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Goldman Sachs et les banquiers français
Un jeune trader français vient encore de se distinguer, chez Goldman Sachs après celui de la Générale.
Dans la pure tradition des banques franchouillardes, il a eu l’idée de refiler à ses clients américains des produits financiers qu’il savait perdants.
De telles arnaques passent facilement en France (et en Europe) qui est une grande maison de tolérance car ce sont les dirigeants des grandes banques qui font la loi, c’est à dire les lois qui les arrangent et qui les font appliquer à leur convenance, mais ça ne passe pas aux États-Unis où les autorités compétentes… le sont.
La SEC a des preuves de la tromperie condamnable (deception en anglais) qui ouvre la voie aux recours de ses clients lésés.
Comme les supérieurs hiérarchiques de ce trader ont couvert ces opérations, la responsabilité de la banque est engagée.
Résultat : Goldman Sachs risque d’être condamnée à payer les dommages subis par ses clients sur cette affaire ($1 milliard seulement, plus les frais), ce qui diminuera d’autant ses bénéfices ($13,4 milliards en 2009), ce qui a fait plonger le titre ainsi que les valeurs bancaires dans le monde.
Il est peu probable que beaucoup d’autres actions puissent avoir la même issue car il est très difficile de prouver la tromperie condamnable d’une banque en la matière.
*
Il est impossible de savoir avec certitude ce qui se passe réellement dans une grande banque quand on est en dehors du cercle restreint de ses dirigeants.
Cependant, certains indicateurs, comme le ratio d’endettement (leverage en anglais, mon µ) permettent de lever cette incertitude : un mauvais µ signifie que quelque chose ne va pas quelque part, un bon µ permet de supposer a priori que tout va bien.
Effectivement, sur la base des résultats du 4° trimestre 2009, Goldman Sachs est la seule big bank américaine qui avait un µ élevé,
Tableau 1 :
2009Q4
Bank of America
JPMorgan
Citigroup
Goldman Sachs
actions préf.
37,2
8,2
0,3
7,0
total dettes
2 029,1
1 874,8
1 703,8
785,2
capitaux propres
194,2
157,2
152,4
63,8
µ réel
10,4
11,9
11,2
12,3
Tier d'origine
9,6
8,4
8,9
8,1
Goldman Sachs revient de loin : son µ était hors normes avant le 4° trimestre 2009,
Tableau 2 :
Goldman Sachs
2008Q4
2009Q1
2009Q2
2009Q3
2009Q4
Actions préf.
16,5
16,5
7,0
7,0
7,0
Total dettes
1 065,2
879,0
839,6
823,8
785,2
Capitaux propres
47,1
46,3
59,9
58,4
63,8
µ réel
22,6
19,0
14,0
14,1
12,3
Tier d'origine
4,4
5,3
7,1
7,1
8,1
Dans ces conditions, il est compréhensible que des traders aient fait des opérations condamnables dans le passé, mais il est possible que tout soit revenu dans les normes en 2010.
Un petit rappel : en France, les banques ont l’habitude de refiler à leur clientèle tous les produits financiers qui leur paraissent perdants, soit directement par l’intermédiaire de leurs conseillers financiers, soit dans les Sicav et autres fonds qu’elles gèrent à leur avantage.
Ainsi, elles proposent généreusement des placements à 1 ou 2 % (l’an) sur lesquels les Français se ruent alors que j’obtiens 20 à 25 % en 5 mois sur les titres que j’ai sélectionnés…
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Publié le 19/04/2010 à 16h34