Taux bas, actions et croissance
Le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke a tort de vouloir maintenir les taux bas pendant une période prolongée…
Des taux bas des Treasuries, cela signifie qu’une masse considérable de capitaux y est réfugiée au lieu d’être investie en actions.
Cette situation se justifie quand les marchés craignent un effondrement des bénéfices des sociétés, comme cela s’est produit lors des dernières turbulences financières en 2008-2009 (la crise dite des sub-prime et l’effondrement financier à la suite de la faillite des frères Lehman).
Actuellement, la croissance du PIB est repartie sur un rythme normal aux alentours de 3 % sur de bons fondamentaux, aux Etats-Unis du moins. Logiquement, les capitaux auraient dû sortir de leur refuge des Treasuries pour s’investir en actions qui sont globalement fortement sous-valorisées compte tenu des bénéfices présents et à venir.
Or, B-2 et les Démocrates actuellement au pouvoir, font tout pour maintenir les taux à un niveau anormalement bas, ce qui paralyse les investisseurs qui conservent leurs capitaux sur les Treasuries, ce qui maintient les cours des actions à un niveau anormalement bas.
Les Américains sont pour la plupart des capitalistes, c’est-à-dire qu’ils possèdent des actions directement ou indirectement par l’intermédiaire de leurs fonds de pensions.
Quand les taux sont bas, les cours sont bas et leurs portefeuilles sont bas ainsi que leur moral. Ils limitent alors leurs dépenses (la consommation n’augmente pas beaucoup, i.e. la demande est faible), ce qui contribue à la faiblesse de la croissance du PIB (l’offre qui répond à la demande).
A la place de B-2, ce bon vieux Greenspan serait intervenu énergiquement pour redonner un peu d’enthousiasme aux Américains pour les pousser à dépenser leurs dollars (en consommant), ce qui aurait stimulé naturellement la croissance du PIB (par la demande) et les cours des actions.
B-2 et les Démocrates actuellement au pouvoir, sont en train de créer, non pas une crise, mais de ralentir fortement la croissance, c’est-à-dire la création de richesse.
C’est là une très grosse faute de leur part. Ce bon vieux Greenspan est toujours intervenu en pareilles circonstances au contraire pour augmenter la richesse des Américains, au niveau de leur portefeuille de valeurs mobilières et de la production (le PIB).
B-2 et les Démocrates actuellement au pouvoir créent des distorsions dangereuses : les taux bas donnent de mauvaises indications aux décideurs (ils permettent de supporter un surendettement public) qu’il faudra compenser par un relèvement brusque qui produira des turbulences mal supportées par les Américains et des bulles financières.
D’après Richard Fisher, président de la Fed de Dallas, cliquer ici pour lire un article du Nikkei à ce sujet, les sociétés du S&P-500 ont $1 800 milliards de disponibilités et les big banks ont $1 000 milliards en dépôt à la Fed. Ce sont là des masses de capitaux mal utilisés.
Pire, B-2 et les Démocrates actuellement au pouvoir risquent de casser la reprise indispensable de la croissance avant la prochaine chute cyclique.
Les Américains réagissent sans délai par rapport à l’évolution des indices d’actions…
Ils ont augmenté leur épargne (M2-M1) de précaution tant que les indices d’actions baissaient : jusqu’au 9 mars 2009 (point vert), date à partir de laquelle ils ont entamé leur remontée, ce qui s’est accompagné d’une certaine confiance en l’avenir (ils n’ont plus augmenté leur épargne, $6 800 milliards pour dépenser leurs dollars, ce qui a fait repartir la croissance), mais ils ont augmenté à nouveau leur épargne de précaution début mai (à $6 900 milliards, point rouge) à cause des risques systémiques dans la zone euro,
Graphique 1 :
Cliquer ici pour agrandir le graphique.
La variation de M2-M1 d’une année sur l’autre en pourcentage a atteint un point bas négatif en mars 2010 (point noir), un an exactement après le point bas des indices d’actions, ce qui signifiait que la croissance allait continuer sur le même rythme,
Graphique 2 :
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Pour le 2° trimestre 2010, la croissance du PIB aurait dû être de 2,5 % par rapport au trimestre précédent en pourcentage annualisé, soit de 3,2 % d’une année sur l’autre, c’est-à-dire à son potentiel optimal, d’après mon tableur et ma loi sur la relation entre la croissance et la masse monétaire libre,
Graphique 3 :
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Pour ce 3° trimestre en cours, la croissance devrait être respectivement de 2,7 % et de 2,4 % à cause des erreurs de B-2 et des Démocrates actuellement au pouvoir au lieu de rester légèrement supérieure à son potentiel optimal autour de 3 %.
B-2 et les Démocrates actuellement au pouvoir sont de plus en plus contestés, y compris parmi les membres du Fomc (Jeffrey Lacker après Thomas Hoenig) qui subissent les pressions des hommes politiques qui seront victimes des saines réactions de leurs électeurs lors des élections de cet automne.
La politique menée par B-2 et les Démocrates actuellement au pouvoir a des effets fortement négatifs pour tout le monde. Jamais Ce bon vieux Greenspan n’a fait de telles erreurs !
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peux t-on, quantitativement, évaluer l'impact de l'épagne des americains et autres habtants des pays majeurs par rapport à l'evolution des indices?
Merci,
N
à mon avis, on ne peut pas tirer des formules entre les variations des indices d'actions et de l'épargne, mais des relations logiques
ne serait ce pas des provisions en previsions des depreciations d'actifs que nos cheres BIG Bank ont en portfolio?
Non ! Si Richard Fischer donne cette information, ne n'est pas pour rien ! ... et si ces bk avaient eu besoin de ces $ pour faire face à des dépréciations, elles les auraient utilisées pour rassurer les investisseurs.
Il y a trop de liquidités en attente de placement.
Toujours lecteur assidu de votre globe, je vous felicite pour vos analyses pertinentes.
Mais je ne vous suit pas sur votre dernier post...Si les taux sont maintenu bas, c'est justement pour eviter que l'argent aille se refugier dans les tresories mais plutot ds les actifs (actions, immobilier ou autre..). Des taux elevés vont encore plus attirer les fonds ds de l'obligataire et ralentir la croissance.
A mon avis, la FED n'a juste pas le choix, les taux longs et autour du 3mois toujours plus bas l'obligent a rester a zero. Cela sent l'environnement déflationniste a la japonaise. Contraction de la masse monnaitaire, contraction de la velocite de l'argent, contraction du credit, taux longs termes faibles, et un CPI toujours plus faible.
Non...
des taux bas, peu rémunérateurs, signifient que les prix des contrats sont élevés car la demande est très importante,
avec des taux élevés, les capitaux sortiront des Treasuries pour s'investir en actions dont les cours monteront,
La situation aux US est tout à fait différente de celle du Japon où il y a une hypertrophie de la masse monétaire qui bloque tout.
Les indices de prix globaux sont encore faibles, mais le prix de l'acier a déjà doublé, ce qui se répercutera ailleurs, idem pour d'autres produits, i.e. l'inflation...
L'est-il autant que Busch qui a fait renflouer les banques par les contribuables?
Nous pourrions résumé la situation actuelle par un comportement moutonnier de l'ensemble des possesseurs de capitaux (à l'exception
des grosses pointures Buffet, sorros qui anticipe bien les choses etc ....). Je veux dire par là qu'ils sont actuellement en Treasuries dans l'attente d'une envolé des cours des actions.
Mais il est vrai que leur attitude est déroutante (pour le novice que je suis)
a savoir " moins leur argent est rémunéré (taux bas) plus ils vont le placer
sur les tresories (c'est en cela que c'est difficile à comprendre).
A votre avis quels sont les évenements qui vont faire que les gens vont sortir des treasuries pour aller vers les actions ou sicav ?
La remonté des taux de rémunération des treasuries ????
Autre question : A qui profite cette masse de capitaux placés en treasuries, et que font ils de cette masse (notamment en matière de placement fi).
Bien cordialement,
Jérome.
pour compléter l'analyse de Mr Chevallier, tant que l'investisseur long terme a une perspective de taux bas voir de baisse des taux, il n'a aucune raison de changer d'investissement : ses obligations ne perdent pas de valeur , voir peuvent même en prendre, comme c'est le cas depuis le début de l'année. Si la FED commence à menacer de hausse des taux , les investisseurs se mettent à liquider leur portefeuille obligataire et investissent dans les actions ou les commodities
La relation entre taux d'intérêts et obligations n'est pas connue de tous (sauf à être économiste ou diplômé de finance - je parle des vrais diplômes - pas ceux des écoles de commerce bidons que l'on vous donne pour quelques milliers d'euros)
Bref, pour expliquer aux novices (mais chacun son métier hein ?) lorsque les taux montent, les valeurs actuelles baissent (voir actualisation sur wiki). Une obligation à taux fixe est sensible aux taux d'intérêts, lorsque les taux montent sa valeur baisse et inversement.
Lorsque les taux montent, l'argent est mieux placé là où les rendements sont supérieurs, la hausse des taux est nécessaire pour relancer l'investissement et inciter les institutions à préter.
En ce moment, les taux bas provoquent une situation anormale (et je rejoins JPC) dans laquelle les taux réels sont négatifs (taux réel = 1+taux nominal/1+taux d'inflation -1) que l'on peut approximer par taux nominal - taux d'inflation.
Cette situation n'est pas perçue par les ménages, qui ont du coup tendance à épargner par peur de l'avenir, alors que les professionnels anticipent le pire, vu que la Fed continue de souffler le froid sur les marchés;
Pourtant l'éco américaine est fortement dépendante du niveau des actions, la proportion des actions à dividendes est maintenant majoritaire, le fruit de la délocalisation et des gains de productivités doit revenir aux ménages US sous forme de dividendes, ce qui relance la consommation et donc la croissance.
L'action de Bernanke est dangereuse et adossée à l'anticapitaliste Obama, ne peut qu'engendrer un deuxième risque de ralentissement économique.
Heureusement, le mois de novembre arrive vite, et les démocrates seront balayés par une vague républicaine qui ressemblera à un ouragan.
une vague républicaine qui ressemblera à un ouragan... ou à un tsunami !