Lundi 1 juin 2009

Eurococorico triché


Jean-Claude Le Tricheur pousse des cocoricos de satisfaction du fait que la masse monétaire M3 de la zone euro n’augmente que de 5 % d’après les chiffres de la BCE, 6 % d’après mes chiffres pris au fil des parutions sans les révisions qu’il est trop fastidieux de faire chaque mois (car il n’y a pas de séries actualisés téléchargeables comme celles de notre ami Fred de Saint Louis)…

Graphique 1 :

 

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… mais le problème est que le PIB a plongé de 4,6 % d’une année sur l’autre dans la zone euro au 1° trimestre 2009.


Conséquence : M3 (9 478 milliards d’euros) par rapport au PIB courant (8 900 milliards d’euros environ) augmente : le ratio est passé de 74 % en 1998, ce qui était dans les normes, à plus de 106 %, ce qui est tout à fait hors normes,

Graphique 2 :

 

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Cette hypertrophie de la masse monétaire provient de la création monétaire dans la zone euro car de l’argent non gagné y est injecté et y circule (de l’ordre de 3 000 milliards d’euros !).


Il provient d’argent distribué sans qu’il y ait en contrepartie une production vendue à des clients.


Pour l’essentiel, il s’agit de salaires versés sans travail (au titre d’aides dites sociales) et surtout d’engagements de retraite qui ne sont pas comptabilisés à leur juste valeur.


Les Euro-zonards ont ainsi davantage d’argent en M1 (4 200 milliards d’euros) qui représente 47 % du PIB contre 11 % aux Etats-Unis,

Graphique 3 :

 

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Il est intéressant de noter que beaucoup d’Américains s’alarment de l’augmentation de M1 aux Etats-Unis alors que ce ratio est passé de 10 à 11 % en un an !


La forte croissance dans la zone euro en 2007-2008 a été entraînée par celle des Etats-Unis.


En effet, elle aurait dû baisser en considération de l’augmentation importante de M3,

Graphique 4 :

 

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D’une certaine façon, ces chiffres ont un côté rassurant : comme je l’ai déjà écrit, la croissance dans la zone euro ne dépend pas de la politique monétaire de la BCE mais de celle de la Fed.


Les Américains savent très bien, surtout les gens de la Fed, que l’argent sain est le premier pilier des Reaganomics dixit ce bon vieux Arthur Laffer.


Comme la croissance est déjà repartie aux Etats-Unis, elle repartira dans la Vieille Europe, mais à un rythme inférieur car il y a trop de handicaps chez nous, en particulier du fait de cette hypertrophie de la masse monétaire.

***

Par CHEVALLIER
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Lundi 1 juin 2009

Capitalisme et capitalistes


Les bénéfices augmentent de 7,5 % d’une année sur l’autre. Comme l’inflation baisse depuis le début des années 80, la part des bénéfices dans le PIB (qui était de 4 % dans les années 70) augmente : elle est maintenant de l’ordre de 8 % en fluctuant de 7 à 9 %,

Graphique 1 :

 

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Dans les années 70, 40 % seulement des bénéfices étaient distribués sous forme de dividendes car l’argent était rare et cher et les entreprises avaient absolument besoin de les réinvestir.


Comme leur situation s’est considérablement améliorée, surtout dans les années 90 pendant laquelle leurs trésoreries ont considérablement augmenté, les trois quart des bénéfices sont maintenant redistribués aux heureux actionnaires que sont les Américains, surtout par l’intermédiaire de leurs fonds de pension,

Graphique 2 :

 

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Les dividendes ne représentaient que 2,5 % du PIB jusqu’à la fin des années 80 contre 5,5 % maintenant,

Graphique 3 :

 

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Les Américains touchent les dividendes de leurs investissements. C’est l’effet boule de neige : les bénéfices permettent d’augmenter les capitaux propres et d’investir, ce qui augmente les bénéfices de la période suivante, etc. etc.


La richesse des entreprises américaines leur permet de distribuer des dividendes et de financer leurs investissements qui augmentent : ils représentaient 4 % du PIB dans les années 60 contre 7 à 7,5 % maintenant,

Graphique 4 :

 

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Les bénéfices de l’ensemble des entreprises américaines ne sont jamais stables : ils ont baissé globalement de 15 % environ (d’une année sur l’autre) au 4° trimestre 2008 et au 1° trimestre 2009 mais ce pourcentage va remonter à partir de ce 2° trimestre (point jaune) pour atteindre + 20 % environ au 4° trimestre 2009 (point vert),

Graphique 5 :

 

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Le niveau des bénéfices de l’ensemble des entreprises américaines rejoindra ainsi en fin d’année celui du 2° trimestre 2007 à 1 200 milliards de dollars, après une belle destruction créatrice qui aura fait disparaître l’argent non gagné par les zozos de la finance,

Graphique 6 :

 

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Lors de mon dernier billet du… 1° avril (!) sur ce sujet, Consensus des consensus j’avais prédit une stagnation des bénéfices au 1° trimestre 2009 par rapport au précédent (ce n’était pas un poisson d’avril !), cliquer ici pour le lire.

J’ai fait une petite erreur en étant trop prudent : ils ont augmenté de 1,1 % en passant de 1 001,2 à 1 012,3 milliards de dollars.

***

 

Par CHEVALLIER
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