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Vive B-2 ! (suite)
Dégonfler la plus grande partie d’une bulle monétaire ordinaire en créant une crise est une solution facile utilisée par la Fed à plusieurs reprises mais celle de 2008 était plus
délicate à gérer car la bulle était vraiment très grosse et les groupes de pression du secteur de la finance (qu’il aurait fallu affronter) étaient très influents.
Le problème était de faire disparaître complètement cette hypertrophie de la masse monétaire.
La solution a été la suivante : le Trésor a émis une quantité considérable de bons qui ont ainsi épongé les disponibilités monétaires excédentaires pour les
transformer en valeurs mobilières.
Ainsi, ce sont environ $1 000 milliards qui ont été sortis de la masse monétaire par des émissions supplémentaires de bons du Trésor qui ont trouvé preneurs.
L’offre a répondu à la demande. Les marchés ont été équilibrés, ce qui n’avait pas été le cas précédemment lors de grandes crises comme celle de 1929.
C’est certainement le bombardier furtif B-2 Ben Bernanke qui a joué un rôle essentiel en imaginant, en créant et en maîtrisant ce dispositif
qui est aussi gigantesque et osé que le stratagème de 2008 pour tromper les marchés (cf. mon billet précédent).
Ces bons du Trésor émis ont été comptabilisés en dépenses de l’Etat.
En apparence, le budget de l’Etat fédéral a explosé mais en réalité, cet argent n’a pas été dépensé mais prêté à de grandes banques et à des entreprises en difficulté (AIG, GM,
Chrysler) qui devraient rembourser ces prêts (certaines banques l’ont déjà fait, la plupart des autres le feront).
Les dépenses effectives réelles (les pertes) seront finalement certainement faibles, inférieures aux gains tirés de l’opération (car les prêts accordés l’ont été à des taux élevés, 8 %).
Dernier étage dans l’éclatement de la bulle : la plupart des entreprises, et en particulier les banques, ont été obligées d’augmenter leurs capitaux
propres.
L’offre est abondante, la demande aussi. Là encore, l’offre répond à la demande. Le marché est équilibré.
Les valeurs monétaires sont transformées en valeurs mobilières, ce qui fait disparaître ce qui reste de l’hypertrophie initiale de la masse
monétaire.
L’argent est redevenu sain aux Etats-Unis. C’est le premier pilier des
Reaganomics.
Ainsi, B-2 et ses acolytes auront réussi à résoudre parfaitement bien les problèmes qui ont été posés en faisant disparaître complètement une hypertrophie
importante de la masse monétaire.
C’est historique car c’est la première fois, à ma connaissance, qu’une banque centrale réussit cet exploit.
Pour ma part, j’ai écrit à maintes reprises précédemment qu’il est très difficile sinon impossible de résorber une grosse bulle monétaire car il n’y a pas d’antécédent et je ne voyais pas comment
le faire.
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Comme je l’ai déjà écrit, B-2 nous a encore fait un beau cadeau de Noël cette année en annonçant les dates de la fin de différentes mesures exceptionnelles qui ont été prises précédemment par la
Fed pour soutenir les marchés, ce que les consensus ont interprété comme la prédiction crédible de la reprise de la croissance.
Les capitaux ont donc recommencé à sortir de leur refuge des Treasuries pour s’investir en actions : les rendements des Notes à 10 ans ont bondi dès le 17
décembre (point vert), le lendemain de la réunion du FOMC, comme l’an dernier (mais les éléphants, c’est à dire les bons spéculateurs, avaient bien anticipé dès le 1° décembre),
Graphique 1 :
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Les rendements des Notes à 10 ans reprennent leur augmentation pour rejoindre la zone des 4 % et davantage, car le retour de la croissance, qui est aux alentours de son potentiel optimal depuis la mi-juin 2009, sera forte et
inflationniste à cause des taux bas de la Fed,
Graphique 2 :

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La pente des taux atteint un sommet historique avec un écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans de 284 points de base, ce qui
confirme une fois de plus l’anticipation d’une forte croissance inflationniste à venir (la courbe redescendra comme elle l’a fait à partir de 2003),
Graphique 3 :
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Les marchés sont très réactifs aux Etats-Unis : les capitaux sortent des Treasuries alors que les heureux Euro-zonards continuent à placer leurs sous dans les bons des Trésors de leur
pays respectif, ce qui maintient des taux anormalement bas,
Graphique 4 :
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Les rendements des Notes à 10 ans sont maintenant supérieurs à ceux du Bund et des OAT françaises à 10 ans.
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Ce billet est en quelque sorte une répétition de celui de l’an dernier exactement à la même date !
Et une fois de plus, la connaissance de ces problèmes économiques et financiers dans une optique monétariste-Reaganomics alimente la spéculation gagnante (cf. mes offres d’analyses financières très rentables…).
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