Jeudi 17 juillet 2008

Stagflation euro-zonarde


La courbe des taux est très plate dans la zone euro, ce qui signifie que la croissance du PIB est et sera très faible dans les mois à venir,

Graphique 1 :

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Cette croissance faible est et sera inflationniste, non pas à cause du niveau trop élevé des prix du pétrole, mais de la création monétaire dans la zone euro car de l’argent non gagné (unearned money) est distribué en masse pour des montants supérieurs aux richesses produites en contrepartie.


En effet, les engagements de retraite ne sont pas correctement comptabilisés dans la zone euro, alors que ce sont des créances considérées comme certaines.


La masse monétaire M2 de la zone euro se monte ainsi à plus de 83 % du PIB, bien supérieure à ce qu’elle devrait être : 53 % du PIB comme aux États-Unis.


Les pays de la zone euro sont différents : la création monétaire est moins forte en Allemagne qu’en France. Les dérapages monétaires sont encore plus élevés en Italie.


Dans ces conditions, les capitaux sont investis préférentiellement dans des Bund allemands car en cas d’éclatement de l’euro, le Trésor allemand, en tant que débiteur, remboursera ces créances en Deutschemarks tandis que les bons du Trésor émis par la banque centrale d’Italie seront remboursés en lires.


Ces bons de référence à 10 ans (qui jouent le rôle de quasi-monnaies) ont donc une décote par rapport au Bund de 14 %, ce qui correspond à l’anticipation d’une dévaluation potentielle de la lire à ce niveau par rapport au Deutschemark,

Graphique 2 :

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Pour le franc français, l’anticipation de dévaluation est de l’ordre de 5 %,

Graphique 3 :

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Autre formulation : si l’euro n’existait pas, le franc français devrait être dévalué de 5 % pour rétablir les équilibres entre l’Allemagne et la France, ce qui obligerait les Français à mener les réformes qui s’imposent, ce qui leur permettrait d’augmenter leur niveau de vie, comme cela s’est passé avant l’existence de l’euro qui est une monnaie contre nature.


En effet, la relation entre une nation et sa monnaie est biunivoque : une monnaie ne peut correspondre qu’à une seule nation et une nation ne peut avoir qu’une monnaie.


La zone euro n’est pas une nation : ce n’est qu’une zone.


Les nations européennes restent les entités de base.


La croissance repartira faiblement dans la zone euro dans les mois à venir grâce à la reprise de la croissance aux États-Unis.


Pour lire une partie de mes billets classés en ordre thématique, en particulier comment le gouvernement français a supprimé une centaine de milliards d’euros d’engagements de retraite à la SNCF, voir mon autre site : jpchevallier.fr

Cliquer ici pour y accéder.


Les données sont celles de Reuters en fin de journée.


Milton Friedman avait bien compris qu’un choc mondial serait fatal à l’euro…

***

par CHEVALLIER
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Jeudi 17 juillet 2008

L’Iran, pas la crise systémique !


Le plongeon des bourses depuis le lundi 19 mai s’explique par la décision prise par George Bush (lors de son voyage en Israël la semaine précédente) d’intervenir militairement en Iran et non pas par une crise systémique aux États-Unis.


En effet, les indices boursiers et les rendements des bons du Trésor ont connu un renversement de tendance à partir de 2 dates bien précises : le lundi 19 mai pour les indices actions qui ont commencé à plonger (après leur tendance ascendante suivant le point bas de la mi-mars), et depuis le vendredi 13 juin pour les rendements des Treasuries qui ont connu le même renversement de tendance après l’accord donné par les dirigeants allemands, italiens et français à la décision de W. lors de son voyage en Europe.


Le rendement des Bills à 3 mois est très clairement sur une tendance baissière depuis le vendredi 13 juin…

Graphique 1 :

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… alors que ce rendement du 3 mois était sur une tendance ascendante depuis le point bas du 18 mars,

Graphique 2 :

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Les indices actions et les rendements des Treasuries ont encore chuté après le 9 juillet, c’est à dire après le sommet du G8 au cours duquel W. a maintenu sa décision après avoir consulté d’autres dirigeants de grands pays.

Graphique 3 :

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Ces 3 changements de tendance ne peuvent en aucun cas correspondre à des données purement économiques et financières : la situation des banques américaines n’a pas été profondément modifiée en ces 3 journées.


Ils ne peuvent s’expliquer que par des éléments non économiques (exogènes), d’ordre géopolitique.


Les variations sur les marchés des bons du Trésor sont les plus significatives car ce sont les marchés directeurs les plus lourds.

Ces marchés n’ont réagi qu’à partir du moment où l’information était certaine (la décision prise par George Bush d’intervenir militairement en Iran) et non pas sur les rumeurs récurrentes passées.


Comme l’a rappelé discrètement B-2, le bombardier furtif Ben Bernanke, l’argent est sain aux États-Unis (sound money).


Un certain nombre de banques ont subi des pertes très importantes, ce qui va permettre à B-2 de pouvoir faire passer des règles comptables auxquelles s’opposaient précédemment les dirigeants de ces banques : l’obligation d’enregistrer les produits dérivés à leur juste valeur, celle du marché, c’est à dire zéro quand un produit n’a plus d’acheteur !

Ces nouvelles règles comptables (FAS 157, cliquer ici pour la lire) obligeront les banques à s’engager plus prudemment sur de telles opérations.

 

Bien entendu, les Panurgistes s’en sont donnés à cœur joie récemment en prédisant une chute du système bancaire américain, et même une crise systémique.


Hier 16 juillet, les cours de Wells Fargo, Fannie Mae, Freddie Mac ont pris 30 % en quelques heures, 20 % pour d’autres grandes banques !


C’est le temps des turbulences, a-t-Il dit…


L’économie américaine va devenir dans les jours et semaines à venir sous l’influence de la baisse des taux de la Fed décidée fin janvier 2008, quand ils sont tombés de 4,25 % (leur niveau de neutralité) à 3,0 %.


La croissance des États-Unis va être supérieure à son potentiel optimal dans l’avenir immédiat pour un certain nombre de mois comme l’indique clairement la structure des taux : la pente est très forte avec des Notes à 10 ans dont les rendements sont proches de 4,0 %, un 2 ans près de 2,5 % et des Bills à 3 mois à moins de 1,5 %,

Graphique 4 :

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Ces variations s’inscrivent dans des mouvements (des vagues) de grande ampleur,

Graphique 5 :

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En de telles circonstances, j’invite une fois de plus les lecteurs de mon blog à conserver en mémoire mes prédictions et celles des autres, en particulier de tous les journaleux et bonimenteurs pour ensuite en tirer les conclusions qui s’imposent…

***

par CHEVALLIER
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