Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste

Productivités

La productivité des Français est l’une des plus élevée du monde : nous sommes sur la 3° marche du podium ! Cocorico !

Médaille d’or pour les Belges et d’argent pour les Irlandais d’après les statistiques de l’OCDE pour ce qui concerne la productivité horaire (en exceptant les pays qui disposent de ressources exceptionnelles comme la Norvège et le Luxembourg), chiffres de 2006.

Battus les Américains ! et tous les autres, Suisses, Allemands, Anglais, Singapouriens, etc.

Avec une telle productivité, le niveau de vie des Français devrait être le 3° du monde, mais ce n’est pas le cas : nous sommes au 15° rang (sur les 26 de l’OCDE !) avec seulement 31 742 US$ par habitant !

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En US$

Pvt horaire

PIB / habitant

1

Belgique

54,8

34 762

2

Irlande

51,8

40 827

3

France

51,0

31 742

4

Etats-Unis

50,2

43 801

*

Ces chiffres montrent que les Français ont l’une des plus hautes productivités du monde… lorsqu’ils travaillent.

Malheureusement, les Français travaillent peu en moyenne par habitant sur une année : 622 heures seulement contre 873 heures pour les Américains.

Les 35 heures, RTT et congés divers sont une catastrophe, ainsi que les préretraites…

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Heures de travail / habitant / an

Belgique

634

Irlande

789

France

622

Etats-Unis

873

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La richesse d’une nation  et de ses habitants dépend de la productivité globale, c’est à dire de l’output (mesuré par le PIB) par tête.

Les gains de productivité dépendent de la diffusion des innovations dans l’ensemble de l’économie qui sont de 1 % globalement en moyenne en France contre 2,5 % aux Etats-Unis.

Les gains de productivité sont obtenus par les entreprises qui innovent pour augmenter leurs bénéfices  : Intel, Microsoft, Google, mais aussi Coca-Cola, Danone, etc.

Les innovations peuvent être majeures, mais elles sont rares ; elles sont surtout mineures mais elles se produisent dans beaucoup d’entreprises, ce qui fait progresser leurs bénéfices et la productivité globale, donc le niveau de vie des habitants.

Les marges bénéficiaires baissent dans les entreprises qui n’innovent pas et elles finissent par disparaître.

C’est le processus de destruction créatrice de Schumpeter.

*

Conclusion : il faut laisser faire les entreprises et les salariés en supprimant les obstacles au travail et aux innovations, et en faisant baisser le taux des prélèvements obligatoires à l’optimum d’un tiers du PIB.

Si les salariés qui travaillent en France pouvaient conserver le produit de leur travail au lieu d’en verser 54 % en divers prélèvements obligatoires, leur niveau de vie serait identique à celui des Irlandais.

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Compte tenu de la faible productivité dans le secteur public, la productivité réelle des seuls salariés dits du privé doit être supérieure à ce chiffre global.

*

L’augmentation des dépenses publiques de recherche n’augmente pas la productivité globale ni celle des entreprises : elle ne fait que l’abaisser car ces chercheurs ne trouvent que le moyen de dépenser le produit d’impôts et de taxes…

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Statistiques de l’OCDE, chiffres de 2006 :

http://stats.oecd.org/WBOS/Default.aspx?DatasetCode=LEVEL

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Sam 24 nov 2007 6 commentaires
Vous oubliez d'inclure la parité de pouvoir d'achat dans vos comparaisons internationales
Jean - le 24/11/2007 à 19h13
Je suis d'accord pour 2006 mais attendons voir 2007 et l'impact de 6 mois sans gouvernement. Je ne suis pas convaincu que ça aie beaucoup joué mais... Et voici un chiffre qui va beaucoup vous plaire : selon le dernier Business Week (3 décembre, p.56), Boeing a payé, en moyenne sur les 5 dernières années, 0,7 % de ses revenus pour ses impôts.
Lionheart - le 24/11/2007 à 20h24
Je vous trouve bien vac votre dernière phrase: "les chercheurs ne trouvent que le moyen de dépenser le produit d'impôts et de taxes". Si il convient de faire de réformes dans le secteur public, ce n'est pas sur les chercheurs qu'il faut taper, alors que l'on rentre dans "l'économie du savoir".
zorro - le 25/11/2007 à 14h40
Désolé d'apporter la contradiction, mais ce que vous dites - zorro - n'est pas exact : un chercheur ne participe pas directement à "l'élaboration" ni à l'augmentation du PIB. Cela ne l'empêche toutefois pas jouer un rôle déterminant et même crucial sur ce dernier mais de manière indirecte. Ce sont ses recherches qui pourront amener des applications commerciales éventuelles... Il faut donc augmenter le plus possible le budget de la recherche qui est - comme chacun sait - un des parents pauvres de la politique économique française depuis de trop nombreuses années! Il faudrait également essayer d'en accroître les applications commerciales ce qui est clairement une des faiblesses de notre pays... Mais, avant toute chose, je crois qu'il faudrait changer radicalement la vision que nos concitoyens ont de l'économie et de l'argent de façon générale - ce qui me frappe le plus, c'est la méconnaissance d'une majorité de gens pour tout ce qui touche à ces questions, sans même parler de la mauvaise foi de certains (de nos hommes politiques pour ne pas les citer) qui ne cessent d'user de grands mots pour masquer leur ignorance profonde dans ces domaines... En tout cas, merci à vous M. Chevallier pour toutes ces explications que je trouve passionnantes et me permettent de mieux comprendre nombre de choses.
dardevil99 - le 25/11/2007 à 15h13
Le problème de la recherche en France n'est pas principalement son financement (de nbx rapports ont montré que la recherche en France bénificie d'un financement suffisant) mais plutot le milieu dans lequel elle evolue : comme dans tout financement public , il y a gaspillages, gabegie, et bureaucraties à tous les étages(combien sont les chercheurs qui ne cherchent rien ou bien qui n'ont jamais rien trouvé!!)!! De plus nombreux sont ceux qui dans le milieu de la recherche méprisent le monde de l'entreprise et qui refusent une alliance pourtant indispensable pour la croissance de demain! Quant aux chiffres de la productivité horaire, un rapport du BIT (2006) place la France au 3eme rang après la Novège et les USA. De plus, il me semble que ce chiffre est faussé par la durée du temps de travail en France(35 heures) et par l'exclusion du monde du travail des moins productifs. La productivité élevée des Américains (horaire et par tête) s'explique surtout par la mentalité anglosaxonne fondée depuis des siècles sur le travail , la réussite (mon Dieu quel gros mot !!), et le mérite . Quant au pouvoir d'achat , j'aimerai bien avoir , Mr Chevallier , votre avis d'expert sur la question : pour moi il me semble (peut être que je me trompe) qu'il n'existe que 3 solutions : - retrouver la croissance (productivité, baisse des charges, flexibilité..) - rétablir la conccurence dans tous les domaines de l'économie (mettre fin aux situations monopolistiques)pour faire baisser les prix - baisser drastiquement les impôts (par une baisse des dépenses publiques) : fonds de pensions et fin du monopole de la sécurité sociale
amaury - le 25/11/2007 à 16h32
Malheureusement, je ne crois pas un seul instant que nos hommes politiques soient prêts à transformer notre économie et à évoluer vers plus de libéralisme... Aucun ne présente le courage nécessaire pour ce faire. Cette "lâcheté" nous entraîne donc inexorablement vers le bas ; pour moi, la question est plutôt : quand tout ce système qui ne tient qu'avec quelques bouts de ficelle va-t-il exploser?
dardevil99 - le 26/11/2007 à 13h18