Vendredi 21 décembre 2007

Questions / réponses 16


Merci aux honorables lectrices et lecteurs de ce blog pour leurs questions et leurs commentaires, voici mes réponses… 

D’abord, pour ce qui concerne le Royaume-Uni, la logique économique qui y prévaut m’échappe totalement… Là, je sèche !


Ensuite, pour l’institution de fonds de pension en France, seule solution qui permettrait de restaurer une croissance du PIB élevée, cela prendrait… un certain temps. 
Les Irlandais les ont mis en place très rapidement (en 2 ou 3 ans) car il n’y avait pas d’oppositions majeures, ce qui n’est pas le cas en France. 
Si Sarko avait décidé de se lancer fortement dans ce projet, il aurait fallu quelques années pour que les fonds commencent à jouer un rôle positif : 3 à 4 ans me semble un délai court raisonnable. Comme rien n’a été fait, les fonds peuvent pas avoir d’effet positif dans un avenir envisageable. 
Rien de bon ne se fera dans les 5 ans à venir.


Des questions sur la politique monétaire

Lorsqu’une banque centrale "injecte de l'argent", ce n’est pas de l'argent sortant de la presse à billets ! 
Les banques centrales ont des ressources propres qu’elles peuvent prêter aux banques ordinaires, commerciales, qui doivent impérativement avoir toujours une position créditrice. Pour éviter d’être débitrices, elles sont parfois obligées d’emprunter à d’autres banques, mais à des taux plus ou moins élevés, et en ce moment, ils sont élevés. 
Pour diminuer les coûts de financement des banques commerciales à court terme, les banques centrales prêtent des liquidités à très court terme, à des taux inférieurs à ceux du marché qui devraient être au niveau de leur taux de base, soit 4 % pour la zone euro. 
Ces prêts sont gagés : les banques commerciales qui empruntent sont obligées de mettre en pension des titres qu’elles possèdent pour la durée de leur emprunt.


Les banques centrales ne créent pas de monnaie ! ni les gouvernements, depuis longtemps ! sauf ceux du Zimbabwe et d’Iran… Beaucoup de gens ne l’ont pas encore compris…


Quand un Etat a besoin d’argent pour financer ses investissements, il emprunte et des épargnants achètent des bons du Trésor. 
A une offre correspond une demande. 
Tout est en ordre, sans déséquilibres… tant que l’endettement ne dépasse pas les limites de 60 % du PIB. 

L’argent non gagné
dans la zone euro ne provient pas d’une bulle immobilière mais du non provisionnement des engagements de retraite qui se montait à €4 500 milliards, 3 fois le PIB en France fin 2004 en partant des chiffres fiables du rapport Pébereau qui applique les règles comptables ordinaires.


Qu’en est-il du degré de connaissances (sur ces problèmes) des dirigeants de la BCE et des hommes politiques ? 
Difficile de répondre à cette question ! Commentant le rapport Pébereau, les députés ont écrit que tout le monde connaît le niveau réel des dettes publiques ! … mais personne n’en parle ! 
C’est la patate chaude, ai-je écrit, mais les échéances approchent…


Les banques commerciales tiennent leurs comptes en maintenant leurs liquidités au minimum. 
Elles sont donc amenées à prêter ou à emprunter sur le marché ou à la banque centrale à tout moment en fonction de leurs besoins. Les banques centrales peuvent ainsi récupérer des liquidités excédentaires. 
C’est de la cuisine comptable interbancaire très technique.


Quand une banque centrale baisse son taux de base, le coût des emprunts diminue, ce qui relance la croissance du PIB, mais elle risque d’être trop forte et inflationniste. 
La BCE ne peut pas baisser ses taux en ce moment car ce serait inflationniste, et l’inflation repart déjà !


Pour lutter contre l’inflation, la meilleure solution est que la banque centrale augmente son taux de base, car dans ce cas, le coût des emprunts augmente, ce qui ralentit la croissance du PIB, donc l’inflation. 
Le grand danger est l’inflation, car une fois partie, il est difficile de l’arrêter : la Fed a mis 25 ans pour la faire revenir dans la zone acceptable !


Les taux des banques centrales fluctuent autour de leur neutralité qui devrait se situer aux alentours de 4 à 4,25 %.


Lorsque les marchés actions baissent, les gérants investissent dans les valeurs refuges que sont les obligations publiques, peu rémunératrices mais sans risques. 
La demande augmente, les prix aussi, et les rendements baissent. Depuis quelques semaines, la demande est très forte, les taux ont beaucoup baissé. 
Ils remonteront quand la situation sera assainie et les taux Euribor baisseront.


La Fed, ou plus précisément, Ben Bernanke a décidé de ne plus publier les chiffres de M3, ce qui est une décision très contestable et contestée (sous prétexte que la collecte des données coûtait cher pour une faible utilité). 
Comme M3-M2 n’est pas de l’argent en circulation dans le public, l’incidence de cette mesure est faible. 


Et un dessin spécialement créé par Work For All : cliquer ici pour le faire apparaitre

***

 

par CHEVALLIER
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Vendredi 21 décembre 2007

Agrégats monétaires : Fed / BCE


Les derniers chiffres publiés par la Fed le 20 décembre sont rassurants : l’augmentation de l’épargne des Américains (M2-M1)… diminue, ce qui signifie qu’ils ont confiance en l’avenir. Ils vont donc continuer à consommer, ce qui va entretenir la croissance du PIB.


En plein dans les turbulences de la crise du subprime, M2-M1 continuait à augmenter pour atteindre un pic de 9,3 % le 27 août 2007, ce qui était inquiétant.

Graphique 1 :


(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Depuis cette date, l’augmentation de M2-M1 est revenue à 7,8 % ce 10 décembre dernier, proche de son point d’équilibre de 7 % (selon le paradigme de ces dernières décennies).

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, elle est et elle sera faible, surtout en ce 4° trimestre par rapport au précédent car elle a été exceptionnellement élevée au 3° trimestre 2007(4,9 %).

Graphique 3 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La crise du subprime terrifie les milieux financiers mais elle ne remet pas en cause les équilibres fondamentaux qui sont très sains aux Etats-Unis.


Il n’en est pas de même dans la zone euro où l’augmentation de M2-M1… augmente de plus en plus pour atteindre 17 % en octobre 2007 ! C’est une autre dimension ! … ce qui signifie que les Euro-zonards anticipent une détérioration de leur situation à l’avenir. En épargnant moins, la demande baisse ainsi que la croissance du PIB.

Graphique 4 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


M1 continue à augmenter à un rythme annuel de 7 % dans la zone euro alors qu’aux Etats-Unis son augmentation est nulle, voire négative.

Graphique 5 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


L’augmentation de M1 et de M2-M1 dans la zone euro est le résultat de la création monétaire provenant pour l’essentiel du non enregistrement des engagements de retraite. 
De l’argent non gagné se répand, ce qui est bien visible dans M3 qui augmente de plus en plus, de 12,6 %.

Graphique 6 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Cette distribution d’argent non gagné est bien entendu inflationniste.


La crise du subprime est la partie émergée de l’iceberg des crises, la partie immergée, celle de la zone euro est considérablement plus importante. Les dirigeants de la Fed sont calmes et sereins, alors que la fébrilité règne à la BCE…

***

par CHEVALLIER
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