Réalités incontournables
Les rendements des bons à 10 ans des Trésors de la zone euro jouent le rôle de quasi monnaies en l’absence de monnaies nationales car les spéculateurs, c’est-à-dire les bons investisseurs qui voient juste et loin, anticipent leur remboursement à l’échéance dans la monnaie de ces pays après l’éclatement de la zone euro.
L’écart entre les rendements des bons à 10 ans des Trésors de la zone euro par rapport au Bund de référence, en pourcentage, donne une indication du pourcentage de dévaluation potentielle de ces monnaies.
Hier soir, en fin de séance américaine vers 21 heures françaises, le rendement des bons italiens était de 4,271 %, ce qui correspond à un écart de 60 % par rapport au Bund (2,670 %), records précédents battus, en particulier celui atteint après la faillite des frères Lehman,
Graphique 1 :
Cliquer ici pour agrandir le graphique.
La situation est pire encore pour l’Espagne (écart de 67 % pour un rendement de 4,473 %) et pour le Portugal (écart de 88 % pour un rendement de 5,028 %), la Grèce étant au plus mal évidemment.
La contagion a même atteint la France avec un écart de 12 % pour un rendement de 2,998 % malgré les interventions de toute la communauté financière,
Graphique 2 :
Cliquer ici pour agrandir le graphique.
Les mesures qui ont été prises (pour rassurer les marchés !) ne servent absolument à rien car les causes fondamentales de ces désordres monétaires ne sont pas (identifiées ni) traitées comme il le faudrait.
En effet, ces cochons de pays du Club Med ont des déficits de la balance des transactions courantes (commerciale et des capitaux) et des investissements directs étrangers qui ne sont pas compensés par des entrées nettes de capitaux (cf. mes billets à ce sujet) comme c’est le cas aux Etats-Unis, l’Allemagne compensant à elle seule ces déficits par ses excédents commerciaux et des capitaux (c’est le premier exportateur mondial).
C’est pourtant simple : un pays ne peut pas vivre longtemps au-dessus de ses moyens en accumulant les dettes !
Il est curieux de constater que plus personne ne traite de ces problèmes de balances des paiements qui sont pourtant essentiels !
Avant, c’est-à-dire avant l’adoption de cette monnaie contre nature qu’est l’euro, tout le monde comprenait ces problèmes qui étaient traités habituellement dans tous les médias.
J’avoue ne pas comprendre que je sois le seul à les aborder et à en tirer les conclusions qui s’imposent.
Le retour aux réalités sera sanglant !
La situation est d’autant plus dangereuse que les Gos banques françaises sont très vulnérables car elles sont loin de respecter les ratios prudentiels d’endettement (leverage, mon µ, cf. mes billets à ce sujet).
Les dirigeants allemands semblent être bien conscients de ces problèmes et ils prennent leurs dispositions dans cette perspective.
Comme dans les régions à risque, un tsunami peut se produire à tout moment, c’est une certitude, la seule inconnue étant la date.
La seule façon de s’en sortir est de fuir avant, comme le font les éléphants avant l’arrivée d’un tsunami (comme les bons spéculateurs, ils sentent venir les ondes dans leurs grosses pattes), et surtout de sortir son épargne de la zone euro en investissant en particulier dans des sociétés cotées aux Etats-Unis, cf. mes offres à ce sujet…
***
Fuir et investir dans les entreprises américaines, c'est bien beau tout cela, mais comment le faire de manière concrète
et dire au revoir à la France.
A moins de s'expatrier aux USA, je ne vois pas comment.
Pour investir directement aux usa, par l'intermédiaire de qui ou de quelle société.
Ils existent des sicav qui sont majoritairement investis sur les entreprises US. Est ce pour vous un bon moyen ?
Le problème c'est que les Sicav en question sont généralement gérés par des intermédiaires (banques ou cie d'assurance Européenne).
On est coincé qu'on le veuille ou non, car l'Etat veut vous faire passer à la trappe de l'impot sur tous vos avoirs surtout en ce moment.
Bien cordialement,
Jérome
Comme je l'ai déjà écrit x fois, une première solution simple et rapide est d'investir directement en actions cotées aux US (sous-cotées, en croissance et créant de la valeur) à partir d'une banque franchouillarde, ce qui donne de bons résultats.
Attention : ne pas investir dans des produits proposés par les banques (type Sicav et autres) car c'est là que les banques fourguent leurs plantages !
Le «policy mix» est à nouveau en pleine
évolution. Fin 2008, en pleine crise bancaire
et économique, les Etats alignèrent leurs
politiques monétaires et budgétaires. Le coût
de l’argent chuta, les dépenses publiques
s’envolèrent.
Mais aujourd’hui, la désynchronisation mondiale
de ce «policy mix» est réapparue: les
pays émergents, dont la croissance est forte,
resserrent le volet monétaire, alors que la zone euro – qui ne bénéficie pas d’une forte croissance pour engranger des recettes fiscales doit réduire ses dépenses budgétaires, afin de garder la confiance de ses créanciers. Pour alléger le fardeau économique qui en résulte, elle doit maintenir sa politique monétaire expansive et ses taux bas; et l’euro en pâtit. Les
commentateurs économiques sont restés
concentrés sur les effets négatifs de ces freins budgétaires plutôt que sur ceux, bénéfiques, de la baisse de l’euro. On estime que 10% de baisse de l’euro se traduit par un point de croissance en plus dans la zone euro.
Certes, les pays qui vont pratiquer le fitness
budgétaire sont aussi ceux qui ne profiteront
que peu de la faiblesse de l’euro, car leurs exportations hors zone euro sont négligeables.
Mais leur poids économique (Espagne, Portugal,
Irlande et Grèce = 18% du PIB de la zone
euro) est inférieur à celui de l’Allemagne (25%
du PIB de la zone), qui, elle, profitera largement de la baisse de l’euro. Ses exportations hors zone euro représentent en effet presque 20% de son PIB.
Si aujourd’hui, la question du ralentissement
économique de la zone semble donc être une
interrogation pour certains, celle de la disparité future entre ses membres ne doit pas être esquivée.
On imagine certaines réactions politiques
lorsque l’Allemagne aura retrouvé ses
équilibres et qu’au même moment les pays du
sud européens tenteront toujours de rembourser
leurs dettes.
On entrevoit également les futures angoisses
de la Banque centrale européenne, tiraillée
entre le besoin de ralentir les pressions inflationnistes allemandes et de lutter contre les pressions déflationnistes au sud de la zone
euro. Pour le meilleur ou pour le pire, la thématique de la nation reviendra interférer dans les discours politiques et les allocations des investisseurs. Pour ces derniers, il faudra bien choisir entre des entreprises de travaux publics espagnoles et des sociétés allemandes exportatrices ou dans l’immobilier. Ce n’est en tout
cas pas dans un ETF régional qu’ils trouveront
leur meilleur… «investment mix».
? C'est possible, mais je n'ai aucune information là dessus
Quand aux chaloupes qui se mettent en désordre à l'eau, on ne peut que constater que ce ne sont pas les plus performants qui y prennent place, ceux qui seront en capacité de souquer sur les avirons, mais ceux qui se laissent bercer... Et c'est pourtant souquer sur les avirons pour s'éloigner des turbulences engloutissantes... C'est par dessus bord qu'il faut jeter les poids inertes...
La France émet aisément 8,3 mds d'euros d'obligations :
Ce jeudi, par exemple, l'AFT a émis davantage d'OAT 3,75% avril 2021 (3,364 milliards d'euros) que de l'OAT de référence à 10 ans, la 3,50% avril 2020 (2,57 milliards d'euros).
A quel prix !!!
Oui ! Vous avez tout à fait raison de relever ça ! Hier soir, le rendement était quasiment à 3,0 %, le prix accepté aujourd'hui est très bas !!! ... mais d'après les journaleux de Reuters, La France émet aisément 8,3 mds d'euros d'obligations !!!
Atention ! J'ai bien écrit que le pire est possible (un tsunami), mais pas certain !
Au mieux, il peut y avoir une croissance molle en € land, et c'est ce qui arragerait le mieux les intérêts US ! donc il est possible que le tsunami n'ait pas lieu !
"On" est déjà passé tout près de situations catastrophiques, sans sombrer, ça peut continuer comme ça un certain temps...
L'avenir est par définition incertain, je prends en considération ces 2 situations.
- Si l’Espagne avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 4,518 %.
Le graphique des taux d'intérêt des obligations espagnoles est incroyable : les taux d'intérêt espagnols sont en train d'exploser.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GSPG10YR%3AIND
- Si l’Irlande avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 5,007 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GIGB10YR%3AIND
- Si le Portugal avait dû lancer un emprunt à 10 ans, il aurait dû payer un taux d’intérêt de 5,032 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GSPT10YR%3AIND
- Si la Grèce avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 8,08 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GGGB10YR%3AIND
Ces taux d’intérêt hallucinants montrent que le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne vont devoir emprunter à des taux d’intérêt de plus en plus exorbitants.
Le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne foncent vers le défaut de paiement.
L'Italie et la France suivront.
Foutons le camp de la zone euro : la zone euro va exploser.
L'Italie et la France suivent... au présent et non pas au futur ! ... vers le défaut de paiement, c'est ça qui est important et vous avez bien fait de l'écrire !
Toutes ces dérives ne sont que le résultat logique du mal-investissement généré par des taux trop bas.