Dimanche 6 juillet 2008

Troisième voyage de W.

Aux États-Unis, c’est le président en personne qui prend finalement les décisions importantes, seul, après des discussions directes avec les personnes concernées.


Dans un premier voyage, au mois de mai, George Bush a pris directement l’avis des dirigeants israéliens et il a pris la décision de les laisser intervenir pour détruire les installations nucléaires iraniennes.

Cette information est parvenue d’une façon ou d’une autre à certains investisseurs qui ont immédiatement cédé leurs actions dès le lundi 19 mai (le Whilshire 5000 a commencé à baisser anormalement depuis ce jour là).


Dans un deuxième voyage en Europe, au mois de juin, il a pris directement l’avis de certains dirigeants qui lui ont donné leur accord, rendant ainsi plus probable cette intervention militaire israélienne (les rendements des Treasurys ont alors commencé à baisser anormalement depuis le vendredi 13 juin, fin de ce voyage).


Dans un troisième voyage au Japon pour le G8, en ce moment, il prend directement l’avis d’autres dirigeants mondiaux.


Les marchés sont donc à surveiller de près cette semaine.


Si W. confirme sa décision, ce qui est fort probable, les marchés réagiront dans ce sens, et ils ne seront pas les seuls !

Compte tenu de l’évolution des marchés depuis quelque temps, il est peu probable que cette intervention militaire n’ait pas lieu.

***

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 6 juillet 2008

Inflation, zone euro et monétarisme


Vendredi 4 juillet, en l’absence des investisseurs américains, les taux de la zone euro se sont positionnés en vue d’une autre augmentation de 25 points de base des taux de la BCE à 4,50 % dans un avenir envisageable.

En effet, le Bund à 10 ans est descendu vers 4,50 % pour rejoindre le 3 mois qui a vivement remonté au cours de cette semaine (il était à 4,12 % le lundi 30 juin !), le Schatz à 2 ans tombant à 4,42 % anticipant ainsi peut-être une récession (le 2 ans réagit généralement plus vite que le 10 ans, la courbe des taux risque alors d’être inversée prochainement),

Graphique 1 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La zone euro est susceptible d’éclater en cas de crise ou de tensions importantes comme l’avait fort justement prédit Milton Friedman : la lire italienne reste dans une anticipation de dévaluation potentielle de 13 % par rapport au Deutschemark (ça porte chance ?),

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Et le franc français de 4 % (c’est moins pire !),

Graphique 3 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Les membres du comité de politique monétaire de la BCE ont raison de relever leur taux de base quand l’inflation dépasse la norme de 2,0 %.


Le problème est que l’inflation continue à augmenter en atteignant 4,0 % dans la zone euro en juin (contre 3,1 % aux États-Unis, la tendance étant baissière) alors que les branquignols de la BCE ont toujours répété précédemment que l’inflation était conjoncturelle et qu’elle allait fléchir dans les mois à venir.


Leur erreur est monumentale.


J’ai montré depuis un certain temps que l’inflation dans la zone euro provient de l’augmentation de la masse monétaire M3 qui atteint 11 % d’une année sur l’autre alors qu’elle devrait être inférieure à 5 %,

Graphique 4 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


En effet, comme la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, cette croissance du PIB réel baisse au fil des trimestres et elle continuera à baisser (elle n’est soutenue que par la demande des pays émergents qui sont en forte croissance),

Graphique 5 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Pour le 2° trimestre, le taux de croissance retenu ici est de 1,3 % (ce qui est relativement optimiste).


La masse monétaire M3 augmente trop par rapport au PIB et elle atteint maintenant 98,5 % du PIB,

Graphique 6 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


L’augmentation de la masse monétaire M3 est due essentiellement à celle de M2 qui atteint 83,5 % du PIB contre 53 % aux États-Unis,

Graphique 7 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


30 % de M2 de la zone euro sont de l’argent non gagné, soit €2 300 milliards par comparaison avec la situation de référence qui est celle des États-Unis.


L’argent sain est le premier pilier de la réussite pour les Reaganomics.


L’argent est sain aux États-Unis car les autorités monétaires surveillent attentivement sa variation en mettant fin au plus tôt à toute création monétaire intempestive.


M2 a tendance à baisser sur la longue période aux États-Unis,

Graphique 8 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Cette hypertrophie de la masse monétaire de la zone euro provient d’argent non gagné qui est massivement distribué (les engagements de retraite ne sont pas comptabilisés).


La création monétaire a généralement pour origine des règles comptables qui ne sont pas respectées ou qui ne prennent pas correctement en compte certains dysfonctionnements non ou mal identifiés.


Les dérives monétaires à l’origine de la bulle qui a éclaté en 2001 ont bien été identifiées par Alan Greenspan et toutes les autorités américaines ont ensuite collaboré pour y mettre fin.


Ainsi par exemple, depuis ce temps là, les écarts d’acquisition doivent être amortis en totalité dès leur découverte (et non plus sur une longue période), les stock-options doivent être enregistrées en charges, les produits et les charges doivent être enregistrés correctement dans les exercices qui leur correspondent de façon à ce que les comptes donnent une image fidèle de la réalité.

Après un passage difficile en 2002 et 2003, tout est reparti dans les normes par la suite, aux États-Unis du moins.


Les dysfonctionnements monétaires ne sont pas identifiés dans la zone euro par la BCE ni par d’autres autorités.


De toutes façons, certains gouvernements ne veulent pas y mettre fin car le rétablissement d’une situation normale serait politiquement difficile à appliquer (ainsi par exemple, la SNCF aurait dû être déclarée en faillite !).


L’augmentation des taux de la BCE s’impose, mais il faudrait d’abord et avant tout mettre fin aux causes des dérives monétaires en tenant correctement les comptes des entreprises et des administrations.


Le manque de culture économique monétariste dans la zone euro aura des conséquences fatales.


La Vieille Europe sera, comme le Japon, longuement handicapée par ses dérives monétaires.

***

 

par CHEVALLIER
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander

Présentation

Créer un Blog

Créez votre blog gratuit

Recherche

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
achat de nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus