Produits financiers innovants et monétarisme
Beaucoup de gens, ne comprennent plus le monde de la finance malgré l’abondance des sources d’information, que ce soit l’homme de la rue ou la ménagère, ce qui est compréhensible, mais aussi la plupart des hommes politiques et un grand nombre d’économistes, de spécialistes et de journaleux…
Heureusement, ce bon vieux Greenspan, et les gens de la Fed maitrisent parfaitement bien les produits financiers innovants et ils ne veulent pas étouffer la création de ce type de produits, car comme les autres, ils sont source de progrès. Ils permettent d’augmenter la productivité, donc la croissance et la richesse des nations. Ils sont donc indispensables.
Les CDS (Credit Default Swaps) en sont un bon exemple : les contrats en cours représentent des sommes considérables, mais c’est normal car il s’agit d’empilements d’engagements et de couvertures. La BRI vient de montrer que le dixième seulement de cette masse donne naissance à des règlements effectifs nets, cliquer ici pour lire ce document.
Il n’y a pas de création monétaire dans ce cas, mais création normale de valeur, donc de richesse (pour ce qui concerne les seuls règlements nets, les autres ayant été annulés, ou compensés).
Par contre, il est indispensable que les opérateurs respectent les règles prudentielles qui s’imposent, en particulier pour ce qui concerne les couvertures, sinon les pertes risquent d’être considérables, comme cela s’est passé à la Générale en janvier 2008, ce qui explique l’importance des sommes engagées.
Aucun organisme étatique de contrôle ne peut être efficace dans ce domaine. Il est préférable de laisser faire les marchés qui sont les mieux placés pour sanctionner les mauvais spéculateurs, ce qui suppose que toute banque doit pouvoir faire faillite, donc qu’aucune ne doit être too big to fail.
Il en est de même pour les ventes à découvert qui doivent être autorisées, compte tenu là aussi du respect des règles prudentielles (appels de marge, etc.), par contre les ventes à découvert à nu ne doivent pas être autorisées évidemment, cf. mon billet à ce sujet et mes réponses en commentaires.
La plus grande confusion règne à ce sujet : les autorités du Royaume-Uni veulent absolument continuer à autoriser les ventes à découvert à nu alors que les Allemands veulent en généraliser l’interdiction, Bécassine et l’histrion ignare qui siège à l’Elysée pour 2 ans encore planant…
Par ailleurs, comme la richesse dans le monde augmente, les dépôts augmentent, et les crédits doivent eux aussi augmenter d’autant pour assurer l’optimum économique. Il est donc normal que les dettes augmentent. Il n’y a pas de création monétaire dans ce cas.
Bien entendu, les règles comptables élémentaires doivent être respectées : toute créance doit être enregistrée, y compris les créances de retraite, sinon, il y a création monétaire, ce qui se passe en particulier en France.
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Quant-aux CDS, les interdire reviendrait a interdire de punir...C'est déjà le cas dans les écoles Françaises: quand les jeunes ont une mauvaise note, les parents viennent gifler le Prof....Les profs intelligents sont découragés,il s'en vont, et les autres (les moins bons) restes...
Sinon, cela entraine des effets de "manipulation de marché", je pense qu'aujourd'hui il y a assez d'établissements financiers qui sont exposés a ces risques pour ne pas avoir besoin d'élargir la liquidité de ces produits (je veux dire que l'argument "cela rend le marché des cds plus liquide" ne tiens pas)
Les intervenants sur les CDS ne doivent être que des spécialistes connaissant bien ces marchés, les autres qui ne comprennent pas bien ces produits et leur fonctionnement sont amenés à ne pas y rester car les pertes y sont finalement importantes.
Les CDS comme d'autres produits financiers complexes jouent un rôle important, donc, il ne faut pas brider la création de ce type de produits.
Création monétaire ou pas ?
L'auteur de l'article, Andreas Höfert, chief economist de... UBS (!) fait un certain nombre d'erreurs...
Les bk centrales achètent effectivement des actifs pourris à une certaine valeur, et ces actifs perdront une grande partie de cette valeur à l'avenir. Elles seront donc en grande partie perdantes sur ces opérations, ce qui évite aux bk ordinaires (qui en étaient détentrices) de supporter ces pertes (c'est transférer les pertes au public en privatisant les bénéfices !).
Il n'y a donc pas de création monétaire dans ces opérations car les pertes sont supportées par les bk centrales.
Des liquidités ont été récupérées au passage par les bk ordinaires, mais les bk centrales peuvent les gérer par une politique appropriée. Elles disposent pour cela de moyens considérables.
Alan Greenspan, et Milton Friedman se sont clairement exprimés assez souvent à ce sujet...
Par ailleurs, il est totalement faux de prétendre que les bk centrales font marcher la "planche à billets" à cette occasion ! Je ne comprends toujours pas pourquoi tant de gens raisonnent encore ainsi ! C'est sans aucun rapport avec la réalité observable. Ce sont là des réflexions qui ont pu correspondre à la réalité dans la préhistoire (i.e. avant... l'après guerre, avant les années 45... !)
http://www.daily-bourse.fr/analyse-Tout-va-bien-l-inflation-est-de-retour-vtptc-9379.php
voir "mzm money stock"
Oui ! tous les idiots inutiles se repaissent de ces courbes exponentielles dont ils ne connaissent pas la signification, ce qui crée une certaine panique...
Laissez faire les marchés, si ils gagnent de l’argent alors pas de problème, si ils ne sont pas rentables les produits disparaitront d’eux mêmes.
Je ne comprends pas le fonctionnement de mon ordinateur et pourtant il m’est indispensable et très utile…
Exactement ! C'est l'exemple que je voulais donner pour illustrer ce que je voualis dire.
Nous utilisons plein de choses très complexes dont nous sommes totalement incapables d'en comprendre le fonctionnement : voitures, ordinateurs, avions, etc.
Ils sont utiles, indispensables. Ce n'est pas parce qu'ils sont complexes qu'il faut les interdire !
Elles permettent aux bk ordinaires dont les dirigeants sont incompétents de s'en sortir, non pas sur le dos des contribuables, mais des bk centrales, ce qui appauvrit in fine ces contribuables ignares.
C'est assez contradictoire de souhaiter à la fois les autoriser librement tout en entendant restreindre l'utilisation de produits dérivés à des fins spéculatives.
- Si l’Espagne avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 4,738 %.
Le graphique des taux d'intérêt des obligations espagnoles est incroyable : les taux d'intérêt espagnols sont en train d'exploser.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GSPG10YR%3AIND
- Si le Portugal avait dû lancer un emprunt à 10 ans, il aurait dû payer un taux d’intérêt de 5,451 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GSPT10YR%3AIND
- Si l’Irlande avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 5,484 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GIGB10YR%3AIND
- Si la Grèce avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 9,082 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GGGB10YR%3AIND
Oui ! ça fait beaucoup ! on n'est pas sorti de l'auberge (espagnole et autre)
+ :
L'écart de rendement entre les obligations espagnoles à 10 ans et le Bund allemand de référence s'est accru de 13 points de base pour atteindre 223,5 points de base, en réaction à un article de la presse espagnole indiquant que l'Union européenne, le FMI et le Trésor américain préparent un plan de liquidités pour l'Espagne, comportant une ligne de crédit de 250 milliards d'euros.