Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /Oct /2007 22:09

  Chiffres de l’emploi aux Etats-Unis et récession


Les chiffres de l’emploi qui viennent d’être publiés aux Etats-Unis sont trompeurs : ils montrent une augmentation globale de l’emploi en septembre qui occulte la récession.

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En effet, 126 700 emplois ont été créés en septembre (et aussi en août) dans certains secteurs saisonniers comme :

  • l’hôtellerie et la restauration (+ 35 900 à 11,652 millions),
  • l’enseignement (+ 27 000 dans le supérieur à 2,352 millions et + 18 800 dans le secondaire et le primaire à 8,062 millions)
  • ainsi que dans certains secteurs marginaux non soumis à la concurrence comme la santé et… l’assistance sociale (+ 45 000 à 15,490 millions)…

*

Dans le business, 97 600 emplois ont été supprimés dans :

  • les services de l’emploi (- 34 900 à 3,471 millions),
  • l’industrie (- 18 000 à 13,983 millions),
  • le commerce pour la maison (- 16 700 à 1,290 million),
  • la construction (- 14 000 à 7,613 millions),

http://research.stlouisfed.org/fred2/series/USCONS/chart?cid=11&fgid=&fgcid=&ct=&pt=&cs=Medium&crb=on&cf=pc1&range=5yrs&cosd=2003-01-01&coed=2007-09-01&asids=+%3CEnter+Series+ID%3E

  • la finance (- 14 000 à 8,448 millions).

http://research.stlouisfed.org/fred2/series/USFIRE/chart?cid=11&fgid=&fgcid=&ct=&pt=&cs=Medium&crb=on&cf=pc1&range=5yrs&cosd=2003-01-01&coed=2007-09-01&asids=+%3CEnter+Series+ID%3E

*

Seuls quelques secteurs marginaux ont embauché :

  • 10 000 emplois ont été créés dans la comptabilité (à 966 000) et
  • 9 700 dans le management (à 1,011 million) !

C’est peu.

*

Les marchés se trompent en pensant que tout va bien !

Je maintiens mes analyses : la récession est peut-être déjà là. 
De toutes façons, la croissance du PIB est très faible.

Le collapsus annoncé se produira.

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Evolution des créations d’emplois :

http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20071005US6EMPM.gif

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Les créations d’emplois ont été faibles pendant les années des Bush et fortes pendant les années Clinton, en attendant les prochaines…

http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20071005US7EMPBC.gif

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Le rapport sur l’emploi du mois de septembre : http://www.bls.gov/news.release/empsit.nr0.htm

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Informations sur les services de l’emploi : http://www.bls.gov/oco/cg/cgs039.htm

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Mon billet sur les chiffres de l’emploi en août : http://www.jpchevallier.com/article-12230704.html

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Par CHEVALLIER
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Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /Oct /2007 11:41

  Récessions en vue !


Les Américains continuent d’augmenter leur épargne :
M2-M1 a augmenté au 27 septembre de 8,74 % par rapport à l’année précédente.

Graphique 1 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)
 

*

Ils augmentent leur épargne car ils anticipent une dégradation de leur situation dans un avenir proche, et ils sont de plus en plus pessimistes de semaine en semaine !

L’augmentation de M2-M1 est de l’ordre de 8 % depuis ces 3 dernières semaines, plus importante qu’au cours des semaines précédentes,

Graphique 2 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)
 

*

Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à l’augmentation de la masse monétaire libre (qui dépend de la variation de M2-M1), la croissance du PIB était très faible au 3° trimestre, aux alentours de zéro, positive voire négative,

Graphique 3 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

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Le taux de croissance du PIB retenu ici est de 1,7 % d’une année sur l’autre, soit 0,3 % par rapport au trimestre précédent en taux annualisé, selon la présentation habituelle des chiffres aux Etats-Unis.

*

Les Américains diminuent leurs dépenses et le montant de leurs dépôts sur leurs comptes bancaires,

Graphique 4 : 

2007.10.05.US.4.TCD.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)
*

Ils augmentent donc leur épargne qui est maintenant supérieure à $6 000 milliards,

Graphique 5 : 



(cliquer ici pour agrandir le graphique)

Depuis ces dernières années, les Américains ont considérablement augmenté leur épargne qui se montait à $5 000 milliards 3 ans plus tôt en octobre 2004.

*

Le comportement des Américains est logique : l’augmentation de l’épargne entraîne une baisse de leurs dépenses, donc de la demande, donc de l’offre.
La croissance du PIB diminue alors au point d’être négative ainsi que les créations d’emplois.

4 000 emplois ont été supprimés au mois d’août pendant lequel l’augmentation de M2-M1 supérieure à 8 % n’avait duré que 2 semaines.

Les suppressions d’emplois devraient donc être plus élevées en septembre.

*

La cause du ralentissement de la croissance du PIB est le maintien de taux trop élevés de la Fed pendant trop longtemps.

Il faut un délai de 6 mois pour que la croissance reparte après une baisse des taux significative de la Fed.

C’est la raison pour laquelle Alan Greenspan anticipe lui aussi une récession dont il évalue la probabilité à 50 %.

La crise du sub-prime n’est qu’une conséquence du maintien des taux élevés de la Fed, et non pas la cause du ralentissement de la croissance du PIB.

*

Les entreprises américaines peuvent continuer à faire des bénéfices car elles ont beaucoup investi à l'étranger au cours de ces dernières années, en particulier dans les pays émergents où la croissance est très forte.

La croissance zéro aux Etats-Unis peut donc s’accompagner d’une augmentation des bénéfices des entreprises américaines, mais elle est inquiétante pour les Américains.

*

La croissance zéro des Etats-Unis se transmet en France.

La situation économique, sociale et politique va se dégrader considérablement dans les mois à venir.

C’est inquiétant pour les Français !

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Par CHEVALLIER
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Jeudi 4 octobre 2007 4 04 /10 /Oct /2007 12:13
Il est impossible de publier un article de quelques lignes ! 
Over-Blog est une arnaque !
Ne payez pas la version "premium" !
Par CHEVALLIER
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /Oct /2007 22:15

Je reprends ici un billet écrit le 23 janvier 2007…

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EADS-Boeing 2005

La rentabilité (opérationnelle et finale) d’EADS était supérieure à celle de Boeing en 2005.

Le taux de l’impôt sur les bénéfices publié par Boeing est inférieur à 9 % ! alors qu’il est de 33 % pour EADS et de 35 % légalement dans les deux cas.

Les Américains ont des fiscalistes très efficaces et des économistes qui ont bien compris que le taux de cet impôt doit être le plus faible possible pour que la croissance, c’est à dire la richesse de la nation et donc de tout le monde, soit la plus élevée possible.

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2005 Données en %

EADS

Boeing

Résultat opérationnel / CA

7,9

5,1

Résultat net / CA

5,0

4,7

Taux d’impôts / bénéfices

33

9

Gearing réel

116

86

*

L’endettement donnait l’impression d’être admissible avec un gearing de 78 % contre 86 % pour Boeing.

Le gearing est le ratio des dettes à long terme sur les capitaux propres.

Il ne devrait pas dépasser la moitié des capitaux propres (soit… 50 %).

Cependant, des " avances remboursables de gouvernements européens " pour un montant de 5,293 milliards d’euros apparaissent dans les… dettes courantes !

Il s’agit manifestement là d’une fraude délibérée pour tromper le public.

En effet, les " avances remboursables " n’existent pas !

Ce sont des emprunts sans échéance ni taux d’intérêt qui se perpétuent d’années en années : ils devraient donc être comptabilisés dans les dettes à long terme, ce qui fait monter le gearing réel à 116 % bien au delà de ce qui est admissible.

*

2005 Données en milliards

EADS €

Boeing $

Chiffre d’affaires

34,206

54,845

Recherche & développement

2,075

2,205

Résultat opérationnel

2,712

2,812

Résultat avant impôts

2,535

2,819

Résultat net

1,710

2,572

Capitaux propres

13,902

11,059

Dettes à long terme

10,837

9,538

*

Les comptes d’EADS pour 2006 se présentent mal avec un résultat opérationnel annoncé à zéro à cause des retards de l’A380.

Le résultat net sera négatif, les capitaux propres baisseront, les dettes augmenteront, le gearing sera hors normes et ce sera pire à l’avenir car l’A350 a été lancé beaucoup trop tardivement.

En effet, à partir du moment où les longs courriers biréacteurs sont autorisés, les compagnies aériennes ont intérêt à s’en équiper car ils sont plus rentables (la consommation en carburant est réduite).

Les dirigeants d’EADS auraient dû lancer l’A350 au lieu du gros porteur A380.

Ils ont fait une erreur monumentale.

En lançant le Dreamliner dès 2008, Boeing prend un avantage considérable sur son concurrent.

Au delà d’EADS, c’est toute l’industrie aéronautique française et européenne qui est profondément touchée pour longtemps.

Si les dirigeants de Boeing avaient commis des délits d’initiés et des fraudes sur les comptes comme ceux d’EADS, ils auraient été condamnés à plusieurs dizaines d’années de prison et les erreurs liées à l’intelligence économique auraient fait les gros titres des médias… aux Etats-Unis.

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Par CHEVALLIER
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /Oct /2007 22:02

Je reprends ici un billet que j’avais écrit le 23 janvier 2007 mis en ligne sur mon blog de " l’Institut Turgot " que Guy Millière a supprimé…

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Fonds de pension d’EADS : Allemagne / France, création et dérapages monétaires

Les fonds de pension sont indispensables pour assurer le financement des retraites et les équilibres micro et macroéconomiques.

Malheureusement, les Français les interdisent. C’est une grave erreur.

L’exemple d’EADS (et de Boeing) est pourtant très instructif…

*

EADS alimente depuis 2004 un fonds qui sert à payer les pensions de retraite des salariés de l’entité allemande

La provision capitalisée (une épargne) était de 4 milliards d’euros au 31 décembre 2005.

Elle est investie dans diverses valeurs mobilières génératrices de revenus qui paieront ces pensions à l’avenir, ce qui correspond à la logique économique.

*

Les salariés de l’entité française d’EADS doivent recevoir une pension lorsqu’ils seront en retraite (ils ont donc des créances), mais il n’y a aucune provision constituée, aucune épargne investie !

Légalement, ce sont les prélèvements sur les revenus des personnes qui travailleront en France à l’avenir qui assureront leur retraite dite par répartition qui ne répond à aucune logique économique car il y a distribution de revenus différés sans épargne préalable investie.

En deux ans, l’entité allemande a donc épargné, investi et capitalisé 4 milliards d’euros.

*

Les créances sont comptabilisées, les comptes font apparaître un bénéfice normal.

Tout est en ordre.

Il n’y a pas de création monétaire en Allemagne donc la croissance du PIB est normale, aux alentours de 2,5%..

Il n’en est pas de même pour l’entité française car les créances de retraite ne sont pas comptabilisées (elles auraient dû l’être en charges, en particulier de personnel).

*

Avec EADS, il y a donc 4 milliards d’euros en trop qui circulent en France : c’est de la monnaie non gagnée, de la création monétaire que l’on retrouve dans la masse monétaire de la zone euro.

Autre façon de raisonner : si les comptes d’EADS avaient été tenus correctement pour l’entité française, les bénéfices de 2004 et 2005, soit un total de 3 milliards d’euros environ, auraient dû être… une perte d’un milliard !

EADS publie un résultat bénéficiaire normal (5 % du chiffre d’affaires) mais en réalité, il est déficitaire.

Comme rien n’est fait pour y remédier, la faillite est en bout de piste !

*

Elle ne se produira pas au niveau microéconomique d’EADS ni de chacune des autres entreprises, mais au niveau macroéconomique, national, de l’ensemble des entreprises, c’est à dire de la France.

Ce déséquilibre ne se voit pas dans les comptes publiés par les entreprises, mais dans la masse monétaire française qui est hypertrophiée et diluée dans celle de la zone euro.

Le gros problème est qu’EADS n’est pas un cas isolé : quasiment toutes les entreprises françaises présentent les mêmes caractéristiques : une crise systémique couve.

Elle se manifeste depuis quelques années par une faible croissance (car la création monétaire est forte), qui se transformera en une récession déflationniste difficilement maîtrisable.

*

Les équilibres monétaires fondamentaux sont la condition nécessaire de la croissance.

Les Reaganomics le savent bien : c’est leur première préoccupation.

C’est à la banque centrale d’y veiller.

Le manque de culture économique de la communauté française est dramatique.

*

L’adoption d’un système de fonds de pension remplaçant celui de la retraite par répartition devrait être le point principal de la campagne électorale en France car il permettrait de baisser d’une dizaine de points le taux des prélèvements obligatoires, ce qui ferait repartir la croissance.

Les entreprises trouveraient là le moyen de financer leurs investissements et les retraités leurs pensions.

Le débat devrait opposer Nicolas Sarkozy proposant d’adopter le modèle irlandais très libéral et très performant à Ségolène Royal partisane d'usines à gaz dans le style des entreprises allemandes ou américaines.

*

Voir le rapport annuel 2005 d’EADS, note 21 pages 87 et 88 :

http://www.eads.com/1024/fr/investor/reports/Current%20Publications.html#10538

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Par CHEVALLIER
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Mardi 2 octobre 2007 2 02 /10 /Oct /2007 12:13

  De Keynes à la business économie


Le XX° siècle a été celui des grands débats entre les partisans et les adversaires du capitalisme libéral qui ont d’abord été marxistes avec les communistes purs et durs.

Face aux échecs de l’URSS, ils se sont adoucis en socialistes de bon aloi acceptant l’existence du capitalisme libéral, mais en cherchant à l’orienter dans leur sens.

C’est le cas de la social-démocratie allemande et d’une façon générale de la gauche plurielle qui utilise souvent des théories plus ou moins libérales comme par exemple celles de Keynes qui a prôné une relance par la consommation pour sortir d’une crise.

*

Les libéraux  s’inscrivant dans ce débat, ont alors opposé une économie de l’offre qui cherchait à favoriser la production des entreprises en libéralisant et en déréglementant les marchés, en allégeant le poids de l’Etat, donc l’importance des prélèvements obligatoires.

Ce fut le redressement des Etats-Unis avec les années Reagan.

En ce XXI° siècle, la cause est entendue : l’économie de marché est une évidence pour tout le monde (ou presque !), y compris pour la plupart des Démocrates.

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Le débat entre une relance par la consommation et une économie de l’offre est dépassé.

La relance de l’économie (normalement constituée) ne peut se faire que par la baisse des taux de la banque centrale, éventuellement aidée par une baisse des impôts, le déficit important (mais temporaire) de l’Etat étant comblé par la suite par l’augmentation des rentrées fiscales dues à la reprise de la croissance.

*

La consommation et les marchés sont au centre de ces mécanismes

Des taux d’intérêt bas favorisent la consommation et l’investissement des ménages et des entreprises : les affaires repartent, et inversement en cas de risques inflationnistes.

C’est l’économie des affaires, du business, la business économie.

*

La problématique de la politique économique a complètement changé au cours de ces dernières décennies.

Les gouvernements ont maintenant un rôle mineur à jouer : accomplir les tâches de l’Etat au mieux et au moindre coût, c’est à dire réaliser l’optimum fiscal.

Les banques centrales doivent surveiller et réguler l’activité économique par leurs moyens, en particulier par le maniement de leurs taux de base.

*

Les Américains réussissent très bien à ce jeu, ainsi que les autres pays qui se sont lancés dans ce type de politique économique comme par exemple l’Irlande et dans une large mesure la Chine.

L’Allemagne a entamé la même démarche sous l’influence d’économistes libéraux avec le chancelier Schröder, de gauche. Il en est de même dans la plupart des pays de l’Europe de l’Est.

Les Français sont dans leur propre monde, à côté de ce monde.

C’est l’exception française, y compris chez les (rares) libéraux et leurs adversaires pour une fois réunis dans les mêmes errements.

Aucune des mesures prises par Nicolas Sarkozy ne rentre dans cette logique de business économie.

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Simple, pas trop difficile à comprendre

C’est l’économie, stupide.

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Par CHEVALLIER
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Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /Oct /2007 21:52

  De la théorie quantitative de la monnaie à la Fed


Jadis, les hommes ont trouvé un bon moyen pour faciliter les échanges commerciaux : ils ont établi des prix exprimés en une monnaie-marchandise facilement identifiable, assez rare mais pas trop, à savoir une certaine quantité d’or, sous la forme de pièces de monnaies…

Tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où l’abondance de l’or dans le Nouveau Monde a semé le désordre dans l’Ancien Monde.

La quantité de monnaie en circulation a augmenté, les prix ont augmenté.

Ce fut le début de l’inflation.

Logique ! C’est le principe essentiel de la théorie quantitative de la monnaie.

Le monde a beaucoup évolué depuis l’époque de Christophe Colomb, mais pas les connaissances économiques de beaucoup de gens qui en sont restées à ces vues simplistes…

*

La masse monétaire précolombienne correspondait à ce qu’on appelle maintenant l’agrégat M1 : l’argent qui se trouve dans nos portefeuilles et porte-monnaie, et surtout sur nos comptes bancaires.

La masse monétaire M3 actuelle de la zone euro, 8 300 milliards d’euros, est composée de :

  • l’agrégat M1 pour 3 800 milliards d’euros,
  • l’agrégat M2-M1, 3 200 milliards d’euros qui correspond à l’épargne déposée par les Euro-zonards sur leurs livrets de caisses d’épargne,
  • et de la trésorerie des entreprises pour 1 200 milliards d’euros, c’est à dire de l’agrégat M3-M2.

*

Actuellement, M3 augmente beaucoup : de 11,7 % d’une année sur l’autre, à cause des Euro-zonards qui augmentent leur épargne (M2-M1 augmente de 15 %) car ils craignent que leur situation se dégrade dans l’avenir proche.

Ils épargnent davantage en consommant moins (ou pas plus qu’auparavant).

La demande baisse, l’offre s’adapte, ce qui ralentit la croissance du PIB.

Simple, pas trop difficile à comprendre.

L’augmentation de M3 ne signifie pas que les prix augmentent !

Christophe Colomb, c’est du passé.

Dépassée, la théorie quantitative de la monnaie.

*

Pour que la croissance reparte, il faudrait que les Euro-zonards augmentent leur consommation en puisant dans leur épargne.

La demande augmenterait, donc l’offre et la croissance du PIB.

Il faudrait donc que M2-M1 (donc M3) diminue pour que la croissance du PIB augmente.

Simple, pas trop difficile à comprendre

***

Quand la croissance est trop forte, comme c’était le cas aux Etats-Unis depuis 2004, l’inflation repart, car en de telles circonstances, les producteurs en profitent pour augmenter leurs prix et les salariés leurs revenus.

Pour lutter contre l’inflation, il n’y a qu’une solution : la banque centrale doit augmenter son taux de base, ce qui renchérit le coût des crédits.

Coûtant trop cher (à cause des taux trop élevés) , certains projets sont de ce fait abandonnés, ce qui ralentit la croissance.

Simple, pas trop difficile à comprendre

La Fed a augmenté son taux de base à 5,25 %, un niveau très élevé par rapport à sa neutralité, ce qui crée un ralentissement de la croissance aux Etats-Unis.

L’inflation revient dans la zone optimale inférieure à 2 %.

*

Pour que le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis ne se transforme pas en récession, c’est à dire pour faire repartir la croissance du PIB, la Fed vient de baisser son taux de base.

Quand le coût du crédit baisse, les investisseurs… investissent, ce qui fait repartir la croissance en faisant baisser M3 car ces investissements sont financés par les trésoreries des entreprises (M3-M2 baisse) et par l’épargne des ménages (M2-M1 diminue).

Les agrégats de M3 baissent, donc M3 baisse, ce qui fait repartir la croissance du PIB réel.

Simple, pas trop difficile à comprendre

*

C’est la loi de la masse monétaire libre :

La variation de la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à celle de la masse monétaire libre qui est la différence entre l’augmentation de la masse monétaire M3 en données courantes et (moins) le taux de croissance du PIB réel.

C’est la variation de cette masse monétaire libre qui est importante : quand elle augmente, la croissance du PIB diminue, et inversement.

*

Depuis plus de 50 ans, la croissance du PIB aux Etats-Unis est régulée par les variations du taux de base de la Fed.

Depuis plus de 50 ans, les banques centrales ne créent plus de monnaie. Elles ne font que surveiller leur système monétaire de façon à ce qu’il fonctionne normalement, c’est à dire sans crise majeure, et ça marche !

Simple, pas trop difficile à comprendre

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C’est l’économie, stupide.

*

Par CHEVALLIER
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /Sep /2007 18:43

 

L’inflation redevient normale aux Etats-Unis : le PCE-PILFE est revenu dans les normes bien installé sous la barre de 2 %. Ouf !,

Graphique 1 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070928US3PCE01.gif

Le PCE-PILFE d’août a augmenté de 1,76 % en un an, contre 1,91 % en juin et juillet.

La tendance baissière est bonne.

*

L’inflation sous-jacente doit impérativement rester dans la bande de 1 à 2 % sans atteindre ces limites, ce qui a été réalisé de 1996 à 2003 grâce à la politique monétaire menée par la Fed.

Graphique 2 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070928US4PCE84.gif

*

Le dérapage inflationniste qui a duré depuis 2004 est stoppé grâce au maintien des taux de la Fed au dessus de la neutralité de 4,25 %… ce qui provoque un ralentissement de la croissance qui risque d’aller jusqu’à une récession.

C’est à ces conditions que l’inflation peut être maîtrisée. 
L’inflation ne doit pas descendre sous le plancher de 1 % car les risques de déflation seraient importants. C’est ce qui se passe au Japon depuis un certain nombre d’années.

*

PCE-PILFE : Personal Consumption Expenditures: Chain-Type Price Index Less Food and Energy. 
Le PCE-PILFE est l’indice des prix hors éléments volatils, hors les prix alimentaires et de l’énergie. 
C’est l’inflation dite sous-jacente, ou core inflation.

***

Par CHEVALLIER
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /Sep /2007 11:06

 

M2-M1 continue d’augmenter sur un rythme de 8,64 % (d’une année sur l’autre) du 10 au 17 septembre, ce qui signifie que les Américains augmentent leur épargne en diminuant leur consommation.

Graphique 1 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070928US1M2M1.gif

*

Comme la demande baisse, l’offre s’adapte : la croissance du PIB réel ralentit logiquement.

Les Américains augmentent leur épargne car ils estiment que leur situation va se dégrader à cause du maintien des taux de la Fed à des niveaux trop élevés.

En effet, des taux trop élevés renchérissent le coût des emprunts, donc de tous les projets d’investissement, ce qui provoque un ralentissement général de l’activité économique.

Graphique 2 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070928US2FRM.gif

*

La Fed vient de baisser son taux de base le 18 septembre, mais c’est trop tard.

Le ralentissement de la croissance est déjà important : la croissance de ce 3° trimestre est au mieux de 1,7 % d’une année sur l’autre, c’est à dire 0,3 % par rapport au 2° trimestre en taux annualisé selon la présentation habituelle aux Etats-Unis.

Le graphique 2 est réalisé sur cette hypothèse, mais la croissance peut être encore plus faible et même négative.

*

Remarques…

*

L’augmentation de M2-M1 de mai 2005 à juin 2006 correspond à l’augmentation des taux de la Fed qui a atteint son sommet à 5,25 % le 29 juin 2006, ce qui signifie que les Américains ont bien compris que le relèvement de ce taux allait ralentir l’activité : ils ont augmenté leur épargne, ce qui ralentit la demande, donc la croissance du PIB réel.

*

La croissance du PIB réel a commencé à baisser 6 mois après le relèvement du taux de la Fed au dessus de son niveau de neutralité de 4,25 %.

En effet, la Fed a augmenté son taux de base à 4,5 % le 31 janvier 2006 et le taux de croissance du PIB réel d’une année sur l’autre qui était de 3,2 % au 2° trimestre 2006 est tombé à 2,4 % au 3° trimestre.

Depuis cette date, la croissance du PIB est inférieure à son potentiel optimal de 3,5 % car la Fed maintient ses taux trop haut.

Les décisions de la Fed agissent sur l’économie réelle avec un délai de 6 mois depuis… plus de 50 ans ! voir mes billets précédents sur la masse monétaire libre.

*

Pour faire repartir la croissance, la Fed aurait dû baisser son taux à 4,25 % ce qui correspond à sa neutralité.

Comme les membres du FOMC n’ont pas pris cette décision, une croissance négative est fort probable pour ce 4° trimestre 2007.

Cependant, comme l’économie américaine est très forte, la croissance peut repartir très vite, et être plus forte que prévu.

La neutralité du taux de la Fed peut être un peu supérieure à 4,25 % car l’économie américaine est très forte et très saine.

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Par CHEVALLIER
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 17:07

Je reprends ici un billet que j’avais écrit le 24 mai 2007...

Caterpillar 2006

Les mauvais résultats accumulés jusqu’en 2002 ont obligé les dirigeants de Caterpillar à une restructuration énergique : les gains de productivité ont bondi de 20 % en 2003 et 2004.

La marge opérationnelle est donc revenue dans la norme à deux chiffres depuis 2005 et la marge nette dans les 8 %.

La rentabilité des capitaux investis devient acceptable malgré un endettement hors normes dû en grande partie aux engagements de retraite.

La situation de Caterpillar est bonne (malgré l’endettement).

Le niveau de productivité est élevé mais les gains possibles sont faibles.

Les ventes (et les ratios de rentabilité) devraient rester élevées grâce à la croissance générale, surtout dans les pays émergents.

*

Tableau 1 :

Caterpillar

 

 

 

 

 

 

 

US$ billion

2 000

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

 

 

 

 

 

 

 

 

Sales & revenues

20 175

20 450

20 152

22 763

30 251

36 339

41 517

Change yoy %

2,4

1,4

- 1,5

13,0

32,9

20,1

14,2

 

 

 

 

 

 

 

 

Cost of sales

14 497

14 752

15 146

16 945

22 420

26 558

29 549

Cost / Sales in %

71,9

72,1

75,2

74,4

74,1

73,1

71,2

 

 

 

 

 

 

 

 

R & D

649

696

656

669

928

1 084

1 347

sell adm gen exp

2 367

2 567

2 094

2 470

3 072

3 190

3 706

 

 

 

 

 

 

 

 

Operating income

1 737

1 311

1 324

1 688

2 733

3 784

4 921

Change yoy %

16,3

- 24,5

1,0

27,5

61,9

38,5

30,0

Operating margin

8,6

6,4

6,6

7,4

9,0

10,4

11,9

 

 

 

 

 

 

 

 

Inc befor inc taxes

1 528

1 169

1 114

1 477

2 707

3 901

4 861

inc bef inc tax marg

7,6

5,7

5,5

6,5

8,9

10,7

11,7

 

 

 

 

 

 

 

 

Net income

1 053

805

798

1 099

2 035

2 854

3 537

Change yoy %

11,3

- 23,6

- 0,9

37,7

85,2

40,2

23,9

Net margin

5,2

3,9

4,0

4,8

6,7

7,9

8,5

 

 

 

 

 

 

 

 

Shareholder's eq

5 600

5 611

5 472

6 078

7 467

8 432

6 859

ROE

18,8

14,3

14,6

18,1

27,3

33,8

51,6

 

 

 

 

 

 

 

 

Long term debt

11 334

11 291

15 508

18 234

19 414

19 789

24 768

ROCE

10,3

7,8

6,3

6,9

10,2

13,4

15,6

Gearing

202

201

283

300

260

235

361

*

Les gains de productivité (chiffre d’affaires par salarié) ont bondi à partir de 2003 ainsi que les salaires moyens qui ont été stabilisés après avoir culminé à près de $85 000 par an !

Tableau 2 :

 

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

 

 

 

 

 

 

 

Number of employees

70 678

70 973

67 828

73 033

81 673

90 160

Wages… in $ billion

4 272

4 360

4 980

6 025

6 928

7 512

 

 

 

 

 

 

 

Revenues/employee in $

289 340

283 939

335 599

414 210

444 933

460 481

Wages / employee in $

60 443

61 432

73 421

82 497

84 826

83 319

 

 

 

 

 

 

 

Wages / revenues in %

20,89

21,64

21,88

19,92

19,06

18,09

Productivity's gains in %

- 3,62

- 1,87

18,19

23,42

7,42

3,49

 

 

 

 

 

 

 

*

Contrairement aux idées communément répandues, les cash flows ne donnent aucune information utile quant aux perspectives d’une entreprise !

Tableau 3 :

Cash flows

1 999

2 000

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

/operating

2 590

2 059

1 987

2 366

- 5 611

- 3 991

3 113

5 799

total

548

334

400

309

342

445

1 108

530

*

Après avoir stagné de 1999 à 2002, le chiffre d’affaires grimpe régulièrement depuis 2003.

Les bénéfices augmentent encore plus vite depuis 2003.

La marge nette  (résultat net sur chiffre d’affaires) est maintenant dans la norme des 8 %.

C’est l’augmentation du résultat d’exploitation qui explique le redressement de la situation grâce aux restructurations effectuées (3 000 salariés en moins pour une augmentation du chiffre d’affaires de 13 % !).

La marge opérationnelle  (résultat opérationnel sur le chiffre d’affaires) qui était descendue à 6,6 % est remontée dans la zone normale à deux chiffres.

*

Le ROE (Return On Equity : ratio du résultat net sur les capitaux propres) est anormalement élevé car les capitaux propres sont anormalement faibles à cause des engagements de retraite.
Le ROCE  (Return On Capital Employed : résultat d’exploitation sur capitaux propres + dettes à long terme) se rapproche de la zone normale des 20 %. 
Le gearing (ratio des dettes à long terme sur les capitaux propres) est beaucoup trop élevé (il devrait être inférieur à 50 %) à cause de la faiblesse des capitaux propres.

*

La répartition des charges et des bénéfices montre que le coût des ventes est très élevé.

La maîtrise des charges de personnel et des achats est essentielle pour la réussite de Caterpillar,

Pas d’effet boule de neige : les bénéfices sont redistribués et engloutis dans les engagements de retraite,

Sources : comptes de Caterpillar

***

Caterpillar est une entreprise américaine typique qui est très performante à la suite des restructurations réalisées, surtout en 2002 et 2003.

Le niveau de productivité est très élevé et la rentabilité normale.

Les perspectives sont bonnes.

***

 

Par CHEVALLIER
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