La Générale : 3° trimestre 2010
Les meccanos de la Générale viennent de publier leurs résultats du 3° trimestre 2010, cliquer ici pour y accéder.
Officiellement, le ratio d’endettement µ se détériore encore un peu : au 30 septembre dernier le total des dettes (1 100 milliards d’euros) représentait 22,1 fois le montant des capitaux propres (49,8 milliards d’euros) alors que le maximum autorisé par Bâle II est de 12,5 fois,
Tableau 1 :
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Société Générale |
2007 |
2008 |
2009 |
2010 T2 |
2010 T3 |
|
Total dettes |
1 040,0 |
1 089,1 |
976,9 |
1 084,4 |
1 100,2 |
|
Capitaux propres |
31,3 |
40,9 |
46,8 |
49,3 |
49,8 |
|
µ |
33,2 |
26,6 |
20,9 |
22,0 |
22,1 |
|
Tier |
3,0 |
3,8 |
4,8 |
4,5 |
4,5 |
Chiffres en milliards d’euros sauf pour les ratios.
Malheureusement, comme je l’ai déjà écrit, une grande partie des capitaux propres est constituée en fait de titres subordonnés (et super subordonnés !) à durée indéterminée qui sont en fait des obligations assorties du paiement d’intérêts.
Par définition, ce ne sont donc pas des actions et ces obligations ne doivent pas être comptabilisées dans les capitaux propres mais dans les dettes. Il s’agit là de l’application de la logique comptable la plus élémentaire qui est retenue par la Banque des Règlements Internationaux (BRI) et bien entendu par les Américains mais pas par les Européens et en particulier les Français.
Ces titres se montaient à 23,544 milliards d’euros fin 2009. Le document publié aujourd’hui ne chiffre pas le montant de ces titres, mais il spécifie qu’aucun changement n’a eu lieu a priori dans ce domaine depuis fin décembre 2009 (cf. 2 annexe 2).
En diminuant les capitaux propres de ces montants, les ratios d’endettement réel de la Générale sont évidemment catastrophiques,
Tableau 2 :
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Société Générale |
2008 |
2009 |
2010 T2 |
2010 T3 |
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Total des dettes réelles |
1 107 |
1 000 |
1 108 |
1 124 |
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Capitaux propres réels |
23,2 |
23,3 |
25,7 |
25,7 |
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µ réel |
47,8 |
42,9 |
43,1 |
43,7 |
|
Ratio Tier d'origine réel |
2,1 |
2,3 |
2,3 |
2,3 |
D’après les règles de Bâle III, il faudrait encore retirer le montant des capitaux propres détenus par les minoritaires, soit 4,2 milliards d’euros…
Tous les journaleux et bonimenteurs reprennent le discours des meccanos de la Générale, ce qui permet de repeindre joliment le village Potemkine bancaire de la zone.
Par ailleurs, voir toutes mes analyses concordantes sur la Générale et les autres banques européennes, ce qui est un sujet d’inquiétude majeure pour toute personne sensée…
Silence, on coule, dans le calme…
***
http://www.ritholtz.com/blog/wp-content/uploads/2010/11/50-banks.png
Le graphique montre :
- Ranking
- Assets under management
- Market Value % Change over the past 12 months
A noter que les plus grandes banques ne sont pas US ou chinoise mais anglaise(1, 4, 5, allemande (2) ou française (3).
Tout cela n'est pas très rassurant.
ça fait peur !
Document très intéressant, merci !
N'hesitez pas a faire un tour sur mon site www.reportingbusiness.fr
A+
Anthony
Vous faites référence aux accords de tier Bale (les fameux 8% que vous citez) , qui impose de prendre en compte le risque associé à la créance. (J'ai moins de chance de perdre une créance vis a vis d'une banque que d'un particulier par ex) ou cela apparait il dans vos calculs de ratio?
Les conteurs de la BNP racontent comme dans les 1 000 et 1 nuits tout un tas de belles histoires (des pages et des pages de justifications de quasi capitaux propres et autres ratio de solvabilité bancaire) pour endormir les enfants sages (français),
Pour la communauté financière internationale, ce qui compte, ce sont les chiffres, le leverage, mon µ, sachant que toute créance est assortie de toute façon d'une certaine incertitude contre laquelle seuls des capitaux propres peuvent faire le poids, tout est simple...
Dans http://www.lefigaro.fr/societes/2010/11/03/04015-20101103ARTFIG00339-societe-generale-tourne-le-dos-a-la-crise.php on trouve:
""
L'établissement dévoile un bénéfice net pour le troisième trimestre multiplié par plus de deux à 896 millions d'euros, bien au-delà des attentes. Le groupe pourra se conformer aux normes de Bâle III sans augmentation de capital.
""
On dirait presque du Disney.
L'avantage des ratios que j'utilise est qu'il n'est pas truandable et il montre que qqch ne va pas qq part sans que l'on puisse savoir exactement où car les dirigeants des banques peuvent toujours cacher leurs entourloupes
Quand un µ est bon, tout est bon a priori car la banque est alors nécessairement bien gérée
Tout est simple...
Incompétent parce que panurgiste et ignare