Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /2010 18:17

Taxe sur les banques : pire des solutions

 

Le gouvernement allemand vient de décider d’instaurer une taxe sur les banques, et la France va le suivre bien entendu.

C’est la pire des solutions !

En effet, cette taxe correspond en fait à une assurance, dont la prime est dérisoire, qui donne la possibilité aux dirigeants des banques de faire tout ce qu’ils veulent, y compris de mener leur banque à la faillite, car ils savent que l’Etat les renflouera de toute façon.

Que faire ?

 

Paul Volcker veut créer des usines à gaz employant des fonctionnaires pour surveiller les agissements des big banks et leur interdire de faire certaines opérations pour leur compte propre tout en les autorisant à le faire pour le compte de leurs clients !

 

Bien entendu, ce bon vieux Greenspan n’est pas favorable à ces projets.

En fait, les règles qu’il avait édictées, celles qui ont déjà été adoptées sous la forme du ratio Tier à l’origine, permettent de résoudre naturellement tous les problèmes, à condition de les durcir en adoptant un leverage, mon µ, strictement inférieur à 10 au lieu de 12,5.

Ainsi, les capitaux propres (constitués du seul capital et des bénéfices accumulés) des banques devraient représenter au moins 10 % du total des dettes.

 

Les banques Michel Inchauspé (Bami), Pouyanne, Martin-Maurel et d’autres banques sérieuses (helvètes) respectent ce ratio… sans l’avoir recherché ! car c’est un ratio qui s’impose spontanément quand les actionnaires (ou leurs représentants) gèrent correctement leur entreprise.

Dans ces conditions, les big banks ne peuvent pas avoir des ratios de rentabilité normaux (un ROE supérieur à 15 %). Elles doivent se scinder d’elles mêmes en un certain nombre de petites entités qui peuvent alors être rentables.

 

C’est simple, tout est simple, disait…

Bien entendu, les dirigeants des Gos Banks allemandes et françaises sont contre.

Qui va gagner ?

***

Par CHEVALLIER
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Commentaires

Alan Greenspan documented paper where he made some interesting reco for banks; i found they have a special touch...
http://www.brookings.edu/~/media/Files/Programs/ES/BPEA/2010_spring_bpea_papers/spring2010_greenspan.pdf
Commentaire n°1 posté par THEGAP le 31/03/2010 à 18h28

Merci pour ce lien, mais celui que vous indiquez n'a pas marché (avec moi du moins), par contre on peut trouver ce document sur celui-ci en cliquant sur Crisis :

http://www.brookings.edu/economics/bpea.aspx

Je rectifie : votre lien marche très bien (il y a eu un plantage dans mon ordi au mauvais moment)

 

Réponse de CHEVALLIER le 31/03/2010 à 18h59
"Elles doivent se scinder d’elles mêmes en un certain nombre de petites entités qui peuvent alors être rentables."
est ce un pb de taille ou bien d'overleveraging? Pourquoi l'overleveraging serait en rapport avec la taille? Les banques ont toutes le même accès à la monnaie de la BCE. Ne serait ce pas plutôt un seul problème le moral hasard quelque soit la taille si l'état est derrière?
Commentaire n°2 posté par THEGAP le 31/03/2010 à 18h33

Je n'ai pas encore vu de big bank avec un bon µ, ni d'ailleurs avec de bons ROE

par contre de "petites" banques peuvent avoir un bon µ et tout va bien

quand une petite banque a un mauvais µ, elle est dans une mauvaise situation, mais ce n'est pas grave (ni pour les contribuables ni pour le pays) : elle peut couler et ses actionnaires ont tout perdu

Réponse de CHEVALLIER le 31/03/2010 à 19h04
Et les banques grecques ?

Qu'est-ce qu'elles deviennent, les banques grecques ?

Mercredi 31 mars :

A 18H00, le taux de l’obligation d’Etat grecque à 10 ans s’est inscrit à 6,522 %, contre 6,434 % mardi.

Le différentiel avec le Bund allemand à 10 ans qui sert de référence sur le marché s’est établi à 343 points, contre 316 points en début de semaine, ce qui traduit les inquiétudes sur la dette grecque.

Ce mouvement fait suite à l’émission obligataire de maturité à 7 ans, qui s’est déroulée lundi, avec un résultat mitigé et une demande moins importante que lors des précédentes opérations.

A un climat déjà dégradé, est venu s’ajouter mercredi l’abaissement de la note des cinq principales banques grecques par l’agence Moody’s qui a donné lieu à un net mouvement de “fuite vers la qualité”, a indiqué Jérôme Broustra, responsable de la gestion taux chez Axa IM.

http://www.romandie.com/infos/news/201003311901070AWP.asp

Lundi 29 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,289 %.
Mardi 30 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,434 %.
Mercredi 31 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,522 %.

L’Etat grec ne pourra pas emprunter à des taux aussi élevés.
La Grèce fonce vers le défaut de paiement.
Commentaire n°3 posté par BA le 31/03/2010 à 21h12

Chut !

et chute ! 

+ complément :

j'ai oublié de signaler qqch d'important :

Le Trésor grec a décidé de lancer un emprunt en US$ dans un avenir proche...

Traduction : en empruntant en €, les créanciers seront remboursés en... drachmes ! ce qui n'intéresse personne ! (dans un avenir plus ou moins proche, la Grèce sortira de l'€ système), d'où des taux d'intérêt suicidaires actuellement

en empruntant en US$, les créanciers seront remboursés en US$ ! ce qui est nettement + rassurant ! d'où des taux + bas

Le patron du trésor grec a eu une excellente idée, et il montre qu'il croit de + en + à une sortie de l'€ système !

Réponse de CHEVALLIER le 31/03/2010 à 21h23
Bonjour Monsieur Chevallier
Avez vous vu cette nouvelle et qu'en pensez vous ?
Ca va dans le bon sens me semble-t-il ?

http://www.objectifliberte.fr/2010/04/google-ebay-dynamitent-la-banque.html

Encore merci de vos billets
faram
Commentaire n°4 posté par faram il y a 5 jours à 09h56

bof

Réponse de CHEVALLIER il y a 5 jours à 11h28
Réponse à votre commentaire sur l'emprunt en $.

L'idée peut sembler bonne, mais c'est une fausse bonne idée. Si effectivement, le problème du taux règle en apparence le coût de la dette du point de vue emprunteur, et le risque de change du coté préteur; il ne règle absolument pas : i) le problème de solvabilité de la Grèce, ii) le risque de change que la Grèce va devoir assumer si elle doit rembourser en dollars, et que - comme on peut l'imaginer - soit l'euro, soit le nouveau drachme - plongeront face au dollar. L'économie sur les 1% ou 2% de spread par rapport aux taux libellés en euros, paraitra alors bien dérisoire quand il faudra rembourser le principal de la dette à 180% du nominal après conversion des dollars en monnaie locale.
Ce montage me rappelle furieusement ceux qui ont été mis en place avec les collectivités locales italiennes qui avaient libellées leur dette en dollar en pariant sur un effondrement du $... On a vu la suite.
Commentaire n°5 posté par yann il y a 5 jours à 14h19

Entièrement d'accord avec vous, cf. mon post suivant !

Réponse de CHEVALLIER il y a 5 jours à 15h38
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