Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste

Stratégie du désordre et prix du pétrole


Le prix du baril de pétrole a dépassé 135 US$ cette semaine, battant tous ses records, alors que ce prix devrait être de l’ordre de 10 US$ compte tenu des coûts et que le prix marginal est actuellement proche de zéro.


En effet, d’après toutes les informations concordantes (émanant des autorités de pays producteurs et de sociétés d’informations et de conseils financiers fiables), la cargaison d’un tanker supplémentaire chargé au départ d’Arabie Saoudite ou d’Iran ne trouverait pas preneur car l’offre répond parfaitement à la demande à tout moment partout dans le monde.


Les marchés du pétrole sont très bien organisés et approvisionnés par les grandes entreprises.

Ils évoluent peu d’une année sur l’autre : de quelques points de pourcentage seulement (1 à 2).


Malgré les tensions affichées dans les pays producteurs, il n’y a aucun risque sérieux de conflits majeurs pouvant provoquer une rupture des approvisionnements.


Les prix des contrats sont généralement indépendants des cours du pétrole cotés à New York et à Londres car ce sont souvent des contrats à long terme négociés ou de type Buyback.


Les réserves prouvées montrent qu’elles sont supérieures à ce qu’elles étaient plus de 30 ans auparavant, compte tenu de la consommation prévisible.


Pour toutes ces raisons, les cours du baril et les prix de l’essence à la pompe devraient être normaux, c’est à dire beaucoup plus bas qu’ils ne le sont actuellement.


Goldman Sachs,
qui est la principale banque opérant sur les marchés du pétrole coté, a annoncé que le prix du baril pouvait monter jusqu’à des niveaux a priori inconcevables de 200 US$.


Dans ces conditions, des gestionnaires de capitaux peuvent spéculer rationnellement sur de tels cours, alimentant ainsi cette bulle.


Beaucoup d’Américains comme par exemple Alan Greenspan dans son dernier livre, considèrent qu’il est même souhaitable qu’il y ait un certain choc pétrolier à froid pour que les gens et les marchés s’adaptent préventivement à la baisse de l’utilisation massive de cette source d’énergie pour que d’autres émergent.


Un prix du baril de brut à 200 US$ aurait des conséquences fortement négatives dans la plupart des pays dans le monde, sauf dans certains : ceux dans lesquels les prix du pétrole ont relativement peu de poids, à savoir des pays parmi les plus développés, et ceux qui maîtrisent le mieux l’évolution de la masse monétaire par rapport au PIB.


À ce jeu, les meilleurs sont les petits Suisses suivis des Américains (des États-Unis).


L’exemple de l’Islande montre qu’un pays qui ne maîtrise pas ces problèmes est condamné à des dérapages monétaires irrattrapables et à une récession durable.


Les pays dont les entreprises constituent une certaine menace pour les intérêts des États-Unis sont ainsi fragilisés, en particulier ceux de la Vieille Europe et la Chine qui a des difficultés à contenir l’augmentation de l’inflation et de la masse monétaire.

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Dim 25 mai 2008 13 commentaires
Cher Jean Pierre Chevallier, vous nous dites donc que l'écart entre les 10 dollars, concernant le prix du baril de pétrole, et les 135 dollars actuels est entièrement du à la spéculation ?
Amaury - le 25/05/2008 à 23h16
Je n'ai pas écrit exactement cela !
Si le pétrole était un produit ordinaire, le prix du baril serait aux alentours de 10 US$ et le litre à la pompe de 10 centimes d'euros
Pour le reste, il n'y a pas que de la spéculation...
CHEVALLIER
Les US ne peuvent plus faire descendre le $, ils doivent remonter les taux. Le pétrole, il y en a assez et je le confirme car je travaille dans le domaine. De tout cette stratégie va naître une nouvelle économie (aux us) basée sur le remplacement du pétrole.
serge - le 26/05/2008 à 08h56
Oui !
Toutes les personnes qui connaissent les problèmes du pétrole, de l'intérieur, le confirment : il n'y a pas de pénurie de pétrole, et il n'y a aucun risque de pénurie
Le problème est de faire émerger d'autres sources d'énergie, et d'autres solutions, à froid, avant qu'il ne soit trop tard
Alan Greenspan, entre autres l'explique très bien dans son livre, ce n'est un secret pour personne, à condition de ne pas écouter ce que disent les journaleux et bonimenteurs
Par ailleurs, les taux de base de la Fed vont effectivement remonter, cf mes analyses à ce sujet, ce qui fera remonter le US$, surtout par rapport à l'euro
Les journaleux et les bonimenteurs se plaindront alors que les Américains profitent honteusement d'un US$ fort...
CHEVALLIER
J'ai lut que la France avait baissé sa consommation de pétrole de 150 millions de t en 1973 à environ 107 aujourd'hui, grace en autre au programme électronucléaire. Le gouvernement américain à déclarer vouloir relancer la construction de centrales stoppés depuis le début des années 1980 mais qu'en est il actuellement ? Quand seront prétes les nouveaux réacteurs ?
Frédéric - le 26/05/2008 à 09h41
Le débat est ouvert aux US
McCain devra contribuer à faire mettre en place les meilleures solutions qui émergeront des marchés
Pour l'instant, il n'y a pas de réponse claire de la part des marchés : un certain nombre de solutions sont possibles et envisagées
CHEVALLIER
le billet est certes très intéressant mais il n'explique pas comment il se fait que le prix du pétrole soit si élevé. Vous faites bien-sûr le lien avec la stratégie du désorde mais la question que tout le monde se pose après avoir lu l'article est: comment peut-on réussir à autant faire grimper le prix du baril, par quel moyen?
JLL - le 26/05/2008 à 17h48
Je ne sais pas si votre analyse globale est juste mais, en tout cas, elle n'est pas en contradiction avec certaines de mes informations, visiblement corroborées d'autres commentateurs, qui indiquent comme quoi la hausse des prix du pétrole est politique.
Franck Boizard - le 26/05/2008 à 18h26
Toutes les peronnes qui connaissent le sujet, de l'intérieur, ont la même opinion, cf commentaires antérieurs... sauf les journaleux et les bonimenteurs qui sont ici et ailleurs toujours égaux à eux mêmes !
CHEVALLIER
il semblerait que dernierement 2/3 gros intervenants sur le marché du petrole aient accumulé une position deraissonable&a la limite de la legalité (squeeze) le marché du pet n'étant pas soumis au même regles structes sur la manipulation et l'anonymat que 90% des autres marchés CME CBOT... l'administration US (tour de controle du bombardier furtif B2) prevoirait sous peu maintenant de devoiler l'identité des 2 ou 3 intervenants (afin que le marché se charge d'eux, a l'instar de hunt bros)et de soumettre ce marché a des regles convenables pour finir un contrechoc petrolier est inevitable (-40%? la question est quand?, mais avec cette news ca pourrait arriver tres vite...)
czento sass - le 27/05/2008 à 15h32
d'ailleurs la conso US aurait baissé autant qu'en 1942 en rythme annuel! (epoque ou les uboat coulaint des petroliers us dans les caraibes et le petrole expedié en angleterre finaissait en grande partie dans l'atlantique avant d'arriver en angleterre) les vendeurs de petrole font moins de volume (et vont en faire beaucoup moins quand le monde aura changé ses habitudes) . c'est schumpeterien de faire monter plus que necessaire le petrole comme nous l'a expliqué un business economiste de renom avec les taux
czento sass - le 27/05/2008 à 15h37
Vous parieriez votre chemise sur la baisse du pétrole à, disons 3 mois ?
Sophie - le 27/05/2008 à 16h57

Je ne fais pas de paris, mais de l’analyse économique et financière, c’est tout à fait différent !

Peu de Français comprennent cette distinction…

Je constate, comme la plupart des professionnels du pétrole, que, si le pétrole se vendait comme des petits pains, les prix fluctueraient entre 5 et 10 US$ et le prix d’un litre à la pompe serait de 5 à 10 centimes d’euro,

Mais comme les marchés du pétrole sont particuliers, les cours peuvent atteindre 200 US$ d’après les informations colportées par des intervenants majeurs

Je n’ai aucun élément fiable pour trancher entre ces deux extrêmes !

Par contre, je peux faire des prédictions fiables à partir de l’analyse de la variation des taux et des agrégats monétaires car il existe des relations logiques de causes à effets

Je ne vais pas pêcher sur le net des propos recueillis par les uns et les autres…

Pour les paris et les jeux, voir d’autres sites et blogs…

CHEVALLIER
depuis 2 mois, je fais des allers retours sur des valeurs exposées a la baisse de L'oil grace en partie à un speculateur qui passe sur bloomberg US et dont c'est l'obsession depuis peu ... c'est lui même qui a évoqué la fin potentiel du squeeze sur oil par les autorités... par ailleurs, il m'avait questionné a propos d'eads, il me souvient a l'instant que je lui avais dit que j'allais lui fournir un comparatif tres rapide et interessant boeing /airbus ;-))) Est-ce que je peux lui fournir le votre monsieur chevallier? (avec votre lien etc...) ;-)
czento sass - le 27/05/2008 à 20h11
Oui ! mais ce que j'avais fait date un peu...
de plus, il est difficile pour les Américains de comprendre les acrobaties d'Eads !
c'est inconcevable pour eux !
CHEVALLIER
Si vous faites de l'analyse, alors analysez les données de l'ASPO et tenez compte qu'il ne s'agit pas tant de problèmes de réserves (quoi que...) mais de capacité d'extraction http://aspofrance.org/news/le-pic-de-production-de-petrole Ou alors vous considérez que le prix de l'énergie n'a aucune conséquence sur l'économie ? (et en plus cette phrase ne veut rien dire " Les réserves prouvées montrent qu’elles sont supérieures à ce qu’elles étaient plus de 30 ans auparavant, compte tenu de la consommation prévisible." ... les réserves n'ont rien à voir avec la consommation prévisible..)
Sophie - le 28/05/2008 à 07h25
Une fois de plus, les idiots sont toujours utiles...
de temps en temps, à petites doses...
CHEVALLIER