Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 12:08

 

Dévaluations, € et monétarisme

 

Comme des personnes ont encore et toujours des difficultés pour comprendre ce que j’écris, des explications complémentaires semblent indispensables et pour cela, il faut retourner au bon vieux temps du système de Bretton Woods…

Après mai 1968, le gouvernement français a généreusement accordé 25 % d’augmentation au Smig (à Grenelle) et la 4° semaine de congés payés. Les coûts des entreprises françaises ont augmenté. Elles ont donc augmenté les prix de leurs produits. Les entreprises des pays voisins n’ont pas supporté ces augmentations. Les ventes entreprises françaises à l’étranger ont donc été pénalisées, ce qui a fait baisser les réserves de change (en devises) de la France (car les exportations ont faibli).

Dans les mois qui ont suivi, le général de Gaulle a dit : nous de dévaluerons pas !

Le gouvernement français a été obligé de dévaluer le franc de 11 % en août 1969 car les réserves de change en devises étaient au plus bas.

Si à cette époque là, les Allemands avaient dit aux Français : ne vous en faites pas ! La Buba a beaucoup de devises en réserve, nous allons vous les donner, c’est la solidarité européenne !, la France n’aurait pas été obligée de dévaluer.

C’est très exactement ce qui s’est passé au cours de ces dernières années dans l’euro système : les 35 heures ont augmenté les charges des seules entreprises françaises, ce qui a fait baisser les réserves de change en devises de la France, mais grâce aux transferts entre banques centrales de la zone euro, les réserves en devises de la Buba ont été transférées sur le compte de la Banque de France, ce qui est visible dans la rubrique (absconse) 3.3 autres investissements.

Ces opérations étaient techniquement nécessaires car la balance des paiements de la zone euro doit impérativement être équilibrée ainsi que celles des pays membres.

Ces expédients ont pu fonctionner pendant une dizaine d’années car les réserves en devises de la Buba permettaient d’absorber les déficits de ces cochons de pays du Club Med (les PIGS + F) ce qui semble ne plus être le cas depuis 2009, d’où une certaine fébrilité chez les dirigeants euro-zonards et une certaine incompréhension parmi leurs bons peuples.

Par ailleurs, la non-comptabilisation des engagements de retraite en France permet de mettre en circulation de l’argent (non gagné) qui aurait dû être investi dans le capital des entreprises par l’intermédiaire de fonds de pension (pour procurer des revenus pour les futurs retraités), ce qui contribue grandement à l’hypertrophie de la masse monétaire.

Si, à la fin des années 60, un type avait dit aux Français : ne vous en faites pas ! La Buba a beaucoup de devises en réserve, nous allons vous les donner, c’est la solidarité européenne !, tout le monde aurait dit : il est fou !

Maintenant, tout est inversé : un type sensé dit qu’ils sont tous fous avec l’euro !

C’est un peu simplifié, pour mieux me faire comprendre, mais finalement tout est simple

***

 

 

Par CHEVALLIER
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Commentaires

Je lis régulièrement vos billets dont j'apprècie la qualité du point de vue strictement monétariste.
Par contre, j'apprécie nettement moins votre propos lorsque vous incriminez certaines dispositions du droit du travail qui, selon vous, sont responsables de la baisse de compétitivité de l'économie française...

Une vision plus honnête des choses serait de prendre en compte, non pas les "entraves" à la baisse du coût du travail (comme les 35 H) qui ne sont qu'un aspect secondaire du problème, mais bien l'absence de politique industrielle au niveau de la nation, de vision du personnel politique, d'innovation dans les entreprises, d'esprit d'ouverture du secteur bancaire, ou encore d'esprit d'entreprise au niveau des individus...

Le problème vient avant tout de l'état d'esprit général des agents économiques, que tout détourne, et pas (seulement) d'un point de vue réglementaire, de l'envie d'entreprendre et d'innover.
Commentaire n°1 posté par Pierre MOLLIER le 19/01/2011 à 12h52

Oui, les stats sont toutes concordantes : sur 1 année (ie 12 mois consécutifs), les Allemands travaillent en moyenne moins que les Français !

Mais les 35 heures ont déstabilisé les entreprises en France

Réponse de CHEVALLIER le 20/01/2011 à 18h39
Monsieur CHEVALLIER,

Alors là bravo c'est beaucoup plus limpide et plus facile à comprendre.

En fait nous avons créé deux montres qui siphonnent toute la richesse de notre pays :
- Un coût de main d'oeuvre exorbitant
- des retraites non financés

De plus l'Allemagne le grand Dindon de la Farce va surement nous demander des comptes un jour ou l'autre ???

En attendant l'Etat essaye par tous les moyens de renflouer ces caisses :

Les créateurs d'impots sont à l'oeuvre. On lance dans les médias " l'Impot sur la plus value de la résidence principale " Ballon d'essai qui ne sert qu'à faire peur et pour dire ensuite que non l'idée n'était pas bonne (tout le monde ou presque sera
soulagé) mais ce sera pour mieux nous faire accepter l'idée d'un nouvel impot notamment sur les contrats Assurance vie.


On va encore prendre au nom de la solidarité de l'argent dans les poches de ceux qui tiennent à bout de bras ce pays.

C'est purement scandaleux pour ne pas dire autre chose.
Commentaire n°2 posté par JEROME le 19/01/2011 à 14h37

Réponse de CHEVALLIER le 20/01/2011 à 18h36
Zone euro : déficit des comptes courants :

- Août 2010 : déficit de 3,7 milliards d'euros.

- Septembre 2010 : déficit de 6,5 milliards d'euros.

- Octobre 2010 : déficit de 9,6 milliards d'euros.

- Novembre 2010 : déficit de 11,2 milliards d'euros.

http://www.romandie.com/infos/News2/201101191057100AWP.asp

Comme dirait Christine Lagarde : "En zone euro, tout va de mieux en mieux."
Commentaire n°3 posté par BA le 19/01/2011 à 15h25
Les couts de main d'oeuvre exorbitants sont une conséquence de l'hypertrophie de la masse monétaire, tandis que les engagement de retraite non-comptabilisés sont une des causes de l'hypertrophie.

Pour résumé, les deux causes sont les engagements de retraite non comptabilisés ET l'euro (les excédent allemands qui empeche la nécessaire dévaluation). L'hypertrophie de la masse monétaire, qui en est la conséquence, provoque des couts exorbitants, ce qui nécessiterait de dévaluer encore plus par rapport aux monnaies extérieures.
Commentaire n°4 posté par Nam le 19/01/2011 à 15h36
D'autre part, comme les parts de marchés des grandes entreprises sont décodées à l'Elysée, les gens qui travaillent dans ces entreprises ne sont plus motivés, et sont obligés à jouer la comédie pour faire semblant de travailler.
Commentaire n°5 posté par Nam le 19/01/2011 à 15h38
Merci Mr, votre analyse est très claire.
Mais qu'elles sont selon vous les implications sur les bourses européennes?
Merci
Commentaire n°6 posté par gpdf le 20/01/2011 à 09h00

Mauvais mauvais pour les bourses européennes, d'où l'importance d'en sortir et d'investir aux US ! cf. mes offres... 

Réponse de CHEVALLIER le 20/01/2011 à 18h26
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