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Banques grecques
Les 2 banques qui ont été en défaut de paiement en dollars (US$) le 6 mai et le 11 aout et qui présentent un risque systémique pour le pays auquel elles sont rattachées sont certainement grecques car ce sont elles qui sont les plus vulnérables à cause de la situation de la Grèce qui a des déficits récurrents de la balance commerciale et des investissements directs étrangers non compensés par des entrées nettes de capitaux.
De ce fait, les banques grecques manquent de dollars (US$), les banques allemandes qui en regorgent ne veulent pas leur en prêter de peur de ne pas pouvoir les récupérer, pire : la BCE n’a plus de dollars (US$) dans ses réserves et elle a été obligée de recourir piteusement aux accords de swap avec la Fed pour un montant faible (430 millions US$ à 7 jours, cliquer ici pour voir l’annonce), ce qui est rassurant mais également inquiétant car cela révèle la gravité de la situation dans la zone euro.
Les banques grecques sont obligées d’emprunter massivement à la BCE (96,21 milliards d'euros fin juillet) qui seule, accepte de le faire !
Les 4 plus grandes banques grecques avaient pourtant des ratios d’endettement dans les normes à la fin du 1° trimestre 2010 pour 2 d’entre elles et pas catastrophiques pour les 2 autres, mais la situation s’est tellement dégradée au 2° trimestre qu’elles ne peuvent plus tenir le choc, ce qui montre une fois de plus que les fameux stress tests étaient totalement folkloriques !
Tableau 1 :
National Bank of Greece
2009 Q4
2010 Q1
Total dettes
104,1
108,3
Capitaux propres
9,3
9,2
µ publié
11,2
11,7
Tier d'origine
8,9
8,5
Tableau 2 :
EFG € Bank
2009 Q4
2010 Q1
Total dettes
79,7
81,5
Capitaux propres
4,6
4,4
µ réel
17,4
18,4
Tier d'origine
5,7
5,4
Tableau 3 :
Alpha Bank
2009 Q4
2010 Q1
Total dettes
64,2
63,3
Capitaux propres
5,4
5,3
µ réel
11,9
11,9
Tier d'origine
8,4
8,4
Tableau 4 :
Bank of Piraeus
2009 Q4
2010 Q1
Total dettes
50,7
51,6
Capitaux propres
3,6
3,6
µ réel
14,0
14,4
Tier d'origine
7,1
6,9
Emporiki, la banque qui fait partie du Crédit Agricole, plus petite, a des ratios totalement hors normes et se paie même le luxe de perdre 535 millions d’euros au 1° semestre 2010 pour un chiffre d’affaires de… 368 millions d’euros !
Tableau 5 :
Emporiki
2008
2009
2010 Q2
Total dettes
29,782
27,285
26,915
Capitaux propres
0,247
1,139
0,887
µ publié
120,6
24,0
30,4
Tier d'origine
0,8
4,2
3,3
Rien n’a été fait pour résoudre ces problèmes.
Ça ne peut pas durer éternellement a prévenu tristement B-2, le bombardier furtif Ben Bernanke.
Le risque systémique a augmenté considérablement en Grèce, ce qui signifie que le système bancaire de ce pays est sur le point de s’effondrer.
L’effet domino va provoquer une onde de choc, un tsunami bancaire. Ce sera terrible pour les Grecs et difficile à supporter pour les euro-zonards, tel sera la sanction de leurs erreurs.
***
Publié le 14/08/2010 à 11h59