Mardi 2 octobre 2007 2 02 /10 /Oct /2007 12:13

  De Keynes à la business économie


Le XX° siècle a été celui des grands débats entre les partisans et les adversaires du capitalisme libéral qui ont d’abord été marxistes avec les communistes purs et durs.

Face aux échecs de l’URSS, ils se sont adoucis en socialistes de bon aloi acceptant l’existence du capitalisme libéral, mais en cherchant à l’orienter dans leur sens.

C’est le cas de la social-démocratie allemande et d’une façon générale de la gauche plurielle qui utilise souvent des théories plus ou moins libérales comme par exemple celles de Keynes qui a prôné une relance par la consommation pour sortir d’une crise.

*

Les libéraux  s’inscrivant dans ce débat, ont alors opposé une économie de l’offre qui cherchait à favoriser la production des entreprises en libéralisant et en déréglementant les marchés, en allégeant le poids de l’Etat, donc l’importance des prélèvements obligatoires.

Ce fut le redressement des Etats-Unis avec les années Reagan.

En ce XXI° siècle, la cause est entendue : l’économie de marché est une évidence pour tout le monde (ou presque !), y compris pour la plupart des Démocrates.

*

Le débat entre une relance par la consommation et une économie de l’offre est dépassé.

La relance de l’économie (normalement constituée) ne peut se faire que par la baisse des taux de la banque centrale, éventuellement aidée par une baisse des impôts, le déficit important (mais temporaire) de l’Etat étant comblé par la suite par l’augmentation des rentrées fiscales dues à la reprise de la croissance.

*

La consommation et les marchés sont au centre de ces mécanismes

Des taux d’intérêt bas favorisent la consommation et l’investissement des ménages et des entreprises : les affaires repartent, et inversement en cas de risques inflationnistes.

C’est l’économie des affaires, du business, la business économie.

*

La problématique de la politique économique a complètement changé au cours de ces dernières décennies.

Les gouvernements ont maintenant un rôle mineur à jouer : accomplir les tâches de l’Etat au mieux et au moindre coût, c’est à dire réaliser l’optimum fiscal.

Les banques centrales doivent surveiller et réguler l’activité économique par leurs moyens, en particulier par le maniement de leurs taux de base.

*

Les Américains réussissent très bien à ce jeu, ainsi que les autres pays qui se sont lancés dans ce type de politique économique comme par exemple l’Irlande et dans une large mesure la Chine.

L’Allemagne a entamé la même démarche sous l’influence d’économistes libéraux avec le chancelier Schröder, de gauche. Il en est de même dans la plupart des pays de l’Europe de l’Est.

Les Français sont dans leur propre monde, à côté de ce monde.

C’est l’exception française, y compris chez les (rares) libéraux et leurs adversaires pour une fois réunis dans les mêmes errements.

Aucune des mesures prises par Nicolas Sarkozy ne rentre dans cette logique de business économie.

*

Simple, pas trop difficile à comprendre

C’est l’économie, stupide.

***

Par CHEVALLIER
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Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /Oct /2007 21:52

  De la théorie quantitative de la monnaie à la Fed


Jadis, les hommes ont trouvé un bon moyen pour faciliter les échanges commerciaux : ils ont établi des prix exprimés en une monnaie-marchandise facilement identifiable, assez rare mais pas trop, à savoir une certaine quantité d’or, sous la forme de pièces de monnaies…

Tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où l’abondance de l’or dans le Nouveau Monde a semé le désordre dans l’Ancien Monde.

La quantité de monnaie en circulation a augmenté, les prix ont augmenté.

Ce fut le début de l’inflation.

Logique ! C’est le principe essentiel de la théorie quantitative de la monnaie.

Le monde a beaucoup évolué depuis l’époque de Christophe Colomb, mais pas les connaissances économiques de beaucoup de gens qui en sont restées à ces vues simplistes…

*

La masse monétaire précolombienne correspondait à ce qu’on appelle maintenant l’agrégat M1 : l’argent qui se trouve dans nos portefeuilles et porte-monnaie, et surtout sur nos comptes bancaires.

La masse monétaire M3 actuelle de la zone euro, 8 300 milliards d’euros, est composée de :

  • l’agrégat M1 pour 3 800 milliards d’euros,
  • l’agrégat M2-M1, 3 200 milliards d’euros qui correspond à l’épargne déposée par les Euro-zonards sur leurs livrets de caisses d’épargne,
  • et de la trésorerie des entreprises pour 1 200 milliards d’euros, c’est à dire de l’agrégat M3-M2.

*

Actuellement, M3 augmente beaucoup : de 11,7 % d’une année sur l’autre, à cause des Euro-zonards qui augmentent leur épargne (M2-M1 augmente de 15 %) car ils craignent que leur situation se dégrade dans l’avenir proche.

Ils épargnent davantage en consommant moins (ou pas plus qu’auparavant).

La demande baisse, l’offre s’adapte, ce qui ralentit la croissance du PIB.

Simple, pas trop difficile à comprendre.

L’augmentation de M3 ne signifie pas que les prix augmentent !

Christophe Colomb, c’est du passé.

Dépassée, la théorie quantitative de la monnaie.

*

Pour que la croissance reparte, il faudrait que les Euro-zonards augmentent leur consommation en puisant dans leur épargne.

La demande augmenterait, donc l’offre et la croissance du PIB.

Il faudrait donc que M2-M1 (donc M3) diminue pour que la croissance du PIB augmente.

Simple, pas trop difficile à comprendre

***

Quand la croissance est trop forte, comme c’était le cas aux Etats-Unis depuis 2004, l’inflation repart, car en de telles circonstances, les producteurs en profitent pour augmenter leurs prix et les salariés leurs revenus.

Pour lutter contre l’inflation, il n’y a qu’une solution : la banque centrale doit augmenter son taux de base, ce qui renchérit le coût des crédits.

Coûtant trop cher (à cause des taux trop élevés) , certains projets sont de ce fait abandonnés, ce qui ralentit la croissance.

Simple, pas trop difficile à comprendre

La Fed a augmenté son taux de base à 5,25 %, un niveau très élevé par rapport à sa neutralité, ce qui crée un ralentissement de la croissance aux Etats-Unis.

L’inflation revient dans la zone optimale inférieure à 2 %.

*

Pour que le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis ne se transforme pas en récession, c’est à dire pour faire repartir la croissance du PIB, la Fed vient de baisser son taux de base.

Quand le coût du crédit baisse, les investisseurs… investissent, ce qui fait repartir la croissance en faisant baisser M3 car ces investissements sont financés par les trésoreries des entreprises (M3-M2 baisse) et par l’épargne des ménages (M2-M1 diminue).

Les agrégats de M3 baissent, donc M3 baisse, ce qui fait repartir la croissance du PIB réel.

Simple, pas trop difficile à comprendre

*

C’est la loi de la masse monétaire libre :

La variation de la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à celle de la masse monétaire libre qui est la différence entre l’augmentation de la masse monétaire M3 en données courantes et (moins) le taux de croissance du PIB réel.

C’est la variation de cette masse monétaire libre qui est importante : quand elle augmente, la croissance du PIB diminue, et inversement.

*

Depuis plus de 50 ans, la croissance du PIB aux Etats-Unis est régulée par les variations du taux de base de la Fed.

Depuis plus de 50 ans, les banques centrales ne créent plus de monnaie. Elles ne font que surveiller leur système monétaire de façon à ce qu’il fonctionne normalement, c’est à dire sans crise majeure, et ça marche !

Simple, pas trop difficile à comprendre

***

C’est l’économie, stupide.

*

Par CHEVALLIER
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /Sep /2007 18:43

 

L’inflation redevient normale aux Etats-Unis : le PCE-PILFE est revenu dans les normes bien installé sous la barre de 2 %. Ouf !,

Graphique 1 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070928US3PCE01.gif

Le PCE-PILFE d’août a augmenté de 1,76 % en un an, contre 1,91 % en juin et juillet.

La tendance baissière est bonne.

*

L’inflation sous-jacente doit impérativement rester dans la bande de 1 à 2 % sans atteindre ces limites, ce qui a été réalisé de 1996 à 2003 grâce à la politique monétaire menée par la Fed.

Graphique 2 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070928US4PCE84.gif

*

Le dérapage inflationniste qui a duré depuis 2004 est stoppé grâce au maintien des taux de la Fed au dessus de la neutralité de 4,25 %… ce qui provoque un ralentissement de la croissance qui risque d’aller jusqu’à une récession.

C’est à ces conditions que l’inflation peut être maîtrisée. 
L’inflation ne doit pas descendre sous le plancher de 1 % car les risques de déflation seraient importants. C’est ce qui se passe au Japon depuis un certain nombre d’années.

*

PCE-PILFE : Personal Consumption Expenditures: Chain-Type Price Index Less Food and Energy. 
Le PCE-PILFE est l’indice des prix hors éléments volatils, hors les prix alimentaires et de l’énergie. 
C’est l’inflation dite sous-jacente, ou core inflation.

***

Par CHEVALLIER
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /Sep /2007 11:06

 

M2-M1 continue d’augmenter sur un rythme de 8,64 % (d’une année sur l’autre) du 10 au 17 septembre, ce qui signifie que les Américains augmentent leur épargne en diminuant leur consommation.

Graphique 1 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070928US1M2M1.gif

*

Comme la demande baisse, l’offre s’adapte : la croissance du PIB réel ralentit logiquement.

Les Américains augmentent leur épargne car ils estiment que leur situation va se dégrader à cause du maintien des taux de la Fed à des niveaux trop élevés.

En effet, des taux trop élevés renchérissent le coût des emprunts, donc de tous les projets d’investissement, ce qui provoque un ralentissement général de l’activité économique.

Graphique 2 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070928US2FRM.gif

*

La Fed vient de baisser son taux de base le 18 septembre, mais c’est trop tard.

Le ralentissement de la croissance est déjà important : la croissance de ce 3° trimestre est au mieux de 1,7 % d’une année sur l’autre, c’est à dire 0,3 % par rapport au 2° trimestre en taux annualisé selon la présentation habituelle aux Etats-Unis.

Le graphique 2 est réalisé sur cette hypothèse, mais la croissance peut être encore plus faible et même négative.

*

Remarques…

*

L’augmentation de M2-M1 de mai 2005 à juin 2006 correspond à l’augmentation des taux de la Fed qui a atteint son sommet à 5,25 % le 29 juin 2006, ce qui signifie que les Américains ont bien compris que le relèvement de ce taux allait ralentir l’activité : ils ont augmenté leur épargne, ce qui ralentit la demande, donc la croissance du PIB réel.

*

La croissance du PIB réel a commencé à baisser 6 mois après le relèvement du taux de la Fed au dessus de son niveau de neutralité de 4,25 %.

En effet, la Fed a augmenté son taux de base à 4,5 % le 31 janvier 2006 et le taux de croissance du PIB réel d’une année sur l’autre qui était de 3,2 % au 2° trimestre 2006 est tombé à 2,4 % au 3° trimestre.

Depuis cette date, la croissance du PIB est inférieure à son potentiel optimal de 3,5 % car la Fed maintient ses taux trop haut.

Les décisions de la Fed agissent sur l’économie réelle avec un délai de 6 mois depuis… plus de 50 ans ! voir mes billets précédents sur la masse monétaire libre.

*

Pour faire repartir la croissance, la Fed aurait dû baisser son taux à 4,25 % ce qui correspond à sa neutralité.

Comme les membres du FOMC n’ont pas pris cette décision, une croissance négative est fort probable pour ce 4° trimestre 2007.

Cependant, comme l’économie américaine est très forte, la croissance peut repartir très vite, et être plus forte que prévu.

La neutralité du taux de la Fed peut être un peu supérieure à 4,25 % car l’économie américaine est très forte et très saine.

***

Par CHEVALLIER
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 17:07

Je reprends ici un billet que j’avais écrit le 24 mai 2007...

Caterpillar 2006

Les mauvais résultats accumulés jusqu’en 2002 ont obligé les dirigeants de Caterpillar à une restructuration énergique : les gains de productivité ont bondi de 20 % en 2003 et 2004.

La marge opérationnelle est donc revenue dans la norme à deux chiffres depuis 2005 et la marge nette dans les 8 %.

La rentabilité des capitaux investis devient acceptable malgré un endettement hors normes dû en grande partie aux engagements de retraite.

La situation de Caterpillar est bonne (malgré l’endettement).

Le niveau de productivité est élevé mais les gains possibles sont faibles.

Les ventes (et les ratios de rentabilité) devraient rester élevées grâce à la croissance générale, surtout dans les pays émergents.

*

Tableau 1 :

Caterpillar

 

 

 

 

 

 

 

US$ billion

2 000

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

 

 

 

 

 

 

 

 

Sales & revenues

20 175

20 450

20 152

22 763

30 251

36 339

41 517

Change yoy %

2,4

1,4

- 1,5

13,0

32,9

20,1

14,2

 

 

 

 

 

 

 

 

Cost of sales

14 497

14 752

15 146

16 945

22 420

26 558

29 549

Cost / Sales in %

71,9

72,1

75,2

74,4

74,1

73,1

71,2

 

 

 

 

 

 

 

 

R & D

649

696

656

669

928

1 084

1 347

sell adm gen exp

2 367

2 567

2 094

2 470

3 072

3 190

3 706

 

 

 

 

 

 

 

 

Operating income

1 737

1 311

1 324

1 688

2 733

3 784

4 921

Change yoy %

16,3

- 24,5

1,0

27,5

61,9

38,5

30,0

Operating margin

8,6

6,4

6,6

7,4

9,0

10,4

11,9

 

 

 

 

 

 

 

 

Inc befor inc taxes

1 528

1 169

1 114

1 477

2 707

3 901

4 861

inc bef inc tax marg

7,6

5,7

5,5

6,5

8,9

10,7

11,7

 

 

 

 

 

 

 

 

Net income

1 053

805

798

1 099

2 035

2 854

3 537

Change yoy %

11,3

- 23,6

- 0,9

37,7

85,2

40,2

23,9

Net margin

5,2

3,9

4,0

4,8

6,7

7,9

8,5

 

 

 

 

 

 

 

 

Shareholder's eq

5 600

5 611

5 472

6 078

7 467

8 432

6 859

ROE

18,8

14,3

14,6

18,1

27,3

33,8

51,6

 

 

 

 

 

 

 

 

Long term debt

11 334

11 291

15 508

18 234

19 414

19 789

24 768

ROCE

10,3

7,8

6,3

6,9

10,2

13,4

15,6

Gearing

202

201

283

300

260

235

361

*

Les gains de productivité (chiffre d’affaires par salarié) ont bondi à partir de 2003 ainsi que les salaires moyens qui ont été stabilisés après avoir culminé à près de $85 000 par an !

Tableau 2 :

 

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

 

 

 

 

 

 

 

Number of employees

70 678

70 973

67 828

73 033

81 673

90 160

Wages… in $ billion

4 272

4 360

4 980

6 025

6 928

7 512

 

 

 

 

 

 

 

Revenues/employee in $

289 340

283 939

335 599

414 210

444 933

460 481

Wages / employee in $

60 443

61 432

73 421

82 497

84 826

83 319

 

 

 

 

 

 

 

Wages / revenues in %

20,89

21,64

21,88

19,92

19,06

18,09

Productivity's gains in %

- 3,62

- 1,87

18,19

23,42

7,42

3,49

 

 

 

 

 

 

 

*

Contrairement aux idées communément répandues, les cash flows ne donnent aucune information utile quant aux perspectives d’une entreprise !

Tableau 3 :

Cash flows

1 999

2 000

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

/operating

2 590

2 059

1 987

2 366

- 5 611

- 3 991

3 113

5 799

total

548

334

400

309

342

445

1 108

530

*

Après avoir stagné de 1999 à 2002, le chiffre d’affaires grimpe régulièrement depuis 2003.

Les bénéfices augmentent encore plus vite depuis 2003.

La marge nette  (résultat net sur chiffre d’affaires) est maintenant dans la norme des 8 %.

C’est l’augmentation du résultat d’exploitation qui explique le redressement de la situation grâce aux restructurations effectuées (3 000 salariés en moins pour une augmentation du chiffre d’affaires de 13 % !).

La marge opérationnelle  (résultat opérationnel sur le chiffre d’affaires) qui était descendue à 6,6 % est remontée dans la zone normale à deux chiffres.

*

Le ROE (Return On Equity : ratio du résultat net sur les capitaux propres) est anormalement élevé car les capitaux propres sont anormalement faibles à cause des engagements de retraite.
Le ROCE  (Return On Capital Employed : résultat d’exploitation sur capitaux propres + dettes à long terme) se rapproche de la zone normale des 20 %. 
Le gearing (ratio des dettes à long terme sur les capitaux propres) est beaucoup trop élevé (il devrait être inférieur à 50 %) à cause de la faiblesse des capitaux propres.

*

La répartition des charges et des bénéfices montre que le coût des ventes est très élevé.

La maîtrise des charges de personnel et des achats est essentielle pour la réussite de Caterpillar,

Pas d’effet boule de neige : les bénéfices sont redistribués et engloutis dans les engagements de retraite,

Sources : comptes de Caterpillar

***

Caterpillar est une entreprise américaine typique qui est très performante à la suite des restructurations réalisées, surtout en 2002 et 2003.

Le niveau de productivité est très élevé et la rentabilité normale.

Les perspectives sont bonnes.

***

 

Par CHEVALLIER
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 13:00

Valéo Visteon 2000-2006

Valéo est une perle rare qui va prendre de la valeur

Elle est actuellement handicapée par la faiblesse de la productivité de ses salariés car ses dirigeants n’utilisent pas suffisamment les avantages de la mondialisation.

La délocalisation de certaines tâches fera bondir les gains de productivité et la marge opérationnelle à 6 % (selon les prévisions actuelles) pour atteindre une marge nette de 4 % comme en 2000.

*

Avec un chiffre d’affaires de €10 milliards, le résultat net sera de €400 millions et la capitalisation boursière de €6 milliards avec un PER de 15.

Comme elle fluctue actuellement entre €3,2 et €3,3 milliards, l’investissement est rentable comme l’a fort bien compris le fonds Pardus (15 % du capital).

La valeur intrinsèque de Valéo est donc de 78 € à terme pour un cours actuel de 38 €.

Les fluctuations du cours de Valéo sont très importantes : il a dépassé 100 € en juin 1998 et il est descendu à 20 € en mars 2003 !

*

La Société Générale venant d’acquérir 6,9 % du capital est le second plus gros investisseur. Avec un flottant de 65 % environ, Valéo est une perle rare à fort potentiel dans les eaux peu attrayantes de l’industrie automobile si peu rentable…

Le rétablissement de Visteon est plus délicat car les entreprises américaines sont plombées par les engagements de retraite que ne supportent pas les entreprises françaises.

***

Tableau 1 :

Valéo

 

 

 

 

 

 

 

€ billion

2 000

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

 

 

 

 

 

 

 

 

Sales & revenues

9 120

10 234

9 803

9 234

9 018

9 736

9 970

Change yoy %

 

12,2

- 4,2

- 5,8

- 2,3

8,0

2,4

 

 

 

 

 

 

 

 

Cost of sales

7 412

8 559

8 101

7 581

7 467

8 177

8 431

Cost / Sales in %

81,3

83,6

82,6

82,1

82,8

84,0

84,6

 

 

 

 

 

 

 

 

R & D

573

619

577

564

580

640

661

 

 

 

 

 

 

 

 

Operating income

573

388

487

465

322

34

271

Change yoy %

 

- 32,3

25,5

- 4,5

- 30,8

- 89,4

697,1

Operat. margin

6,3

3,8

5,0

5,0

3,6

0,3

2,7

 

 

 

 

 

 

 

 

Inc before inc taxes

608

- 412

351

335

253

220

205

inc.be.inc tax marg

6,7

- 4,0

3,6

3,6

2,8

2,3

2,1

 

 

 

 

 

 

 

 

Net income

381

- 575

157

199

248

148

166

Change yoy %

 

- 250,9

- 127,3

26,8

24,6

- 40,3

12,2

Net margin

4,2

- 5,6

1,6

2,2

2,8

1,5

1,7

 

 

 

 

 

 

 

 

Shareholder's eq

2 919

2 262

2 101

1 980

1 838

1 717

1 752

ROE

13,1

- 25,4

7,5

10,1

13,5

8,6

9,5

 

 

 

 

 

 

 

 

Long term debt

195

676

657

1 166

1 027

1 303

1 274

ROCE

18,4

13,2

17,7

14,8

11,2

1,1

9,0

Gearing

7

30

31

59

56

76

73

*

Tableau 2 :

Visteon

 

 

 

 

 

 

 

$ billion

2 000

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

 

 

 

 

 

 

 

 

Sales & revenues

19 467

17 843

18 395

17 660

18 657

16 812

10 871

Change yoy %

 

- 8,3

3,1

- 4,0

5,6

- 9,9

- 35,3

 

 

 

 

 

 

 

 

Cost of sales

18 025

17 111

17 599

17 821

17 769

16 442

10 684

Cost / Sales in %

92,6

95,9

95,7

100,9

95,2

97,8

98,3

 

 

 

 

 

 

 

 

R & D

 

1 037

902

903

896

804

594

 

 

 

 

 

 

 

 

Operating income

441

-123

-97

-1169

-488

-66

7

Change yoy %

 

- 127,9

- 21,1

1 105,2

- 58,3

- 86,5

- 110,6

Operat. margin

2,3

- 0,7

- 0,5

- 6,6

- 2,6

- 0,4

0,1

 

 

 

 

 

 

 

 

Inc before inc taxes

296

-175

-133

-1191

-539

-173

-111

inc.be.inc tax marg

1,5

- 1,0

- 0,7

- 6,7

- 2,9

- 1,0

- 1,0

 

 

 

 

 

 

 

 

Net income

270

-122

-362

-1243

-1 536

-270

-163

Change yoy %

 

- 145,2

196,7

243,4

23,6

- 82,4

- 39,6

Net margin

1,4

- 0,7

- 2,0

- 7,0

- 8,2

- 1,6

- 1,5

 

 

 

 

 

 

 

 

Shareholder's eq

3 505

3 291

2 950

1 771

320

-48

-188

ROE

7,7

- 3,7

- 12,3

- 70,2

- 480,0

562,5

86,7

 

 

 

 

 

 

 

 

Long term debt

1 397

1 293

1 298

1 467

1 513

1 509

2 128

ROCE

9,0

- 2,7

- 2,3

- 36,1

- 26,6

- 4,5

0,4

Gearing

40

39

44

83

473

- 3 144

- 1 132

*

Tableau 3 :

Valéo

 

 

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Workforce

 

 

69 088

66 180

67 276

70 304

69 663

 

 

 

 

 

 

 

Productivity (Revenue / employee)

141 892

139 529

134 045

138 484

143 118

Productivity's gains

 

 

 

- 1,67

- 3,93

3,31

3,35

Productivity in $ : 1 € = 1,30 US$

 

184 459

181 387

174 258

180 030

186 053

*
La productivité
(chiffre d’affaires par salarié) fluctue autour de $250 000 chez Visteon. Une restructuration faisable de Valéo entraînera des gains de productivité de 30 % qui rétabliront une marge nette de 4 %.

***

Le chiffre d’affaires de Valéo stagne et celui de Visteon baisse après sa scission de Ford.

Le résultat net de Valéo stagne à un niveau très bas, et celui de Visteon est encore fortement négatif, surtout à cause des coûts de la main d’œuvre et des engagements de retraite. 

La marge nette de Valéo est scotchée dans les 1 %. 

Le résultat opérationnel de Valéo et celui de Visteon s’améliorent, la marge opérationnelle de Valéo s’améliore et peut atteindre raisonnablement les 6 % comme en 2000 conformément aux objectifs de la direction actuelle, ce qui est plus difficilement envisageable pour Visteon.

*

Les ratios de rentabilité des capitaux  ne sont pas significatifs dans ces deux sociétés, à cause de l’absence de bénéfices pour Visteon. Pour Valéo, les dettes sont en réalité supérieures à ce qui est publié car des provisions (€1 milliard environ) ne sont pas comptabilisées en déduction de ces dettes à long terme.

Le gearing de Valéo donne l’illusion d’être acceptable, mais Valéo est en fait sur-endetté par rapport à des capitaux propres réels très insuffisants.

*

Le coût des ventes de Valéo est trop élevé : la délocalisation de certaines tâches s’impose pour restaurer une marge opérationnelle de 6 %. 

Le coût des ventes de Visteon est lui aussi trop élevé. Les frais de recherche et développement sont proportionnellement inférieurs à ceux de Valéo.

L’effet boule de neige est négatif chez Valéo ! …et catastrophique chez Visteon dont les capitaux propres sont négatifs.

45 000 salariés chez Visteon contre 70 000 chez Valéo pour des chiffres d’affaires proches de 10 milliards dans les deux cas, la productivité des salariés de Valéo est inférieure à celle de Visteon de 30 % environ. 

***

Le fonds Pardus avait demandé 8 sièges au conseil d’administration (sur 13) pour restructurer Valéo, ce qui a été refusé par l’assemblée générale des actionnaires. Il pourrait augmenter sa participation ou lancer une OPA. Un autre investisseur pourrait prendre la même initiative. Dans tous les cas, le cours actuel de Valéo devrait doubler dans un avenir proche.

***

Par CHEVALLIER
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 12:00

 

La masse monétaire M3 de la zone euro a moins augmenté en août qu’en juillet à cause du ralentissement de la croissance américaine et du manque de liquidités créé par la crise du sub-prime aux Etats-Unis.

En effet, l’agrégat M3-M2 qui correspond à la trésorerie des entreprises n’a augmenté que de 6 milliards d'euros en août, soit 17,6 % d’une année sur l’autre, contre une augmentation de 19,2 % pour les mois de juin et de juillet, et d’une trentaine de milliards par mois au 1° semestre 2007.

Cette évolution signifie que les trésoreries des entreprises de la zone euro ont peu augmenté parce que certaines sociétés ont eu des difficultés à trouver de l’argent à court terme (à cause du manque généralisé de liquidités), et celles qui en ont gagné, en ont gagné mois que précédemment car leur situation se dégrade à cause du ralentissement de la croissance aux Etats-Unis créé par les taux d’intérêt trop élevés de la Fed.

La crise du sub-prime n’est qu’une des conséquences (mais la plus spectaculaire) du maintien de ces taux de la Fed à des niveaux trop élevés.

*

M3-M2 augmente moins que précédemment (la situation des entreprises de la zoe euro s’était bien améliorée au 1° semestre),

Graphique 1 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070927EZ1M3M2.gif

*

Les autres agrégats monétaires évoluent comme précédemment.

Les Euro-zonards augmentent encore leur épargne de 45 milliards d'euros en un mois, soit + 15,37 % d’une année sur l’autre pour M2-M1 car ils estiment que leur situation va se dégrader.

Graphique 2 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070927EZ2M2M1.gif

*

M1, l’argent que les Euro-zonards ont sur leurs comptes bancaires et dans leurs portefeuilles augmente normalement de 7 % d’une année sur l’autre.

M3 augmente de 11,77 % d’une année sur l’autre, ce qui est beaucoup trop,  

Graphique 3 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070927EZ3M304.gif

*

M3 augmente  comme au cours des années précédant le grand ralentissement de 2001,

Graphique 4 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070927EZ4M398.gif

*

Comme la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à l’augmentation de la masse monétaire libre, la croissance du PIB sera très faible au cours de ce 3° trimestre dans la zone euro et en France en particulier,

Graphique 5 : http://s3.archive-host.com/membres/up/2107676425/20070927EZ5FRM.gif

La croissance devrait être inférieure aux 2 % d’une année sur l’autre retenus ici.

*

Finalement, le ralentissement actuel de la croissance de M3 n’est pas de bon augure.

L’évolution des agrégats monétaires est le meilleur indicateur économique, à condition d’en décrypter correctement les modalités et les conséquences…

***

Par CHEVALLIER
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /Sep /2007 22:21

Wal-Mart 2007

Wal-Mart est une entreprise normale, c’est à dire que tous les indicateurs entrent dans les normes : le chiffre d’affaires augmente d’année en année ainsi que les bénéfices (grâce à une bonne marge opérationnelle pour le secteur très concurrentiel de la distribution) et les capitaux propres qui financent les investissements avec un endettement normal tout en distribuant des dividendes aux heureux actionnaires.

La famille Walton, la plus riche du monde, est à la tête de la plus grande entreprise du monde.

Une réussite parfaite.

***

Wal-Mart est la référence mondiale du secteur de la distribution.

L’exercice se termine le 31 janvier…

Wal-Mart

 

 

 

 

 

 

 

 

$ billion

2 000

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

2 007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sales & revenues

165 013

191 929

217 799

244 524

258 681

284 310

312 101

348 650

Change yoy %

 

16,3

13,5

12,3

5,8

9,9

9,8

11,7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cost of sales

129 664

150 255

171 562

191 838

198 747

216 832

237 649

264 152

Cost / Sales in %

78,6

78,3

78,8

78,5

76,8

76,3

76,1

75,8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

selling adm gen exp

27 040

31 550

36 173

41 043

44 909

50 178

55 739

64 001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Operating income

8 309

9 524

10 064

11 643

15 025

17 300

18 713

20 497

Change yoy %

 

14,6

5,7

15,7

29,0

15,1

8,2

9,5

Operating margin

5,0

5,0

4,6

4,8

5,8

6,1

6,0

5,9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Inc before inc taxes

8 715

9 987

10 568

12 526

14 193

16 320

17 535

18 968

inc.be.inc tax marg

5,3

5,2

4,9

5,1

5,5

5,7

5,6

5,4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Net income

5 377

6 295

6 671

8 039

9 054

10 267

11 231

11 284

Change yoy %

 

17,1

6,0

20,5

12,6

13,4

9,4

0,5

Net margin

3,3

3,3

3,1

3,3

3,5

3,6

3,6

3,2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Shareholder's eq

25 834

31 343

35 102

39 337

43 623

49 396

53 171

61 579

ROE

 

20,1

19,0

20,4

20,8

20,8

21,1

18,3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Long term debt

13 672

12 501

15 687

16 607

17 102

20 087

26 429

27 222

ROCE

21,0

21,7

19,8

20,8

24,7

24,9

23,5

23,1

Gearing

53

40

45

42

39

41

50

44

***

Le chiffre d’affaires augmente d’année en année (sans subir de contrecoup en 2001 ni en 2002 !)… ainsi que les bénéfices, sauf en 2007 où des moins-values exceptionnelles de 894 millions de dollars dénotent un peu…

La marge nette  paraît faible à 3,5 % mais elle est importante dans la distribution.

Le résultat opérationnel augmente d’année en année… et la marge opérationnelle est bonne à 6 % pour la distribution.

La rentabilité des capitaux investis est supérieure à la norme ainsi que l’endettement avec un gearing inférieur à 50 %.

La structure des coûts est bien maîtrisée.

L’effet boule de neige joue à plein : les 25 milliards de dollars de capitaux propres en 2000 sont passés à 61 milliards fin janvier 2007 malgré une généreuse distribution de dividendes.

*

C’est plus qu’un océan qui sépare Wal-Mart de Carrefour le numéro 2 mondial !

Les Américains votent massivement pour Wal-Mart : 100 millions de familles ont dépensé en 2006 en moyenne 2 700 dollars dans les magasins de la chaîne !

Seuls les syndicalistes et les journaleux de la gauche américaine (et européenne) critiquent Wal-Mart…

***

Sources : rapports annuels : http://www.wal-mart.com/

***

Par CHEVALLIER
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /Sep /2007 20:57

Je reprends ici un billet écrit le 26 juin 2007…

Essilor superstar

Essilor est une très grande réussite.

Issue de la fusion de deux anciennes PME françaises, Essilor est devenu le leader mondial de l’optique ophtalmique (les verres correcteurs de lunettes), un marché en expansion.

Sa rentabilité est très élevée, exceptionnelle même avec une marge nette de 12 %.

Il est très rare d’atteindre de tels résultats !

Pourquoi ? 
Comment ?

Les réponses sont simples : son patron explique que ce n’est pas lui le véritable patron, mais ses clients !

Essilor ne fait que répondre à leur demande.

*

Pour diminuer les prix, Essilor a délocalisé la plus grande partie de sa production en Asie (58 %) : la fabrication des verres semi-finis, l’adaptation aux caractéristiques des clients se faisant dans les laboratoires de prescription dans les pays où se trouvent les clients (45 % en Europe et 43 % en Amérique du Nord).

Essilor utilise les bienfaits de la mondialisation pour la plus grande satisfaction des Asiatiques qui travaillent dans ses usines, de ses clients et salariés dans nos pays où des emplois ont été supprimés et d’autres créés.

*

Si les dirigeants d’Essilor n’avaient pas fait évoluer ces deux PME, des emplois auraient été sauvés pendant quelques années, mais Essilor ne serait jamais devenu ce leader mondial qui a créé finalement un très grand nombre d’emplois en France, directement et indirectement. Lutter contre la mondialisation (avec une TVA sociale par exemple), est la pire erreur à ne pas commettre !

Il faut au contraire ouvrir les frontières pour profiter de la mondialisation.

Mais il y a encore mieux qu’Essilor : Hoya son concurrent japonais qui a des marges bénéficiaires encore plus élevées (une marge nette de 20 % !) car cette entreprise a investi dans l’optique électronique qui est utilisée pour fabriquer des circuits intégrés de très haute précision.,

C’est une activité très rentable (35 à 40 % de marge opérationnelle !) en forte expansion.

Les Français comprendront-ils un jour que les Asiatiques ne sont pas des insectes nuisibles qui exportent des produits de pacotille qui détruisent nos emplois mais des clients, des fournisseurs et des partenaires respectables ?

La France n’est plus le centre du monde.

***

Les bénéfices d’Essilor augmentent d’année en année… ce qui entretient un effet boule de neige : les bénéfices de l’année permettent de financer les investissements qui permettent ensuite d’augmenter le chiffre d’affaires et les bénéfices, etc. etc.

Ainsi, d’année en année, l’entreprise grandit et crée des emplois.

Pour accélérer la croissance, il ne faut pas empêcher les entreprises de gagner de l’argent ! mais au contraire leur donner la possibilité d’en gagner davantage, en diminuant le taux de l’impôt sur les bénéfices : 34 % en France contre 25 % en Allemagne et 12,5 % en Irlande. 
Une TVA à 24 % n’a rien de social, un impôt sur les sociétés de 12 ou même 25 %, c’est social, mais les Français ne comprendront jamais ces problèmes économiques élémentaires.

C’est l’économie, stupide !

*

Les comptes d’Essilor ne présentent pas d’anomalies notables. Ils donnent une image fidèle de la réalité, ce qui renforce l’idée de sérieux et la confiance que l’on peut avoir sur cette valeur, ce qui n’est pas le cas d’autres sociétés, cf. mes autres billets…

*

Essilor

 

 

 

 

 

 

 

€ ' 000 000

2 000

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

 

 

 

 

 

 

 

 

Revenues

1 978

2 070

2 138

2 116

2 202

2 424

2 690

Change yoy %

19,0

4,7

3,3

- 1,0

4,1

10,1

11,0

 

 

 

 

 

 

 

 

Cost of sales

890

897

862

834

960

1 034

1 123

Cost / Sales in %

45,0

43,3

40,3

39,4

43,6

42,7

41,7

 

 

 

 

 

 

 

 

R & D

 

 

 

 

106

113

128

Marketing

 

 

 

 

495

539

605

Gen adm expenses

 

 

 

 

284

317

353

 

 

 

 

 

 

 

 

Operating income

274

311

341

365

339

394

460

Change yoy %

19,7

13,5

9,6

7,0

- 7,1

16,2

16,8

Operating margin

13,9

15,0

15,9

17,2

15,4

16,3

17,1

 

 

 

 

 

 

 

 

Inc before inc taxes

223

233

278

316

325

375

440

inc.be.in.tax margin

11,3

11,3

13,0

14,9

14,8

15,5

16,4

 

 

 

 

 

 

 

 

Net income

135

143

182

200

245

289

331

Change yoy %

11,6

5,9

27,3

9,9

22,5

18,0

14,5

Net margin

6,8

6,9

8,5

9,5

11,1

11,9

12,3

 

 

 

 

 

 

 

 

Long term debt

578

417

416

709

691

542

360

Shareholder's eq

1 048

1 209

1 214

1 210

1 345

1 688

1 906

 

 

 

 

 

 

 

 

ROE

12,9

11,8

15,0

16,5

18,2

17,1

17,4

ROCE

16,9

19,1

20,9

19,0

16,7

17,7

20,3

Gearing

55

34

34

59

51

32

19

 

 

 

 

 

 

 

 

essilor.com

 

 

2007.06.26

Copyright © 2007 Jean-Pierre CHEVALLIER.

***

 

Par CHEVALLIER
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /Sep /2007 18:20
Je reprends ici un billet que j'avais écrit en juin 2007, actualisé à ce jour....

Danone 2006

Les entreprises américaines comme Wal-Mart et Coca-Cola publient des chiffres d’affaires et des bénéfices qui augmentent d’année en année, ce qui est normal, mais ce n’est pas le cas d’entreprises françaises comme Carrefour et Danone dont le chiffre d’affaires stagne depuis 2000, ce qui révèle qu’il y a quelque chose qui ne va pas quelque part

Officiellement, d’après les chiffres publiés, tout va bien chez Danone : € 14 milliards de chiffre d’affaires en 2006, en augmentation de 8 % par rapport à l’année précédente.

La marge opérationnelle de 13,3 % très élevée permet de dégager des bénéfices confortables avec une excellente marge nette hors normes de 11,1 % justifiant une envolée des cours : € 30 milliards de capitalisation boursière.

*

Tableau 1 :

€ ' 000 000

2 000

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

 

 

 

 

 

 

 

 

Revenues

14 287

14 470

13 555

13 131

12 273

13 024

14 073

Change yoy %

7,5

1,3

- 6,3

- 3,1

- 6,5

6,1

8,1

 

 

 

 

 

 

 

 

Cost of sales

6 973

7 196

6 442

5 983

6 223

6 644

7 214

% Cost / revenues

48,8

49,7

47,5

45,6

50,7

51,0

51,3

 

 

 

 

 

 

 

 

R & D

125

126

133

130

129

123

126

Marketing

4 453

4 331

4 170

4 176

3 108

3 331

3 605

Gen adm expenses

950

988

964

977

976

1 017

1 047

 

 

 

 

 

 

 

 

Operating income

1 550

1 609

1 590

1 604

1 559

1 706

1 874

Change yoy %

11,4

3,8

- 1,2

0,9

- 2,8

9,4

9,8

Operating margin

10,8

11,1

11,7

12,2

12,7

13,1

13,3

 

 

 

 

 

 

 

 

Inc before inc taxes

1 380

672

1 938

1 474

1 569

1 596

1 806

inc.be.in.tax marg

9,7

4,6

14,3

11,2

12,8

12,3

12,8

 

 

 

 

 

 

 

 

Net income

721

132

1 420

923

638

1 671

1 560

Change yoy %

5,7

- 81,7

975,8

- 35,0

- 30,9

161,9

- 6,6

Net margin

5,0

0,9

10,5

7,0

5,2

12,8

11,1

 

 

 

 

 

 

 

 

Long term debt

12 896

13 028

4 092

4 171

7 792

6 544

6 539

Shareholder's eq

5 707

7 081

5 087

4 824

4 256

5 280

5 823

 

 

 

 

 

 

 

 

ROE

12,6

1,9

27,9

19,1

15,0

31,6

26,8

ROCE

8,3

8,0

17,3

17,8

12,9

14,4

15,2

Gearing

226

184

80

86

183

124

112

 

 

 

 

 

 

 

 

real % income tax

47,8

80,4

26,7

37,4

59,3

- 4,7

13,6

*

Ces chiffres sont issus du document déposé à la SEC (Securities and Exchange Commission) car les données comptables de 2006 de Danone ne sont pas accessibles depuis plusieurs mois sur le site de la société !

Seules celles de la SEC sont consultables (en anglais) :

http://www.danone.com/cmscache/MYSESSION~6B552290C9C2C547C12572B30038AEE1/20F_2006.pdf

Sur la base de ces données, avec un PER de 15, j’évalue Danone à 42 € pour 2007 d’après ses fondamentaux.

*

Le chiffre d’affaires de 2006 est inférieur à celui de 2000 qui était de € 14,287 milliards.

Danone est sur-endetté avec un gearing supérieur à 100 %.

Le taux réel de l’impôt sur les bénéfices est de 13,6 % !

Vive la flat tax à 20 % !

*

En examinant les comptes de plus près, on constate que le chiffre d’affaires inclut € 808 millions de rabais accordés aux clients qui sont ensuite comptabilisés en dettes à court terme, ce qui est contraire aux règles comptables.

En effet, le chiffre d’affaires (et donc les bénéfices) doit être diminué du montant de ces rabais pour donner une image fidèle de la réalité de l’entreprise.

Marionnaud a utilisé dans le passé un tel dispositif qui lui permettait d’afficher des bénéfices confortables alors que l’entreprise était en réalité déficitaire en tenant les comptes selon les règles.
En effet, le document de la SEC fait apparaître les informations suivantes…
Tableau 2 :

SEC Form 20-F note 19 page F-51 (163/180)

 

 

 

 

Accrued expenses and other current liabilities

2004

2005

2006

Year end rebates payable to customers

591

658

808

(In millions of euro)

 

 

 

 

 

*

Les rabais accordés par Danone à ses clients ne vont pas jusqu’à mettre les comptes en rouge, mais, en diminuant le chiffre d’affaires du montant de ces rabais, la rentabilité nette tombe à 5,67 % ! ce qui est loin de justifier les cours actuels de Danone.

En retraitant les comptes en diminuant le chiffre d’affaires et les bénéfices du montant des rabais, les données réelles sont les suivantes…

Tableau 3 :

Danone

 

2 003

2 004

2 005

Revenues

 

12 273

13 024

14 073

Year end rebates

591

658

808

Real revenues

11 682

12 366

13 265

Real Net income

47

1 013

752

Real Net margin

0,40

8,19

5,67

*

Quand on découvre une irrégularité dans les comptes d’une entreprise, le problème est qu’elle risque de n’être pas la seule !

Le Wall Street Journal publiait les chiffres officiels du résultat de Danone et les complétait en excluant les exceptionnels d’après les données fournies par Reuters qui est la plus grande agence d’information financière du monde.

Le bénéfice publié tombe alors de 1,560 milliard à 1,172 milliard d’euros pour les activités ordinaires de Danone, donc sans tenir compte des exceptionnels… ni des rabais !

En corrigeant les résultats de Danone des rabais et des exceptionnels, c’est à dire sur la base de son activité normale, la marge nette réelle tombe à 2,6 % !

*

Il faudrait qu’il y ait en France des comptables, et même des experts comptables, des analystes et des journalistes financiers, une autorité chargée de surveiller les marchés financiers, des juges, des professeurs, des étudiants en gestion, des actionnaires.

C’est l’exception française

*

Aux Etats-Unis, l’ancien patron d’Enron qui avait publié des comptes faisant apparaître des bénéfices au lieu de pertes réelles pour tromper les investisseurs, a été condamné à 24 ans de prison et Andersen qui avait certifié les comptes a fait faillite.

PricewaterhouseCoopers Audit certifie les comptes de Danone dont le PDG est Franck Riboud et le directeur financier est Antoine Giscard dont un grand père a ajouté un jour le nom de d’Estaing.

Les actions de Danone ne sont plus cotées aux Etats-Unis, ce qui est une sage précaution pour ses dirigeants épris de liberté…

***

L’argent et les créances qui circulent avec Danone, sans rapport avec la réalité tangible, alimentent la création monétaire de la zone euro avec de l'argent non gagné, ce qui diminue la croissance du PIB.

***

  
Par CHEVALLIER
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