Dette de la nation et de l’Etat
La plupart des gens confondent dette de la nation et dette de l’Etat…
L’Etat grec est surendetté (115 % du PIB), mais ce n’est pas le plus grave car le dépassement par rapport aux normes (60 %) est encore supportable.
Si les taux grecs sont si élevés, ce n’est pas à cause du déficit de l’Etat, mais c’est à cause des déficits accumulés de la balance des transactions courantes (balance commerciale et des capitaux).
Le plus grave, ce sont les dettes de la nation par rapport à l’étranger qui sont… considérables : elles fluctuaient autour de 200 milliards d’euros (en valeur comptable), 80 % du PIB, au cours de ces dernières années et la situation réelle (en juste valeur de marché) s’est considérablement dégradée au cours de ces derniers mois (avec des sorties massives de capitaux anticipant la débâcle) alors qu’elle devrait être proche de l’équilibre.
La Banque de Grèce ne publie pas la dette nette de la Grèce en valeur de marché fin 2009 ni actuellement. Elle doit être considérable (400 milliards d’euros ?), irrattrapable.
Pour comprendre ces problèmes, il suffit de prendre l’exemple du Japon…
La dette de l’Etat japonais est encore beaucoup plus élevée que celle de la Grèce : 200 % du PIB ! mais les réserves en devises se montent à plus de 1 000 milliards de dollars, ce qui signifie que les réserves de la Banque du Japon permettront toujours de payer les créanciers, en particulier les détenteurs de bons du Trésor japonais.
En effet, les entreprises japonaises (Toyota, Sony, etc.) font entrer des devises fortes dans les caisses de la BoJ (la balance commerciale est fortement excédentaire), ce qui n’est pas le cas de la Grèce qui a, tous comptes faits, des dettes dans ses comptes finals (situation ou position nette) car les entreprises grecques ont une productivité faible, très faible, surtout par rapport aux entreprises allemandes qui exportent dans le monde entier des usines et des machines.
La Grèce devrait rembourser des centaines de milliards d’euros dans les années à venir pour redresser ses comptes (en exportant des biens et services comme le font les entreprises allemandes grâce à un très haut niveau de productivité), ce qui est impossible, irréaliste.
Si l’Etat grec reçoit une aide de 45 milliards d’euros actuellement, 120 milliards en 2 ou 3 ans, ces sommes ne seront effectivement jamais remboursées, Hans-Werner Sinn, le président de l’Ifo, a parfaitement raison de le préciser.
Tout est simple…
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Quelques petits rappels…
Ces cochons de pays du Club Med sont tous dans la même situation, avec, dans l’ordre, du pire des cancres au moins nul (en considération des rendements des bons à 10 ans de leur Trésor) : Grèce (10 %), Portugal (5,82 %), Espagne (4,17 %), Italie (4,08), France (3,34 %) contre un Bund à moins de 3 %, et la situation se dégrade de jour en jour.
Les bons à 10 ans du Trésor des pays de la zone euro sont des quasi-monnaies. L’écart, en pourcentage, de leurs rendements par rapport à celui du Bund donne le taux de dévaluation potentiel de ces monnaies par rapport à la monnaie de référence : l’ersatz de Deutschemark. Il était hier 28 avril de 36 % pour l’Italie et de 11,5 % pour la France.
Les Etats-Unis et la Canada ont beaucoup de points communs (plus que les pays de l’UE) mais leurs dirigeants n’ont jamais voulu adopter une monnaie unique qui aurait été suicidaire, ce qu’ont fait les malheureux euro-zonards.
Le job de Joe le plombier, ce sont les tuyaux et les soudures, ce n’est pas la surveillance des comptes de la banque centrale. Le job des patrons des banques centrales était de résoudre au mieux ces problèmes monétaristes. Jean-Claude Le Tricheur et compagnie portent une très lourde responsabilité, historique : ils sont les principaux responsables de la chute de l’Europe au XXI° siècle. Elle fait moins de morts que le socialisme nationaliste allemand au XX° siècle, mais les victimes sont plus nombreuses. De toute façon, les adversaires du capitalisme libéral ont toujours tort.
En France, tout le monde est d’accord pour aider la Grèce (tous les partis et ces veaux de Français comme le disait le général de Gaulle) alors que les Allemands (les électeurs qui sont aussi des contribuables avisés) et un certain nombre de personnalités y sont fermement opposés. L’écart entre la France et l’Allemagne est considérable, surtout dans la culture économique.
La connaissance de ces problèmes monétaristes alimente la spéculation gagnante, cf. mes billets précédents et… mes offres d’investissements en valeurs cotées aux Etats-Unis, ce qui permet de sortir un pied de la zone euro.
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La parfaite unanimité, celle des veaux et des gangsters, montrée hier par tous les clowns de l'UMPS, PS, Ecolo etc... était à gerber.
Normal ils défendent... ce qui est finalement leur propre fond de commerce : dette, toujours plus de dettes.
Toutefois, je serai plus nuancé par rapport à Merckel... La dame de fer va se faire vite faite dame de loukoum... elle va faire le chèque.
Et on peut également penser que la BCE va tricher et soutenir l'ensemble du système bancaire de la zone Euro.
Selon ce soi-disant "plan d'aide", le FMI devrait prêter à la Grèce 15 milliards d'euros ; et les Etats européens devraient prêter à la Grèce 30 milliards d'euros à un taux de 5 %.
1- Premier problème : les Etats européens sont eux-mêmes surendettés.
2- Deuxième problème : les Etats européens savent que la Grèce ne pourra pas leur rembourser ces 30 milliards d'euros.
3- Troisième problème : les Etats européens devraient d'abord emprunter sur les marchés internationaux, puis ensuite re-prêter ces sommes à la Grèce.
Exemple : le Portugal.
Le jeudi 28 avril 2010, le taux d'intérêt des obligations du Portugal à 10 ans atteignait 5,809 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GSPT10YR%3AIND
Le Portugal va donc emprunter à un taux de 5,809 %, pour pouvoir ensuite prêter à la Grèce à un taux de 5 % !
En clair : le Portugal va se surendetter encore plus, et il va perdre de l'argent encore plus !
Ce soi-disant "plan d'aide" est complètement pipeau ; il ne sert qu'à essayer de rassurer les marchés internationaux.
( http://postjorion.files.wordpress.com/2010/04/qui-detient-les-dettes-publiques-europeennes.pdf )
Ceci explique sans doute les différences de position politique
C'est à peine croyable le mépris que ces gens ont pour leur propre population, là ça atteint des sommets...
Je relève le pari: Tu m'offres une Choucroute si angela fait un chèque, je te l'offre si Angela refuse....Si je je gagne le Pari, l'Europe est foutue...;-(
mettre un second pied hors de l'euroland c'est devenir résident d'un état où la fiscalité ne se confond pas avec la confiscation
Et comme devaluation veut dire sortr de l'euro, et donc mettre un coup d'arret a l'integration economique/politique europeenne qu veulent les elites, je parie qu'une solution sparadrap sera trouvee pour que ces incapables puissent continuer encore a amuser la galerie pour quelque temps encore.
Concrètement, qui devrait prêter combien ?
- 1- L'Allemagne devrait prêter à la Grèce 27,92 % du prêt total.
Si le prêt total est de 120 milliards, l'Allemagne devrait prêter 33,6 milliards d'euros à la Grèce.
- 2- La France devrait prêter à la Grèce 20,97 % du prêt total.
Si le prêt total est de 120 milliards, la France devrait prêter 25,2 milliards d'euros à la Grèce.
- 3- L'Italie devrait prêter 18,42 % du prêt total.
Si le prêt total est de 120 milliards, l'Italie devrait prêter 22 milliards d'euros à la Grèce.
- 4- L'Espagne devrait prêter 12,24 % du prêt total.
Si le prêt total est de 120 milliards, l'Espagne devrait prêter 14,8 milliards d'euros à la Grèce.
http://www.euractiv.fr/sites/default/files/Eurozonefootingthebill.pdf
Ce « plan d’aide » pose quatre problèmes insolubles.
Premier problème : les Etats européens sont eux-mêmes surendettés.
Deuxième problème : les Etats européens devraient emprunter sur les marchés internationaux, et ensuite re-prêter ces sommes à la Grèce à un taux d’intérêt de 5 %.
Troisième problème : plusieurs Etats européens devront emprunter à plus de 5 % car ils sont très mal notés par les agences de notation. Exemples : le Portugal doit emprunter à 5,50 %, l’Irlande doit emprunter à 5,20 %.
Quatrième problème : ces 120 milliards d’euros prêtés à la Grèce seront à fonds perdus car la Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit.
Conclusion :
ce « plan d’aide » n’est pas un plan d’aide. C’est un gigantesque mensonge destiné à rassurer les marchés internationaux.
C’est du bluff pour faire croire que la Grèce pourra éviter le défaut de paiement.
Les oligarques grecs achèterons un peu moins de BMW, Apple, etc.
Plutot que de tout perdre, ne vaut-il pas mieux de gagner moins? (du point de vue de l'investisseur qui a acheté des obligations grecs)