance : ils ont bénéficié de l’assainissement de l’économie réalisé pendant les années Reagan, et il n’y a jamais eu de crise majeure pendant que Clinton était président.

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Encore mieux : Arthur Laffer, l’un des Reaganomics les plus influents, a proposé de diminuer les impôts pour relancer la croissance en cette période de crise du début des années 80, ce qui a fait augmenter le déficit budgétaire qui a atteint un record de 5,6 % du PIB en 2003 !

Oui mais, moins d’impôts, c’est plus d’argent dans la poche des consommateurs qui vont en profiter pour augmenter leurs dépenses. La demande augmente, l’offre y répond : la croissance du PIB repart, ainsi que… les rentrées d’impôts ! car les revenus qui augmentent globalement sont imposables.

Moins d’impôts aujourd’hui, c’est plus de croissance demain, et ce sera finalement plus de croissance et d’impôts pour après demain !

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C’est la politique qui a été menée par George W. Bush après le trou d’air de 2001-2002 : les baisses d’impôts ont augmenté le déficit à 3,4 % du PIB en 2004 mais la croissance est repartie, ce qui a permis de réduire les déficits à 2,5 % du PIB en 2005, 1,85 % en 2006 et 1,17 % seulement en 2007.

En effet, le déficit se montait à 162,8 milliards de dollars au cours de l’année fiscale qui s’est terminée le 30 septembre dernier pour un PIB de 13 926,7 milliards de dollars au 3° trimestre.

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Graphique : 


(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Une petite erreur systématique sur ce graphique : le PIB pris en compte est celui du 4° trimestre de l’année civile, suivant la fin de l’exercice fiscal qui se termine le 30 septembre (sauf pour 2007 !). L’incidence de cette erreur est négligeable sur ce graphique.

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Les données sont fournies par l’ami Fred de Saint Louis : http://research.stlouisfed.org/fred2/

Pour comprendre le mécanisme de la courbe de Laffer, voir les excellents articles de Work For All : Causes de la croissance différentielle en Europe

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Dans mon billet Questions /réponses précédent, je n’avais pas vérifié les chiffres, ce que je fais d’habitude dans les billets ordinaires, en dehors des Questions /réponses

Merci à Vincent Bénard de m’avoir signalé mon erreur… Voir son blog : http://www.objectifliberte.fr/

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Par CHEVALLIER
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Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /Nov /2007 22:36

Questions réponses 2 

Merci aux honorables correspondants pour leurs questions, 
voici mes réponses… 
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Sylvain sur l'article M3 et la réussite américaine :
Existe t-il une différence fondamentale entre les différents déficits et dettes publiques en France et aux USA?

La dette publique aux US finance surtout les investissements militaires et civils qui font la force de l’hyper puissance disait Chirak alors que la dette de la France finance des investissements totalement improductifs comme des lignes TGV (et un porte avions en cale sèche) qui ne font que creuser les déficits !

Pour les déficits, les US sont capables de les faire baisser rapidement (2,3 % actuellement !) alors que la France ne peut pas descendre sous les 3 % sans provoquer une vague de grèves et de manifs… 

Correction au 6 novembre : le déficit est en réalité de 1,17 % ! voir le billet suivant...
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zorro sur l'article M3 et la réussite américaine :
Il y a quand même un problème pour ce qui concerne les dividendes car leur distribution doit faire le bonheur de privilégiés.

La plupart des Américains sont des privilégiés car ils possèdent directement ou indirectement des actions. Pauvres Américains !


Il serait intéressant de comparer l'évolution de M3-M2 avec l'évolution des inégalités aux USA.

Les bénéfices augmentent quand la part des salaires diminue ! logique !

Les plus pauvres des Américains sont plus riches que les Français moyens…


Où passe tout l'argent des dividendes ? Ne va t-il engendrer des bulles et augmenter les risques systémiques ?

Les dividendes sont a priori réinvestis en actions. L’importance des dividendes ne crée pas nécessairement des bulles et encore moins de risques systémiques. C’est de l’argent gagné normalement et réinvesti : c’est le moteur fondamental d’une économie libérale. Le jour où les Français auront compris cela n’est pas dans un avenir envisageable…


Pouvez vous également superposer l'évolution du M3-M2 avec l'évolution des déficits américains ?

A priori, la relation est inverse : quand les entreprises gagnent de l’argent, les déficits baissent : cf. la fin des années 90 et actuellement.


In fine comment ceux-ci vont-ils se résorber ?

Le déficit US était supérieur à 3 % en 2002-2003 et il est inférieur à 3 % actuellement malgré une augmentation importante des dépenses militaires et civiles. En les modérant, un excédent budgétaire est possible, cf. les années Clinton… qui pourraient se reproduire !

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Franck Boizard sur l'article De l’anormal au risque systémique, Etat et marchés :
Je suis intrigué par cette date de 2020 que vous donnez pour la réalisation du risque systémique. Pourriez vous l'argumenter ?

Toutes les projections sont concordantes : les ennuis sérieux commenceront à partir de 2020 compte tenu du baby boom… pour culminer vers 2040. Après, ce sera plus tranquille… 
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amaury sur l'article M3 et la réussite américaine :
Pourriez vous expliquer comment s'apprécie ou se déprécie une monnaie et en particulier le dollar ; quels sont les facteurs qui agissent sur la valeur d'une monnaie (dollar en particulier) ainsi que sur la parité entre monnaies (parité euro/dollar) ; et enfin les pays peuvent ils jouer (manipuler) sur la valeur de leur monnaie pour en tirer avantage ?

Alan Greenspan a donné des réponses très claires :

1 : la Fed ne s’occupe pas de la parité du $, ce qui est bien entendu totalement faux !

2 : la Fed a des moyens d’intervention très puissants autres que ceux dont on parle habituellement, sans bien sûr les préciser !

En fait, ce sont " les Américains " qui font baisser le $ par rapport à l’€ (la Fed, le gouvernement, etc.) pour doper leurs exportations. Comme les gains de productivité aux US sont supérieurs à ceux du reste du monde développé, ils sont obligés de faire baisser le $ au fil des années 
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Guillaume sur l'article Danke schön ! Bedankt ! Thank you ! :
Une remarque de ce post m'a plus particulièrement fait réagir, c'est celui qui dit qui tout ceci (dette, déficit etc...) n'intéressent personne en France.
Je pense, mais c'est tout à fait personnel et discutable, que cela tient plus à un (malheureux) déficit en culture économique qu'un véritable dédain. Je suis moi-même titulaire d'un diplôme du supérieur et les (maigres) connaissances économiques que je possède viennent de livres généraux ou de revues spécialisées (aucune formation, même minimale, formation nécessaire pourtant aujourd'hui pour quiconque prétend être informé).
En fait, plus je lis d'articles ou de billets économiques comme les vôtres, plus je me demande si ça n'est pas précisément cette ignorance qui nous coûte très cher... Les Français ne sont des veaux que dans la mesure où ça profite au berger...

Hé oui ! Le problème fondamental est le manque de culture économique et financière des Français, même dans les milieux dits bien informés, économiques, et libéraux… et ceci nous coûte cher ! cf. la réaction des Américains face à la grève dans le métro à New York, ou aux fonds de pension… rejetés même par Laurence Parisot et par les libéraux… 
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Franck Boizard sur l'article Sarko : c’est mal parti ! :
Est-ce que ce graphique représente un jugement sur la santé de l'économie française ou un jugement sur la santé de l'Etat français ? C'est juste une nuance, mais l'Etat n'est pas toute la France.

Oui et non… A priori, c’est une défiance vis à vis de l’Etat et de la France, les 2 vont ensemble : les déficits produits par les engagements de retraite se répercutent sur la dette publique. Autre explication : la crise du sub-prime fragilise davantage les plus fragiles, et dans tous les cas, c’est la France. 
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zorro sur l'article Sarko : c’est mal parti ! :
Ce graphique seul me semble insuffisant. Il faudrait sans doute établir des comparaisons avec d'autres pays "comparables" (Angleterre, Espagne, Italie) sur une période plus longue

Je montre par ce graphique que la situation s’est détériorée depuis 6 mois en France par rapport à la nation qui est la référence dans la zone euro.

Ya pire que nous, mais ya mieux !

***

Par CHEVALLIER
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Dimanche 4 novembre 2007 7 04 /11 /Nov /2007 18:35

Sarko : c’est mal parti !

Le graphique suivant est impressionnant : 

(cliquer ici pour agrandir le graphique)
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Il représente l’évolution de l’écart entre les rendements des bons du Trésor à 10 ans français et allemands.

Au début du mois de mai dernier, cet écart était quasiment nul, ce qui signifie que les marchés considéraient que les perspectives de la situation économique en France étaient identiques à celles de l’Allemagne, mais très rapidement tout a changé : l’écart se creuse, ce qui signifie que les marchés anticipent maintenant une détérioration de la situation économique en France par rapport à celle de l’Allemagne

Sarko n’a pas de chance : il a été élu au mauvais moment, et il n’a pas pris les mesures qui s’imposaient.

Il n’a pas conscience de ce qui l’attend. Les Français non plus.

Heureux.

C’est l’économie, stupide !

***

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Par CHEVALLIER
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Dimanche 4 novembre 2007 7 04 /11 /Nov /2007 18:30

Complexe mais simple, finalement

La situation économique aux Etats-Unis est actuellement complexe mais simple finalement…

En effet, la croissance du PIB a été forte au 3° trimestre (3,9 % !) avec une inflation sous-jacente de 1,8 % contenue dans les limites requises (moins de 2 %) et un taux de chômage faible à 4,7 %.

Tout va bien car les entreprises américaines continuent de faire des bénéfices élevés grâce à des gains de productivité importants. En effet, l’emploi diminue (globalement dans les entreprises) et les salaires réels ne progressent que de 0,5 % dans le secteur privé en un an.

Cependant, les revenus des Américains augmentent grâce au plein emploi (et aux dividendes) ce qui leur permet de consommer davantage. A cette demande répond une offre : des entreprises sont créées dans la restauration, les spectacles, l’informatique, etc. et elles créent des emplois.

Par ailleurs, les administrations locales et les établissements de santé continuent à créer beaucoup d’emplois, ce qui entretient la consommation selon ce bon vieux Keynes.

L’activité est soutenue également par les exportations qui progressent à un rythme (annualisé) de 20 % par rapport au trimestre précédent et de 10 % d’une année sur l’autre, ce qui est facilité par un dollar faible.

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Le maintien des taux de la Fed à 5,25 %, à des niveaux très nettement supérieurs à leur neutralité de 4,25 % n’a pas ralenti l’activité car les entreprises disposent de trésoreries abondantes qui leur permettent de s’autofinancer.

Tout va bien, oui mais certains secteurs comme l’immobilier sont très sensibles à des taux élevés, et c’est le plongeon avec la crise du sub-prime qui devient d’autant plus inquiétante qu’un certain nombre d’établissements bancaires tentent de cacher leurs pertes qui se chiffrent globalement à quelques dizaines de milliards de dollars.

Ce qui est le plus grave, c’est cette défiance des Américains face à cette situation. Elle se révèle dans l’augmentation de leur épargne de précaution : M2-M1 augmente sur un rythme de 8 % d’une année sur l’autre,

Graphique 1 : 




(cliquer ici pour agrandir le graphique)
 

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Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la masse monétaire libre, cette croissance baisse effectivement, mais en tendance avec des variations à court terme. Ainsi, la croissance du PIB n’a été que de 2 % d’une année sur l’autre en moyenne sur les 3 derniers trimestres. Les chiffres des 2 derniers trimestres exprimés par rapport au précédent sont trompeurs !

Graphique 2 : 




(cliquer ici pour agrandir le graphique)
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Pendant une cinquantaine d’années, une telle situation conduisait toujours à une récession et à un collapsus boursier. Il devrait en être de même dans un avenir proche, à moins que les Etats-Unis ne soient entrés dans un nouveau paradigme

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Les Américains gardent de moins en moins d’argent sur leurs comptes bancaires : les dépôts (TCD) ne représentent plus que $600 milliards soit 4,5 % du PIB,

Graphique 3 : 




(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Les marchés financiers des deux côtés de l’Atlantique Nord ont maintenant convergé : les taux américains entourent les taux européens qui convergent vers 4,25 %,

Graphique 4 : 




(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Le relèvement des taux de la Fed à 5,25 % était une erreur : les rendements des bons sont revenus dans la norme en fluctuant dans les 4 %,

Graphique 5 : 




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Le taux de base de la BCE à 4,0 % est accommodant et celui de la Fed trop restrictif à 4,5 % alors qu’ils devraient être à 4,25 % pour être neutres.

*

Les incertitudes actuelles entraînent des variations très importantes des taux de référence,

Graphique 6 : 




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Les taux courts n’auraient pas dû descendre sous la barre des 4 %. Le niveau anormalement bas du 2 ans à 3,70 % montre que les capitaux se réfugient préférentiellement sur cette valeur. La crise du sub-prime n’est pas terminée !

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Par CHEVALLIER
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Mardi 30 octobre 2007 2 30 /10 /Oct /2007 21:38

M3 et la réussite américaine


Les entreprises américaines manquaient de trésorerie jusqu’à la fin des années 1990.

En effet, l’agrégat M3-M2 qui totalise les trésoreries représentait alors moins de 20 % du PIB,

Graphique 1 : 



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Tout a changé en ce début de XXI° siècle : les bénéfices ont doublé, passant de $600 milliards en 2001 à $1 200 milliards actuellement,

Graphique 2 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Les entreprises ont donc une trésorerie abondante : M3-M2 a bondi à partir de 2001 pour atteindre 25 % du PIB en mars 2006, date à partir de laquelle la Fed ne publie plus de chiffres pour M3.

Cependant, des personnes ont reconstitué l’équivalent de M3. D’après les données des économistes de Work For All, M3-M2 aurait atteint actuellement presque 35 % du PIB !

Graphique 3 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

Compte tenu du bond des bénéfices, ces chiffres sont tout à fait vraisemblables et fiables.

*

L’augmentation considérable de M3-M2 ne signifie pas que le risque d’inflation a augmenté !

En effet, cet argent qui se trouve dans M3-M2 ne circule pas car, d’une part les entreprises profitent de l’augmentation de leurs bénéfices pour racheter une partie de leurs actions, ce qui les renforce et augmente la richesse de leurs actionnaires qui bénéficient d’autre part de dividendes qui ont progressé encore plus vite que les bénéfices ! et cet argent est généralement réinvesti, donc placé en valeurs mobilières qui sont en dehors de la masse monétaire,

Graphique 4 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Les dividendes qui représentaient moins de 40 % des cash-flows jusqu’en 2004 atteignent maintenant en 2007 presque 60 % de ces cash-flows !

Graphique 5 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)
*

Et ces dividendes qui représentaient moins de 3 % du PIB jusqu’au début des années 90 atteignent maintenant en 2007 presque 6 % de ce PIB !

Graphique 6 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Les Américains sont les heureux bénéficiaires des bénéfices de leurs entreprises car ils en sont actionnaires directement ou indirectement, en particulier par l’intermédiaire des fonds de pension.

L’argent qui circule en M1, ou en M2-M1 (l’épargne des ménages qui peut passer rapidement en M1), sont les seuls agrégats importants, et il n’y a aucun dérapage monétaire aux Etats-Unis (les ratios sont dans les normes, cf. graphique 1).

L’argent est sain, selon les principes fondamentaux des Reaganomics.

*

Les entreprises continuent à investir normalement, autour de 6,5 % du PIB,

Graphique 7 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*
Au XX° siècle, les entreprises étaient obligées d’emprunter pour investir.

Elles dépendaient donc des taux d’intérêt de la Fed. Ce n’est plus le cas maintenant car elles disposent d’une trésorerie abondante qui leur permet de s’autofinancer.

C’est la raison pour laquelle la croissance du PIB ralentit lentement depuis que la Fed a relevé ses taux de base à 5,25 %, largement au dessus de leur neutralité de 4,25 %.

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Par CHEVALLIER
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Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /Oct /2007 18:58

Mes réponses (un peu en désordre) aux questions posées récemment…

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zorro sur l'article Dette publique réelle,
Ce qu'il manque pour apprécier la situation et sa gravité ce sont:
- les mêmes chiffres pour l'ensemble des pays européens

… Je n’ai pas fait de tels calculs ! mais ce qu’a fait Work For All est une bonne réponse


- l'évolution de la part des retraites dans la dette depuis 20 ans

Comme il y a de plus en plus de retraités potentiels, les dettes de retraite augmentent manifestement plus vite que la dette officielle et que le PIB !

Zorro sur l'article 2 300 milliards d?euros de dettes publiques !,
Disposez-vous de comparaisons avec d'autres pays de la communauté européenne ?

Cf. ci-dessus

Zorro Est-il vrai que la Fed ne publie plus de statistiques sur l'évolution de M3 ? Qu'en pensez-vous ? existe t-il des études qui cherchent à estimer cette évolution ?

La Fed ne publie plus les chiffres de M3 depuis mars 2006 et c’est bien dommage ! mais finalement ce n’est pas très grave : si on ne dispose plus de données sur l’évolution globale de la trésorerie des entreprises américaines, on a toujours celles des cash flows ! et ce qui est important maintenant, c’est surtout M2-M1

Franck Boizard sur l'article Croissance de plus en plus faible,
Que pensez vous des libéraux qui écrivent qu'il ne devrait pas y avoir de banques centrales, que l'émission de monnaie devrait être soumise à marché libre sans monopole étatique ?
C'est très théorique puisqu'il est peu probable que les banques centrales disparaissent

Je n’en pense que du mal ! D’abord, ce ne sont pas des libéraux, mais des libertariens ! ce qui n’est pas la même chose ! Et ces libertariens sont des libéraux primitifs qui n’ont pas évolué depuis 1 siècle ! comme les marxistes… Toutes leurs idées sont totalement en dehors de toute réalité. Il est effarant et regrettable de voir que ces gens là soient aussi influents en France, et la très grande faiblesse de la diffusion des idées libérales vient justement du fait qu’ils accaparent tous les débats.

Et pour répondre à une de vos questions que je n’ai pas retrouvée, j’ai donné la définition des agrégats dans le billet : http://www.jpchevallier.com/article-12763042.html

Je ne reprends pas toutes les explications à chaque fois car ce serait trop long !

amaury sur l'article Croissance de plus en plus faible,
Vous avez bien raison et d'ailleurs Milton Friedman a défendu cette idée !!

Référence impressionnante ! merci !

Franck Boizard Merci pour cet article, mais vous savez bien qu'on vous rétorquera qu'il s'agit là d'une "logique purement comptable", ce qui, en Français moderne, signifie que vous êtes à mi-chemin de l'idiot du village et du bourreau sans coeur.

L'idiot du village, c’est le type qui saute dans le vide du 200° étage d’un gratte ciel et qui dit : " c’est merveilleux ! vous ne devriez pas vous inquiéter et faire comme moi ! " et en arrivant au niveau du 100° étage, dit : " vous voyez bien que j’ai raison : tout se passe bien ! vous êtes dans une logique purement physique, dans le style la chute des corps… "

Quand on parle dettes et créances, on ne peut qu’être dans une logique purement comptable !

… et en ne faisant rien actuellement, les conséquences seront plus graves à l’avenir !

amaury Pourriez vous nous expliquer les relations entre les variations de la masse monétaire et l'inflation ?

Oui, mais… pas dans une réponse, ici maintenant, car les problèmes et les cas à envisager sont assez nombreux ! Cf. par exemple ce que j’en ai écrit :

aux US, pour lutter contre l’inflation, la Fed a monté ses taux au dessus de la neutralité, ce qui ralentit la croissance, donc l’inflation, et comme les Américains sentent venir les mauvais jours ils augmentent leur épargne, ce qui fait augmenter M2-M1 donc M2, ie la masse monétaire.

C’est une partie de la réponse ! difficile de faire exhaustif ici !

Corentin Potié : si on doit provisionner les charges futures de retraites, de par leur caractère certain, ne doit-on pas les contrebalancer par une actualisation des cotisations qui seront perçues ?

Oui, mais l’actualisation de ces " cotisations " futures montre que, même aux USA, il y aura un trou dans les comptes ! cf. les travaux de Feldstein et ce sera pire en France.

Vincent : effectivement ce n'est pas la question de l'existence des régimes spéciaux qui est importante mais bien celle de leur financement. C'est bien ce que vous faites apparaitre en souhaitant l'intégration de la dette au sein de la SNCF (idem pour les autres RATP, EDF ....).

Oui : le débat est faussé en France, car il est mal abordé, alors qu’il l’est assez bien aux Etats-Unis.

Par CHEVALLIER
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Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /Oct /2007 11:38

Suite logique des billets précédents sur les problèmes de dettes en France…

*

De l’anormal au risque systémique, Etat et marchés

Le système de retraite par répartition a créé 4 500 milliards d’euros de dettes en France (fin 2004), soit 3 fois le PIB selon les estimations concordantes.

Elles sont doublement hors normes. En effet, d’une part l’ensemble de la dette publique ne devrait pas dépasser la limite de 60 % du PIB, et d’autre part, elle ne devrait pas porter sur des engagements de retraite, c’est à dire sur des revenus différés car des dettes à long terme ne devraient financer que des investissements.

Ce surendettement considérable est mal anticipé actuellement par les marchés. En effet, il ne se traduit que par une faible augmentation des taux des emprunts souverains français car les agences de notation ne les ont pas dégradés.

Cependant, Standard and Poor’s envisage de le faire à partir de 2011, mais ce sera alors trop tard pour éviter le risque systémique qui devient certain à l’horizon des années 2020.

*

Les économistes de Work For All envisageaient dans une hypothèse optimiste que la croissance puisse repartir en France sur un rythme salvateur de 5 % comme en Irlande, mais cet espoir est vain car la politique économique menée par Nicolas Sarkozy 6 mois après son élection est en réalité dans la stricte continuité de celle qui a été menée depuis des décennies en France.

Il n’y a pas de rupture alors qu’il aurait fallu prendre les mesures qui s’imposent : mettre fin aux dérives monétaires en remettant de l’ordre dans les comptes publics et baisser le taux des prélèvements obligatoires en créant un système de fonds de pension comme l’ont fait les Irlandais.

*

Un petit rappel s’impose…

Dans le système français de retraite par répartition, les salariés reçoivent, en plus de leur salaire, une créance : celle de bénéficier à l’avenir d’une pension de retraite mais elle n’est pas provisionnée. Il y a donc des créances non couvertes par une contrepartie.

Pour rétablir les équilibres, il aurait fallu (il faudrait…) que les salaires aient été inférieurs à ce qu’ils ont été, une partie des revenus des entreprises ayant été affectée en compensation à des provisions en vue de verser ces pensions.

Il y a donc trop d’argent en circulation.

Cet excès se voit dans l’hypertrophie de la masse monétaire, en particulier dans l’agrégat M1 qui se monte à 3 800 milliards d’euros dans la zone euro contre 1 350 milliards de dollars aux Etats-Unis pour une population équivalente et un PIB inférieur.

Le système français de retraite par répartition crée des créances non provisionnées, de fausses créances aurait dit Jacques Rueff.

C’est de la création monétaire. 

Comme les créances de retraite n’ont pas été provisionnées dans des fonds de pension, elles devront être couvertes par l’augmentation des prélèvements obligatoires dont les taux seront insoutenables pour assurer les équilibres dans les années 2020.

*

Les écarts entre les taux souverains allemands et français augmentent : 11 points de base pour le 10 ans actuellement alors que les écarts étaient négligeables 12 mois auparavant (ils étaient alors de l’ordre du point de base), ce qui signifie que les marchés commencent à anticiper un écart dans les performances allemandes et françaises qui sont pénalisées par les dérives monétaires.

Il en est de même pour les échéances courtes des 2 ans et 5 ans dont les écarts augmentent de 5 points de base en un an.

Pour l’instant les écarts sont faibles car les risques sont mal perçus, mais ils augmenteront rapidement et brusquement à l’avenir car les marchés sont panurgistes.

Ce sont donc les marchés de l’obligataire public qui réagissent les premiers car ce sont toujours eux qui sont les plus performants. Ils jouent bien leur rôle directeur de l’ensemble des autres marchés : ceux des obligations des entreprises (corporate) et à leur suite tous les autres marchés.

*

Certes, la monnaie est unique dans la zone euro (ce qui est une absurdité !) mais les Etats subsistent.

Si l’euro n’avait pas été créé, les premiers signes de dégradation de la situation économique se seraient manifestés par une baisse de la valeur du franc par rapport aux monnaies fortes, ce qui aurait obligé les autorités françaises à rétablir rapidement les équilibres fondamentaux.

Ce n’est plus le cas maintenant : les erreurs de politique économique commencent à se manifester dans le déséquilibre de la balance commerciale, mais sans autres conséquences, puis elles se transmettent lentement et tardivement aux marchés obligataires publics.

Les taux français sont et seront de plus en plus élevés. La situation sera intenable à terme.

*

Remettre de l’ordre dans les comptes publics en mettant fin aux dérives monétaires signifie qu’il faudrait rétablir des comptes donnant une image fidèle de la réalité dans toutes les entreprises privées et publiques.

A la SNCF, c’est réintégrer les 116 milliards d’euros de dettes qui ont été effacées par le décret du 7 mai 2007 et supprimer toutes les subventions : le chiffre d’affaires ne doit provenir que de l’argent versé par les seuls voyageurs et du produit des activités annexes (locations, publicités, etc.). Dans ces conditions, c’est la faillite de la SNCF avec toutes les conséquences que cela comporte.

Les mêmes mesures s’imposent dans les autres entreprises publiques comme la RATP, La Poste, ainsi qu’à eDF, France Télécom et toutes les entreprises françaises.

Les salaires devraient ainsi être révisés partout à la baisse.

Comme ils ne le sont pas, il y a effectivement trop d’argent en circulation.

La création monétaire se fait ainsi, mais peu de gens comprennent ces problèmes fondamentaux…

*

Bien entendu, aucun gouvernement ne prendra dans un avenir proche les mesures qui s’imposent. Elles sont pourtant indispensables.

Ne rien changer actuellement aura des conséquences qui seront beaucoup plus graves dans un avenir qui était lointain mais qui est de plus en plus proche.

L’URSS était une grande puissance. Elle s’est effondrée, les Russes sont pauvres.

Il en sera de même pour les mêmes raisons à l’avenir pour la France car les comptes ne respectent pas les normes comptables ce qui crée des déséquilibres monétaires.

Les équilibres monétaires sont l’un des piliers de la croissance et de la prospérité ont dit et répété les Reaganomics. Ils ont raison.

Nicolas Sarkozy n’a pas de chance : c’est lui qui hérite de la patate chaude.

***

Lire les articles des économistes de Work For All :

Causes de la croissance différentielle en Europe

France : une croissance de 5 % n’est pas une utopie

Et sur les dettes publiques : http://www.workforall.net/ModeleSocialFr.html

***

Réponse des questions posées précédemment dans un prochain billet…

Par CHEVALLIER
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