Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste

Peugeot : à la casse, sans prime !


La juste valeur de Peugeot est égale à zéro ! … depuis plusieurs années tel est le résultat de la méthode d’analyse financière que j’ai développée.


En effet, une entreprise industrielle dont la marge opérationnelle fluctue aux alentours de 2 à 3 % depuis plusieurs années (au moins depuis 2002, derniers chiffres consultables pour Peugeot) ne peut qu’avoir une marge nette autour de 1 %, ce qui la condamne irrémédiablement à mort en cas de fortes turbulences, surtout quand elle est sur endettée, ce qui est le cas de Peugeot.


Sa valeur, en tant qu’entreprise, est donc nulle.


Cependant, le cours fluctue depuis quelques mois de 10 à €20, soit 4 à €5 milliards de capitalisation boursière, ce qui correspond a priori à sa valeur à la casse.


Peugeot est un excellent exemple de l’intérêt que présente ma méthode d'analyse financière (comme celles qui en sont proches).


En effet, elle permettait déjà de prédire un tel désastre, en particulier après la publication des chiffres du 1° semestre 2007 (le cours a alors atteint un sommet de €67 en juillet 2007) alors qu’aucun analyste n’a alors publié la prédiction d’une valeur potentiellement nulle pour Peugeot, niveau que ce titre a finalement atteint après les turbulences de 2008 (€11,30 en décembre 2008 soit 83 % de chute !).


Tableau 1 :

Peugeot

 

 

2007 S1

 

 

2007 S2

 

 

2008 S1

 

 

2008 S2

 

 

2009 S1

 

 

Revenues

 

 

30 818

 

 

29 795

 

 

30 066

 

 

24 290

 

 

23 497

 

 

Operating income

 

 

842

 

 

910

 

 

1 115

 

 

-592

 

 

-826

 

 

Operating margin

 

 

2,7

 

 

3,1

 

 

3,7

 

 

-2,4

 

 

-3,5

 

 

Net income

 

 

483

 

 

343

 

 

731

 

 

-211

 

 

-1 064

 

 

Net margin

 

 

1,6

 

 

1,2

 

 

2,4

 

 

-0,9

 

 

-4,5

 

 


Conclusions…


Déterminer la juste valeur d'une société cotée est absolument indispensable pour éviter les crash majeurs.


Les investisseurs doivent savoir qu'il n'existe plus de valeur de père de famille.

C’est le temps des turbulences.


La chute de Peugeot montre une fois de plus qu'il ne faut jamais faire confiance aux journaleux ni aux bonimenteurs professionnels, c’est à dire aux consensus des analystes patentés (la plupart ont encore des avis favorables sur ce titre).


La quasi faillite de Peugeot est aussi celle de toute la communauté économique et financière, y compris celle de la famille Peugeot qui n’a pas réagi positivement au cours de ces dernières années afin d’adopter les mesures qui s’imposaient.


A titre de comparaison, la marge opérationnelle de Volkswagen fluctuait depuis ces dernières années autour de 5,5 %, ce qui permettait de dégager une marge nette faible mais normale d’environ 4 %.


Tableau 2 :

Volkswagen AG

 

 

2008Q1

 

 

2008Q2

 

 

2008Q3

 

 

2008Q4

 

 

2009Q1

 

 

2009Q2

 

 

Revenues

 

 

27 013

 

 

29 487

 

 

28 932

 

 

28 376

 

 

23 999

 

 

27 203

 

 

Operating income

 

 

1 311

 

 

2 123

 

 

1 485

 

 

1 414

 

 

312

 

 

928

 

 

Operating margin

 

 

4,9

 

 

7,2

 

 

5,1

 

 

5,0

 

 

1,3

 

 

3,4

 

 

Net income

 

 

929

 

 

1 643

 

 

1 161

 

 

955

 

 

243

 

 

251

 

 

Net margin

 

 

3,4

 

 

5,6

 

 

4,0

 

 

3,4

 

 

1,0

 

 

0,9

 

 


Les dirigeants de Volkswagen ont su prendre les bonnes décisions en maîtrisant au mieux les coûts tout en finançant des frais de recherche et développement importants (€2,9 milliards au 1° semestre 2009 contre €936 millions seulement pour Peugeot) et en se développant en Asie : Volkswagen vend maintenant plus de véhicules en Chine qu’en Allemagne !


Les dirigeants de Peugeot se sont toujours battus contre les concurrents asiatiques (en demandant une protection des marchés européens contre les importations) et contre la mondialisation, alors que l’Asie est la zone dont la croissance est la plus forte dans le monde.

Erreur fatale.


Seuls des analystes financiers qui travaillent en interne dans certains établissements et qui utilisent de bonnes méthodes se sont dégagés à temps de Peugeot (et ils ont même pu vendre à découvert).

Ils ne publient pas leurs conclusions.


Avec Fred Rabeman, analyste technique, nous proposons en toute indépendance des analyses financières, techniques et monétaristes qui permettent d’investir à bon escient, ce qui alimente la spéculation gagnante.


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***

Sam 10 oct 2009 5 commentaires
Cela fait longtemps que vous nous avez plus donné de nouvelles de l'état de délabrement de l'eurosystème et des différences de spreads + votre intreprêtation. Un article serait le bienvenue :)
Jean - le 11/10/2009 à 17h54
... ça devrait revenir bientôt... 
CHEVALLIER
Je serais curieux de connaitre la valeur de GM 1 an ou deux avant sa faillite selon votre analyse.
dupontel - le 11/10/2009 à 23h03
Je n'ai pas fait ces analyses, mais GM et Chrysler étaient a priori au + mal depuis un certain nombre d'années, la faillite est normale
CHEVALLIER
Bonjour,

Votre analyse sur Peugeot est certainement pertinente. Il ne faut apparement pas y mettre les pieds.

Cependant un investisseur lambda, devra se contenter des infos qui sont
données par les spécialistes de la presse financière ou de l'internet.

Je veux dire par là que l'on ne peut probablement pas aller à contre courant de la pensée unique (même si vous avez raison). Les investisseurs ont un comportement moutonnier. Le titre Peugeot peut remonter parce que on va annoncer par exemple que les ventes dans l'automobile ont augmenté de 14% sur le dernier mois.

En quoi votre technique serait meilleur, avez vous du recul et des exemples concrets à nous donner. L'avez vous tester sur une période
longue ?

Comment se présente vos conseils avec fred Rabeman ????

Vous dites quand il faut entrer et sortir sur tel ou tel valeur ?

Bien cordialement,
jerome
jerome - le 13/10/2009 à 09h45
... Cet exemple de Peugeot est instructif : j'ai appliqué ma méthode rétrospectivement, comme si j'étais en aout 2007, en utilisant les chiffres disponibles et j'ai alors obtenu une "juste valeur" à zéro, donc, il était certain qu'un jour ou l'autre, le titre rejoindrait sa juste valeur, ce qui s'est réalisé fin 2008
La méthode que j'utilise, comme les autres qui en sont proches, permettent d'éviter les plantages alors que les informations disponibles conduisent toujours les moutons au pire.
Elle repose sur des principes bien établis depuis plusieurs décennies et elle est basée justement sur les données du passé...
... ai-je déjà écrit...
CHEVALLIER
Vos analyses sont très justes

Merci de nous les faire partager

Peugeot chute lourdement ce jour et bravo à vous pour cette analyse gagnante
coulous - le 21/10/2009 à 10h33
Bonjour,

Je suis attentivement votre blog toujours très intéressant.
Questions: Quand vous parles du groupe Peugeot, comprend-il l'entité PSA. Si la réponse est négative, cette dernière est-elle affectée de la même manière?

Les dernières nouvelles de Peugeot ne sont pas bonnes (http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2009-10-24/psa-prevoit-1-a-1-5-milliard-d-euros-de-pertes/916/0/388722). Doit-on envisager à plus ou moins court terme, une solution à la GM?

Qu'en est-il alors de Renault et du groupe Renault-Nissan?

Merci d'avance pour vos réponses.
H. - le 24/10/2009 à 16h24