Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste

On coule discrètement et en douceur


On coule discrètement et en douceur grâce à la Banque de France…


En période de récession (ou de crise, la plus grande crise depuis…), le pire est de protéger la production nationale : les importations de biens plongent mais les exportations aussi, ce qui accentue la baisse du PIB,

Graphique 1 :

 

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Conséquence : le solde du commerce extérieur continue à plonger (le solde des transactions courantes sur les biens seuls) depuis l’adoption de l’euro,

Graphique 2 :

 

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Sur 12 mois, le déficit cumulé augmente : il atteignait 61,7 milliards d’euros fin avril, derniers chiffres publiés par la Banque de France aujourd’hui 12 juin,

Graphique 3 :

 

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Pire : les investissements français à l’étranger sont toujours supérieures aux investissements étrangers en France qui n’est plus attractive à cause de dysfonctionnements majeurs,

Graphique 4 :

 

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Sur les 12 derniers mois, les investissements français à l’étranger totalisaient 129,2 milliards d’euros contre 57,9 milliards d’investissements étrangers en France,

Graphique 5 :

 

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La différence fluctue de 70 à 80 milliards selon les mois,

Graphique 6 :

 

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Les entreprises françaises et étrangères ont de l’argent, elles investissent, mais pas en France car les investissements en France ne sont pas rentables par rapport à ceux qui sont réalisés ailleurs.


On va droit dans le mur, ai-je écrit maintes fois, mais le crash ne s’est jamais produit.


J’ai donné des explications logiques à ce mystère : le flux des capitaux étrangers investis en France permet d’équilibrer en partie la balance des paiements.


En effet, c’est paradoxalement la dette publique française qui nous sauve (en apparence, pour l’instant) car elle attire les capitaux du fait de l’euro fort et des taux d’intérêt élevés, mais ces apports ne sont pas suffisants.


Les réserves en devises de la France sont au plus bas depuis des années : elles ne représentent que 15 jours d’exportations alors qu’elles devraient être de 3 mois.


J’en ai tiré la conclusion suivante : la banque de France doit emprunter plus ou moins discrètement pour jongler au plus juste de façon à éviter la cessation de paiement.


Effectivement, le dernier communiqué publié par la BdF explique d’une façon alambiquée qu’elle a dû emprunter 141 milliards d’euros supplémentaires en 2008 pour assurer l’équilibre de la balance des paiements.


On coule donc, mais discrètement et en douceur grâce à la Banque de France…


Heureusement, je suis, à ma connaissance, le seul à avoir déniché le truc.


Comme les Français ne comprennent rien aux problèmes économiques, financiers et monétaires, ça marche d’autant plus que la température de l’eau a beaucoup augmenté, ce qui est très agréable finalement quand on plonge.

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Pour lire le Rapport annuel 2008 : "La Balance des paiements et la position extérieure de la France", cliquer ici.


Pour accéder aux derniers chiffres de la BdF, cliquer ici.

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Ven 12 jun 2009 11 commentaires
Bonjour M. Chevallier,
Donc si je comprends bien la logique de votre billet, quand la valeur de l'euro diminuera, cela provoquera très certainement une faillite de notre pays...
dardevil2007 - le 12/06/2009 à 13h20
La faillite ! la faillite ! toujours les grands maux !!!
Non, ce sera pire qu'actuellement, tout simplement
CHEVALLIER
Bonjour.
Je ne comprends pas : les entreprises réalisent bien directement leurs opérations de change auprés des banques pour régler leurs importations/exportations, n'est-ce pas ? Et les banques interviennent sur le marché des devises ? Dans ce cas, tous ces flux ne passent pas par la banque de France, et ne devraient pas avoir d'impacts sur ses réserves de devises....?
Slow Bull - le 12/06/2009 à 13h50
Euh... les banques en France sont du ressort de la BdF et font peut-être partie de la France qui tient une balance des paiements...
CHEVALLIER
Je pense que cette information devrait vous intéresser: http://adscriptum.blogspot.com/2009/06/134-milliards-de-dollars-suite.html

En particulier, que pensez-vous des conclusions de l'auteur?
H. - le 12/06/2009 à 16h50
Les bons du Trésor US sont dématérialisés depuis 1970
Les documents photographiés ne peuvent pas être des bons actuellement en vigueur, mais des documents anciens non détruits
Les véritables bons actuellement en vigueur sont inscrits dans les comptes des banques et circulent comme toutes les autres valeurs mobilières par transferts de comptes à comptes entre banques
Bien entendu, dans cette affaire, on retrouve les inévitables idiots inutiles habituels tels que le Leap et autres blogueurs dans la même mouvance
CHEVALLIER
Leçon d'économie:
Ça se passe dans un village qui vit du tourisme, sauf qu'à cause de la crise il n'y a plus de touristes. Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre. Plusieurs mois passent, misérables. Arrive enfin un touriste qui prend une chambre. Il la paie avec un billet de

100 €. Le touriste n'est pas plutôt monté à sa chambre que l'hôtelier court porter le billet chez le boucher, à qui il doit justement cent euros. Le boucher va aussitôt porter le même billet au paysan qui l'approvisionne en viande. Le paysan, à son tour, se dépêche d'aller payer sa dette à la fille de joie à laquelle il doit quelques passes. celle ci boucle la boucle en se rendant à l'hôtel pour rembourser l'hôtelier qu'elle ne payait plus quand elle prenait une chambre à l'heure. Comme elle dépose le billet de 100 € sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l'hôtelier qu'il n'aimait pas sa chambre et n'en voulait plus, ramasse son billet et disparaît. Rien n'a été dépensé, ni gagné, ni perdu. N'empêche que plus personne dans le village n'a de dettes. N'est-ce pas ainsi qu'on est en train de résoudre la crise mondiale?
rico - le 12/06/2009 à 17h10
Non !
D'abord, le touriste ne peut pas reprendre son billet
Ensuite, beaucoup de monde a perdu beaucoup d'argent depuis 2007
CHEVALLIER
Les banques françaises vont rembourser début 2010

http://www.lecho.be/actualite/economie-finances/_-Les_banques_francaises_vont_rembourser_debut_2010-.8195815-602.art
qu'en pensez vous??
jean-pol - le 12/06/2009 à 18h09
Oui bien sur, les banques françaises pourront rembourser ! mais de toutes façons, elles manqueront toujours de capitaux propres, des vrais !
... sauf si elles coulent d'ici là, car on sait depuis 2008, que ce qui était inimaginable (en matière bancaire) s'est produit
Resteront les banques de Navarre qui sont fiables...
CHEVALLIER
merci pour votre réponse
jean-pol - le 12/06/2009 à 21h19
Et vous pouvez nous rappeler quel est le déficit commercial des Etats-Unis depuis l'ère Reagan ?
Alter 1er - le 12/06/2009 à 21h30
Le déficit commercial des US est compensé par les entrées de capitaux attirés par la forte rentabilité des entreprises américaines car elles sont innovatrices, ce qui assure l'équilibre de la balance des paiements
Le jour où les gens comme vous comprendront ces rudiments économiques, ça ira mieux en France...
CHEVALLIER
Sur le billet de 100€, comme l'explique Alfred Sauvy dans l'économie du diable - il prend l'exemple d'un faux billet -, cela fonctionne si et seulement si il y des capacités de productions inemployées.
Cordialement
Tonton Jack - le 12/06/2009 à 21h57

Il ne faut pas trop en attendre de ce genre d'histoire...

CHEVALLIER
D'abord, merci pour ces chiffres fort utiles; ensuite, une question, vos tableaux montrent les flux d'investissement, ok. Mais où sont les flux de résultats liés à ces investissements? Les dividendes versés et/ou le cash flow retiré des investissements sont-ils intégrés dans vos chiffres ? C'est important de savoir si les investissements français à l'étranger, produisent un pay back en France et à combien se chiffre le différentiel de cash (français/etrangers) sur ces investissements. Car, dans ce cas il serait possible d'y voir aussi, un effet positif de la mondialisation. Comme aux USA, les entreprises délocalisent les activités à faible valeur ajoutées, mais reçoivent en contrepartie un dividende qui est réinvesti aux US.
Autre question, ces chiffres sont-ils ceux des institutionnels ou intègrent-ils les flux des particuliers ? Exemple :les français qui vendent leur Résidence principale en France et achètent au Canada ou au Maroc ? Quid également des petits entrepreneurs unipersonnels qui investissent dans des commerces à l'étranger ? Il serait intéressant d'avoir des données plus détaillées sur ces flux d'entrées-sorties.
Yann - le 13/06/2009 à 14h31
Questions très pertinentes dont les réponses sont très amusantes... cf mon prochain papier
...
La BdF ne donne pas de chiffres + précis, donc il est impossible de connaitre l'incidence des institutionnels, des entrepreneurs individuels et des particuliers
CHEVALLIER
Concernant les bons du Trésor à la frontière Italo Suisse, il semble bien qu'il s'agit de ''faux'' et de qualité plutôt moyenne mais concernant le comment et le pourquoi de cette opération, mystère et boule de gomme.
Frédéric - le 18/06/2009 à 14h40
Avez vous des précisions ?
Il s'agit tout simplement d'une opération astucieuse lancée soit par des japonais, soit par des Italiens pour récupérer de vrais US$
... complément :
L'auteur de ces articles donne la réponse :
http://adscriptum.blogspot.com/2009/06/134-milliards-de-dollars-suite.html
CHEVALLIER