Mardi 7 octobre 2008

Amusant


La courbe des rendements des bons du Trésor des Bills à 1 mois et à 3 mois est tout ce qu’il y a de plus sérieux et sans aucun humour a priori, et pourtant, ça ne fait pas du tout sérieux depuis le 15 septembre et c’est même assez drôle,

Graphique 1 :

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Vu de plus loin, les gribouillis font même une grosse tache (en bas à droite !),

Graphique 2 :

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Heureusement, les Français ne comprennent rien à ces problèmes de taux !

L’écart avec ceux de Germanie pour le 10 ans est de 8,0 % tout rond aujourd’hui 7 octobre, proche du record,

Graphique 3

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idem pour les Italiens à 21,8 %,

Graphique 4 :

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Les heureux Euro-zonards ont confiance dans leurs autorités politiques et monétaires.


C’est amusant, d’une certaine façon…

***

par CHEVALLIER
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Mardi 7 octobre 2008

Epargne : États-Unis / France


Je viens de retrouver un texte que j’avais écrit le 1° mai 2006 et qui devait se trouver sur mon ancien blog que Guy Millière     et sa bande de margoulins   ont supprimé sans me prévenir fin juillet 2007.

Ce document permet de mieux comprendre comment et pourquoi les fondamentaux américains sont excellents…



Le taux d’épargne des Américains est nul, voire négatif, alors qu’il est de 10 % environ en France, tels sont les chiffres publiés, mais ils ne correspondent pas à la réalité : l’épargne des Américains est en fait considérable et l’épargne investie par les Français est quasiment nulle.
Quelques explications sont nécessaires pour comprendre ces problèmes...


Une grande partie de l’épargne retraite des Américains n’est pas comptabilisée en tant que telle dans leur propre patrimoine, mais dans celui de l’entreprise dans laquelle ils travaillent.


Ainsi par exemple, Lucent alimente pour ses 235 000 futurs retraités (30 000 salariés actuellement) un fonds de pension dont l’encours se monte à 34 milliards de dollars… qui sont enregistrés dans ses comptes et non pas dans le patrimoine de chacun de ses salariés qui en sont les bénéficiaires.


Ces 34 milliards étant destinés aux salariés, viennent en déduction des salaires qu’ils auraient pu recevoir (ils ne sont donc pas enregistrés comme ayant été épargnés par eux).


Les salariés américains sont les créanciers de ce capital investi en valeurs mobilières qui leur procurera des revenus (à l’avenir) quand ils seront en retraite.


Les encours des fonds de pension sont donc bien le résultat d’une véritable épargne, mais elle n’est pas comptabilisée en tant que telle et elle n’apparaît nulle part dans les statistiques d’épargne.


Les sommes concernées sont considérables : plus de 10 000 milliards de dollars d’encours globalement pour l’ensemble des Américains au début de 2006 ! ce qui correspond à un flux d’épargne de l’ordre de 10 % de leurs salaires en moyenne au fil des années.


Par ailleurs, ces 10 000 milliards de dollars des fonds de pension permettent de financer les besoins des entreprises américaines, ce qui diminue leurs frais financiers et augmente leur rentabilité.

Ils jouent un rôle fondamental dans la croissance et la réussite des États-Unis.


A l’opposé, en France, comme les fonds de pension sont interdits, ni les salariés ni les entreprises ne constituent d’épargne investie en valeurs mobilières par l’intermédiaire de fonds mutualistes.


Ainsi, Alcatel (fusionnant avec Lucent) n’a pas constitué de provisions pour les retraites de ses salariés.


Les ménages français sont amenés à épargner individuellement chacun de leur côté sans pouvoir bénéficier de l’effet de mutualisation des fonds de pension ni de leur défiscalisation.


Les statistiques publiées montrent que les Français épargnent 10 % de leurs revenus environ (selon les normes de l’OCDE).
Or, une grande partie de cette épargne est destinée à financer le logement par l’intermédiaire de diverses institutions.


Sandrine Gorreri de l’iFRAP a montré que moins de 20 % seulement de cette épargne finance effectivement la construction de logements, le reste se perdant dans les usines à gaz étatiques et dans le financement des déficits publics.


Elle montre également que l’épargne investie par les ménages dans des valeurs mobilières est très faible : 100 milliards d’euros en actions, 50 milliards en obligations et 150 milliards en OPCVM.


L’offre de capitaux français est largement inférieure à la demande, ce qui explique que ce sont les capitaux américains qui alimentent en grande partie les marchés français !


La productivité de l’épargne investie est un concept fondamental.

Quand les Américains épargnent 100 dollars par l’intermédiaire de fonds de pension, ce sont 100 dollars qui sont investis dans des valeurs mobilières, donc dans le financement de nouvelles capacités de production génératrices de revenus futurs.


Quand les Français épargnent 100 euros, c’est une partie négligeable qui est investie réellement (elle est même difficilement quantifiable).


L’épargne ne joue un rôle positif que lorsqu’elle est investie en valeurs mobilières et immobilières.


Les dépôts dans les caisses d’épargne sont peu productifs, car elles sont obligées d’en conserver plus de la moitié en disponibilités pour faire face aux demandes de retraits toujours possibles.


La productivité de l’épargne investie en actions est très élevée car les bénéfices augmentent aux États-Unis de 7 % par an en moyenne depuis des décennies, plus rapidement que les salaires et le PIB.


Ils ont dépassé 1 000 milliards de dollars en 2005, soit 8,3 % du PIB, ce qui est un double record historique.


Ce trésor grossissant d’années en années comme une boule de neige appartient en grande partie aux futurs retraités américains grâce aux fonds de pension dont ils sont les créanciers.


Ainsi par exemple, la rentabilité des capitaux épargnés et investis par les fonctionnaires de l’État de Californie dans le fonds de CalPERS est de 9 % par an depuis ces dix dernières années.


Avec leurs 10 000 milliards de dollars placés dans des fonds de pension, les 300 millions d’Américains sont bien plus riches que les 800 milliardaires du monde qui ne disposent tous ensemble que de 2 600 milliards de dollars. Karl Marx est bien mort !


Par ailleurs, quand les statistiques font état d’un taux d’épargne nul, cela ne veut pas dire que les Américains consomment à tort et à travers ! cela signifie qu’ils dépensent presque tous leurs revenus, en en consacrant une partie à la consommation courante et une autre au remboursement de leurs emprunts hypothécaires, ce qui correspond à une épargne directement et immédiatement auto-investie.


Ils constituent ainsi au fil des années un patrimoine immobilier dont la valeur est globalement égale à l’encours des fonds de pension d’après les chiffres couramment admis.


Leur patrimoine financier et immobilier est donc considérable.

Il est le résultat d’une épargne très élevée en réalité : le taux d’épargne réel est au moins de l’ordre de 20 % de leurs revenus.


La consommation est, elle aussi très élevée, le tout étant rendu possible par une croissance du PIB à son potentiel optimal depuis plusieurs décennies grâce à la politique économique libérale qui y est menée (avec un taux de prélèvements obligatoires presque toujours de l’ordre de 34 %).


Les capitaux jouent un rôle… capital dans la croissance du PIB et dans la richesse des nations et des hommes…


Le total des dépôts des Américains dans les caisses d’épargne est quasiment le double de celui des Euro-zonards comme le montre l’agrégat monétaire M2-M1 qui représente pour l’essentiel l’épargne des ménages qui se monte à 5 400 milliards de dollars aux Etats-Unis et 2 700 milliards d’euros dans la zone euro pour une population de 300 millions d’habitants environ dans les deux cas.


Les statistiques américaines sur le taux d’épargne sont vraiment peu fiables !

01/05/06

***

par CHEVALLIER
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Mardi 7 octobre 2008

Encore quelques précisions…


Encore quelques précisions sur la " crise " actuelle…


Les produits dérivés existent depuis un certain nombre d’années et il n’y a jamais eu de crise majeure car il y avait toujours une contrepartie aux anticipations des investisseurs.


Ces marchés ont toujours été équilibrés.


Même s’ils portaient des sommes considérables, il ne s’agissait toujours que d’engagements qui ne débordaient pas (massivement du moins) dans le circuit économique.


Le jeu est à sommes nulles.


Ce qui vient de se produire est exceptionnel : à partir du 18 mars 2008 (presque) tous les investisseurs ont pris logiquement des positions en considération de la forte reprise qui s’annonçait après la baisse des taux de la Fed (fin janvier 2008), mais la décision non anticipée, inattendue et imprévisible de W. de laisser l’armée israélienne intervenir en Iran a pris (presque) tout le monde à contre pied (à partir du 19 mai) si bien que les anticipations ont (presque) toutes été perdantes.


Comme beaucoup d’établissements financiers (banques et assurances) ont engagé des sommes considérables pour essayer de rattraper leurs pertes précédentes issues des sub-prime, les pertes ont été encore plus importantes : $700 milliards si l’on se fie à l’estimation d’Henry Paulson plus €300 milliards en Europe soit à la louche 1 000 milliards d’euro-dollars !

Ça fait beaucoup !


Deux fois plus que l’ardoise des sub-prime ! mais c’est encore gérable, surtout pour les États-Unis car les fondamentaux sont excellents (cf. mes billets antérieurs).


Les turbulences sont fortes, ce sont même de très gros trous d’air mais ce n’est pas une crise majeure : juste un gros collapsus boursier et un très gros remue-ménage dans le secteur financier qui se traduit par des réactions fortes et violentes des Américains.


Tout peut repartir très vite si les incertitudes liées au Proche-Orient sont levées car dans ce cas beaucoup d’investisseurs partiront à la chasse aux bonnes affaires, et certains ont déjà commencé (comme Wells Fargo)…


Ce qui est le plus inquiétant, c’est l’incompétence et le manque de réactions positives de la part des responsables économiques et politiques.


Après les attentats du 11 septembre 2001, Alan Greenspan était intervenu énergiquement pour dire aux Américains : " Continuez à voyager en avion, à sortir au restaurant, au spectacle, à dépenser vos dollars " car la demande alimente l’offre donc la croissance.


Rien de tel actuellement.


B-2 a été parfait dans la gestion de la politique monétaire mais il ne déborde pas de son rôle comme son prédécesseur.


W. est en dessous de tout et accumule toutes les erreurs les plus énormes ainsi que toutes les autres autorités : la SEC et le FASB (sous l’influence des groupes de pression de la communauté financière) font exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire.


Ces désordres proviennent pour l’essentiel du fait que les règles du jeu économique ne sont pas respectées : dans tous les pays, les dirigeants des entreprises doivent publier des informations (comptables et autres) de façon à donner une image fidèle de la réalité, or la plupart des établissements financiers qui ont des cadavres dans leurs placards essaient de les cacher plus ou moins adroitement.


Tout le monde le sait et tout le monde se méfie de tout le monde.


C’est simple : yaka appliquer les règles en vigueur, comme cela s’est passé avec Enron en particulier.


Les anciens dirigeants ont été condamnés à des peines de prison non négligeables : le tarif normal tourne autour de 30 ans.


Ça ne résout pas tous les problèmes passés, mais ça fait réfléchir les successeurs des patrons qui ne respecteraient pas les règles à l’avenir, et tout rentre assez vite en ordre.

Ça marche !


Le problème est que, en France par exemple, les dirigeants des établissements financiers ne sont pas convoqués par les juges mais à l’Élysée pour proposer des solutions !

C’est Ali Baba qui demande à ses 40 voleurs ce qu’il faut faire pour diminuer les vols !


C’est un peu inquiétant mais il y a pire : Michel Pébereau avait évalué le montant des dettes non comptabilisées concernant les engagements de retraite.

Il était arrivé à un total de €4 500 milliards fin 2004 soit 3 fois le PIB : rien que pour la France.


C’est… beaucoup plus que les 1 000 milliards d’euros-dollars du plantage mondial actuel.


Conclusion pour 85 % des Français : tout ça c’est à cause des Américains et des patrons.


Et les petits Suisses sont excellents comme toujours…

***

par CHEVALLIER
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