Banques centrales pour les nuls
Les banques centrales jouent un rôle de premier plan depuis quelques mois mais rares sont les gens qui comprennent les problèmes qu’elles résolvent généralement très bien, du moins pour ce qui concerne la Fed…
Elles rachètent des masses considérables d’actifs pourris, c’est-à-dire des titres à leur valeur faciale courante alors que les marchés anticipent une baisse considérable de leur valeur, comme par exemple les bons du Trésor grec qui ne vaudront plus grand-chose à leur échéance d’après les bons spéculateurs, c’est-à-dire les investisseurs qui voient juste et loin.
Les banques centrales vont donc perdre beaucoup d’argent dans ces opérations mais vu le montant de leurs réserves, elles peuvent facilement encaisser le coup (et le coût !).
Il n’en serait pas de même pour les Gos banques françaises (entre autres) qui auraient pu perdre plusieurs dizaines de milliards d’euros à cause des investissements que leurs dirigeants incompétents (et menteurs) ont fait en particulier dans les pires cochons de ces pays du Club Med.
Socialiser les pertes (les refiler à des organismes étatiques que sont les banques centrales) et privatiser les bénéfices, telle est la politique classique de tous les dirigeants des banques incompétents entretenant de bonnes relations avec les hommes (et les femmes) politiques au pouvoir.
L’empressement des politiques de venir au secours des Gos banques se comprend d’autant mieux quand on sait que ce sont ces banques qui paient dans la plus grande discrétion leurs campagnes électorales.
Les banques ordinaires récupèrent ainsi sans trop se fatiguer des sous, ce qui ne correspond pas à de la création monétaire car, par ailleurs, les banques centrales maitrisent (dans une certaine mesure) l’évolution de la masse monétaire, en particulier par leur politique d’achats et de ventes de bons du Trésor (et d’autres obligations publiques) de leur pays respectif comme l’ont toujours dit Milton Friedman et ce bon vieux Greenspan.
Ainsi par exemple, la Fed détenait environ $2 000 milliards des $16 000 milliards de dette publique fin mars dernier (d’après la BRI), ce qui lui laisse une marge de manœuvre importante !
Un petit rappel : la plus grande peur qu’ait eue Alan Greenspan quand il présidait la Fed, était la possible disparition de la dette publique aux Etats-Unis à cause des excédents budgétaires du temps de la présidence de Bill Clinton car cela aurait retiré à la Fed un de ses moyens d’intervention les plus puissants.
Par ailleurs, le monde de la finance, comme tous les autres secteurs, crée des produits de plus en plus sophistiqués qui permettent à l’économie dite réelle de mieux fonctionner, en particulier de se couvrir face à des risques à venir.
Les CDS en sont un bon exemple : ils montrent clairement l’évolution des risques encourus par les émetteurs de dettes. Certains sont dignes de confiance, d’autres moins. Les prix en sont la sanction. Les mauvais élèves sont pénalisés, les bons élèves sont favorisés. C’est la vie…
Ces CDS fonctionnent à partir d’empilements de couvertures pour réduire les risques, cf. mon billet à ce sujet. L’augmentation exponentielle de leurs engagements n’effraie que les innombrables idiots inutiles qui se gavent de courbes dont ils ne comprennent pas la signification mais qui assurent leur succès.
Ce n’est pas parce qu’un produit est complexe qu’il faut l’interdire ! Nous utilisons quotidiennement un très grand nombre de produits très complexes dont nous ne comprenons qu’une petite partie du fonctionnement mais qui nous sont indispensables.
Beaucoup de gens ne comprennent pas le fonctionnement de ces produits et des marchés financiers, ce qui est normal car ils exigent un minimum de connaissances, une bonne culture monétariste et un certain degré de réflexion dans un univers d’un haut niveau d’abstraction.
Ils n’ont pas à intervenir dans ce domaine qui n’est pas de leur compétence.
Il en est de même pour cette fameuse planche à billets qui a toujours beaucoup de succès auprès des innombrables idiots inutiles !
Aucune grande banque centrale ne l’utilise plus depuis des décennies, en dehors de quelques exceptions notoires comme celle du Zimbabwe.
En effet, tous les chiffres publiés montrent l’absence totale d’une augmentation significative de la masse des billets en circulation qui ne représente que 6,0 % du PIB aux Etats-Unis, ce qui est un pourcentage faible et stable.
Enfin, quand les grandes banques centrales prêtent de l’argent aux banques ordinaires, elles prêtent l’argent qu’elles ont. Cet argent circule normalement. Il n’y a donc pas de création monétaire à cette occasion contrairement à ce que rabâchent tous les...
L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics. C’est la raison pour laquelle il l’est aux Etats-Unis du moins, ce qui n’est pas le cas dans la zone euro où de l’argent non gagné circule en masse (3 500 milliards d’euros environ) car les engagements de retraite ne sont pas comptabilisés à leur juste valeur, cf. mes billets à ce sujet, ce qui est très grave, mais les idiots inutiles ne comprennent pas ce problème qui est pourtant simple.
Tout est simple…
***
Trouvez vous normal que les Banques Centrales rachètent ces actifs pourris ?
Je n'ai pas dit que c'était normal ! Cf. socialiser... privatiser...
Ces interventions ne sont pas normales : les bk centrales auraient dû faire en sorte qu'elles n'interviennent pas.
Non !
les état-unis d'Amérique on ils eu de la chance jusqu'à présent?(en coupe du monde de football bien sûr)
et plus bas: "Enfin, quand les grandes banques centrales prêtent de l’argent aux banques ordinaires, elles prêtent l’argent qu’elles ont. Cet argent circule normalement. Il n’y a donc pas de création monétaire à cette occasion contrairement à ce que rabâchent tous les..."
Parce que acheter des actifs pourris qui ne valent rien et ensuite prêter de l'argent sur base d'actifs pourris - qui ne valent rien - ce n'est pas de la création monétaire? Je dois être idiot.
Je suis d'accord avec la fin de votre commentaire !
Le moyen le plus sûr de renverser un ordre social existant consiste à corrompre la monnaie.
Graham F. Towers, gouverneur de la Banque du Canada 1934-54
Chaque fois qu’une banque fait un prêt, un nouveau crédit bancaire est créé. De l’argent tout neuf.
William Lyon Mackenzie King, ex-premier ministre du Canada
Jusqu’à ce que le contrôle de l’émission de devises et de
crédit soit restauré au gouvernement et reconnue comme sa responsabilité la plus flagrante et la plus sacrée, tout discours sur la souveraineté du Parlement et la démocratie est vain et futile. Une fois qu’une
nation abandonne le contrôle de ses crédits, il n’importe plus qui fait ses lois. L’usure, une fois aux commandes, coule n’importe quelle nation.
Le système bancaire moderne fabrique de l’argent à
partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l’iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur,
mais laissez-leur le pouvoir de créer l’argent et en un tour de mains ils créeront assez d’argent pour la racheter. Otez-leur ce pouvoir, et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront et ce serait
bénéfique car nous aurions alors un monde meilleur et plus heureux. Mais si vous voulez continuer à être les esclaves des banques et à payer le prix de votre propre esclavage laissez donc les banquiers continuer à créer l’argent et à contrôler les crédits.
Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre 1928-1941 (Réputé 2e fortune d’Angleterre à cette époque)
Encyclopædia Britannica, 14ème Edition
Les banques créent du crédit. C’est une erreur de croire
que le crédit des banques est créé dans toute mesure par le versement d’argent aux banques. Un prêt créé par la banque constitue un ajout significatif au volume d’argent de la communauté.
James A. Garfield,
président des Etats-Unis,
assassiné
Celui qui contrôle le volume de la monnaie dans notre pays est maître absolu de toute l’industrie et tout le commerce... et quand vous réalisez que le système entier est très facilement contrôlé, d’une manière ou d’une autre, par une très petite élite de puissants, vous n’aurez pas besoin qu’on vous explique comment les périodes d’inflation et de déflation apparaissent.
Henry Ford
Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin.
Wright Patman,
membre démocrate du Congrès
1928-1976
président du comité de la Banque et de la Monnaie 1963-1975
Je n’ai jamais vu personne ayant pu, avec logique et rationalité, justifier que le gouvernement fédéral emprunte pour utiliser son propre argent... Je pense que le temps viendra où les gens demanderont que cela soit changé. Je pense que le temps viendra dans ce pays où ils viendront nous accuser, vous, moi, et toute personne liée au Congrès, d’être resté assis sans rien faire et d’avoir permis à un système aussi stupide d’être perpétué.
“Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents.” Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Économiques en 1988.
Du bon et du mauvais dans ces citations...
Le pire : Maurice Allais !!!
à propos du titre de votre billet, pourquoi n'écririez vous pas un bouquin style "l'économie pour les nuls" ?
sur que ca interesserait du monde...
Les éditeurs ne sont pas du même avis que vous !
Les gens qui montrent que tout est simple ne sont pas assez spéctaculaires!
Désormais, vos (é)lecteurs attendent que vous leur fassiez un cours sur les ressources des banques centrales, d'ou viens l'argent, et ou il va....
Quant a "la planche a billet" la plupart de ceux qui en parle utilise cette expression pour parler de la création monétaire et pas forcément de l'impression de billets...
Soit, mais dans ce cas, qu'ils utilisent l'expression création monétaire pour désigner la création monétaire, qu'ils ne parlent pas de planche a billet
sinon, autant appeler un chien un chat !
Ce bon vieux Greenspan a toujours dit qu'il était préférable que les gens ne connaissent pas trop bien les moyens d'intervention de la Fed, ce qui permet à la Fed d'agir + facilement...
Il est parfois préférable d'être entouré de + ou - idiots qui deviennent alors utiles...
Décidement les petit suisses battent l'espagne sur tous les fronts...
Même au foot ...
Ils énervent tout le monde à force de tout réussir !
Il y a donc augmentation des reserves aupres de la bce de la banque en question donc augmentation de la base monetaire, suceptible de permettre a la dite banque de preter ; donc il y a bien creation monetaire(m1 a augmente du fait que le quidam avait une oblig et a maintenant un depot a vue).
Non !
Les rachats de bons de Trésors par la BCE ne créent pas de monnaie !
Par ces opérations, la BCE fait augmenter M3, ce qui n'est pas de la création monétaire, mais transformation de valeurs mobilières (les bons) en valeurs monétaires.
Il y aurait création monétaire s'il y avait eu diffusion d'argent sans contrepartie (ce qui se passe quand els engagements de retaite ne sont pas comptabilisés à leur juste valeur).
La BCE peut réduire M3 en compensation en prélevant des liquidités excédentaires, ce qu'elle fait habituellement.
Le problème des rachats de bons de Trésors n'est pas dans la création monétaire, mais dans le fait que la BCE a maintenant des junk bonds dans ses comptes, ce qui horrifie les gens de la Buba !
http://www.youtube.com/watch?v=0sE0tr6yRBU
Génial !!!
Plus les jours passent, plus les Etats d’Europe du sud et l’Irlande doivent emprunter à des taux d’intérêt qui explosent.
Regardez bien l'évolution de ces quatre graphiques :
- Si l’Espagne avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 4,882 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GSPG10YR%3AIND
- Si l’Irlande avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 5,564 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GIGB10YR%3AIND
- Si le Portugal avait dû lancer un emprunt à 10 ans, il aurait dû payer un taux d’intérêt de 5,610 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GSPT10YR%3AIND
- Si la Grèce avait dû lancer un emprunt à 10 ans, elle aurait dû payer un taux d’intérêt de 9,341 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GGGB10YR%3AIND
Les taux d’intérêt de ces quatre Etats deviennent de plus en plus exorbitants.
Ces quatre Etats foncent vers le défaut de paiement.
En clair : ça va péter.
D'après les chiffres de Reuters hier soir, c'était pire que les chiffres que vous donnez :
4,965 % pour l'Espagne
5,774 % pour le Portugal