Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 16:28

La Générale et le tsunami


Les branquignols de la Générale ont publié des communiqués d’autosatisfaction mercredi 18 février mais pas leurs comptes de 2008 : le document de référence 2008 porte sur les chiffres de 2007 !


J’ai demandé des explications à la Générale qui m’a emailé que les comptes 2008 seront publiés le 4 mars, or un honorable lecteur de mon blog, Jean Robique, nous signale qu’ils sont consultables en ligne et téléchargeables sur le site de… Reuters à l’adresse suivante :

http://library.corporate-ir.net/library/21/217/217918/items/324870/87B0CCAB-9166-4D4A-84A1-D62197186AD3_etatsfinancier.pdf

( le lien marche finalement !).


Il s’agit là d’irrégularités graves de communication financière qui sont des délits mais l’AMF n’existe que pour donner du travail et des revenus confortables à ses salariés et il n’y a pas de juge en France pour condamner les banques qui ne respectent pas les lois et les règlements …


D’après ce document de Reuters, le total des dettes de la Générale (€1 089 milliards) représente 26 fois (c’est le ratio µ) le montant de ses capitaux propres (€40,9 milliards) alors que µ devrait être impérativement inférieur à 12,5 selon les règles des ratios Tier d’origine.


En effet, la Banque des Règlements Internationaux a imposé aux banques le respect de règles prudentielles connues sous la forme du ratio Tier qui a été défini à l’origine comme étant la part minimale des capitaux propres à exiger, à savoir 8 % du total des dettes (ou inversement pour le µ qui devait être inférieur à 12,5) mais les banques ont réussi à faire adopter des règles qui leur permettent de ne pas respecter ces contraintes.


Les mécanos de la Générale publient un ratio Tier de 8,8 % alors qu’il est en réalité de 3,75 % en le calculant par l’inverse de µ.


Tricher et publier des chiffres qui ne donnent pas une image fidèle de la réalité, c’est construire des villages Potemkine.


Les grandes banques américaines (des Etats-Unis !) respectent toutes le ratio Tier d’origine (calculé par le rapport µ entre le total des dettes et les capitaux propres) :


Tableau 1 :

$ billion

 

 

JPMorgan Chase

 

 

Citigroup

 

 

Bank of America

 

 

Wells Fargo

 

 

Liabilities

 

 

2 008

 

 

1 794

 

 

1 641

 

 

1 211

 

 

Equity

 

 

166,9

 

 

150,8

 

 

177,1

 

 

99,1

 

 

µ

 

 

12,03

 

 

11,9

 

 

9,27

 

 

12,22

 

 


Tableau 2 :

$ billion

 

 

Goldman Sachs

 

 

Morgan Stanley

 

 

US Bancorp

 

 

PNC

 

 

Liabilities

 

 

820

 

 

608

 

 

237

 

 

131

 

 

Equity

 

 

64,4

 

 

50,8

 

 

26,3

 

 

14,2

 

 

µ

 

 

12,74

 

 

11,96

 

 

9,00

 

 

9,24

 

 


… alors que les grandes banques européennes ont toutes des µ supérieurs à 25 ! sauf les banques privées helvètes comme Julius Baer qui respecte les deux ratios d’endettement,


Tableau 3 :

milliards €

 

 

BNP

 

 

Soc Générale

 

 

Deutsche Bank

 

 

Fortis

 

 

Total dettes

 

 

2 017

 

 

1 089

 

 

2 171

 

 

944

 

 

Capitaux prop

 

 

59,0

 

 

40,9

 

 

30,7

 

 

30,4

 

 

µ

 

 

34,2

 

 

26,6

 

 

70,7

 

 

31,1

 

 


Tableau 4 :

milliards

 

 

UBS

 

 

Crédit Suisse

 

 

Barclays

 

 

Julius Baer

 

 

Total dettes

 

 

1 973,4

 

 

1 138

 

 

2 005,6

 

 

39 667

 

 

Capitaux prop

 

 

42,1

 

 

32,3

 

 

47,4

 

 

6 573

 

 

µ

 

 

46,9

 

 

35,2

 

 

42,3

 

 

6,0

 

 


En réalité la situation de la Générale est pire encore car un poste de la rubrique des capitaux propres, Instruments de capitaux propres et réserves liées passe curieusement de 7,5 à €17,7 milliards de 2007 à 2008.


L’explication se trouve à la page 24 : " Les titres subordonnés à durée indéterminée émis par le Groupe et intégrant des clauses discrétionnaires relatives au paiement des intérêts sont qualifiés d’instruments de capitaux propres parmi les Instruments de capitaux propres et réserves liées.

Titres super subordonnés à durée indéterminée

Compte tenu du caractère discrétionnaire de la décision de versement de la rémunération des titres super subordonnés à durée indéterminée émis par le Groupe, ces titres ont été classés en capitaux propres parmi les Instruments de capitaux propres et réserves liées ".


… Ce qui signifie en clair et en français que les mécanos de la Générale considèrent que les €10 milliards apportés par les usines à gaz que sont la Société Française de Financement de l'Économie (SFFE) et la Société de Prise de Participation de l'État (SPPE) font partie de son capital, et que ces titres sont donc assimilés à des actions.


Or, (après avoir bafouillé lamentablement en admettant que l’État allait siéger en tant qu’actionnaire au conseil d’administration de la Générale) Bécassine a bien précisé qu’il ne s’agissait pas d’actions et que l’État ne devait donc pas être considéré comme actionnaire, mais comme prêteur, ce qui a ensuite été confirmé par Sarko qui a même prétendu qu’il s’agissait là d’une bonne affaire pour les contribuables qui vont gagner de l’argent dans cette opération.


Il faut donc retirer disons, €10 milliards des capitaux propres publiés (qui tombent à €30,9 milliards) pour les reporter en dettes (qui montent à €1 099 milliards), ce qui fait un µ réel de 35,6 et un ratio Tier d’origine à 2,8 % pour la Générale.


Une crise bancaire ! où ça ?

Ah ! oui, en Europe, pas aux États-Unis ! ai-je déjà écrit le 31 janvier.


Quand les ratios de base ne sont pas respectés, rien ne peut fonctionner normalement.


Depuis ces derniers mois, tout peut se produire et même Jean-Claude Le Tricheur en est maintenant conscient : il a déclaré que des évènements considérés comme impossibles ont finalement été possibles !


Les éléphants qui sentent venir de loin les tsunamis sont montés sur les collines : les bons spéculateurs ont retiré petit à petit leurs capitaux des banques et de l’Europe depuis le printemps 2007 comme l’atteste la baisse des cours.


Que se passera-t-il précisément ?

Il est difficile de le prédire car les États en Europe peuvent faire durer impunément un certain temps l’illusion des villages Potemkine.


" Les écarts de taux d'intérêt entre pays de la zone euro n'ont jamais été aussi élevés, ce qui indiquerait que plusieurs de ces pays sont au bord de l'effondrement selon les analystes de BNP Paribas " rapporte une dépêche de l’AFP citée par un lecteur de mon blog.


En Allemagne, il semble acquis que la banque Hypo Real Estate au bord de la faillite est sur le point d’être nationalisée. Deutsche Bank a un µ de 70 !


Fortis, la banque de la Belgique, une institution réputée inébranlable est au tapis avec un dernier µ de 31 (le cours est tombé de €35 à moins de €0,50 !).


Les banques et beaucoup d’entreprises de l’Europe de l’Est sont sur endettées.


En France, le patron de Peugeot dit que la situation est intenable car les banques ne lui prêtent plus, ni à ses clients pour acheter des voitures. Les usines ferment pendant des semaines.


Tous les indicateurs récents montrent que la situation en France se dégrade encore par rapport au 4° trimestre de 2008


En Europe, Christoph Blocher est le seul homme politique qui ait pris des positions satisfaisantes (mais trop tardives) sur ces problèmes : "Aujourd'hui UBS et le Credit Suisse sont de trop grandes entités pour notre économie. Leur structure fait peser un risque sur la place financière suisse car elles y tiennent une place disproportionnée".


Maintenir en survie les banques fait plonger tout le monde, les faire plonger comme l’ont fait les autorités des États-Unis provoque un bouleversement considérable mais finalement salutaire pour le plus grand bien de la population.


Je termine sur une note optimiste : nos péquenauds du Crédit Agricole n’ont pas encore publié leurs comptes, trop occupés à les arroser, surtout pendant le salon de l’agriculture.


La France est le premier pays producteur de vin, ça s’arrose, à votre santé, portez vous bien !


Je conseille à mes honorables lectrices et lecteurs de mon blog de lire les commentaires qui sont souvent très judicieux, et qui élargissent et diversifient un peu mes billets.

***

Par CHEVALLIER
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Commentaires

bonsoir et merci pour ce nouveau billet fort...décapant et ravigorant mais aussi tres riche en information... en complément 2 petites choses la premiere est une explication du multiplicateur du systeme financier sous la forme d'une réponse donnée a un lecteur canadien par un hebdo éco...réponse que je trouve plutot pédagogique et bien faite et qui renvoie les "créationistes de la monnaie" pour ce qu'ils sont :des obscurantistes... la deuxieme chose c'est un article plutot interessant sur le rapport entretenu entre juste valeur et krack boursier...du meme coup vous constaterez au passage l'abandon partielle par la SEC de la juste valeur en particulier je crois pour les CDS ET CDO (les fameux actifs toxiques non valorisés pour cause d'illiquidité du marché) qui sont valorisés désormais a leur date d'échéance ce qui implique tout de meme bien evidement des provisions pour dépréciations qui apparaissent dans le bilan... au plaisir de vous lire --------------------------------- l'effet multiplicateur du systeme financier LEFFET MULTIPLICATEUR DES BANQUES Hier à 18:02 Cette question s'adresse à toute personne qui est compétente dans ce domaine. J'aimerais comprendre. Lorsque l'on dit que les banques ont un ratio de 10 pour 1, 15 pour 1 et même 20 pour 1 ou plus, est-ce que cela veut dire que, quand elles prêtent 100 000 $ à quelqu'un, elles n'ont que 10 000 $ d'actifs propres ou reçus en dépôt? Ainsi, si j'emprunte 100 000 $ mais que la banque n'a en fait que 10 000 $ en dépôt pour appuyer cette dette, je paie des intérêts sur 100 000 $ même si la banque ne possède que 10 000 $. J'aimerais ça, moi aussi, déposer 10 000 $ à la banque et recevoir des intérêts pour 100 000 $. Suis-je dans l'erreur? Sinon, pourquoi les banques ont-elles ce privilège? Je suis certain que d'autres personnes ont eu cette réflexion dernièrement. Aussi, est-ce que les capitaux propres et les réserves sont la même chose? Un lecteur REPONSE----------------------------- Il ne faut pas confondre ici les capitaux propres et les réserves. Lorsqu'on veut parler de l'effet multiplicateur propre aux banques, il faut alors se référer aux capitaux propres. Ces derniers se composent en premier lieu des actions émises, comme pour toute entreprise. La définition des capitaux propres est cependant plus large dans le cas des banques que pour les autres entreprises. C'est ainsi qu'aux actions émises s'ajoutent les actions privilégiées (certaines catégories) et certains types de billets à terme. L'ensemble de ces titres forme le capital dit de premier tiers. Selon les règles harmonisées dans tout l'Occident, ce capital doit au minimum correspondre à 8 % des dépôts en circulation (les dépôts constituent le passif au bilan des banques alors que les prêts qu'elles octroient ainsi que les placements qu'elles font à la Bourse, dans le marché obligataire et ailleurs, constituent leur actif). Le pourcentage de 8 % est le minimum requis. La plupart des banques visent cependant depuis plusieurs années à maintenir ce pourcentage bien au-dessus de 8 %, souvent à 9,5 % ou plus. Plus récemment, avec les nombreuses émissions d'actions, d'actions privilégiées et de billets, les banques canadiennes ont poussé le poids de leur capital propre à plus de 10 %. Cela signifie que, pour 10 000 $ de capitaux propres, les banques lèvent des dépôts auprès des épargnants jusqu'à concurrence de 100 000 $ (selon un ratio de 10 %: jusqu'à 125 000 $ selon le ratio minimum de 8 %). Si la Banque du Canada, la banque centrale, n'exigeait aucun niveau de réserve à maintenir sur lesdits dépôts, la banque pourrait réinvestir dans l'économie 100 000 $ sous forme de prêts, ledit montant pouvant ainsi tourner et générer un volume d'affaires somme toute illimité comme suit : la banque prête par exemple à un individu 100 000 $ pour acheter une maison. Ce dernier verse le montant de 100 000 $ au vendeur qui, lui, le dépose à sa propre banque. Cette dernière répétera le processus en prêtant à nouveau le montant de 100 000 $ à un autre acheteur qui versera ledit montant à un vendeur qui le déposera à sa banque... et ainsi de suite. La réserve qu'exige la banque centrale aux banques canadiennes a pour but, certes, de mettre de côté des liquidités en cas d'imprévus (pertes sur prêts) mais aussi, et surtout, de limiter le nombre de fois que le montant de dépôt initial de 100 000 $ tournera dans l'économie. Supposons que la banque centrale exige de ses banques de maintenir une réserve correspondant à 10 % des dépôts. Selon l'exemple précédent, avec un capital propre de 10 000 $, la banque pourrait lever des dépôts jusqu'à concurrence de 100 000 $. Sauf qu'elle ne pourrait plus retourner la totalité de ce montant dans l'économie sous forme de prêts. Sur des dépôts de 100 000 $, elle ne pourrait plus en retourner dans l'économie que 90 000 $ (au lieu de 100 000 $ dans le premier cas) sous forme de prêts. C'est ainsi qu'elle ne pourrait prêter à notre acheteur d'une propriété que 90 000 $. Pour acheter la maison de 100 000 $ qu'il convoite, soit il devrait retirer 10 000 $ de son épargne, soit le vendeur devrait baisser le prix de sa maison de 10 000 $. Supposons que ce dernier consente à baisser le prix de la maison à 90 000 $. Fort de son prêt de 90 000 $, notre acheteur pourrait alors réaliser la transaction et verser lesdits 90 000 $ au vendeur qui, lui, les déposerait à sa banque. Cette dernière devrait retenir sur ledit dépôt une réserve de 10 %, ou 9000 $. Elle ne pourrait alors prêter à un éventuel acheteur que 81 000 $, ledit montant étant ainsi versé à un autre vendeur qui déposerait à son tour le montant de 81 000 $ à sa banque. Cette troisième banque retiendrait une réserve de 10 % ou 8100 $ et ne pourrait plus prêter que 72 900 $ et ainsi de suite. Comme vous le constatez, la réserve vient limiter le nombre de fois que le montant du dépôt initial tournera dans l'économie. La réserve est donc un outil qu'utilise la banque centrale pour assouplir ou durcir sa politique monétaire. Si elle veut restreindre le crédit, elle relève le niveau des réserves exigées, et fait l'inverse si elle veut accroître l'offre de crédit dans le marché. Bien que le ratio capitaux propres de 10 % soit prudent, il n'immunise pas nécessairement les banques contre tout désastre. Avec un effet de levier de 10 pour 1, ou plus, une multiplication rapide des prêts en défaut et/ou une chute radicale de la valeur des placements peut faire fondre le capital à vue d'oeil. C'est ce qui est arrivé lors de la présente crise financière, alors que le marché a complètement disparu pour des pans entiers de produits financiers dérivés et autres. Étant incapables de revendre ces placements dans le marché libre, les banques de par le monde ont été contraintes de radier de leurs livres la valeur de leurs placements à coups de dizaines de milliards de dollars américains. Ces radiations se sont traduites par des pertes sèches gigantesques, des pertes qui ont amputé d'autant l'avoir propre des banques. Ne respectant plus le ratio minimum de 8 % en capital par rapport au passif, les banques ont dû se renflouer en émettant des centaines de millions de dollars d'actions (diluant ainsi fortement l'avoir des actionnaires) et en vendant des actifs à vil prix, exacerbant ce cercle infernal des radiations et des pertes. Incapables de vendre leurs actions aux investisseurs privés, de grandes banques ont dû se tourner vers leurs gouvernements respectifs pour obtenir des fonds. Par ailleurs, les banques montrent aujourd'hui des actifs hors bilan souvent de deux ou trois fois supérieurs à l'actif inscrit au bilan. Si bien qu'elles ont de facto contourné la règle de 8 % des capitaux propres, montrant plutôt dans les faits un ratio de 5 %, parfois bien moins. *** LE DEVOIR 21/2/09 ------------------------------------------ Krach boursier et règles comptables Article : Par Bruno Colmant Docteur en Economie Appliquée (ULB) Professeur invité de comptabilité à la Luxembourg School of Finance Au paroxysme de la crise des subprimes, des voix se sont élevées pour contester l’application des normes comptables IAS/IFRS aux entreprises financières. Ces normes, d’application depuis 2005, prescrivent de valoriser certains instruments financiers à leur juste valeur, c’est-à-dire, dans la plupart des cas, à leur valeur de marché. L’application de cette règle entraîne la reconnaissance en compte de résultats des bénéfices et des pertes latents (non réalisés). En d’autres termes, la règle de la juste valeur conduit à comptabiliser des bénéfices et pertes résultant des changements de valeur des instruments financiers, indépendamment du fait qu’ils soient, ou non, vendus par les entreprises concernées. Récemment, la Securities and Exchange Commission a, dans son rapport de décembre 2008 “Report and Recommendations Pursuant to Section 133 of the Emergency Economic Stabilization Act of 2008: Study on Mark-To-Market Accounting” exonéré la règle de la juste valeur comme une des causes de la crise. Il n’empêche: des questions restent posées. En réalité, la crise des subprimes aura testé deux dispositifs financiers applicables aux établissements bancaires européens: les normes IAS/IFRS et les accords de Bâle. A première vue, ces deux dispositifs sont antagonistes car les normes IAS/IFRS s’adressent principalement aux actionnaires, tandis que les accords de Bâle visent à protéger les déposants. Pourtant, il y a un point commun et focal entre ces deux contraintes, à savoir la mesure des fonds propres: les normes IAS/IFRS visent à mesurer dynamiquement les fonds propres comptables et les accords de Bâle exigent qu’ils soient suffisants. Les deux référentiels sont d’ailleurs intimement liés: si un établissement de crédit subit une perte importante, cela diminue ses fonds propres (selon les normes IAS/IFRS) et contracte mécaniquement le volume des crédits qu’elle peut octroyer (selon les accords de Bâle). Faute d’alléger ses encours de crédits, la banque affectée n’a d’autre choix que de procéder à une recapitalisation. Ceci étant, les frictions entre la comptabilité et la stabilité financière ne sont pas nouvelles. Dans ses fondements, la règle de la juste valeur n’est d’ailleurs plus contestée. Par contre, ce qui suscite un malaise, c’est son mode de détermination. Quand un instrument financier est négocié sur un marché, les normes IFRS postulent que la valeur de marché est supérieure à toute autre évaluation. Or, pendant la crise des subprimes, les marchés financiers ont subi un assèchement de liquidités, qui a parfois conduit à l’absence de prix de marché ou à des valeurs fortement décotées. Confrontées à cette situation, plusieurs entreprises financières ont dû reconnaître des pertes induites par ce manque de liquidités, dont elles ont blâmé les effets de volatilité. Les règles comptables auraient alors agi comme un phénomène physique de résonance, c’est-à-dire d'amplification. L’application de la juste valeur aux actifs illiquides est indéniablement une problématique très sérieuse. La difficulté, c’est que la comptabilité n’a d’autre but que de recenser et d’évaluer les actifs et passifs d’une entreprise. Dans cette perspective, elle se situe en aval de l’événement économique. Elle ne peut pas, en bonne logique, contribuer au résultat de l’entreprise qu’elle est censée évaluer. Ce n’est donc pas la comptabilité qui a entraîné des pertes, mais l’événement économique qu’elle est chargée de mesurer. A contrario, si cela avait été le cas, des règles comptables différentes auraient été capables de générer des gains, ce qui aurait également été en contradiction avec le rôle transcriptif de la comptabilité. Il y a d’ailleurs un phénomène qui confirme l’absence de rôle de la comptabilité en termes de création de valeur: l’introduction des normes IFRS n’a aucunement influencé la notation de crédit (ou, en d’autres termes, la mesure de la solvabilité) des sociétés cotées. C’est révélateur du fait que le cadre comptable n’a pas eu d’influence sur la réalité économique intrinsèque d’une entreprise. De surcroît, dans de nombreux cas, le manque de négociabilité des instruments financiers a été lié à leur complexité intrinsèque. Cette sophistication mathématique a conduit aux phénomènes d’illiquidité que la comptabilité a dû retranscrire. Et, à nouveau, il aurait été illogique de demander aux règles comptables de rectifier un déficit de liquidité entraîné par la complication des instruments financiers dont elle est censée mesurer, a posteriori, la valeur. Si les marchés financiers considèrent, dans leur globalité, qu’un actif doit être décoté, et que cette décote conduit à l’absence de prix de transactions acceptables, comment une entreprise pourrait-elle avancer qu’elle dispose d’un meilleur pouvoir d’évaluation, surtout si elle ne dispose pas des modèles adéquats? L’adaptation des règles comptables en cas de marché illiquide conduirait à substituer un risque de modèle à un risque de marché. C’est d’ailleurs la principale faiblesse d’une proposition rédigée par différents théoriciens comptables et qui préconise de basculer d’une évaluation à la juste valeur vers une évaluation sur base de modèles pendant les périodes de crise. A mon intuition, la crise est plutôt une crise de risques et de modélisations que de normes comptables. Dans ce type de scénario, comment savoir de manière irréfutable quand un actif devient illiquide? Et comment distinguer une décote d’illiquidité dans un prix de marché? Et puis, selon quelle méthode intégrer cette illiquidité dans un modèle, sauf à la nier ou à l’évaluer de manière forfaitaire, c’est-à-dire subjective? L’abandon de la juste valeur en cas de crise pourrait, au surplus, inquiéter les marchés financiers, au motif que les politiques d’évaluation des actifs financiers deviendraient occultes. Ces questions n’obtiennent pas de réponse définitive. Au-delà des critiques portant sur la juste valeur, la comptabilité cristallise un phénomène d’une immense envergure: la diffusion inéluctable du modèle anglo-saxon dans nos communautés. Le modèle économique anglo-saxon est ambivalent. Il attire par sa modernité et il déculpabilise l’individu par rapport à l’enrichissement personnel, mais, dans le même temps, il est effrayant et même suffocant. Dénué de mémoire, il ne s’accommode que de valeurs financières et de sciences exactes. Il ne tolère pas l’immobilisme et est aussi volatil que les cours de bourse qu’il anime. C’est aussi un modèle qui construit un rapport au temps différent, ce qui explique que nos sociétés, glissant d’un modèle à l’autre, vivent une profonde transition. Contrairement au modèle latin qui capitalise des sommes d’argent, le modèle anglo-saxon actualise des rendements futurs espérés. L’archétype anglo-saxon ne se démontre que par le futur, quel qu’il soit: il ne valorise les situations que par leur capacité à dégager une utilité financière dans l’avenir. Cette réalité atteint, à des degrés divers, tous les domaines de la vie des affaires: l’organisation des entreprises, le droit des contrats, les relations sociales, la fiscalité, etc. Dans le domaine comptable, les normes anglo-saxonnes IAS/IFRS s’assemblent inéluctablement pour atteindre leur objectif final, qui est d’améliorer l’efficience des marchés financiers en mesurant la création de valeur actionnariale. Cet objectif sera atteint par un déchiffrage complet de l’entreprise, en renfort d’une transparence exigée par la gouvernance d’entreprise. Ce référentiel entraîne une rupture de la logique comptable, puisqu’il abandonne un référentiel basé sur des coûts historiques (imaginé en 1978 en Europe) au profit d’une évaluation progressive des actifs et des passifs comptables à leur valeur de marché, avec leur corollaire de volatilité. Mais il ne faut pas s’y tromper: l’évaluation à la valeur de marché n’est pas une simple modalité technique. Dans les pays anglo-saxons, la comptabilité est destinée à fournir une information continue aux actionnaires. Dans cette perspective, l’évaluation comptable doit se calquer sur l’évolution de la valeur des biens, comme des cours de bourse. L’orientation actionnariale des normes IAS/IFRS interpelle donc les bases de notre métrique comptable. Si la comptabilité reflète le pouvoir exercé par un acteur dominant, c’est parce que le modèle actionnarial s’est imposé dans nos économies. Ces normes comptables s'inscrivent, en particulier, dans le sillage des exigences de gouvernance corporative, c'est-à-dire d'une séparation plus affirmée entre la propriété et le contrôle des entreprises. Et il ne faut jamais l’oublier: dans son acception anglo-saxonne, la gouvernance corporative vise à maximiser la valeur actionnariale de l’entreprise. D’où l’importance, pour les actionnaires, de disposer d’un maximum de transparence sur les informations économiques et financières des entreprises. Alors, en résumé, la comptabilité est-elle quand même coupable? S’il est une matière qui polarise la frustration boursière, c’est bien la comptabilité. A chaque rupture de marché (bulle Internet, débâcle d’Enron, crise des subprimes), elle est mise à l’index. Encore que ces critiques soient circonstancielles: il y a deux ans, la comptabilité était accusée d’alimenter la volatilité des marchés et les exigences des analystes financiers par des résultats en progression et publiés trop fréquemment. Aujourd’hui – et particulièrement dans le secteur bancaire – la comptabilité est, au contraire, suspectée d’excès de prudence… sans qu’on reconnaisse toutefois que la publication de résultats trimestriels a soulagé les investisseurs et discipliné la comptabilité des institutions financières. La cyclothymie des critiques démontre bien leur fragilité. Le débat n’est pas clos. Il ne le sera sans doute jamais. La variété des interprétations de l’exigence d’image fidèle souligne qu’au-delà de la similarité d’objectifs dans des protocoles comptables différents, la comptabilité est autant un système d’information qu’une pratique sociale. La vérité comptable n’est pas arithmétique, mais constitue une représentation conventionnelle, contingente à un contexte socio-économique ou à une réalité sectorielle, et donc un reflet imparfait du réel. Cette perspective renvoie indirectement à une autre constatation, à savoir que le résultat comptable a une valeur informative dépendante du niveau de maîtrise de la politique comptable de l’entreprise. La pertinence de la comptabilité est donc dissemblable pour ses différents lecteurs. Dès le moment où la comptabilité constitue le point focal de conflits d’intérêt, l’exigence d’une transparence consensuelle et uniforme, relève d’un objectif utopique. En effet, le partage de l’information financière et les conflits d’intérêt qui en découlent renvoient aux éventuelles asymétries d’information. Par ailleurs, la reddition des comptes de l’entreprise ramène à un rapport au temps, c’est-à-dire à l’intervalle de temps qui sépare la survenance d’un fait économique (et son inscription comptable initiale) et le moment auquel la valeur résiduelle de ce fait économique est calculée afin d’être restituée dans les comptes annuels. On retrouve, dans ce rapport au temps, la multiplicité des compréhensions comptables. En résumé, il n’y a pas de vérité transcendante en matière d’image fidèle, de même qu'il n’y a pas, dans l’absolu, une seule image fidèle à l’exclusion de toute autre. La notion d’image fidèle est indissociable d’un ensemble de règles et de conventions dont il est admis dans le corps social que c’est sur la base de telles règles et conventions que les comptes doivent être établis, lus et interprétés. ------------------------- portez vous bien...
Commentaire n°1 posté par lupus le 22/02/2009 à 19h27
ça commence à être costaud ce blog !
ma réponse demain...
Réponse de CHEVALLIER le 22/02/2009 à 22h17
Bonsoir Mr Chevallier Ma question va certainement paraître stupide mais dans quoi faut-il placer son argent pour ne pas se retrouver ruiné prochainement ? L'or, l'immobilier, faire des retraits d' argent importants ? Merci pour votre excellent blog
Commentaire n°2 posté par corinne w le 22/02/2009 à 20h30
Bonjour, Votre µ ne tient compte ni de la qualité des actifs, ni de celle des dettes. Il ne tient pas davantage compte de la ventilation entre les Tier-1/2/3 décidée par les banques (le Tier-3 ou "comment cacher sois-même les cadavres dans les placards"). Mieux vaut un µ de 20 avec des réserves en bons du Trésor et des emprunteurs fiables qui remboursent, qu'un µ de 10 avec des réserves douteuses et des emprunteurs en faillites qui ne remboursent pas. Je vous signale que vos deux meilleurs µ américains, 'C' (Citi) avec 11.9 et 'BAC' (Bank of America) avec ses 9.27 sont en faillite de fait depuis quelques semaines. Le graphique de leurs cours sur un an est parlant. Bien sûr il n'est pas question de refaire le coup de LEH, ça a laisser trop de souvenir douloureux. Pourtant, même les Républicains commencent à prononcer le mot en 'N' ...
Commentaire n°3 posté par Pedro Ramona le 22/02/2009 à 21h08
L’action Citigroup a clôturé vendredi 21 février sous les deux dollars après avoir effectué un plongeon de plus de 22 %, portant à six le nombre de séances de baisses consécutives, sur des rumeurs de nationalisation et d’expropriation des actionnaires. Bank of America a clôturé en baisse de 3,56 % à 3,79 dollars après être tombé en séance à 2,53 dollars. « Cela montre à l’évidence que les marchés jugent que la probabilité qu’elles soient nationalisées est élevée », commente Mike Holland (Holland & Co). « Et, le cas échéant, tout le monde pense qu’il ne fait aucun doute que les actionnaires seront de fait nettoyés ». http://www.lesechos.fr/info/finance/reuters_00123035-citigroup-s-est-effondree-de-22-a-wall-street-sur-des-rumeurs-de-nationalisation.htm En Allemagne, c’est pareil : les banques allemandes vont être nationalisées. Les actionnaires des banques seront nettoyés. L'Allemagne veut sauver les banques en expropriant leurs actionnaires. Face à la débâcle de ses banques, l'Allemagne a décidé mercredi 18 février de recourir aux grands moyens. Elle pourra si besoin les nationaliser en expropriant les actionnaires, une première depuis la Seconde Guerre mondiale. Un projet de loi a été adopté en conseil des ministres par le gouvernement de la chancelière conservatrice Angela Merkel, et doit être présenté rapidement aux députés du Bundestag. Il prévoit de pouvoir lancer une « procédure d’expropriation » des actionnaires en échange d’indemnisations, une mesure qui court jusqu’au 30 juin 2009. http://www.lepoint.fr/actualites-economie/l-allemagne-veut-sauver-les-banques-en-expropriant-leurs/916/0/318381 En France, c’est pareil : les banques françaises vont être nationalisées. Les actionnaires des banques seront nettoyés. « Il est tout à fait normal de nationaliser des établissement financiers qui ont fait faillite, même s’il n’est guère idéal que des banques soient gérées par des Etats, vient de déclarer Christine Lagarde. Si des établissements financiers font faillite, alors il ne fait aucun doute que l’Etat doit intervenir ». http://www.lesechos.fr/info/finance/reuters_00122894-lagarde-en-faveur-de-la-nationalisation-des-banques-en-faillite.htm Les actionnaires des banques seront très bientôt expropriés dans de nombreux pays. Les actionnaires des banques vont l’avoir dans le c… Ils ont joué, ils ont perdu.
Commentaire n°4 posté par BA le 22/02/2009 à 21h52
Parler d'expropriation des actionnaire est un abus. si on achète au prix du marché et que le prix est nul ou faible, c'est pas une expropriation, mais ... un dépôt de bilan, une perte bousière. il serait choquant que l'était paye au dessus du prix de marché une entreprise, en subventionnant donc les actionnaires qui sont sensés (ok c'est théorique, au moins après ils sauront) connaitre les risques et ont été payé (en réel ou en espérance) pour ce risque. malheureusement je crois que justement il y a eu des cas (fortis? dexia?) ou l'état a racheté ou tenté de racheter une banque au dessus du prix, ce qui revient a faire un cadeau aux actionnaires. on peut pas profiter du marcher et refuser d'accepter que si l'entreprise coule, la valeur soit de zero. sinon sur l'estimation comptable de la générale, il est clair que c'est Sarkozy qui nous enfume et pas la générale. bien évidemment que le prêt d'état est en fait une recapitalisation déguisée, destinée a pas ressembler a une nationalisation. d'ailleurs ce prêt nous coutes de l'argent contrairement a ce qu'il affirme. en effet l'argent emprunté par l'état l'a été sur les marchés a un taux moitié de celui ou il est prête ce qui diminue de moitié le bénéfice qu'il annonce (du genre a confondre chiffre d'affaire et bénéfice). ensuite la qualité de signature de le France a diminué ce qui fait que tous nos emprunts coutent plus cher. au final certains disent que l'opération est neutre... c'était peut être l'objectif. (je trouve ca optimiste) éviter le risque systémique, à cout nul (même si c'est couteux comme je le pense, ca n'a pas de prix).
Commentaire n°5 posté par Alain le 23/02/2009 à 10h14
N'oubliez pas de remercier l'UE et ses institutions monétaires, visez plutôt =>http://www.dailymotion.com/search/maastricht/video/x5swz0_maastricht-article-104_news
Commentaire n°6 posté par Jambon le 23/02/2009 à 10h55
Merci pour ces informations d'excellente qualité, mais je voudrais poursuivre la question posée par Corinne W. Je ne suis pas actionnaire, mais client d'une banque (HSBC), j'ai plus de 70000 euros de côté. Comment puis-je faire pour sécuriser mon épargne ? Ne va-t-on pas bientôt me dire que le fruit de 15 ans de travail est "nationalisé et ne vaut plus que 70000 euros, sachant l'euro adossé au dollar et probablement bientôt dévalué ?
Commentaire n°7 posté par Alien315 le 23/02/2009 à 11h23
M. Chevallier, Il est regrettable que vous n'ayez pas compris la définition du fameux ratio à 12,5 avant de vous scandaliser de "l'irrégularité" des banques européennes. Ce que vous avez calculé n'est que le "leverage" (à peu de chose près), le ratio "mu" doit être calculé comme étant le rapport des "emplois pondérés" (selon les règles Bâle 1 ou Bâle 2) sur les fonds propres (Tier 1 PLUS Tiers 2). Le "Total dettes" dans le passif d'un bilan = les dettes que la banque lève dans le marché dettes (obligations, dettes interbancaires, ...) alors que le ratio à 12.5 est avant tout un ratio qui encadre l'actif d'une banque.
Commentaire n°8 posté par SCW le 23/02/2009 à 11h54
en complément d'infos et selon moi tres utile a connaitre, quelques données essentielles sur les banques européennes : poids des actifs par rapport a leur PIB national respectif et exposition aux pays de l'est... -------------------------- Banques: total actifs (en % du PIB) France 383 Espagne 291 Allemagne 318 Italie 232 Belgique 413 Portugal 281 Autriche 378 Irlande 941 Pays-Bas 401 Grèce 185 Zone euro 344 Sources : BCE, EUROSTAT 23/2/09 ------------------------------- Exposition mondiale des banques aux Pays de l'Est (Mds USD) Total = 1745 Suisse; 64,1 R-U, 45.5 Suède, 111.2 Pays-Bas, 123.8 Italie, 232.1 Allemagne, 229.6 France, 174.6 Belgique, 143.7 Etats-Unis, 62.9 Autriche, 289.7 Autres, 267.7 source BIS 23/2/09
Commentaire n°9 posté par lupus le 23/02/2009 à 15h16
M. SCW Vous ecrivez que le calcul du "mu" par M. Chevallier est faux, et dans l'attente de sa reponse, on vous croit. Pouvez-vous alors nous fournir les donnees du "mu" pour les banques francaises et europeennes, sont ces donnees publics ou secrets? Bien a vous..
Commentaire n°10 posté par habsb le 23/02/2009 à 17h04
Tiens, on parle de vous sur le blog de Frédéric Lordon http://blog.mondediplo.net/2009-02-17-La-menace-protectionniste-ce-concept-vide-de-sens (et page suivante)
Commentaire n°11 posté par Utopia le 23/02/2009 à 20h05
A Alien 315 J'ai la désagréable impression que personne n'a la réponse à nos questions et ça ne me rassure pas vraiment.
Commentaire n°12 posté par corinne w le 23/02/2009 à 20h34
"Tiens, on parle de vous sur le blog de Frédéric Lordon" Vous n'auriez pas plus précis ? parce que là je viens de me taper les 3/4 de son article, et à part avaler de force une réthorique gauchiste assez nébulleuse et avariée j'ai rien trouvé du tout d'autre, il est où JP Chevallier chez Lordon, quelle page ?
Commentaire n°13 posté par H2O le 24/02/2009 à 01h49
Vous écrivez : " ratio Tier qui a été défini à l’origine comme étant la part minimale des capitaux propres à exiger, à savoir 8 % du total des dettes " A ce que j'en sais le ratio tiers corresponds à la part minimale des capitaux propres par rapport au total des actifs (et non des dettes, qui, sauf erreur, sont du passif)
Commentaire n°14 posté par Utopia le 24/02/2009 à 09h40
@H2O Dans les derniers des 100 commentaires de la page citée et dans les touts premiers de la page suivante (>100)
Commentaire n°15 posté par Utopia le 24/02/2009 à 13h44
M. habsb Cette information est publique et facile à trouver dans les comm financières. D'ailleurs, le minimum requis du ratio Tier 1 (des capitaux propres "durs") est de 4%.
Commentaire n°16 posté par SCW le 24/02/2009 à 16h07
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