Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /Fév /2009 15:18

Que faire maintenant ?


La Vieille Europe est sous le coup de trois tsunamis


Le premier, annoncé depuis 2005, a été créé par le non enregistrement des engagements de retraite surtout en France où ils atteignaient €4 500 milliards fin 2004, 3 fois le montant du PIB de l’année selon les calculs de Michel Pébereau, confirmés par ceux des économistes de Work For All et de la banque ABN Amro.


Ce premier tsunami n’a pas encore produit ses effets dévastateurs. Il couve.


Le deuxième tsunami annoncé est visible depuis la fin du mois de juin 2007 dans les écarts des rendements des bons des Trésors à 10 ans de la zone euro : c’est celui du décrochage des pays du Club Med par rapport à l’Allemagne (car les gains de productivité globale y sont supérieurs à ceux des pays du Club Med).


Ses effets sont rampants : les entreprises des pays du Club Med ferment temporairement ou définitivement car leurs produits ne sont plus compétitifs à cause de la surévaluation (pour eux) de l’euro.


Le troisième tsunami n’a été détecté que récemment : c’est celui du surendettement des banques par rapport au PIB et au montant de leurs capitaux propres.


Ses effets sont pervers et très graves : les banques n’ont plus confiance entre elles, elles ne prêtent plus entre elles leurs disponibilités et elles ne peuvent plus emprunter sur les marchés.


Elles déposent tous les jours €200 milliards auprès de la BCE plutôt que de prendre le risque de les prêter à une autre banque et de ne pas pouvoir récupérer leurs apports.


Elles ne prêtent donc plus à leurs clients (les entreprises et les particuliers), ce qui paralyse toute l’activité économique.


La problématique étant correctement posée, que faire maintenant ?


La solution est simple, tout est simple disait Milton Friedman : les banques doivent respecter les deux normes de base, ce qui signifie que le total des dettes de toutes les banques européennes doit être inférieur à 10 % du PIB de leur pays d’origine et être inférieur à 12,5 fois le montant de leurs capitaux propres (c’est le ratio que je désigne par la lettre µ).


Une chirurgie de guerre doit être appliquée au plus vite sur les banques hors normes qui doivent donc être amputées de certains de leurs actifs, démantelées, et recapitalisées par l’État, c’est à dire les contribuables, ou par des investisseurs privés dans la mesure où c’est encore possible.


Les Américains, c’est à dire le gouvernement (par Henry Paulson) et la Fed ont imposé aux banques fautives ces solutions qui ont été facilement mises en œuvre car le Trésor a pu émettre des centaines de milliards de bons (au moins 800 d’après mes sources) ce qui répondait à la demande des marchés.


Pour l’instant, l’État fédéral a investi $194 milliards pour recapitaliser les banques viables, ce qui est une somme… modique par rapport au PIB de $14 400 milliards.


Toutes les banque américaines respectaient fin décembre ces deux ratios d’endettement bancaire.


Les fondamentaux étant restaurés, la croissance peut repartir aux États-Unis du moins, ce qui n’est pas le cas dans la Vieille Europe.


En effet, les dirigeants des autorités des pays européens n’ont même pas compris la problématique de base, y compris ceux qui étaient les plus vertueux et les plus compétents : les petits Suisses.


En effet, le président de la banque centrale et le ministre des finances helvètes n’envisagent pas de démanteler UBS ni Crédit Suisse ni de recapitaliser ce qui en resterait.


Les solutions adoptées un peu partout, à savoir des prêts assimilables à des fonds propres selon des règles du Tier 1 ne résolvent pas les problèmes : elles les aggravent en fait car il ne s’agit pas de véritables capitaux propres comme aux États-Unis, mais de véritables prêts.


Les banquiers, c’est à dire les dirigeants des grandes banques françaises et européennes sont très puissants, trop puissants.


Ils imposent leurs vues à tout le monde, aux banques centrales et aux gouvernements.


Rien ni personne ne les arrêtera alors qu’aux États-Unis, c’est le gouvernement et la Fed qui ont imposé leurs décisions aux banquiers pour réorganiser une concurrence indispensable entre 8 000 banques.


Une fois de plus, il ne faut pas plus de régulation, mais au contraire, plus de marché, plus de concurrence, y compris et surtout dans le secteur bancaire.


Il est effarant de constater le manque de culture économique qui conduit les Européens à un tsunami qui leur est fatal.


Dans son livre, L’âge des turbulences, Alan Greenspan prédit un XXI° siècle dont les États-Unis garderont le leadership et une Chine capitaliste libérée de ses scories communistes, la Vieille Europe étant reléguée à un rôle marginal.


Il ne précise pas pourquoi ni comment s’opérera ce déclin. On en connaît maintenant les raisons.

***

Par CHEVALLIER
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