Lundi 2 février 2009

Que faire maintenant ?


La Vieille Europe est sous le coup de trois tsunamis


Le premier, annoncé depuis 2005, a été créé par le non enregistrement des engagements de retraite surtout en France où ils atteignaient €4 500 milliards fin 2004, 3 fois le montant du PIB de l’année selon les calculs de Michel Pébereau, confirmés par ceux des économistes de Work For All et de la banque ABN Amro.


Ce premier tsunami n’a pas encore produit ses effets dévastateurs. Il couve.


Le deuxième tsunami annoncé est visible depuis la fin du mois de juin 2007 dans les écarts des rendements des bons des Trésors à 10 ans de la zone euro : c’est celui du décrochage des pays du Club Med par rapport à l’Allemagne (car les gains de productivité globale y sont supérieurs à ceux des pays du Club Med).


Ses effets sont rampants : les entreprises des pays du Club Med ferment temporairement ou définitivement car leurs produits ne sont plus compétitifs à cause de la surévaluation (pour eux) de l’euro.


Le troisième tsunami n’a été détecté que récemment : c’est celui du surendettement des banques par rapport au PIB et au montant de leurs capitaux propres.


Ses effets sont pervers et très graves : les banques n’ont plus confiance entre elles, elles ne prêtent plus entre elles leurs disponibilités et elles ne peuvent plus emprunter sur les marchés.


Elles déposent tous les jours €200 milliards auprès de la BCE plutôt que de prendre le risque de les prêter à une autre banque et de ne pas pouvoir récupérer leurs apports.


Elles ne prêtent donc plus à leurs clients (les entreprises et les particuliers), ce qui paralyse toute l’activité économique.


La problématique étant correctement posée, que faire maintenant ?


La solution est simple, tout est simple disait Milton Friedman : les banques doivent respecter les deux normes de base, ce qui signifie que le total des dettes de toutes les banques européennes doit être inférieur à 10 % du PIB de leur pays d’origine et être inférieur à 12,5 fois le montant de leurs capitaux propres (c’est le ratio que je désigne par la lettre µ).


Une chirurgie de guerre doit être appliquée au plus vite sur les banques hors normes qui doivent donc être amputées de certains de leurs actifs, démantelées, et recapitalisées par l’État, c’est à dire les contribuables, ou par des investisseurs privés dans la mesure où c’est encore possible.


Les Américains, c’est à dire le gouvernement (par Henry Paulson) et la Fed ont imposé aux banques fautives ces solutions qui ont été facilement mises en œuvre car le Trésor a pu émettre des centaines de milliards de bons (au moins 800 d’après mes sources) ce qui répondait à la demande des marchés.


Pour l’instant, l’État fédéral a investi $194 milliards pour recapitaliser les banques viables, ce qui est une somme… modique par rapport au PIB de $14 400 milliards.


Toutes les banque américaines respectaient fin décembre ces deux ratios d’endettement bancaire.


Les fondamentaux étant restaurés, la croissance peut repartir aux États-Unis du moins, ce qui n’est pas le cas dans la Vieille Europe.


En effet, les dirigeants des autorités des pays européens n’ont même pas compris la problématique de base, y compris ceux qui étaient les plus vertueux et les plus compétents : les petits Suisses.


En effet, le président de la banque centrale et le ministre des finances helvètes n’envisagent pas de démanteler UBS ni Crédit Suisse ni de recapitaliser ce qui en resterait.


Les solutions adoptées un peu partout, à savoir des prêts assimilables à des fonds propres selon des règles du Tier 1 ne résolvent pas les problèmes : elles les aggravent en fait car il ne s’agit pas de véritables capitaux propres comme aux États-Unis, mais de véritables prêts.


Les banquiers, c’est à dire les dirigeants des grandes banques françaises et européennes sont très puissants, trop puissants.


Ils imposent leurs vues à tout le monde, aux banques centrales et aux gouvernements.


Rien ni personne ne les arrêtera alors qu’aux États-Unis, c’est le gouvernement et la Fed qui ont imposé leurs décisions aux banquiers pour réorganiser une concurrence indispensable entre 8 000 banques.


Une fois de plus, il ne faut pas plus de régulation, mais au contraire, plus de marché, plus de concurrence, y compris et surtout dans le secteur bancaire.


Il est effarant de constater le manque de culture économique qui conduit les Européens à un tsunami qui leur est fatal.


Dans son livre, L’âge des turbulences, Alan Greenspan prédit un XXI° siècle dont les États-Unis garderont le leadership et une Chine capitaliste libérée de ses scories communistes, la Vieille Europe étant reléguée à un rôle marginal.


Il ne précise pas pourquoi ni comment s’opérera ce déclin. On en connaît maintenant les raisons.

***

par CHEVALLIER
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Commentaires

Bravo !!!
Commentaire n° 1 posté par Josick d'esprit agricole le 02/02/2009 à 16h35
désolé mais je ne vois aucune raison de se réjouir! Je trouve même cela très attristant... d'autant que cette "crise" pourrait avoir des conséquences très néfastes pour nous tous, en particulier sur le plan politique. Ce qui m'étonne tout de même, c'est que nos gouvernants puissent être aussi mal conseillés et aussi aveugles : au vu de l'évolution de la situation depuis 6 mois, cela m'aurait mis la puce à l'oreille... pas vous?
Commentaire n° 2 posté par dardevil99 le 02/02/2009 à 17h27
Nos "gouvernants" sont mal conseillés, et pour cause : il n'y a aucun business économiste parmi eux, aucune culture économique (pour moi) chez eux
Ils ne comprennent rien à ce qui se passe et ils ne font que relancer la crise avec leur plan !
Réponse de CHEVALLIER le 02/02/2009 à 17h54
Et quand on pense que Sarkozy est très influencé par ce danger public d'Henri Guaino. Henri Guaino a travaillé pour le Crédit Lyonnais, c'est dire. Il a également collaboré avec les socialistes Jacques Chirac et Philippe Seguin ainsi qu'avec l'escroc Charles Pasqua. En 1995, il est promu commissaire général au plan (!!!). Ce "gaulliste social" (traduction: "socialiste"), il inspire la campagne présidentielle de Jacques Chirac de 1995, autour de la « fracture sociale ». Et ce gauchiste keynésien prétentieux et ignare est le plus proche conseiller de Nicolas Sarkozy...
Commentaire n° 3 posté par Amaury le 02/02/2009 à 18h06
Si je comprend bien, aux Etats-Unis il y a encore un cerveau qui coordonne et réalise les conditions de nouveaux champs de blé... Tandis qu'en Europe, on n'a que la perspective de champs de mauvaise herbe. En fin de http://www.jdf.com/essentiel/2009/01/31/04003-20090131ARTHBD00024-les-evenements-s-accelerent.php on peut lire l'ultime conseil de Charles Gave : "Vendez en Euroland et achetez ailleurs, de manière à être investi partout sauf là où M. Trichet a une once de pouvoir." Pour ma part, avec ma réflexion biophysique décalée... je dirais la même chose. http://josickdespritagricole.blogspot.com/2009/02/la-france-un-pays-de-degeneres.html
Commentaire n° 4 posté par Josick d'esprit agricole le 02/02/2009 à 19h16
bonsoir et merci pour ces nouveaux billets tous tres interessants et pertinents.... mieux qu'un long commentaire une petite info fort symbolique vient mesurer la distance et le fossé qui existent entre une banque européenne telle que BNP PARIBAS et une banque US telle que WELL FARGO... -------------------- Wells Fargo : paye 371,5 M$ de dividende au Trésor américain lun 02 fév, 17h33 La banque américaine Wells Fargo a annoncé ce jour un dividende trimestriel total de 371,5 M$ payable au Trésor US sur ses 25.000 titres "Fixed Rate Cumulative Perpetual Preferred Stock" de Série D acquis auprès de la compagnie dans le cadre du programme d'investissement du gouvernement américain dans les grandes banques nationales. Le dividende de 14.861,11$ par titre sera mis en paiement le 15 février. La banque explique aussi que "depuis que le crédit a commencé à se contracter il y a 18 mois de cela", Wells Fargo a réalisé pour pratiquement 500 Mds$ de prêts et originations mortgage. Sur le seul dernier trimestre, le Groupe a affiché 22 Mds$ d'engagements de prêts et 50 Mds$ d'originations mortgage. Ceci représente plus de 70 Mds$ et pratiquement trois fois le montant de l'investissement du Trésor US au sein de la banque. "Nous pensons que nous menons notre industrie en terme de prêt aux clients solvables durant cette période économique difficile... ------------------------ portez vous bien...
Commentaire n° 5 posté par lupus le 02/02/2009 à 20h20
attention un péril peut en cacher un autre... ----------------------------------- Les CDS sur souverains représentent-ils un danger pour les Etats ? 2/2/09 Se protéger contre le risque de défaut des Etats se révèle être, dans bien des cas, une stratégie de plus en plus coûteuse. Cette brusque hausse de la prime de risque étatique est-elle exagérée et faut-il la prendre au pied de la lettre ? Yassine Boudghene, Associate Director au sein du département Debt Capital Markets d'une grande banque, et Etienne Chalmagne, Credit Trader, nouc livrent leur analyse. Bruxelles (L'Echo) - Se protéger contre le risque de défaut des Etats se révèle être, dans bien des cas, une stratégie de plus en plus coûteuse. Cette brusque hausse de la prime de risque étatique est-elle exagérée et faut-il la prendre au pied de la lettre? Un bref rappel sur la notion de CDS… Un credit default swap, plus connu sous le nom de “CDS”, n’est rien d’autre qu’un contrat, une forme d’assurance, entre un acheteur et un vendeur de protection, à travers lequel l’acheteur de protection verse une prime périodique au vendeur et le vendeur s’engage à indemniser l’acheteur en cas de « credit event » de l’actif de référence convenu mutuellement. Prenons le cas d’une banque qui a octroyé un crédit bancaire de EUR 300 millions à une société (du nom de « LargeCo ») pour une durée de 3 ans alors que, pour des raisons de gestion des risques, cette banque ne peut avoir une exposition supérieure à EUR 250 millions sur cette société. Une manière pour elle de gérer ce risque serait de se couvrir dans le marché en achetant des CDS sur un montant notionnel de EUR 50 millions. Ainsi, si le niveau du CDS de cette société se situe à 150 bp (ou « points de base », chaque point de base étant égal à 0,01%), la banque paiera chaque année (pendant 3 ans), 150 bp sur 50 millions, soit EUR 750.000, au vendeur de protection. Le vendeur de protection quant à lui s’engage, en cas de « credit event », à indemniser la banque. Quel type de « credit event » ? Ils sont bien entendu soigneusement définis dans les conventions, mais typiquement, on peut mentionner entre autres un défaut sur une ou plusieurs autres obligations financières de LargeCo, une faillite, etc. Le montant de l’indemnité ? Plusieurs variantes existent. Ne rentrons pas dans les détails. Pour faire simple, disons que cette indemnité est égale à la perte subie par la banque sur le montant notionnel. Par exemple, si la banque ne pourrait recouvrir que 40% sur son obligation, elle recevra 60% du montant notionnel, à savoir 60% de 50 millions ou 30 millions. Des CDS sont négociés à coup de plusieurs centaines de milliards dans les marchés. Les « market makers » ou teneurs de marché ne sont rien d’autre qu’une trentaine de (très grandes) banques. Les actifs de référence ? Environ 1.500 noms. Des grandes sociétés commerciales et industrielles, des banques mais aussi des gouvernements. Le point commun entre tous ces noms est le fait d’avoir de grands volumes de dette (obligataire et/ou bancaire) dans le marché. N’oublions pas le risque de contrepartie… On pourrait croire qu’en achetant une « protection CDS », on est correctement « protégé » et « sans risque » contre un « credit event » de l’actif de référence que nous voulons couvrir (par exemple la société « LargeCo »). En réalité pas tout à fait, car il faut encore que votre vendeur de protection (votre assureur), soit en suffisamment bonne santé financière que pour pouvoir honorer ses engagements et verser à l’acheteur l’indemnité convenue en cas de « credit event ». Quelle est la valeur d’une protection CDS achetée à Lehman Brothers, qui était un des plus grands « market makers » de CDS ? Plus grand chose… Ainsi, l’acheteur d’une protection CDS transforme son exposition au risque de l’actif de référence (par exemple notre société « LargeCo ») à une exposition au risque du vendeur de protection. Et le bons sens suggèrerait qu’il ne sert pas à grand-chose d’acheter une protection à un vendeur qui se porte en moins bonne santé financière que l’actif que nous voulons couvrir… Intéressons-nous aux CDS sur les gouvernements, les « sovereign CDS »… Historiquement, ce marché était très actif lors du développment de CDS sur des pays émergents. Ces pays émergents présentent dans la plupart des cas la caractéristique d’avoir un profil de risque moins bon que celui des vendeurs de protection, donnant à priori un certain sens à ce type de transactions. Toutefois, depuis les interventions de nombreux états dans leurs systèmes bancaires respectifs, un marché de CDS sur des gouvernements de pays développés, avec des ratings très élevés, s’est fortement développé. On peut aujourd’hui acheter des CDS sur des pays comme les Etats-Unis, l’Allemagne, la France, l’Espagne, la Belgique, etc. Mais, dans la mesure où la qualité de risque crédit intrinsèque de ces gouvernements est souvent meilleure que celle des vendeurs de protection sur ces gouvernements, est-ce que ces transactions ont du sens ? Pire encore, dans le contexte actuel que nous connaissons tous, où de nombreux états sont amenés à injecter des capitaux dans de nombreuses banques afin de les maintenir en vie (sous forme de fonds propres, d’actions préférentielles, d’obligations subordonnées ou de lignes de crédit) et à garantir leurs émissions de dettes dans le marché (les fameuses garanties d’état), comment certaines de ces banques peuvent-elles s’engager vis-à-vis de contreparties à les indemniser en cas de défaut d’un gouvernement (ce qui compromettrait directement la survie de ces mêmes banques) ? Considérons par exemple le cas d'une banque européenne qui bénéficie du soutien d’un gouvernement européen (injection de capital) et qui émet même de la dette garantie par ce gouvernement. Cette banque vend un CDS à un investisseur qui veut couvrir son exposition au risque d’un état souverain (il a par exemple acheté des obligations émises par cet état). L' investisseur pourrait croire qu'il est couvert, et en cas de défaut de l'état, il devrait en théorie recevoir une indemnité de la part de cette banque qui le couvrirait contre la perte qu'il réalise. Ainsi l'investisseur transforme un risque initial contre l’état souverain (dont il détient des titres de dette) en un risque de contrepartie contre... la banque qui lui a vendu le CDS... Mais si le gouvernement fait défaut, il est fort probable que cette banque et de nombreuses autres banques aient de gros soucis, ne serait-ce que par contagion... et qu'elles ne puissent pas honorer leurs engagements sur de tels contrats... Qui sont les principaux intervenants dans ce marché ? Ce sont pour la plupart les mêmes acteurs présents sur les CDS indiciels (par exemple, iTraxx Main, Crossover, etc). On peut les catégoriser en 3 groupes. Premièrement, les spéculateurs représentés tantôt par les fonds de couverture (« hedge funds ») et tantôt par les « proprietary trading desk », qui prennent des positions sur les capacités des gouvernements à s’endetter et à générer du déficit public supplémentaire pour financer leur plan de sauvetage domestique. Leur horizon d’investissement est généralement très court, l’opération étant débouclée pour la plupart en quelques jours. Deuxièmement, les banques qui, en tant que teneurs de marché (« market makers »), assurent la liquidité du marché en offrant, en principe, à tout moment des prix d’achat et de vente en volumes suffisamment importants pour soutenir le marché. Troisièmement, les investisseurs qui vont utiliser ce marché comme outil de couverture. Cela peut être des investisseurs qui ont en portefeuille des obligations gouvernementales et veulent couvrir leur exposition et/ou tenter de tirer profiter de l’écart entre le marché du CDS et le marché du sous-jacent. Ou encore des investisseurs utilisant les CDS souverains à des fins de « macro-hedging », pour se protéger contre leur exposition à toutes les banques d’un même pays. L’analyse relative de l’évolution de ces CDS sur gouvernements est intéressante mais nous pensons que leur utilisation peut être dangereuse… On remarque essentiellement deux choses. Premièrement, on note une forte progression de ces CDS pour tous les pays et ce, plus particulièrement depuis la faillite de Lehman Brothers, marquant le début véritablement des interventions des états dans les banques et reflétant ainsi le plus grand risque pris par les états en soutenant leurs banques. Et à chaque nouvelle vague d’interventions étatiques correspond un saut des CDS dans leur déplacement temporel. Deuxièmement, on note également une assez forte discrimination dans les CDS entre pays européens, en tout cas une plus grande discrimination que ce que le rating de ces états ne suggère. En effet, alors que l’Allemagne et l’Irlande ont tous les deux un rating A AA selon S&P;, le CDS du premier est autour de 55 bp alors que celui du second est autour de 250 bp… Ce n’est pas l’objet de l’article mais nous pensons que cette discrimination est fondée. Nous souhaitons toutefois en critiquer l’amplitude et mettre l’accent sur le danger que représente un focus exclusif (si pas obsessionnel) sur les niveaux absolus de ces CDS. Nous avons tenté de montrer plus haut pourquoi selon nous, conceptuellement, de tels contrats CDS vont à l’encontre du bon sens, en particulier dans le contexte financier actuel de plus forte « corrélation » entre l’état de santé des banques et celui des gouvernements. Un risque supplémentaire potentiel, selon nous, réside dans le fait que le marché, de plus en plus, utilise exclusivement ces CDS pour valoriser la dette publique, se couvrir, déterminer le rendement que devrait payer un état pour lever de la dette, etc. Si tel est le cas, cela rendrait certains gouvernements très vulnérables aux mouvements spéculatifs sur les CDS souverains. En effet, le marché des CDS, bien que large en volume, est loin d’être un marché très liquide, transparent, régulé, etc. Un petit groupe d’investisseurs avec une capacité financière élevée peut à lui seul exercer des influences considérables sur les niveaux de CDS et si de plus en plus d’intervenants veulent acheter des CDS sur souverains (pour des raisons légitimes ou non), cela continuera à alimenter le mouvement haussier de ces CDS, ce qui aurait comme conséquence éventuelle de faire augmenter le coût de la dette pour les nouvelles émissions gouvernementales, peser sur les déficits et déclencher un effet de spirale, à un moment où l’économie a plus que jamais besoin de soutien des différents gouvernements et où il serait bienvenu de minimiser le coût global de la dette publique. C’est précisément ce qui s’est passé dans le cas de l’Islande, qui a été la cible d’un groupe de hedge funds. Nous en voyons le résultat. Certains effets ont commencé à se faire ressentir depuis quelques semaines en Europe. Si l’on se réfère, à titre d’exemple, à la nouvelle obligation émise par le Royaume de Belgique à la mi-janvier, on constate que celle-ci présente une prime additionnelle d’environ 15 bp au-dessus d’une obligation souveraine belge existante de même maturité, soit égale au taux swap (le taux de référence interbancaire à plus long terme) à 5 ans + 50 bp, ou correspondant à une prime d’environ 110 bp au-dessus du Bund allemand. En temps normal, un nouvel emprunt étatique utiliserait la courbe secondaire comme base initiale de valorisation. Nous savons pertinemment que les primes concédées tiennent également compte de considérations comme la liquidité disponible, la saturation éventuelle, la stratégie de gestion de la dette faite par le gouvernement, etc. Toutefois, sachant que ces émissions sont de plus en plus, vu le contexte sensible de marché actuel, sondées au préalable auprès d’investisseurs institutionnels, n’y aurai-t-il pas dès lors un risque de dérive, puisque ces mêmes investisseurs sont susceptibles également d’intervenir sur le marché des CDS souverains et utiliser ce dernier comme référence ? Et cet exemple n’est pas isolé. La Grèce a du concéder une prime évaluée à 25-30 bp pour absorber son émission à 5 ans. Le Royaume d’Espagne vient d’émettre ce lundi une émission à 10 ans offrant une prime supplémentaire d’environ 20 bp par rapport à un emprunt souverain espagnol, coté sur le marché secondaire. Pourquoi donc maintenir un marché dont le concept du produit sous-jacent présente un paradoxe qui va à l’encontre du bons sens, et qui en plus présenterait des dangers de plus en plus grands pour les gouvernements eux-mêmes sponsors de l’économie actuellement ? Cela nous fait penser à Eric De Keuleneer citant Karl Marx qui affirmait que les capitalistes lui vendraient la corde qui serviraient à les pendre… Les développements récents de ce marché nous interpellent et c’est à ce titre que nous nous permettons d’exprimer nos idées. Nous ne prétendons bien entendu pas détenir la science infuse et demeurons très ouverts au débat, pour le bien commun de tous. Yassine Boudghene, Associate Director, Debt Capital Markets Etienne Chalmagne, Credit Trader ------------------------ Le péril des CDS de la dette américaine Date: 02/02/2009 Liam Denning THE WALL STREET JOURNAL Imaginez que vous dénichiez une très bonne assurance incendie pour un immeuble. Le problème est que les bureaux de l'assureur, et la totalité de ses actifs, sont situés au dernier étage du même immeuble. Si un incendie se déclare, il y a de bonnes chances qu'il touche également le garant. Ce type de problématique pourrait s'appliquer à un marché où les prix ont bondi de 759% en un an : celui des contrats de protection sur la dette, CDS, des emprunts du gouvernement américain. Le coût annuel pour assurer 10 millions de dollars d'obligations d'Etat à cinq ans s'est envolé à 66.000 dollars, contre 7.680 dollars il y a un an, selon Markit. Ceci traduit l'anxiété croissante sur les finances de l'Amérique dans la mesure où elle garantit l'essentiel du système financier. Mais dîtes que vous avez acheté des protections CDS sur les obligations d'Etat et le gouvernement se retrouvera en effet en défaut de paiement. Cela dévaluerait en effet l'actif sans risquepar excellence, et causerait probablement encore plus de chaos à l'échelle mondiale. En tenant compte de cela, est-ce que les institutions financières qui vous ont vendu ces protections, comme des banques étrangères, sont en mesure d'en assurer le remboursement ? Pris autrement, la prodigalité de l'Oncle Sam a créé une demande pour l'assurance de ses dettes. Mais quelle est la raison initiale de toutes les dépenses du gouvernement ? La nécessité de financer des plans de sauvetage massif pour sauver ces mêmes institutions qui émettent des contrats de CDS. Pourquoi ce marché existe-t-il finalement ? Une récente étude a démontré une corrélation élevée entre les prix des contrats de CDS pour les obligations souveraines et ceux des obligations et des titres à haut rendement américains, Cette étude suggère que les contrats de CDS sur les bons du Trésor ne sont pas utilisés seulement pour les risques spécifiques aux Etats-Unis mais également comme un levier permettant de parier sur des turbulences financières. Etant donné ce cercle vicieux au coeur du marché des CDS, les vrais passionnés de la théorie de l'Apocalypse feraient mieux d'opter pour un placement plus traditionnel, comme l'or. 2/2/09.
Commentaire n° 6 posté par lupus le 02/02/2009 à 20h27
Cher JPG, Que faire maintenant dont vous donnez au moins une réponse pour le tsunami des banques. Les autres tsunamis sont connus et termineront par une spoliation de nos retraits et placements. L’expression de votre titre de votre billet donne au Pays Bas se dit ; « Wat nu » en anglais What now (doing) Pour le rendre le dicton complète « Wat nu zei Pissigru » Que maintenant (faire) disait Pichegru » Et la réponse de sa femme Wat nauw zei toen zijn vrouw. Et alors disait donc sa femme Pour mémoire Pichegru fut un maréchal de l’empire de Napoléon qui prit la flotte néerlandais à Harderwijk avec la cavalerie du fait que la Zuiderzee fut gelé. Dans le putsch de Gadoual, un peu comme l’affaire de Von Stauffenberg avec Hitler il perd la vie probablement assassiné par étranglement sur ordre de Napoléon qui a toujours démenti ce fait. De toute façon ce garçon n’a pas laissé un souvenir positif dans mon pays comme tant autres de cette époque qui sont venu nous « libérer » comme les espagnols deux siècles avant et les Boches dernièrement. Pas étonnant que les Pays Bas ont refusé la constitution européenne. Ils feront mieux de sortir de l’Euro Carel Wijngaards
Commentaire n° 7 posté par wijngaatrds le 02/02/2009 à 21h02
Pouvez-vous nous expliquer, svp, pourquoi les contribuables Europeens devraient-ils renflouer les banques "hors normes" qui nes respectent pas leur ratio d'endettement ? Par quel tour de passe-passe ideologique ? Quelle est la justification de cette mascarade ? Ces banques "hors normes", quand elles faisaient des benefices, redistribuaient elles du cash aux contribuables ? Non, bien sur. Alors ? Privatisation des gains, socialisation des pertes, quel beau programme que voila !
Commentaire n° 8 posté par Melbourne le 02/02/2009 à 23h33
Précision concernant le chiffre des engagements de retraites évalués à €4.500 milliards. Il existe une étude tout à fait officielle de l'insee datant de 2006 (consultable ici : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ECOFRA06d.PDF). Selon la méthode des droits acquis et avec 3 hyptothèses d'actualisation (2%, 3% et 4%), l'insee obtient respectivement €7.847 ; €6.458 et €5.419 milliards. Nous sommes donc très au dessus des estimations de 2004. Ce qui laisse penser que la situation est encore pire que ce vous décrivez. J'ajouterais de façon non politiquement correcte un 4eme tsunami... le tsunami islamique sur notre sol. Combien de musulmans en france en 2020 ? A la vitesse où la chari
Commentaire n° 9 posté par Yann le 03/02/2009 à 10h59
C'est drôle, personne n'a mentionné cette étude !!!
Cliquer ici pour avoir directement le bon lien

Pour ma part, dans ce domaine miné, je ne me fie qu'aux sources fiables, donc le rapport Pébereau, les chiffres des économistes de Work For All et d'ABN Amro, et ceux de l'Insee maintenant !!!

Sur le 4° tsunami, évidemment, celui des Musulmans en France est redoutable, comme l'ont montré les manifestations pro palestiniennes récemment,
J'ai montré dans un billet les ravages qu'ont commis les invasions musulmanes en Inde jadis : c'est le plus grand massacre dans le monde, à ce jour...
Ce qui est drôle, c'est qu'il n'y a rien en français à ce sujet !!! (je crois que je suis le seul, à ma connaissance, à avoir abordé ce point d'histoire !)

Il y a toujours des signes avant un tsunami, mais seuls les éléphants les perçoivent

merci à vous et aux honorables lecteurs de mon blog pour leurs interventions !!!
Réponse de CHEVALLIER le 03/02/2009 à 11h17
Une erreur de manipulation a fait partir mon message avant la fin. Je disais que la charia est en train de se répandre dans notre pays à une vitesse préoccupante. Les établissements bancaires français (credit agricole lyon, BNP) pour ne pas les nommer ont d'ailleurs un Charia Board composé d'imams payés par la banque pour définir la "pureté" des produits financiers. Par ailleurs un master de finance islamique vient d'être ouvert (janvier 2009) à Strasbourg. Beau programme pour un pays qui se dit "laïque" et défenseur des droits de l'homme. Encore une fois, ce sont les banques françaises qui donnent le ton. Ecoeurant.
Commentaire n° 10 posté par Yann le 03/02/2009 à 11h30
Excusez moi, j'ai l'esprit en escalier, mais il me semble que nous devrions également chiffrer les engagements de l'assurance maladie. Le coût de la sécu actuellement porté par la population active représente une dépense annuelle de €250 milliards. Cette dépense s'élève chaque année à mesure que la moyenne d'âge de la population française augmente. Or, nous sommes là aussi en présence d'une dépense incontournable et actualisable (comme pour les retraites). Selon mes calculs, en tenant compte d'un taux de progression des dépenses de 3% annuel et d'un taux d'actualisation moyen de 3% (je me facilite la vie), sur 20 ans, j'arrive donc à un engagement de dépenses proche de €5.000 milliards. C'est important de comptabiliser les engagements santé, car les US intègrent souvent cette composante dans leur endettement global (chiffres souvent mis en avant lors des débats anti-guerre, le socialiste nobélisé J.Stiglitz en tête, pour montrer le coût des soins à venir des véterans irakien). Lorsqu'on parle de dette abyssale des USA, on a donc le déficit courant + engagements de retraites + engagements santé. Il est donc sain d'avoir un périmètre de comparaison identique.
Commentaire n° 11 posté par Yann le 03/02/2009 à 12h02
Je ne sais pas si vous avez eu connaissance de cette étude de 2008 émanant du USGAO (United States Government Accountability Office) : http://www.gao.gov/cghome/d08446cg.pdf Ce document est consacré à la dette américaine avec des données fiables. Vous pourrez vous reporter à la page 17 pour le calcul de la dette totale incluant la sécurité sociale (6.800 b$), ainsi que les engagements liés à medicaid + medicare (34.100 b$). Le GAO estime donc la dette totale US à 52.700 b$ début 2008. Soit 3,7 fois le PIB. Je pense qu'en termes de comparaison, nous devrions retenir ce mode de calcul et intégrer dans la dette française les engagements de retraite + les engagements de santé.
Commentaire n° 12 posté par Yann le 03/02/2009 à 15h26
Attention !
Les Démocrates sont dominants au GAO !
Ils ne comptabilisent pas les provisions pour ces dépenses, cf. les fonds de pension en particulier
Réponse de CHEVALLIER le 03/02/2009 à 15h35
oui oui je sais bien, mais le rapport est quand même intéressant. Lorsqu'on transpose nos chiffres (1250 + 5750 + 5000), on obtient (a minima) une dette publique française de €12.000 milliards, soit 6x le PIB. Comparé aux 3,7x américains, on comprends mieux que la propagande de la dette abyssale américaine est uniquement destinée à détourner nos yeux du problème français. Amitié PS (avez vous remarqué le buzz sur l'éclatement de la zone euro - peut-être que votre blog a finalement porté ses fruits)
Commentaire n° 13 posté par Yann le 03/02/2009 à 15h48
Pourquoi les dirigeants des grandes banques françaises et européennes sont-ils si puissants? Serait-ce parce qu'ils financent les grands partis politiques de façon plus ou moins cachée? Et nos gouvernants sont-ils si corrompus qu'ils acceptent cet état de choses qui les aide à se maintenir au pouvoir?
Commentaire n° 14 posté par Dagny le 03/02/2009 à 17h25
@Dagny "Et nos gouvernants sont-ils si corrompus.." Pour en avoir fréquenté un longuement de très très près, je dirais qu'ils sont tout simplement COUARD ! En 2003 Charle Gave publiait p.185 de "Des lions menés par des ânes" : "Dans les douze dernières années, nous avons donc eu le plus grand abandon de souveraineté depuis le début de l'histoire européenne au profit d'un personnel non légitime, par un personnel politique qui, lui, est élu et donc légitime. Ce qui est proprement stupéfiant." Nos élus sont des Pilate http://fr.wikipedia.org/wiki/Ponce_Pilate qui se lavent les mains de tout donnant ainsi leur acquiescement pour crucifier le peuple et condamner une véritable élévation du niveau de vie.
Commentaire n° 15 posté par Josick d'esprit agricole le 04/02/2009 à 10h36
En réponse du commentaire 9, vous écrivez "J'ai montré dans un billet les ravages qu'ont commis les invasions musulmanes en Inde jadis : c'est le plus grand massacre dans le monde, à ce jour..." Je ne retrouve pas ce billet. Il y a bien ce billet "Evolution de la population mondiale, Asie et Islam" http://www.jpchevallier.com/article-25330917.html J'ai aussi trouvé ce billet d'un autre auteur "Un peu d'histoire sur les crimes et massacres de l'islam" http://www.sachadratwa.com/article-27279755.html billet qui conclut : " Total des génocides islamiques établis : Estimation basse (peu probable) : 7 622 000 morts Estimation haute (probable) : 11 022 000 morts Je voudrais m'excuser , je n'ai pas mentionné les massacres de chrétiens en Syrie , Irak , Liban , l'aide apporte par les musulmans aux nazis , massacre en Ouganda, en Inde - Pakistan ,..... " Vous avez aussi cet autre post : "Le nouveau socialisme du XXI° siècle" http://www.jpchevallier.com/article-13116383.html lire le dernier titre sur les pays musulmans. Mais au final, je n'ai rien trouvé relatif aux massacres en Inde. Par ailleurs, parler de tsunami musulman ne me semble pas approprié... Vous avez écrit " Les dirigeants musulmans accaparent les richesses créées. Sans investissement productif, l’économie ne peut pas décoller et ces pays riches en ressources naturelles sont devenus pauvres." Nos banquiers fonctionnent comme des dirigeants musulmans. C'est le règne de l'IsMal. Point.
Commentaire n° 16 posté par Josick d'esprit agricole le 04/02/2009 à 11h38
Sur l'Inde et l'Islam, j'ai trouvé ce commentaire http://herbedeprovence.blogspot.com/2009/02/quand-les-repentance-de-lislam.html#c3173682421000858550
Commentaire n° 17 posté par Josick d'esprit agricole le 04/02/2009 à 15h09
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