Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste
Très gros problèmes euro-zonards
Les très gros problèmes de la zone euro prennent brusquement de plus en plus d’ampleur depuis vendredi dernier : les rendements des bons du Trésor
allemand à 3 mois sont en train de chuter et ils ont atteint 1,60 % ce lundi 10 novembre alors qu’ils fluctuaient
précédemment dans le bas de la zone des 2 %,
Graphique 1 :
Cliquer ici pour l’agrandir.
Ces taux courts devraient être au même niveau que ceux de la BCE, et réciproquement (!),
Graphique 2 :
Cliquer ici pour l’agrandir.
La chute est moins vertigineuse qu’au 30 septembre, mais elle est très importante et elle va avoir des conséquences très graves.
Pire : l’écart entre les rendements des bons du Trésor à 10 ans des pays dont l’économie est plus fragile que celle de l’Allemagne et ceux du Bund à 10
ans s’accentue, et c’est le cas en particulier pour la France,
Graphique 3 :
Cliquer ici pour l’agrandir.
Pire encore : la Banque de France et d’autres organismes interviennent massivement… sans faire d’heures sup. pour essayer de réduire
cet écart qui est de l’ordre de 7 à 8,0 % à 18 heures mais de 10 à 11 % à 21 heures lors de la clôture des marchés américains
depuis vendredi dernier !
Ces interventions sont du même type que celles qui avaient lieu lorsque le système de Bretton Woods fonctionnait : les banques centrales intervenaient pour éviter des dévaluations, ce qui
accentuait encore les désordres monétaires.
Il en est de même pour les Italiens,
Graphique 4 :
Cliquer ici pour l’agrandir.
Cette baisse des taux court est causée d’abord par celle des taux américains qui est due principalement aux incertitudes liées à une intervention militaire en Iran…
Ensuite, elle provient des différences des gains de productivité dans les pays de la zone euro : l’ersatz de franc français que
constitue le rendement des bons du Trésor français à 10 ans augmente par rapport à son homologue allemand.
Comme Milton Friedman l’avait bien prédit : un choc mondial sera fatal à l’euro-système.
Enfin, les produits dérivés adossés à ces marchés provoquent des pertes très importantes (non publiées et non avouées) dans divers établissements financiers
européens comme le montrent les cours des principales banques (Deutsche Bank, BNP, Société Générale) qui ont encore chuté de
8 % au moins ce mardi 11 novembre.
***
Je ne sais pas ! Les Italiens sont encore vivants avec des "dévaluations" de 25 à 30 % !
Avec l'€, il n'y a pas d'antériorité
Les interventions ont-elles une chance de réussir à sauver le système ?
J'en doute ! car les déséquilibres en France et en Italie par exemple, sont fondamentaux et très importants
Les spéculateurs, par là j'entends les privés pas le gouvernement, ont-ils pris conscience de la situation?
Oui, comme je l'ai écrit : il y a une forte activité sur les produits produits dérivés liés à ces écarts, et ils accentuent les problèmes car il doit y avoir de gros plantages encore !
Contribuent-ils à accentuer les dévaluations par leurs interventions?
Ils les mettent en évidence, plus rapidement, d'où l'intérèt des produits dérivés !
Ce plan peut être symbolique (donc ne pas couter cher), pour montrer au peuple de gauche qu'Obama n'aura pas oublié ses engagements
L'essentiel est que le taux des prélèvements obligatoires n'augmente pas, et il peut baisser assez facilement en limitant des dépenses