Mardi 30 septembre 2008

Record battu !


L’écart entre le rendement de l’OAT française et le Bund tous deux à 10 ans a atteint un nouveau record à 8,5 % ce mardi 30 septembre en fin de séance américaine contre 8,3 % précédemment,

Graphique 1 :

Cliquer ici ou sur le graphique pour l’agrandir.


Sarko a présidé une réunion à 5 heures du matin pour redresser la situation : ça marche !


Pour les Italiens, pas de nouveau record : 21,0 % d’écart suffisent,

Graphique 2 :

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Le plus grand désordre règne sur les taux en Germanie,

Graphique 3 :

Cliquer ici ou sur le graphique pour l’agrandir.

Plus précisément, les rendements à 3 mois sortent du cadre du graphique à 2,04 %.


Sarko et DSK vont donner des leçons au monde entier, ça rassure les marchés.


Heureusement, personne en France ne fait de tels calculs, de tels graphiques ni de telles conclusions.

***

par CHEVALLIER
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Mardi 30 septembre 2008

Les Français et les calculs


Les Français sont les meilleurs du monde, évidemment, surtout en math : au 2° rang mondial pour les médailles Fields (le prix Nobel en la matière), mais dès qu’un simple calcul se rapporte à des données économiques et financières, ya plus personne !


Exemple : hier, une dépêche Reuters annonçait que l’écart entre le rendement des bons du Trésor italien à 10 ans et celui du Bund de la même échéance était monté à 89 points de base, ce qui est a priori une information totalement incompréhensible pour tout lecteur normalement constitué.


89 points de base, c’est beaucoup, pas beaucoup ? ça fait quoi par rapport à quoi ?


Le rendement des bons italiens étant de 4,87 % et celui du Bund à 3,98 %, un écart de 89 points de base signifie que cet écart est de 89 par rapport à 398 ce qui est là encore, peu significatif et peu compréhensible.


Il est plus facile de se référer à 100, c’est plus pratique, plus simple à comprendre.


Donc, je divise 89 par 398 et je multiplie par 100 : ça fait 22,4 % dit mon tableur.


Dur, dur les math sup !


À ma connaissance, je suis le seul en France à avoir fait une telle opération aussi savante en obtenant un résultat juste, et même à avoir imaginé faire un tel calcul, ce qui me vaut au moins une médaille Fields pour le prochain concours.


Malheureusement, après un tel exploit, j’ai appris que d’autres personnes, ailleurs qu’en France, avaient fait mieux que moi et qu’elles avaient compris les problèmes posés avant moi : certaines ont même créé des fonds spéculant sur l’augmentation de cet écart.


À ma connaissance, je suis le seul en France à avoir fait des graphiques sur l’évolution de ce type d’écart et à en faire des interprétations utiles, ce qui ne présente aucun intérêt dans la mesure où (presque) personne ne comprend ce que je fais (à part quelques rares mulots)...


On est bien peu de choses finalement…

***

par CHEVALLIER
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Mardi 30 septembre 2008

Schumpeter gagnant dans tous les cas !


Comme je l’ai écrit à chaud dans mon précédent billet (hier soir, lundi 29 septembre), Schumpeter est le grand gagnant dans tous les cas de figure qui se présentent…


En effet, il a prédit que le capitalisme libéral sombrerait un jour, soit miné de l’intérieur, soit attaqué de l’extérieur.


L’ennemi intérieur dont l’influence est grandissante est (ce que l’on appelle maintenant) la gauche plurielle, c’est à dire toutes les personnes qui bénéficient de ce capitalisme mais qui le critiquent.


Ce sont d’abord les journaleux et les bonimenteurs qui s’expriment dans les médias : tous plus ou moins de gauche en France, à plus de 80 % aux États-Unis.


Ils ont pour alliés la grande masse des enseignants, les syndicalistes, les artistes, le monde du spectacle, toutes les personnes qui ne travaillent pas dans des entreprises soumises à la concurrence et ils sont même rejoints par une partie de plus en plus importante des dirigeants et cadres d’entreprises qui n’osent pas aller contre ces idées contestatrices prétendument généreuses véhiculées par cette gauche plurielle.

Ainsi par exemple, Bill Gates n’a jamais défendu publiquement le capitalisme dont il est symboliquement le plus grand bénéficiaire, mais des aides pour certaines causes dites humanitaires par l’intermédiaire de sa fondation.


D’après tous les sondages et estimations diverses, cette gauche antilibérale (au sens français) est devenue majoritaire avec Barack Obama (candidat idéal des journaleux, bénéficiant en outre du vote inconditionnel des Noirs et des Latinos relativement de plus en plus nombreux) et elle s’est même renforcée avec la chute des indices boursiers.


Bill Clinton avait eu l’intelligence de suivre une politique économique dans la droite ligne des Reaganomics avec Robert Rubin : de l’argent sain d’abord, pas de dépenses dites sociales !


Barack Obama ne se place pas dans cette perspective, mais dans celle d’une gauche archaïque qui s’enfonce sur la pente glissante du socialisme larvé : toujours plus d’État, plus d’impôts pris sur les riches pour le bonheur du peuple…


L’avenir est sombre pour les États-Unis qui perdront ainsi à terme leur leadership mondial pour le plus grand plaisir de la majorité des Américains.


L’ennemi extérieur a adopté une excellente stratégie en étant le plus discret possible : pas d’attentats majeurs d’Al Qaida, pas d’attaques du Hezbollah, même le Hamas ne lance plus de roquettes, (seul Ahmadinejad qui ne comprend jamais rien fait des déclarations intempestives) ce qui décrédibilise McCain dans ses projets pour assurer la sécurité du Monde Libre.


D’un autre côté, les défenseurs du capitalisme libéral se sont fait piéger par W. et par de petites erreurs qui ont eu brusquement des conséquences très graves.


Au départ de tout dysfonctionnement économique et financier majeur, se trouve une erreur d’analyse a priori mineure : généralement un problème comptable mal identifié donc mal résolu.


En effet, les investisseurs peuvent prendre des positions à découvert en engageant des sommes considérables (comme le firent les branquignols de la Générale) sans que ces engagements soient comptabilisés à leur juste valeur.

Normalement, une contrepartie se manifeste toujours pour équilibrer les marchés (les pertes sont alors limitées), mais en cas d’erreurs d’anticipation massives, les ardoises sont vite gigantesques et ingérables.


Ce cas ne s’est jamais produit par le passé.

Sa probabilité était faible, voire négligeable, mais ça vient de se produire !


Le plantage massif s’est produit à la suite de la décision inattendue de W. d’autoriser une intervention militaire en Iran : dès que l’information a été connue des marchés, c’est à dire le 19 mai, les indices actions qui étaient logiquement sur une tendance haussière longue se sont retournés. Tout le monde a été pris à contre pied.


Comme W. n’a toujours pas donné l’autorisation d’intervenir, la situation est devenue de plus en plus intenable au fil des jours dans des établissements de plus en plus nombreux (car ils comptaient se rattraper aux branches de la reprise).


Les conseillers de W. ont commis l’erreur majeure de ne pas tenir compte de la réaction des marchés.


La solution de tous ces problèmes est (et était) simple : il suffisait d’interdire les ventes à découvert comme c’est le cas à la bourse de Zurich dont les dirigeants ont bien identifié et résolu ce problème.


Le gigantesque trou d’air qui vient d’avoir lieu se produit dans un environnement sain aux États-Unis comme l’indiquent tous les chiffres des agrégats monétaires.


Le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke a parfaitement joué son rôle en restaurant la croissance proche de son potentiel optimal mais son travail a été saboté par W. et les dérapages des marchés financiers sur les produits dérivés.


Henry Paulson a proposé un plan qui permet de passer en apnée une phase délicate.


Après la destruction massive d’établissements financiers qui se sont aventurés imprudemment dans des investissements risqués, viendra le développement de nouvelles entités beaucoup plus sûres et efficaces, ce qui signifie que les gains de productivité auront été très élevés dans le secteur financier !


La destruction créatrice s’est d’abord produite dans l’agriculture, puis dans l’industrie, dans les services et elle touche maintenant brusquement et massivement le secteur financier.


Dans tous les cas, c’est le triomphe de Schumpeter !



McCain a vivement accusé le patron de la SEC en promettant de le virer s’il est élu car le mauvais fonctionnement des bourses américaines est effectivement l’origine de la chute des indices actions.

Il est visiblement bien conseillé par des Reaganomics compétents qui ont bien compris que certains produits dérivés sont la cause des désordres financiers actuels.


Actuellement, le problème est de pouvoir imposer l’interdiction des ventes à découvert en Amérique et en Europe (comme à Zurich), contre l’avis de toute la communauté financière !

***

par CHEVALLIER
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